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Après les déclarations de François à "Vida Nueva" lors des JMJ 2023, préparons-nous à un nombre de provocations sans précédent.

Après les déclarations de François au périodique espagnol "Vida Nueva" lors des JMJ 2023, préparons-nous à un nombre de provocations sans précédent.
Auteur(s) : Mgr Viganò, Carlo Maria
Thème(s) : Révolution / Modernité / Démocratie / Antéchrist / Eschatologie
Nature : Article
Origine : Réaction du 5 août 2023 de Mgr Vigano après les déclarations de François au périodique espagnol "Vida Nueva" lors des JMJ 2023.

Article original

En italien :

https://www.aldomariavalli.it/2023/08/05/dopo-lintervista-di-francesco-a-vida-nueva-monsignor-vigano-prepariamoci-a-un-crescendo-di-provocazioni-inaudite/

Traduction en français

Aldo Maria Valli : Votre Excellence, « motus in fine velocior », le mouvement s’accélère quand il approche de sa fin, dit-on souvent à propos de l'attitude de François visant à liquéfier le peu qui reste de la doctrine catholique et à épouser la pensée du monde. Les chroniques les plus récentes le confirment, y compris une nouvelle interview, cette fois-ci. Quelle est votre appréciation ?

Monseigneur Viganò : Les Journées Mondiales de la Jeunesse, célébrées cette année à Lisbonne, ont confirmé l'accélération du plan de Bergoglio pour provoquer un schisme. Ses dernières nominations, que l’on qualifie par euphémisme de provocantes ; les déclarations des futurs cardinaux, visant à confirmer la " révolution bergoglienne " ; la présence de James Martin pour propager l'acceptation de l'idéologie LGBTQ auprès des jeunes ; les récentes déclarations de Bergoglio à un transgenre : "Dieu nous aime tels que nous sommes, va de l’avant" [1] : il ne manquait plus qu'une interview dans laquelle l'Argentin se "confesse" à une rédaction de journalistes agenouillés et flatteurs pour compléter le tableau [2].

Le ton adorateur de l'interview est plus qu'embarrassant : ce qui, pour quelqu'un qui prétend détester l'hypocrisie et la servilité, semblerait tragique si ce n'était pas grotesque. La courtoisie mielleuse des journalistes va jusqu'à décrire Bergoglio "comme un prêtre de village habitué à traiter tout le monde de la même manière, ou comme une femme qui, de l'aube au crépuscule, fait des pieds et des mains pour subvenir aux besoins de sa famille". Le lyrisme laudateur de Vida Nueva a cependant l'inconvénient de souligner l'apparente spontanéité des propos de l'interviewé, lâchés comme des bombes à retardement dans l’attente de les voir exploser.

Aldo Maria Valli : Il ressort de l'interview que Bergoglio n'attendait rien d'autre que de devenir pape. Mais l'histoire dit tout autre chose...

Monseigneur Viganò : Je reste étonné des dons littéraires de Bergoglio : la reconstitution évocatrice de la surprise qu'il a ressentie lors de son élection n'est pas conciliable avec ce que nous savons maintenant qui s'est passé lors du conclave de 2013 et qui a été confié par un cardinal électeur mais incapable de le révéler publiquement. Et en se présentant comme un speculum totius humilitatis, il se dit "victime de l'Esprit Saint et de la Providence", comme pour imputer le malheur de ce "pontificat" à Dieu lui-même, et non aux manœuvres de l'Église profonde avec la mafia de Saint-Gall, et de l'État profond avec les courriels de John Podesta et d'Hillary Clinton.

Aldo Maria Valli : Et nous arrivons aux bombes à retardement…

Monseigneur Viganò : La première bombe à retardement : "Le Synode était le rêve de Paul VI. A la fin du Concile Vatican II, il s'est rendu compte que l'Eglise d'Occident avait perdu sa dimension synodale". Une manière de confirmer le caractère subversif de la collégialité de Vatican II, comme contrepoids à la primauté pétrinienne solennellement et infailliblement proclamée au Concile Vatican I par le bienheureux Pie IX. Nous apprenons ainsi que la collégialité épiscopale théorisée par les novateurs de Lumen Gentium devait précisément utiliser le Synode des évêques comme un organe parlementaire modelé sur les formes civiles de gouvernement. En substance, il s'agit de l'application dans la sphère ecclésiastique du principe maçonnique propagé par la Révolution française pour renverser les monarchies catholiques. "Il s'agit d'aller de l'avant pour retrouver cette dimension synodale que l'Église d'Orient possède et que nous avons perdue", déclare Bergoglio. Mais cette "dimension synodale" est un terme de novlangue moderniste pour ne pas admettre la subversion délibérée de la papauté en tant que forme monarchique d'autorité. Il s'agit d'une attaque contre l'institution divine de l'Église, perpétrée par celui qui devrait au contraire la défendre contre les hérétiques. Nous assistons à la démolition de l'autorité suprême de magistère et de gouvernement du Pontife romain, lien de l'unité catholique, par celui qui est assis sur le trône de Pierre et qui agit et se fait obéir en vertu de l'autorité conférée au Pontife romain. C'est comme si l'on voyait le chef des pompiers donner l'ordre à ses subordonnés de répandre de l'essence dans la brousse et d'y mettre le feu, après avoir vidé les citernes et asséché les réserves d'eau.

Aldo Maria Valli : On parle aussi du Synode de 2001…

Monseigneur Viganò : Oui, dans l'inquiétante séquence des "remaniements bergogliens de la réalité" apparaît aussi un souvenir du Synode de 2001, lorsque Bergoglio évoque cet épisode : "Alors le cardinal chargé de la coordination est venu, a examiné les documents et a commencé à dire : "On ne vote pas ceci… ni cela". Je lui ai répondu : "Votre Éminence, cela est sorti des groupes..."". Et l'auditeur naïf se dit : "Voyez comme Bergoglio est bon, lui qui veut que la base dise aux évêques quels sont les vrais problèmes des fidèles, etc. " pour découvrir que ce qui était alors "sorti des groupes" a été présenté comme tel, ni plus ni moins que comme cela s’est passé de manière grotesque au Synode de la Famille, dont les documents ont été préparés par l'entourage de Bergoglio et approuvés par lui au préalable ; et de manière encore plus évidente au Synode de la Synodalité, dont le questionnaire envoyé aux diocèses, paroisses et groupes a été formulé de manière à exclure certaines questions et à orienter les réponses dans la direction souhaitée. Quand Bergoglio rassure « Mais les choses ont été "purifiées". Nous avons progressé et, aujourd'hui, tout est voté et écouté », il faut comprendre que les entraves que représentaient auparavant la CDF ou d'autres Congrégations ont été éliminées soit par la nomination d'hérétiques parfaitement alignés, soit par l'éviction de la Curie romaine de tout rôle de coordination au profit des "églises nationales" ou des Conférences épiscopales, toutes occupées par des hérétiques et des corrompus asservis à Sainte Marthe.

"Nous avons aussi l'exemple du Synode sur la famille. De l'extérieur, la communion aux divorcés nous a été imposée comme un grand thème. Dans ce cas, il y avait celui de la psychologie des vagues, qui cherchait à s'étendre. Mais, heureusement, le résultat est allé beaucoup plus loin... beaucoup plus loin". Si loin - dirais-je - qu'il a provoqué la protestation formelle de quelques cardinaux et de nombreux prélats, prêtres, religieux et théologiens, face à l’éloignement par rapport à la doctrine traditionnelle en matière d'adultère, de concubinage public et de famille. N'oublions pas l'opération frauduleuse par laquelle des sbires de Bergoglio sont allés voler dans les boîtes aux lettres des Pères synodaux le livre sur les erreurs d'Amoris lætitia dans lequel étaient dénoncées les ingérences des progressistes dans la conduite du Synode.

Même dans les régions où les fidèles et les pasteurs sont le plus en désaccord avec le régime actuel du Vatican, comme l'Afrique, des rôles clés ont été confiés d'autorité à des personnes qui bénéficient du soutien de Bergoglio, même si elles sont complètement inadéquates pour occuper des postes de grande responsabilité.

Il semble donc que l'affirmation "Dans le Synode, le protagoniste est l'Esprit Saint" serve à revêtir d'une aura d'autorité les décisions prises par Jorge Mario, qui n'ont absolument rien de divin et se révèlent même intrinsèquement opposées au Magistère Catholique.

Aldo Maria Valli : Au cours de l’entretien, un Concile Vatican III est évoqué…

Monseigneur Viganò : Oui, c'est le cas, lorsqu'un journaliste de Vida nueva pose la question provocante suivante : "Ce Synode sur la synodalité semble tout couvrir, depuis des propositions pour un renouveau liturgique jusqu’à la nécessité d'un plus grand nombre de communautés évangélisatrices, en passant par une véritable option préférentielle pour les pauvres, un véritable engagement en faveur de l'écologie intégrale, l'acceptation des collectifs LGBTQ. A-t-on déjà pensé à lui donner la forme du Concile Vatican III ?". Nous devrions être horrifiés même d’entendre l’hypothèse qu’un Synode pourrait traiter de sujets aussi délicats, comme la réforme liturgique et l’évangélisation des communautés, et d’autres totalement étrangers aux finalités de l’Église, comme « une véritable option préférentielle pour les pauvres, un véritable engagement en matière d’écologie intégrale, l’acceptation des collectifs LGBTQ ». Et pourtant, ce sont les sujets abordés aux JMJ 2023, ces jours-ci, avec l'endoctrinement criminel de milliers de jeunes sur le thème de l'urgence écologique et de l'idéologie woke. Et ce sont les thèmes – répétés de manière obsessionnelle dans les médias, dans les écoles, sur le lieu de travail, en politique – de l’Agenda 2030 et de la Grande Réinitialisation, tous deux ontologiquement incompatibles avec la religion catholique parce qu’ils sont intrinsèquement anti-christiques et anti-chrétiens.

La réponse de Bergoglio est inquiétante : « Les temps ne sont pas mûrs pour un Concile Vatican III. Il n'est pas non plus nécessaire à l'heure actuelle, puisque Vatican II n'a pas encore été lancé. C'était très risqué et il fallait en tenir compte. Mais il y a toujours cette peur que répandent parmi nous les 'vieux-catholiques' qui, déjà à Vatican I, se disaient "dépositaires de la vraie foi" ».

Aldo Maria Valli : Quel est le but ultime ?

Monseigneur Viganò : Nous avons compris que l'objectif principal de Bergoglio est de semer la division et la destruction. Son modus operandi est toujours le même. Tout d'abord, il provoque artificiellement un "débat" sur des questions qui ne peuvent pas faire l'objet de controverses dans l'Église, puisqu'elles ont déjà été définies par le Magistère : d'un côté les ultra-progressistes et de l'autre les conservateurs. Les catholiques traditionalistes, comme je l'ai déjà expliqué, ne suivent plus ces délires de la néo-Église depuis longtemps, et ils s'en portent très bien. Ensuite, il s'assure que ce qu'il veut obtenir - un changement doctrinal, moral, disciplinaire, liturgique - soit proposé par un médiateur, apparemment neutre, qui tente de trouver un compromis tout en se pliant en réalité au côté progressiste. C'est alors que Bergoglio, d'en haut et comme s'il découvrait seulement alors qu'il y a une question à éclaircir sur laquelle il faut se prononcer avec autorité, impose un changement qui semble moins grave que ce que les ultra-progressistes avaient demandé, mais qui reste inadmissible pour un catholique, alors contraint de désobéir. Et sa désobéissance devient instantanément « hérésie » ou « schisme », en rappelant simplement les erreurs des vieux-catholiques de Vatican I.

Mais c’est là que réside la tromperie la plus perfide : les déviations doctrinales des vieux-catholiques sont rejetées de manière simpliste par Bergoglio comme une prétention à être « les dépositaires de la vraie foi » – ce que tout hérésiarque a d'ailleurs toujours essayé de défendre – tandis que les vieux catholiques ont montré qu'ils partagent beaucoup plus d'hérésies avec l'Église bergoglienne qu'ils n'ont de vérités en commun avec les traditionalistes, en commençant par le sacerdoce des femmes. Et il est étonnant que Bergoglio ne se souvienne pas que les revendications doctrinales des vieux-catholiques ont commencé bien avant le Concile Vatican I, sur des questions de nominations papales d'évêques aux Pays-Bas, mais qu'ils ont rapidement montré leur assonance avec les modernistes, soit en rejoignant le mouvement œcuménique protestant - fermement condamné par l'Église catholique - soit en théorisant un retour à la "foi de l'Église indivise du premier millénaire", si chère aux partisans de Vatican II.

Nous avons donc compris que l'identification d'un ennemi - en l'occurrence " les rigides ", c'est-à-dire les catholiques fidèles au Magistère immuable - est le corollaire de la déification de la Révolution dans l'Église : le Synode est l'œuvre de l'Esprit Saint et Bergoglio est une victime de la Providence. Alors, soit on accepte l'apostasie comme voulue par Dieu - ce qui est absurde, en plus d'être blasphématoire - soit on se retrouve ipso facto dans le cercle des ennemis de Bergoglio, méritant ainsi la condamnation réservée aux hérétiques et aux schismatiques. Étrange façon de comprendre la parrhésie et l'inclusivité de l'Église de la Miséricorde.

Aldo Maria Valli : L'interview aborde également le sujet des "rigides" tant détestés par le pape...

Monseigneur Viganò : "François n'ignore pas les résistances à la réforme qu'il s'apprête à entreprendre", commente un journaliste. Et de citer les propos d'un prêtre "qui a un pied à la Curie et l'autre dans son diocèse" : "Je suis inquiet de la rigidité des jeunes prêtres", conclut Bergoglio. Mais bien sûr !

Que le lecteur se rassure, étonné que Bergoglio ne se soit pas encore aventuré dans un de ses monologues contre les prêtres non pas tant traditionalistes, mais même vaguement conservateurs. Les rigides, en fait, à l’égard desquels il a tissé une série inégalée d’insultes depuis les premiers jours de son « pontificat ». La provocation du prêtre « qui sent l’odeur des brebis » – j’imagine en jeans et baskets – est saisie par l’histrion, qui répond promptement :

« Ils réagissent ainsi parce qu’ils ont peur d’un moment d’insécurité que nous vivons et que cette peur ne les laisse pas marcher. Nous devons lever cette peur et les aider. » Une approche psychanalytique qui nous laisse pantois, en vérité, et qui trahit une volonté de reprogrammer le clergé, inquiet à juste titre d'un "moment d'insécurité" qui dure depuis soixante ans, pour l'amener à se plier aux innovations et aux déviations du Concile. Mais les paroles de la compréhension pharisaïque se transforment immédiatement en accusations et en insinuations : "D'autre part, cette carapace cache beaucoup de pourriture. J'ai déjà dû intervenir dans certains diocèses de différents pays avec des paramètres similaires. Derrière ce traditionalisme, nous avons découvert de graves problèmes moraux et des vices, des doubles vies. Nous connaissons tous des évêques qui, ayant besoin de prêtres, ont eu recours à des personnes qu'ils avaient renvoyées d'autres séminaires parce qu'elles étaient immorales".

On s'étonne de la détermination de Bergoglio à éradiquer le vice inavouable des Grecs des séminaires conservateurs, mais ne voulant pas le voir même face aux dénonciations des victimes du prédateur en série McCarrick, abuseur de séminaristes et de jeunes clercs, avec la mafia lavande de ses sbires, créés cardinaux et promus à la tête de dicastères romains. Et il ne semble pas que ce nouveau Pier Damiani de Sainte Marthe juge l'ancien jésuite Rupnik digne de ses flèches acérées, lui dont il a levé l’excommunication pour les crimes très graves et les sacrilèges irréfutables dont il s'est rendu coupable. Si vous voulez voir Rupnik au pilori dans une cellule du Château Saint-Ange, mettez-lui le chapeau romain sur la tête.

Cette indulgence de Bergoglio envers ses protégés – qui compte une longue liste de frères jésuites, unis par l'hérésie sur le plan doctrinal et la sodomie sur le plan moral - ne s'explique-t-elle pas par le fait que, lorsqu'il était maître des novices, l'Argentin s'est comporté d'une manière qui n'est pas sans rappeler celle de l'ex-archevêque de Washington ? Qui legit intelligat.

Oublions donc les paroles de notre Seigneur dans l'Évangile : "Viens, bon et fidèle serviteur, car tu as été fidèle en peu de choses" (Matthieu 25, 21), et écoutons la "victime de l'Esprit Saint" : "Je n'aime pas la rigidité parce qu'elle est un mauvais symptôme de la vie intérieure. Le pasteur ne peut pas se permettre d'être rigide. [...] Quelqu'un m'a dit récemment que la rigidité des jeunes prêtres vient du fait qu'ils sont fatigués du relativisme actuel, mais ce n'est pas toujours le cas". Et voilà que l'on repropose le cliché typique des anticléricaux du XIXe siècle : celui qui se montre vertueux est un pharisien qui cache des vices impurs, tandis que celui qui semble vicieux et immoral est en fait bon et n’a besoin que d’être accepté.

Voici donc les "bienheureuses Imeldas" - je suppose qu'il fait référence à la bienheureuse Imelda Lambertini, une religieuse dominicaine morte après avoir reçu miraculeusement la Sainte Eucharistie apportée par les anges - c'est-à-dire les prêtres d'un modèle irréel et irrévérencieux de religiosité ostentatoire, qui font "figure de saint", à mettre en regard des "séminaristes normaux, avec leurs problèmes, qui jouent au football, qui ne vont pas dans les quartiers pour faire de la dogmatique". Mieux vaut un bon laïc qu'un mauvais prêtre, résumaient avec moins d'hypocrisie les bouffeurs de curés d'antan, sachant bien que le paradoxe était destiné à stigmatiser la majorité des bons et non la minorité des mauvais.

Aldo Maria Valli : Le commentaire de la rédaction de Vida Nueva est troublant : "Une fois que ces prêtres identifiés comme "rigides" sont ordonnés, comment sont-ils accompagnés pour entrer dans Vatican II ? Car, après tout, ils souffrent de ne pas pouvoir accueillir ce qui vient...".

Monseigneur Viganò : En effet, on croirait entendre parler un membre du Comité central du Parti Communiste Chinois : comment reprogrammer ces prêtres, les forcer à accepter les innovations du Concile ? Par le chantage, par l'autoritarisme, par l'intimidation et surtout en leur faisant voir ce qui arrive à ceux qui ne plient pas. En les amenant à "s'assouplir" : "Il y a des gens qui vivent enfermés dans un manuel de théologie, incapables de se mettre en difficulté et de faire avancer la théologie". Pour "se mettre en difficulté", comme le dit Bergoglio, il ne faut pas être hérétique ou corrompu, mais fidèle au Magistère, "enfermé dans un manuel de théologie". Et il conclut par une de ses perles de sagesse : "La théologie stagnante me rappelle que l'eau stagnante est la première à se corrompre, et que la théologie stagnante engendre la corruption". On peut remarquer que cette "stagnation" de la théologie est l'apanage des novateurs, arc-boutés depuis un demi-siècle sur les exigences hérétiques des protestants du début du XXe siècle, sur les revendications sociales de " l'option préférentielle pour les pauvres" des années 1970, incapables de comprendre que la vitalité de la Révélation Catholique est tout autre chose que la révolution permanente imposée par le concile Vatican II.

La solution proposée par Bergoglio va dans le sens d'une sécularisation des instituts de formation cléricale : "Nous devons mettre l'accent sur une formation humaniste. Ouvrons-nous à un horizon culturel universel qui les humanise. Les séminaires ne peuvent pas être des cuisines idéologiques. Les séminaires doivent former des pasteurs, pas des idéologues. Le problème des séminaires est grave".

Il faudrait rappeler que les disciplines "humanistes" sont les humanæ res et litteræ, et que "l’humanisation" d’une formation laïque et universelle n’a rien à voir avec cela. Sans dire que si un séminaire ne dispense pas une formation intellectuelle et doctrinale - hâtivement définie comme "cuisine idéologique" - les jeunes prêtres n'auront rien de nouveau à enseigner au monde, se rendant ainsi inutiles et superflus.

[ndt : Le terme humaniste existe depuis le XVIe siècle pour désigner « celui qui cultive les humanités », c’est-à-dire les lettres classiques centrées sur la littérature grecque et latine. Mais, ici, Bergoglio appelle à « humaniser » la formation cléricale afin de la rendre laïque et universelle. Il utilise le terme humaniste dans le sens le plus usuel aujourd’hui, celui du courant philosophique humaniste que le dictionnaire Le Robert défini comme une « Théorie, doctrine qui place la personne humaine et son épanouissement au-dessus de toutes les autres valeurs ». C’est l’humanisme des philosophes des Lumières, le terme humanisme datant d’ailleurs de la fin du XVIIIe siècle.]

Bergoglio démontre une fois de plus qu'il dénonce le comportement d’autrui comme répréhensible, au moment même où il l'adopte lui-même. Au sujet de la nécessité de privilégier la relation de l'évêque avec son troupeau, il ne se rend pas compte que ses paroles semblent moqueuses lorsqu'il dit : "Vous voyez déjà que dans les nouvelles nominations d'évêques - non seulement en Espagne, mais dans le monde entier - j'applique un critère général : une fois qu'un évêque est résidentiel et affecté, il est déjà marié à ce diocèse. Si vous en cherchez un autre [si vous espérez un transfert], il s'agit d'un "adultère épiscopal". Quiconque cherche une promotion commet un 'adultère épiscopal'". Pourtant, des évêques aimés de leurs fidèles - comme Mgr Joseph Strickland au Texas - font l'objet d'intimidations et de visites apostoliques pour les écarter et les contraindre à la démission. Avec le paradoxe que l'auteur de "l'adultère épiscopal" est Bergoglio lui-même, dans son obsession d'homologuer l'épiscopat à ses plans subversifs, en promouvant des personnalités corrompues dans les principaux sièges : voir la liste interminable des Cupich, Gregory, Tobin, McElroy, Tagle, Hollerich, Grech, Zuppi...

Aldo Maria Valli : L'entretien collectif aborde également le thème du tournant vert...

Monseigneur Viganò : Oui, inévitable. "En novembre, avant le Sommet des Nations Unies sur le climat qui se tiendra à Dubaï, nous organisons une rencontre pour la paix avec les chefs religieux à Abou Dhabi. Le cardinal Pietro Parolin coordonne cette initiative, qui se déroulera en dehors du Vatican, dans un territoire neutre qui invite tout le monde à la rencontre". Car - nous l'avons compris - l'important est de se rencontrer, de cheminer ensemble, "dans un lieu neutre" même si le chemin emprunté mène à l'abîme. Et nous savons bien que 'neutre' signifie ostensiblement non-catholique, dans lequel il n'y a pas de place pour Notre Seigneur : cet empressement de Bergoglio à apparaître dans tous les événements ouvertement hostiles au Christ suffirait à comprendre à quel point il est totalement étranger, extrinsèque, incompatible et hétérogène par rapport à la fonction qu'il occupe. Les seuls envers lesquels il est sans pitié sont les catholiques, et surtout les prêtres, parce qu'ils ont le pouvoir d'offrir le Saint Sacrifice à la Majesté divine et de répandre sur l'Église des grâces infinies qui déjouent les plans des ouvriers de l'iniquité.

Aldo Maria Valli : Que prévoyez-vous pour l’avenir immédiat ?

Monseigneur Viganò : Préparons-nous à un nombre de provocations sans précédent : des bombes à retardement prêtes à exploser pour semer la désorientation, la confusion, la division. Mais préparons-nous aussi au réveil des consciences, d'abord des fidèles et du clergé, mais aussi - si le Ciel le veut - de quelques évêques, face à de telles énormités, pour défendre l'Église du Christ. Très bientôt, nous aurons peut-être à nos côtés des gens courageux, honnêtes et bons qui ne pourront plus accepter les élucubrations d'une secte d'hérétiques sans foi, sans espérance et sans charité.

Notes :

[1] : https://www.lastampa.it/vatican-insider/it/2023/07/25/news/il_papa_a_un_giovane_transessuale_dio_ci_ama_cosi_come_siamo_non_arrenderti_vai_avanti-12965554/

[2] : https://www.vidanuevadigital.com/2023/08/04/el-papa-francisco-a-vida-nueva-soy-una-victima-del-espiritu-santo/

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