Moteur de recherche catholique portant sur la Bible et sur une bibliothèque d'ouvrages de référence en théologie, philosophie et histoire.
Or l'espérance ne confond point, parce que la charité de Dieu est répandue en nos cœurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné.
Accueil > Histoire et versions de la Bible

Histoire et versions de la Bible

Quelle version de la Bible choisir ?

Devant la multiplicité des versions de la Bible existantes, il y a de quoi se perdre.
Une question vient immédiatement à l'esprit : quelle version choisir ?

Comment pouvons-nous répondre à cette question ?
Est-ce simplement une question d'opinion ou pouvons-nous objectivement identifier les bonnes versions de la Bible ?

Il est évident que nous ne disposons pas individuellement des compétences permettant de choisir une version. Nous ne connaissons pas les textes d'origine, nous ne maîtrisons pas les langues d'origine ni leur traduction, nous ne maîtrisons pas les altérations qu'ont pu connaître ces textes au fil des recopies et des traductions. Nous sommes donc obligés de nous fier à des avis extérieurs faisant autorités. La question du choix d'une version de la Bible pose implicitement la question de la reconnaissance d'une autorité religieuse.

Existe-t-il une autorité religieuse représentant l'Eglise et pouvant déclarer une version authentique ?

La réponse est évidemment : oui, depuis 2000 ans. L'Eglise se reconnaît à ses quatres notes : Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Dieu s'est incarné en la personne de Jésus-Christ qui a fondé Son Eglise. A ce titre, l'Eglise est Sainte. Elle est le corps mystique du Christ et donc Une. Et, Notre-Seigneur Jésus-Christ l'a voulue universelle, Catholique :

(Matth. 16,19-20) Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, 20 et leur enseignant à observer tout ce que Je vous ai commandé. Et voici que Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation des siècles.

Elle a pour mission d'enseigner et d'administrer les sacrements institutés par Notre-Seigneur.

Et aucun chrétien ne peut nier que le premier vicaire du Christ a été l'apôtre Saint Pierre, le premier pape :

(Matth. 16,18) Et Moi, Je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre Je bâtirai Mon église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle.

Cette Eglise est donc la Sainte Eglise Catholique romaine. Elle est la seule institution humaine existant depuis 2000 ans et c'est elle qui a l'autorité sur Terre pour enseigner, transmettre la Révélation divine, et donc désigner les versions authentiques de la Bible, ce qu'elle a fait de façon formelle durant son histoire, et que nous allons voir dans la brève histoire suivante.

Brève histoire de la Bible

La Bible est composée d'un Ancien Testament écrit avant le premier avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et annonçant sa venue, et d'un Nouveau Testament écrit après. Le Nouveau Testament se compose des Evangiles qui retranscrivent une partie de la vie de Notre-Seigneur et de Sa bonne parole, et d'épîtres (ou lettres) qui reprennent les premiers enseignements des apôtres.

La Septante, IIIè siècle av. J.C.

Les traductions de l'Ancien Testament sont basées sur des textes en hébreux et une traduction en grec, la Septante, réalisée par 70 ou 72 savants juifs d'Alexandrie (six pour chaque tribu d'Israël) à la demande de Ptolémée II au IIIè siècle avant Jésus-Christ. Ptolémée II était roi et pharaon d'Egypte, fils de Ptolémée Ier, un général macédonien d'Alexandre le Grand.

Au sujet de la Septante (ou des Septantes), le chanoine Crampon écrit dans la préface de sa traduction :

"Malgré ces imperfections, la version des LXX reproduit suffisamment, pour le fond et la substance, le vrai sens des Livres saints; on y trouve la fidèle expression de la doctrine révélée et de l'histoire sacrée. Disons encore que c'est d'après elle, d'ordinaire, que les écrivains du Nouveau Testament citent l'Ancien, et qu'elle est à peu près la seule forme sous laquelle la Bible ait été connue dans les deux premiers siècles de l'ère chrétienne, et plus tard dans l'Eglise grecque." (Préface de la Bible Crampon)

Quant au Nouveau Testament, il a été écrit en araméen et en grec par les premiers apôtres immédiatement après la mort du Jésus-Christ. Très vite il a été intégralement traduit en grec puis en latin en IIè siècle pour sa diffusion dans l'Empire Romain en premier lieu.

L'Italique, IIè siècle ap. J.C.

"La première version latine de la Bible est connue depuis S. Augustin sous le nom d'Itala, Italique. Elle date, dit ce Père, "des premiers temps de la foi", probablement du commencement du IIè siècle. Quoique la langue ecclésiastique officielle fut le grec, il est certain qu'à Rome même, du temps des Apôtres et de leurs successeurs, le peuple ne parlait que latin, et comme la plupart des convertis venaient des rangs du peuple, il devint nécessaire de traduire à leur usage les saintes Ecritures. L'Italique est une traduction littérale et très fidèle de la version des LXX, rédigée en latin populaire. Copiés souvent et avec peu de soin, les manuscrits de cette version présentèrent bientôt entre eux des variantes si considérables, que plusieurs savants modernes croient pouvoir affirmer, en les comparant, qu'il existait du temps de S. Augustin, non pas une, mais plusieurs traductions latines." (ibid.)

La Vulgate, IVè siècle ap. J.C.

"Les fautes nombreuses qui s'étaient glissées dans l'Italique par suite de la multiplicité des copies portèrent le pape S. Damase, vers la fin du IVè siecle, à demander à S. Jerôme de la réviser et de la corriger. Le grand docteur était bien préparé pour accomplir cette tâche difficile. Né à Stridon, en Dalmatie, l'an 329. il avait étudié à Rome les littératures grecque et latine, et avait passé plusieurs années en Palestine, où il avait appris l'hébreu et le chaldéen auprès de savants rabbins. Son premier travail biblique fut la révision des Evangiles, puis du Nouveau Testament tout entier; il en élagua les gloses qui en altéraient la pureté, en corrigea souvent le style et en modifia quelques interprétations.

Vers le même temps (383-4), il fit une première révision du Psautier d'après l'édition commune des LXX; elle est connue sous le nom de Psautier romain, et fut adoptée en Italie, où l'on s'en servit jusqu'au pontificat de S. Pie V (1566); elle n'est plus employée aujourd'hui que dans l'office de la basilique Vaticane. Cinq ou six ans après, pendant son séjour à Bethléem, S. Jérôme soumit le même livre à une nouvelle révision, cette fois sur le texte grec corrigé par Origène, et de ce travail sortit le Psautier dit gallican, ainsi appelé, croit-on, parce que Grégoire de Tours, l'ayant apporté de Rome dans sa patrie, l'introduisit dans la liturgie des Gaules. C'est cette révision qui figure dans la Vulgate publiée par Clément VIII et dans la plus grande partie du bréviaire romain.

S. Jérôme avait commencé l'étude de l'hébreu dans un âge assez avancé, à quarante-cinq ans environ. Son premier professeur fut un Juif converti, qui l'instruisait pendant la nuit, par crainte de ses compatriotes; deux savants rabbins, non convertis, lui donnèrent aussi des lecons, soit d'hébreu, soit de chaldéen, qu'ils lui faisaient payer fort cher. Le saint docteur acquit ainsi une connaissance de la langue sacrée vraiment admirable, à une époque où tout secours pour de telles études faisait à peu près défaut, où l'on ne possédait ni grammaire, ni dictionnaire et où l'on n'avait guère d'autre ressource que l'enseignement oral. Une fois muni de ces connaissances philologiques, S. Jérôme, frappé des imperfections qu'il avait remarquées aussi bien dans les LXX que dans l'ltalique, résolut de traduire à nouveau en latin tous les livres de l'Ancien Testament, non plus sur le grec, mais d'après le texte original. Il voulait, comme il le dit lui-même, remonter jusqu'à la source, toujours plus pure que les ruisseaux, et saisir la veritas hebraica. Un autre motif l'y poussait encore, c'était de " faire connaître aux chrétiens de langue latine, le sens exact du texte original, afin que, dans les controverses avec les Juifs, ceux-ci ne pussent se soustraire à la force de l'argumentation en alléguant ce subterfuge, que l'hébreu disait autre chose, et qu'ainsi ils fussent percés de leur propre glaive ". Pour réaliser ce dessein, S. Jérôme réussit à se procurer le manuscrit hébreu dont on se servait dans la synagogue de Bethléem; il eût ainsi la meilleure recension qu'on pût désirer. Il visita toute la Palestine, afin de pouvoir traduire plus fidèlement tout ce qui, dans la Bible, se rapporte à la géographie du pays. Pour les passages difficiles, il eut souvent recours aux docteurs juifs les plus célebres; l'étude de la Vulgate montre, en effet, qu'il a suivi d'ordinaire la tradition exégétique des Juifs. Ce grand travail fut accompli dans l'espace de quinze ans, de l'an 390 a l'an 405. Il ne comprend que les livres proto-canoniques; quant aux deutéro-canoniques, il ne s'en est pas occupé, à l'exception de Tobie et de Judith qu'il traduisit du chaldéen. Ainsi, de tous les livres de notre Bible latine, cinq seulement, la Sagesse, l'Ecclésiastique, Baruch et les deux livres des Machabées ont conservé sans changement le texte de l'ancienne Italique.

L'oeuvre de S. Jérôme, bien accueillie par quelques-uns, surtout par les Juifs, qui rendaient hommage à sa fidélité, rencontra aussi dès l'abord de nombreux adversaires. Ce n'était ni la science de cet homme d'élite, ni l'exactitude du résultat de ses études qui étaient mises en suspicion ; mais on censurait par-dessus tout la hardiesse de celui qui avait osé traduire autrement que ne l'avaient fait les LXX, et porter atteinte à la vénération dont jouissait l'ancienne version latine. Après la mort de l'auteur, les ennemis de sa version se firent de plus en plus rares ; au bout de deux siècles, elle était à Rome sur le même pied que l'ltalique, et l'on finit par l'employer de préférence, d'abord dans le service divin, puis dans la lecture et l'enseignement. Elle triompha enfin complètement de sa rivale et la fit oublier. S. Isidore de Séville (+ 636) affirme " qu'elle était de son temps d'un usage général dans l'Eglise d'Occident, comme étant plus exacte dans les pensées et plus claire dans l'expression ". De là le nom de Vulgate qui lui fut donné.

Elle méritait ce succès et cet honneur. " La traduction de S. Jérôme est sans contredit la meilleure des traductions anciennes ", dit le Dr Kaulen, qui en a fait une étude approfondie. Sur ce point, la plupart des critiques protestants ou rationalistes sont d'accord avec les catholiques. Un savant anglican, M. Westcott, appelle la version hiéronymienne " un monument unique et sans rival parmi les versions anciennes ". " Elle est pour son temps un chef-d'oeuvre ", dit Noeldeke. " Elle surpasse, dit Keil, toutes les versions anciennes pour l'exaclitude et la fidélité "." (ibid.)

Corruption de la Vulgate du IVè au XVIè siècle

"La nouvelle traduction subit le sort commun de tous les livres qui se propagent par des exemplaires copiés à la main. Il y avait pour elle une cause spéciale d'altération, en ce que, durant deux ou trois siècles, elle fut employée dans les églises concurremment avec l'italique. Il en résulta que des scribes inattentifs ou ignorants firent passer dans la version nouvelle des expressions et des membres de phrase de l'ancienne, et associèrent sur leur copie ces éléments disparates. En outre, par des procédés arbitraires et dénués de toute critique, les possesseurs de manuscrits croyaient enrichir leurs exemplaires au moyen de gloses tirées d'autres manuscrits, de passages scripturaires parallèles, des écrits de S. Jérôme, et même de ceux de Josèphe. Des essais de révision entrepris par Cassiodore, Alcuin, Lanfranc, S. Etienne de Citeaux, puis par des Correcteurs de la faculté de théologie de Paris ou des ordres religieux de S. Dominique et de S. François, n'atteignirent que fort imparfaitement leur but et n'empéchèrent pas la corruption croissante du texte.

La découverte de l'imprimerie fit apparaître le désordre d'une manière plus frappante. Aucun livre ne fut d'abord aussi souvent imprimé que la Bible; on en connaît environ cent éditions publiées depuis la première, qui parut à Mayence en 1450, jusqu'à la fin du XVè siècle. La plupart de ces premières éditions reproduisent chacune un manuscrit différent, souvent le premier venu; plusieurs contiennent un choix plus ou moins heureux de variantes empruntées à d'autres manuscrits ou inspirées par la comparaison du texte latin avec les textes originaux.

La Réforme aggrava encore le mal et mit le comble à la confusion. Afin de répandre plus facilement leurs doctrines, les premiers réformateurs commencèrent par rejeter la Vulgate. Non seulement ils publièrent de nouvelles traductions latines faites sur les textes originaux, mais ils changèrent la Vulgate elle-même pour la rendre conforme à l'hébreu ou au grec, et même à la version allemande de Luther. Nous devons dire que plusieurs catholiques (Sanctes Pagnini, card. Cajétan, Isidorus Clarius, etc.) prirent part à ces dangereuses innovations." (ibid.)

Mise au point du Concile de Trente en 1546

"Ces abus mettaient la foi en péril, chaque fidèle pouvant ainsi se faire ou se choisir un texte sacré et rejeter tous les autres. Les Pères du concile de Trente apportèrent le remède à ce mal. Après avoir déclaré recevoir comme sacrés et canoniques tous les livres, tant de l'Ancien que du Nouveau Testament, dont nous avons donné plus haut la liste, ils rendirent le décret suivant (8 avril 1546) : " Le même saint Concile, considérant qu'il ne sera pas de peu d'utilité à l'Eglise de Dieu de faire connaître, parmi toutes les éditions latines des saints Livres qui se répandent aujourd'hui de tous côtés, qu'elle est celle qui doit être tenue pour authentique, décide et déclare que cette ancienne édition Vulgate dont un long usage dans l'Eglise a consacré la valeur, doit être tenue pour authentique dans les leçons publiques, les discussions, la prédication et l'exposition de la doctrine, et que personne, sous quelque prétexte que ce soit, n'ait la hardiesse ou la témérité de la rejeter. " Et comme les divers exemplaires de la Vulgate différaient entre eux par de nombreuses variantes et renfermaient beaucoup de fausses leçons, le Concile ajouta à son décret cette disposition que désormais cette même édition Vulgate serait imprimée le plus correctement possible.

La première partie de ce décret souleva de vives attaques de la part des Réformés; ils reprochaient au Concile d'avoir rejeté et livré au mépris les textes originaux et les anciennes versions de la Bible autres que la Vulgate. Et cette accusation, quoique cent fois réfutée, se retrouve encore dans la plupart des Introductions à la sainte Ecriture composées par des auteurs protestants. En quoi ils trouveraient peut-être quelque excuse dans les exagérations de certains écrivains catholiques qui, n'ayant pas pesé assez attentivement les termes du décret, semblent croire que, d'après les Pères de Trente, le théologien catholique ne devait plus chercher la parole de Dieu dans les textes primitifs et les anciennes versions, et que la Vulgate latine était seule laissée à son usage.

Cette accusation n'a pas d'autre fondement qu'une fausse interprétation du décret du Concile; on lui attribue ce qu'il n'a jamais dit ni voulu dire.

Et d'abord en quel sens la Vulgate est-elle déclarée authentique? Les jurisconsultes, dit M. Vigouroux entendent par écrit authentique celui qui fait foi et autorité, de sorte qu'il doit être admis par tous sur les faits dont il témoigne. Le document authentique par excellence, c'est le document autographe; mais la copie d'un écrit autographe est aussi authentique quand elle est conforme à l'original, et si cette conformité a été déclarée par une autorité officielle, l'authenticité est publique. Une traduction qui rend fidèlement le sens du texte original peut être déclarée authentique par l'autorite compétente, exactement comme une bonne copie faite sur l'original. L'authenticité consiste alors, non dans la conformité des mots, mais dans la conformité du sens, entre l'original et la traduction. C'est dans cette dernière acception que le concile de Trente a déclaré la Vulgate authentique. Il suppose par là qu'elle est fidèle et rend fidèlement le sens du texte primitif, au moins quant à la substance, qu'elle ne contient aucune erreur en ce qui touche à la foi et aux moeurs, et que les fidèles peuvent s'en servir en toute sécurité, sans s'exposer à aucun péril.

Mais le décret ne met-il pas la Vulgate au-dessus des textes originaux et des anciennes versions qui étaient de tout temps en usage dans l'Eglise ? En aucune manière. Il ne parle que des diverses versions latines qui circulaient à cette époque; des textes primitifs, il ne fait même pas mention; il leur laisse, par conséquent, toute la valeur dont ils jouissaient auparavant." (ibid.)

La Vulgate Sixto-Clémentine achevée en 1592 par Saint Robert Bellarmin

"Le concile de Trente. à la suite de son décret dogmatique sur le canon des Ecritures, en avait rendu un autre, d'un caractère plutôt disciplinaire et administratif, déclarant la Vulgate version latine authentique et texte officiel de l'Eglise catholique; puis, comme corollaire de ce dernier décret, il avait ordonné que cette version, alors encombrée de variantes dans les exemplaires manuscrits ou imprimés, fut publiée avec le plus de correction possible. Ce travail de correction fut exécuté à Rome, sous les yeux des Papes, par une commission de savants plusieurs fois renouvelée, car il dura près de quarante ans. On consulta les meilleurs manuscrits connus, non seulement à Rome et dans les plus célèbres bibliothèques d'Italie, mais encore dans celles d'Espagne, de France, etc. ; et les hommes les plus remarquables par leur savoir, à cette époque où les lettres étaient si fiorissantes, travaillèrent à cette grande oeuvre. Le fruit de ces longues et consciencieuses études fut la Bible type, publiée par Clément VIII, laquelle, dit le Concile, devra être employée, à l'exclusion de tout autre, comme base de l'enseignement pastoral et théologique." (ibid.)

Ainsi naquit la Vulgate dite Sixto-Clémentine, ou Clémentine tout court, car commencée sous le pontificat de Sixte V et terminée sous celui de Clément VIII. Elle est achevée en 1592 par Saint Robert Bellarmin et elle fait encore autorité aujourd'hui, comme le rappelle le Concile Vatican I en 1870 :

"Or, cette révélation surnaturelle, selon la foi de l’Église universelle qui a été déclarée par le saint Concile de Trente, est contenue dans les livres écrits et dans les traditions non écrites qui, reçues de la bouche de Jésus-Christ même par les Apôtres, ou transmises comme par les mains des Apôtres, sous l’inspiration du Saint-Esprit, sont venues jusqu’à nous (Conc. de Trent. Sess. IV, Décr. de Can. Script.) Et ces livres de l’Ancien et du Nouveau Testament doivent être reconnus pour saints et canoniques en entier, dans toutes leurs parties, tels qu’ils sont énumérés dans le décret du Concile de Trente et comme on les lit dans l’antique édition latine de la Vulgate. Ces livres, l’Église les tient pour saints et canoniques, non point parce que, composés par la seule habileté humaine, ils ont été ensuite approuvés par l’autorité de l’Église ; et non pas seulement parce qu’ils contiennent la révélation sans erreur, mais parce que, écrits sous l’inspiration de l’Esprit saint, ils ont Dieu pour auteur et qu’ils ont été livrés comme tels à l’Église elle-même." (Constitution Dogmatique Dei Filius, 24 avril 1870)

Les traductions françaises de l'écriture

Nous citerons à ce sujet les propos de Daniel Raffard de Brienne dans son ouvrage "La Bible Trahie ?" (Éditions Rémi Perrin, Paris, 2000).

Les anciennes traductions françaises

"Le Moyen-Age vit fleurir en France un grand nombre de traductions de l’Écriture sainte dans toutes les langues et dialectes d'oc et d'oïl. On en possède qui remontent au XII° siècle et même à la fin du XI. Au XIII° siècle, l’Université de Paris produisit une traduction des deux Testaments qui fit longtemps autorité. D'autres versions françaises apparurent néanmoins, notamment au XIV° siècle. L'une d'elles, celle de Guyart Desmoulins, de la fin du XIII siècle, mais mise à jour quant au style, fut imprimée pour le Nouveau Testament dès 1478 et dans sa totalité en 1487.

L'invention de l'imprimerie allait favoriser l'expansion de la Bible en français, mais répandre aussi l'influence protestante. C'est pourquoi l'Église se vit contrainte de condamner, en raison de l'influence protestante qu'elles reflétaient, deux célèbres traductions imprimées au XVI° siècle, celles de Lefèvre d’Etaples, qui fut corrigée, et celle de Benoît. Le XVII siècle sera dominé par la magnifique Bible de Port-Royal, dite de Le Maistre de Sacy.

Celle-là aussi fut condamnée, car elle favorisait les thèses jansénistes. Heureusement rectifié dans le sens de l’orthodoxie, notamment par Dom Calmet, son texte élégant sera repris par plusieurs auteurs au XVIII° siècle, au XIX°, au début du XX° avec Fillion et même réédité, pour le Nouveau Testament, par Dominique Martin Morin en 1977, et en totalité par Robert Laffont en 1990. D'autres traductions, toujours faites en partant de la Vulgate, virent le jour au XIX siècle, les unes médiocres, les autres bonnes comme celles de Glaire et d’Arnaud, la Glaire venant d'être rééditée par DFT.

La Vulgate ne contient aucune erreur en matière de doctrine. Cela ne signifie pas que son texte est parfait et qu’il soit interdit d'essayer de le rendre plus conforme à la rédaction primitive. C'est ce que Pie XII écrivait en 1943 : " Le décret du concile de Trente n'empêche même pas que... des versions en langue vulgaire soient composées précisément d’après les textes originaux, comme Nous savons que cela a déjà été fait d’une manière louable en plusieurs régions."

Parmi ces Bibles en langue vulgaire, la plus louable et aussi la plus ancienne est la célèbre Crampon, excellente dans ses premières éditions de 1894 à 1904 et de 1923 (celle-ci rééditée récemment par DFT). Traduite du grec et de l'hébreu (de la Massore), elle prend soin de ne pas s'éloigner de la Vulgate et, dans des notes savantes et irréprochables, donne même les variantes de la Septante.

Excellente mais pas parfaite, la Bible du chanoine Crampon fait l'objet de critiques dès 1914. Mais ce qu'on pourrait lui reprocher, c'est d’avoir inauguré et, bien involontairement, cautionné tout un courant d’exégèse dite moderne.

On voit en effet apparaître au cours du XX° siècle de nombreuses Bibles françaises qui montrent de nouvelles tendances. Délaissant en général la Vulgate bien qu’elle constitue la version officielle de l'Église et aussi, nous l'avons vu, le texte le plus sûr, elles recourent de préférence au Nouveau Testament grec et à l’hébreu de la Massore. Il s'ensuit, bien entendu, quelques variantes, en général d'intérêt mineur. En gros, sur le plan de la langue française comme sur celui de la fidélité du sens, ces Bibles n'apportent aucune amélioration."

(Daniel Raffard de Brienne, La Bible Trahie ?)

Les nouvelles traductions françaises

"Un grand pas est franchi dans les dernières décennies du XX° siècle. D'une part, les nouvelles Bibles accueillent des variantes jusque là rejetées ou même ajustent certaines traductions. D'autre part et surtout, elles entendent innover au moyen des commentaires de leurs introductions et de leurs notes. On nous parle volontiers de " récents travaux scientifiques ", " d'éxégèse moderne ", de " nouvelles découvertes ", mais ces expressions masquent essentiellement l’exhumation et la mise en valeur d'interprétations réfutées depuis longtemps ou d’hypothèses soutenues par les rationalistes du XIX° siècle.

On retrouve facilement dans la démarche de nos modernes exégètes l'application de certaines propositions modernistes condamnées par le décret Lamentabili. Il en a fallu beaucoup moins pour être condamnées jadis aux Bibles de Lefèvre d’Etaples et de Le Maistre de Sacy.

Il y a là une volonté de changement du sens de certains points de l'Écriture. C’est ce qu’avoue un journaliste avec une certaine naïveté à propos de la nouvelle édition de la Bible de Jérusalem :

" Les innovations principales se trouvent dans le Nouveau Testament, notamment dans la prise en compte plus vigoureuse du discours catholique depuis Vatican II sur la nouvelle présentation du judaïsme et des juifs.

" Il s’agit de mettre en œuvre, dans les textes bibliques, ce rejet voulu par le dernier concile de la “ théorie de la substitution ” (de l’Ancienne Alliance à la Nouvelle Alliance, de l'Ancien au Nouveau Testament, du Peuple d'Israël dans le “ Nouvel Israël ” que serait l'Église). C'est cette théorie dite de la caducité qui, pendant près de 2000 ans, a inspiré toute la catéchèse et la prédication chrétiennes sur le judaïsme, avec les conséquences que l’on connaît.

" Prenons un exemple dans l'Évangile de Matthieu. Dans le chapitre 24, l’ancienne Bible de Jérusalem écrivait :

" La ruine de Jérusalem marque la fin de l’ancienne Alliance par un retour visible du Christ venant inaugurer son règne. "

" La nouvelle note désormais :

" La ruine de Jérusalem marque la fin d’une ère et en inaugure une nouvelle de l’histoire. "

On remarque que notre journaliste ne craint pas de répéter la calomnie qui attribue à l'Église l'antisémitisme et " les conséquences que l’on connaît ". En outre, il ignore visiblement que le concile Vatican II a cité et défini la “ nouvelle Alliance ” et le " nouvel Israël ". Enfin, si le texte de l’Écriture ne peut être modifié au gré des opportunités, les notes explicatives elles-mêmes sont soumises à l'autorité de l’Église : or l'édition de 1998 de la Bible de Jérusalem, où figure l'innovation donnée en exemple, ne possède qu'un imprimatur... de 1955 !

Nous ne pouvons songer à étudier toutes les Bibles et nouvelles traductions. Nous nous contenterons donc ici de faire quelques incursions dans certaines d’entre elles. Nous relèverons, ce faisant, des manipulations peu scrupuleuses. Mais il y a beaucoup plus grave : en faisant des sondages dans certains passages clés, nous mettrons en évidence des falsifications qui portent atteinte à la doctrine catholique. Ce sera l'objet des prochains chapitres."

(Daniel Raffard de Brienne, La Bible Trahie ?)

La Bible de Jérusalem

"Nous rencontrerons dans les chapitres suivants cette Bible qui jouit d'un grand prestige. Mais nous voudrions déjà montrer comment, dès ses premières éditions, elle présente certains livres de l'Ancien Testament. Comme on le fait trop souvent de nos jours pour toute lÉcriture, on commence par rajeunir arbitrairement la date de leur rédaction, en réduisant ainsi leur autorité. La Bible de Jérusalem procède de la sorte avec le livre de Jonas qu’elle traite ensuite avec beaucoup de désinvolture : « cette aventure un peu ridicule », les « bons tours joués par Dieu ». Sans doute l’histoire de Jonas n'est-elle pas de foi ; le Christ lui a tout de même accordé assez de sérieux pour faire du signe de Jonas celui de sa Résurrection. Nous citerons encore trois livres, assez difficiles il est vrai, mais maltraités par la Bible de Jérusalem en raison d’un apriorisme sceptique qui se retrouve dans certains détails de la traduction. Les auteurs de la Bible de Jérusalem rajeunissent sans raison suffisante le livre de Judith à qui ils dénient toute historicité. Ils attribuent tout aussi arbitrairement des influences païennes au livre d’Esther, notamment dans ses parties deutérocanoniques. Enfin, ils choisissent pour le livre de Tobie une autre version que celle de la Vulgate. Il existe, il est vrai, plusieurs textes assez dissemblables de ce livre et l’on ignore quel est parmi eux l'original ; la version de la Vulgate a pour elle d'être la plus belle sur le plan littéraire, la plus riche sur celui de la doctrine, et de bénéficier, bien entendu, de l'autorité de l’Église.

L'édition de 1998 de cette Bible innove. Non pas sur ces points. Mais par l’utilisation rigoureuse de la seule Massore hébraïque, à l'exclusion de tout recours à la Septante. Il s'agit, on le sait, de la version mise au point par les Juifs du V° au X° siècle pour éliminer toute allusion à la mission du Christ ; nous avons montré en quoi cette version est moins sûre que la Septante. Le but de la traductrice, assez éloigné d’une démarche objective, est d'éliminer « la polémique et l'incompréhension réciproque entre juifs et chrétiens », Nous sommes vraiment loin du seul souci d'authenticité de l’auteur de la Vulgate.

Le Nouveau Testament n’a pu être pris à la Massore qui l’ignore, mais il est néanmoins instructif d’en lire l'introduction. À propos des évangélistes auteurs des synoptiques, il est dit : « Avant eux, la tradition orale dont ils sont les héritiers n’a pas transmis les souvenirs évangéliques sans les interpréter et les adapter aux besoins de la foi vivante dont ils étaient porteurs. Il est utile pour nous de connaître, non seulement la vie de Jésus, mais encore les préoccupations des premières communautés chrétiennes, et celles des évangélistes eux-mêmes. » On reconnaît là, non seulement la notion de foi vivante, pris au sens d’une foi évolutive, mais la fameuse thèse selon laquelle les Évangiles ne seraient que l’œuvre assez tardive et semi-légendaire des premières communautés chrétiennes.

L'Évangile de saint Jean n’est pas mieux traité. Il « serait en fait le résultat d'une lente élaboration, comportant des éléments d'époques différentes, des retouches, des additions, des rédactions diverses »... « Quels en sont les auteurs puisque cet évangile s'est probablement formé par étapes successives ? Il est difficile de répondre. Le nom de celui qui effectua l'ultime rédaction nous est inconnu. » Que font les savants exégètes des passages de cet Évangile où, sans se nommer et justement parce qu’il ne se nomme pas, saint Jean se désigne clairement comme son auteur ?"

(Daniel Raffard de Brienne, La Bible Trahie ?)

La Traduction Oecuménique de la Bible

"On peut hésiter à classer la TOB (Traduction Œcuménique de la Bible) parmi les Bibles catholiques, puisqu'elle est née de la collaboration d'auteurs catholiques et protestants dont certains, les protestants, n’acceptent pas le magistère de l'Église. Il nous faut, quoi qu'il en soit, nous intéresser à cette TOB, puisqu'elle tient pratiquement lieu en France de Bible officielle tant pour le clergé que pour les fidèles, malgré son métissage et en dépit des réserves justifiées qu’elle a soulevées dès sa publication.

La TOB a fait l’objet de plusieurs éditions. La plus importante, en volume, comporte de longues introductions et un copieux appareil de notes. Afin d'éviter à notre travail des dimensions excessives, nous ne nous occuperons pas, à une exception près, de ces introductions qui ne sont, somme toute, qu’un délayage des tartes à la crème de l'exégèse qui se dit moderne. Rien là de nouveau : la seule préoccupation des auteurs semble de mettre en doute l'objectivité et l'autorité des livres sacrés en s’attaquant à leur ancienneté et à leur authenticité. On croit ou on veut nous faire croire que l’histoire et la doctrine sont nées et ont évolué au sein de communautés de croyants. Les auteurs en viennent alors à dater les textes d'après leur teneur théologique jugée en fonction de l'idée qu'ils se font des étapes de l'évolution. C'est du pur subjectivisme que l'abbé Carmignac dénonce à propos des Actes des Apôtres. Après avoir montré que les Actes, d’après leurs derniers versets, datent de l'an 60 ou peu après, il remarque que la TOB « avoue candidement : “ Mais l'Évangile de Luc et plus encore celui de Marc, qui lui est antérieur, devraient alors être situés à des dates très hautes que la critique moderne, dans son ensemble ne pense pas pouvoir admettre ”. Ainsi un argument historique est refusé au nom de présupposés théologiques ! », conclut l'abbé Carmignac.

Les pages de la grande édition sont en grande partie remplies de notes qui contribuent à donner à l’ensemble une apparence de sérieux. On déchante un peu à leur lecture. Le texte en est certes abondant, voire indigeste, mais en fin de compte, on en trouve l’érudition assez courte : il y a plus d’affirmations et d'opinions que de références précises. Le plus grave, et nous en donnerons des exemples, c'est que ces notes servent à l’occasion à semer le doute, à couvrir l'erreur ou même à justifier la falsification.

En définitive, nous recourrons surtout à l'édition populaire de la TOB, publiée en livre de poche. C'est en effet la plus répandue, donc celle que lisent et consultent le plus couramment les fidèles. Les notes y sont assez rares et brèves ; cela ne les rend que plus dignes d'examen.

Que dire de la traduction elle-même ? Le style en est médiocre, dénué d'élégance, sans pour autant coller au mot à mot. Autrement dit, la TOB n'apporte rien d'intéressant dans ce domaine. On note quelques termes fleurant l’anachronisme : par exemple, on voit saint Paul dire « je boxe » pour « je combats » et nous parler de super-apôtres. Sans doute pour apporter à tout prix du nouveau, la TOB change nombre d’appellations bien connues des catholiques : ainsi l'économe infidèle devient-il le gérant trompeur, plus de « vierges folles et de vierges sages », mais des « filles insensées et des filles avisées » ; la redoutable « Abomination de la Désolation » se transforme en « Odieux Dévastateur », etc. Tout cela est assez anodin. Ce qui ne l’est pas, en revanche, c’est que la TOB falsifie sans vergogne un certain nombre de textes. Nous y reviendrons."

(Daniel Raffard de Brienne, La Bible Trahie ?)

La Bible Chouraqui

"En principe, nous ne devrions pas parler de la Bible Chouraqui puisque, publiée par un auteur de religion juive, elle n’est pas catholique et que les catholiques n’ont donc pas le droit d'y recourir. Léon XIII est très clair à ce sujet : « Sont interdites aussi toutes les versions des livres saints composées par des écrivains non-catholiques quels qu'ils soient, en toutes langues vulgaires ». Cette interdiction, étendue aux « éditions du texte original et des anciennes versions catholiques... même de l'Église orientale, publiées par des non-catholiques quels qu'ils soient », est rappelée par le code de droit canon de saint Pie X promulgué par Benoît XV. Elle a été confirmée par le nouveau code de droit canon.

Force nous est pourtant de dire quelques mots de cette Bible Chouraqui tant, à chacune de ses premières éditions, en 1977 et en 1985, un matraquage publicitaire, en particulier dans la presse religieuse, a essayé de l’imposer aux catholiques, sans égard pour la discipline de l’Église. 11 y a eu là une grosse opération publicitaire au profit d'un éditeur qui avait naguère la confiance des catholiques. Mais, au-delà de l'aspect commercial, on sent le désir de rompre le fil de la Tradition sous couleur d’archaïsme. En outre apparaît un souci œcuménique en progrès sur celui de la TOB mais que l’on retrouvera, nous l'avons dit, dans la Bible de Jérusalem en 1998, puisque dit l'éditeur dans sa publicité : « cette œuvre contribue au développement de l’amitié judéo-chrétienne ».

On laisse entendre qu’André Chouraqui, ancien magistrat français devenu Israélien, et pratiquant l’hébreu moderne, se trouve par là-même particulièrement compétent pour traduire l'hébreu ancien. En réalité, des hébraïsants sérieux contestent cette compétence ; ils contestent aussi la valeur globale de la traduction. Plutôt que les erreurs de traduction, c’est en effet la méthode choisie par l’auteur qui condamne l’ensemble de son travail. Chouraqui a voulu, non vraiment traduire, mais transposer l'hébreu en français : il a gardé les noms propres hébreux, rendu tels quels tous les hébraïsmes et recherché le sens ancien des racines hébraïques pour les rendre par des racines françaises. Il en résulte un effroyable baragouin qui réjouit le cœur des lecteurs un peu snobs persuadés d’avoir ainsi accès au texte original."

(Daniel Raffard de Brienne, La Bible Trahie ?)

Choix de Recatho

Les propos de Daniel Raffard de Brienne peuvent sembler durs mais ils sont malheureusement réalistes. Le Concile Vatican II a changé le sens du mot oecuménisme ; il ne s'agit plus de ramener le troupeau dispersé vers l'Eglise Catholique mais de faire la paix avec toutes les religions y compris celles qui ne reconnaissent pas la Sainte Trinité, comme l'Islam et le judaïsme. Cette recherche de la paix se fait malheureusement au détriment de la Vérité. Il y aurait beaucoup de choses à dire à ce sujet mais la digression serait trop longue. Il en résulte néanmoins que cette recherche à tout prix d'un faux oecuménisme se retrouve dans les traductions de la Bible postérieures au Concile Vatican II comme l'a montré Daniel Raffard de Brienne. Nous ne pouvons plus dès lors nous fier à ces nouvelles traductions. Que nous reste-t-il alors ? La Vulgate qui est la seule version de la Bible qui fait autorité dans l'Eglise, et les traductions françaises (nous ne nous intéressons pas ici aux autres langues vernaculaires) qui sont restées fidèles à la Vulgate. Recatho publie donc :

  • La version de référence pour l'Eglise : la Vulgate Sixto-Clémentine en latin.
  • Les meilleures et dernières traductions françaises de la Vulgate : celle de Glaire & Vigouroux, et celle de Fillion datant de la fin du XIXè siècle. Ces deux traductions se sont inspirées de la traduction réalisée par Le Maistre de Sacy au XVIIè siècle.
  • Et la bonne traduction du chanoine Crampon de la fin du XIXè également qui, bien que traduite du grec et de l'hébreu (de la Massore), prend soin de ne pas s'éloigner de la Vulgate.

Bible Glaire & Vigouroux, 1871 - 1890

Il s'agit d'une traduction de la Sainte Bible d'après la Vulgate par l'abbé Jean-Baptiste Glaire publiée dans une première édition de 1871 à 1873. Cette traduction française de la Vulgate a été examinée à Rome par la Sacrée Congrégation de l'Index en janvier 1873 et a reçu l'approbation de Son Eminence le Cardinal archevêque de Bordeaux, de Mgr l'archevêque de Paris et de Mgr l'archevêque de Bourges auxquels le Pape Pie IX avait demandé "d'examiner la traduction et d'en permettre la publication, pourvu qu'elle soit entièrement conforme à l'ancienne Vulgate latine authentique; qu'elle ne contienne rien de contraire à la foi et aux moeurs, et qu'elle soit accompagnée de notes ou de commentaires tirés des saints Pères de l'Eglise, ou de savants interprètes catholiques" (extrait de l'avis de l'abbé Jean-Baptiste Glaire au début de sa traduction). Elle reçut au total le patronage de 55 évêques francophones.

Elle fut complétée ensuite dans une troisième édition de 1890 par des commentaires d'introduction, des notes et des appendices rédigés par l'abbé Fulcran Vigouroux. Plusieurs tirages ont été réalisés notamment en 1902 et en 1905 par les éditeurs A. et R. Roger, et F. Chernoviz, et elle est connue sous le nom de Bible Glaire & Vigouroux.

Bible Glaire & Vigouroux (1905) en PDF (200 Mo)

A notre connaissance, à ce jour, le 27 mai 2022, Recatho est le seul site à présenter la Bible Glaire & Vigouroux au format HTML. Le texte a été obtenu de la façon suivante :

  • Les versets proviennent d'une reconnaissance de caractères automatique par un logiciel (OCR) du fichier PDF précédent suivi d'un gros travail de reprise et de correction manuelle,
  • Et le reste du texte (introductions, notes de bas de page, appendices) proviennent pour l'essentiel du site JesusMarie. Attention, ce site ne donne pas les versets de la Bible Glaire & Vigouroux mais ceux de la Bible Fillion avec les commentaires de l'abbé Vigouroux !

Bible Fillion, 1888 - 1895

Il s'agit de la Sainte Bible commentée d’après la Vulgate et les textes originaux à l’usage des séminaires et du clergé par l'abbé Louis-Claude Fillion, prêtre de Saint-Sulpice, professeur d’Ecriture Sainte à l’Institut Catholique de Paris, membre de la Commission Biblique Pontificale. Elle a été publiée en 8 volumes de 1888 à 1895.

C'est à la demande de l'abbé Fulcran Vigouroux que Louis-Claude Fillion entreprit de commenter la Bible. Il s'appuya à cet effet sur la Vulgate et sur la traduction de Le Maistre de Sacy qu'il retoucha afin de la rendre plus conforme à la Vulgate.

L'édition présentée par Recatho est celle de 1920 de la librairie Letouzey et Ané - 87, boul. Raspail - rue de vaugirard - Paris.

Bible Crampon, 1894 - 1904, révision en 1923

Augustin Crampon était un prêtre catholique et chanoine de la cathédrale d’Amien.

Après avoir traduit les Evangiles en français d'apès la Vulgate en 1864, il traduira la Sainte Bible à partir du grec et de l'hébreu (de la Massore) en conservant la Vulgate en regard. La Sainte Bible sera publiée en 7 volumes de 1894, année de sa mort, jusqu'en 1904 :

Ces versions en PDF sont complètes et annotées.

Elle sera ensuite éditée en un seul volume en 1904 sous le titre : "La Sainte Bible, traduction d’après les textes originaux, par l’abbé Crampon, révisée par des pères de la compagnie de Jésus, avec la collaboration de professeurs de St Sulpice, et portant l’imprimatur de l’évêque de Tournai.".

Une deuxième édition paraît en 1923 :
Traduction d’après les textes originaux par l’abbé CRAMPON, chanoine d’Amiens
Edition révisée par l’Institut Catholique de Paris avec la collaboration des Professeurs du séminaire du Saint-Sulpice. Société de S. Jean l’Évangéliste, Desclée et Cie, Édit. Pont., Paris – Tournai – Rome, 1923

C'est cette édition que nous publions au format HTML sur Recatho.