Moteur de recherche catholique portant sur la Bible et sur une bibliothèque d'ouvrages de référence en théologie, philosophie et histoire.
Les querelles d'hommes corrompus d'esprit, et qui sont privés de la vérité, estimant que la piété est un moyen de gain.
|
Saisissez un texte à rechercher ou bien sélectionnez un livre
Appendice- Note 34, Matthieu, 12, 46. LES FRERES DU SAUVEUR.
La recherche n'a donné aucun résultat.
AccueilGlaire & VigourouxMatthieu > Appendice- Note 34, Matthieu, 12, 46. LES FRERES DU SAUVEUR.0/0 résultat(s)
0/0 résultat(s)

Appendice- Note 34, Matthieu, 12, 46. LES FRERES DU SAUVEUR.

Matthieu, 12, 46, ses frères, c’est-à-dire ses cousins ou ses proches en général. Chez les Hébreux, comme chez les autres peuples de l’antiquité, le mot frère se prenait souvent dans un sens plus étendu. Ainsi dans la Genèse, 13, 8, Abraham et Lot sont appelés frères ; cependant Lot n’était que le neveu d’Abraham, puisque celui-ci était frère d’Aran, le père de Lot, (voir Genèse, 11, 27). De même dans Genèse, 29, 15, Laban est dit frère d’Abraham ; mais ce même Laban était petit-fils de Nachor, le propre frère d’Abraham, et, par conséquent, son petit-neveu. Dans le livre de Tobie, 7, 4,
Raguel donne le nom de frère à Tobie, son véritable cousin (voir Tobie, 7, 2). Dans le même livre, chapitre 8, verset 9, le jeune Tobie, parlant à la fille de Raguel, qui était simplement sa cousine, lui dit : Ma sœur. On peut voir d’autres exemples dans le Lévitique, 25, 48 ; Deutéronome, 2, vv. 4, 8, etc. Pour n’en citer qu’un seul pris dans un autre peuple, nous ferons remarquer que, dans Quinte-Curce, Amyntas est appelé frère d’Alexandre, bien qu’il ne fût que son cousin germain, du côté de son père. Ainsi l’Evangile a pu donner le nom de frères et de sœurs de Jésus à des personnes qui étaient simplement ses proches ; mais l’a-t-il donné réellement ? Il nous semble qu’il n’y a pas lieu d’en douter. Toute l’antiquité chrétienne, comme le remarque justement D. Calmet, a toujours cru que Marie avait conservé sa virginité après, comme avant et pendant l’enfantement miraculeux de son divin fils Jésus. Il est certain que le terme hébreu becôr, rendu dans le texte grec par prôtolokos, et, dans la Vulgate, par primogenitus ou premier-né, signifie proprement, comme phéter réhem (ou simplement phéter), qui lui sert souvent d’explicatif, fente, ouverture, et ce qui fend, ce qui ouvre un sein (quod aperit vulvam). Or il n’y a rien là qui prouve que la très sainte Vierge ait eu d’autres enfants après Jésus-Christ. Nous ajouterons, avec Aberlé, (Dictionnaire de la Théologie catholique), que si ces frères de Jésus-Christ, dont parle l’Evangile, aient été ses véritables frères selon la chair, il serait très singulier que jamais Marie n’eût été appelée leur mère ; il serait tout à fait inconcevable que Jésus eût recommandé sur la croix sa mère à saint Jean (voir Jean, 19, 26-27), tandis qu’ayant d’autres fils, c’eût été le devoir naturel de ceux-ci de la recueillir, et ils n’y auraient certainement pas manqué. On ne voit dans le Nouveau Testament, comme fils de Marie, que Jésus, et c’est précisément par opposition avec ceux qui sont appelés ses frères, qu’il est désigné comme le fils de Marie (voir Marc, 6, 3). La manière dont Jésus, du haut de la croix, recommande sa mère à saint Jean prouve encore qu’il était le fils unique de Marie, car il est dit littéralement : Voilà le fils de vous ; avec l’article déterminatif, qui aurait évidemment manqué, s’il y avait encore d’autres fils de Marie. Un nouvel argument en faveur de notre thèse est la possibilité de démontrer quelle fut, en dehors de la très sainte Vierge, la véritable mère de ceux qui sont appelés les frères du Sauveur. Saint Matthieu cite (voir Matthieu, 27, 56), parmi les femmes présentes au crucifiement, une Marie, mère de Jacques et de Joseph ; saint Marc le dit également (voir Marc, 15, 40), et, de plus, il distingue ce Jacques d’un autre Jacques, fils de Zébédée, par le surnom de le petit (o mikros) ou le mineur. Comme il ne paraît en général dans le Nouveau Testament que deux Jacques, il n’y a pas de doute que le premier ne soit celui que saint Paul nomme (voir Galates, 1, 19) le frère du Seigneur, celui à qui sa position comme premier évêque de Jérusalem, donnait alors une haute importance ; celui enfin dont l’épître fait partie du Nouveau Testament. Saint Jude, au commencement de son épître, se nomme frère de ce Jacques. Ainsi on trouve dans le Nouveau Testament pour trois des frères du Seigneur, Jacques, Joseph et Jude, une Marie qui est leur mère, et qui est différente de la mère de Jésus. Or, cette Marie est, sans aucun doute, identique avec la Marie nommée par saint Jean (voir Jean, 19, 25) la femme de Cléophas et la sœur de la mère du Seigneur. Cléophas, ou selon une autre forme de ce même nom, Alphée, était par conséquent le père de Jacques, de Joseph et de Jude ; et, en effet, Jacques est, en plusieurs circonstances, (voir Matthieu, 10, 3 ; Marc, 3, 18 ; Luc, 6, 15 ; Actes des Apôtres, 1, 13), nommé le fils d’Alphée. Pour Simon ou Siméon, il est expressément désigné comme le fils de Cléophas par Hégésippe, le plus ancien historien de l’Eglise. Il est donc incontestable que les quatre frères de Jésus étaient simplement ses cousins du côté de sa mère ; et si, d’après la donnée d’Hégésippe, Cléophas était un frère de saint Joseph, ils l’étaient aussi vraisemblablement du côté paternel. On a objecté que deux sœurs vivantes n’ont pas pu porter le même nom. Mais il fallait prouver que cela n’avait jamais lieu chez les Juifs, surtout dans les derniers temps. Cet usage existait incontestablement chez les Latins, puisque, sur les quatre filles qu’avait Octavie, la sœur de l’empereur Auguste, et qui vécurent en même temps, deux se nommaient, sans aucun surnom, Marcella, et les deux autres Octavie. On a dit encore que, d’après saint Hilaire, saint Epiphane, Théophilacte et plusieurs autres anciens, saint Joseph avait eu des enfants d’une autre femme avant son mariage avec la sainte Vierge, et que ce sont ces enfants que l’Ecriture appelle les frères de Jésus-Christ. Origène remarque à ce sujet que c’est le faux évangile de saint Pierre ou celui de saint Jacques qui a donné lieu à cette opinion. Il est certain qu’elle n’est nullement fondée sur la tradition, et il est très vraisemblable que ceux qui l’ont adoptée l’ont fait uniquement parce qu’ils ont cru devoir prendre ici le mot frère dans sa signification propre, en l’étendant seulement aux frères de lits différents.
Nos adversaires, comme nous ne l’ignorons pas, ont opposé à nos arguments des difficultés plus ou moins spécieuses ; mais ils sont forcés de convenir que ces difficultés ne dépassent pas les limites de l’hypothèse et que sous ce rapport même notre sentiment est le mieux fondé en raisons. Quoi qu’il en soit, nous avons pour nous toute l’antiquité chrétienne, qui a toujours cru que Marie avait conservé sa virginité après avoir enfanté Jésus-Christ. Or, un pareil témoignage, si on consulte la vraie critique, doit l’emporter sur toutes les hypothèses, même les plus séduisantes. (J.-B. GLAIRE.)

Bible Glaire & Vigouroux


Traduction de la Sainte Bible d'après la Vulgate (Clémentine) par l'abbé Jean-Baptiste Glaire éditée une première fois de 1871 à 1873, puis complétée par des introductions, des commentaires, des notes et des appendices rédigés par l'abbé Fulcran Vigouroux dans une troisième édition en 1890. L'édition reprise par Recatho est celle de 1905 des éditeurs A. et R. Roger, et F. Chernoviz téléchargeable également au format PDF ici. Recatho est le seul site web à offrir une version HTML de la Bible Glaire & Vigouroux. Pour en savoir plus, nous vous invitons à lire notre page de présentation des différentes versions de la Bible expliquant notre choix.