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Première épître de saint Paul aux Corinthiens
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Première épître de saint Paul aux Corinthiens

Notes d'introduction et appendices :

Chapitre 1

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Chap. : 
Saint Paul salue les fidèles de Corinthe.
Il rend grâces à Dieu des dons surnaturels qu’il a répandus sur eux.
Il les exhorte à éviter les divisions.
Sagesse humaine réprouvée de Dieu.
Croix, scandale aux yeux des Juifs, folie aux yeux des gentils, force de Dieu pour sauver ceux qui croient.
Dieu confond les puissants par les faibles, afin que nul ne se glorifie qu’en lui.
1 Paul appelé à l'apostolat de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, et Sosthène, son frère,
Note I Cor. 1,1 : Sosthène. Voir Actes des Apôtres, 18, 17.
2 A l'Eglise de Dieu, qui est à Corinthe, aux sanctifiés en Jésus-Christ, appelés saints, avec tous ceux qui invoquent le nom du Seigneur Jésus-Christ, en quelque lieu qu'ils soient ou que nous soyons nous-mêmes,
Note I Cor. 1,2 : Appelés saints. Voir Actes des Apôtres, 9, 13
3 Grâce à vous, et paix par Dieu notre Père, et par le Seigneur Jésus-Christ.
 
4 Je rends grâces à mon Dieu pour vous sans cesse, à cause de la grâce de Dieu, qui vous a été donnée dans le Christ Jésus.5 De ce que vous avez été faits en lui riches en toutes choses, en toute parole et en toute science
Note I Cor. 1,5-7 : Les éloges que saint Paul donne ici aux Corinthiens, et les faveurs dont il parle, s’adressent au corps de l’Eglise de Corinthe, et non point à chacun des membres en particulier. Les éloges sont pour les parfaits, les leçons et les reproches pour les imparfaits. Cette observation suffit pour justifier l’Apôtre de la contradiction que plusieurs lui ont reproché sur ce point.
6 (Ainsi le témoignage du Christ a été confirmé parmi vous);
Note I Cor. 1,6 : Le témoignage du Christ ; c’est-à-dire le témoignage qui a été rendu au Christ par la prédication de l’Evangile.
7 De sorte que rien ne vous manque en aucune grâce, à vous qui attendez la manifestation de Notre Seigneur Jésus-Christ,8 Qui vous affermira même jusqu'à la fin, pour que vous soyez sans reproche au jour de l'avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ.9 Il est fidèle, le Dieu par qui vous avez été appelés à la société de son fils Jésus-Christ Notre Seigneur.
Note I Cor. 1,9 : Voir 1 Thessaloniciens, 5, 24.
 
10 Je vous conjure donc, mes frères, par le nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, de n'avoir tous qu'un même langage, et de ne pas souffrir de schismes parmi vous; mais d'être tous affermis dans le même esprit et dans les mêmes sentiments.11 Car J'ai été averti, mes frères, par ceux de la maison de Chloé, qu'il y a des contestations parmi vous.
Note I Cor. 1,11 : Chloé ne nous est connue que par ce passage. Mes frères : Paul emploie souvent cette formule pour faire accepter quelque reproche sévère. ― Les gens, les esclaves ou les enfants (voir Romains, 16, 11) de Chloé, quelque pieuse dame d’Ephèse qui, après un voyage à Corinthe, aura instruit saint Paul de la situation de cette Eglise.
12 Or, je parle ainsi, parce que chacun de vous dit : Moi, je suis à Paul, et moi à Apollo, et moi à Céphas, et moi au Christ.
Note I Cor. 1,12 : Voir Actes des Apôtres, 18, 24. ― Apollo, Céphas. « Plusieurs pensent que ce sont là des noms fictifs, mis en avant par l’Apôtre pour éviter aux véritables chefs de parti la confusion de se voir désigner publiquement. Mais ce sentiment s’accorde mal avec ce qu’on lit dans la première épître de saint Clément. Saint Paul a bien pu omettre certains noms ; mais ceux qu’il cite ne paraissent pas imaginaires. On sait par saint Luc qu’Apollo avait séjourné à Corinthe, qu’il avait succédé à saint Paul pour la prédication, et qu’on avait applaudi son éloquence. Quant à saint Pierre, saint Denys, évêque de Corinthe vers le milieu du second siècle, nous apprend que son Eglise le tenait pour son fondateur aussi bien que saint Paul. Il est probable que le chef des Apôtres avait passé par cette ville en se rendant à Rome, ou qu’il s’y était retiré avec Prisque et Aquila au moment où un décret de Claude obligea tous les Juifs à s’éloigner de la capitale de l’empire. ― Quoi qu’il en soit, le reproche que saint Paul fait ici aux Corinthiens ne saurait fournir aucun appui à la fable du pétrinisme et du paulinisme, imaginée par Baur et son école. Les partis dont parle saint Paul sont de simples coteries qui n’accusent aucun dissentiment en manière de croyance, et qui n’ont pu avoir de durée ni s’étendre au-delà de Corinthe. Les Apôtres y restent complètement étrangers. » (L. BACUEZ.)
13 Le Christ est-il divisé? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous? ou est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés?14 Je rends grâces à Dieu de ce que je n'ai baptisé aucun de vous, si ce n'est Crispus et Caïus ;
Note I Cor. 1,14 : Voir Actes des Apôtres, 18, 8. ― Crispus était le chef de la synagogue de Corinthe. Voir Actes des Apôtres, note 18.8. ― Caïus donnait l’hospitalité à saint Paul à Corinthe (voir Romains, 16, 23). Origène dit qu’il devint évêque de Thessalonique.
15 Afin que nul ne dise qu'il a été baptisé en mon nom.16 J'ai baptisé aussi la famille de Stéphanas : au reste, je ne sais si j'ai baptisé quelque autre personne ;
Note I Cor. 1,16 : Stéphanas est mentionné de nouveau plus loin, voir 1 Corinthiens, 16, 16-17, comme l’un des premiers convertis de l’Achaïe. Il était avec saint Paul à Ephèse, quand l’Apôtre écrivit cette première Epître aux Corinthiens. D’après saint Jean Chrysostome, Stéphanas s’était rendu à Ephèse pour consulter saint Paul sur des questions de discipline. D’autres croient que le motif du voyage avait été un but charitable. Peut-être les assemblées des fidèles avaient-elles lieu dans sa maison à Corinthe.
 
17 Parce que le Christ ne m'a point envoyé pour baptiser, mais pour prêcher l'Evangile, non pas toutefois selon la sagesse de la parole, afin de ne pas rendre vaine la croix du Christ.
Note I Cor. 1,17 : Voir 2 Pierre, 1, 16 ; 1 Corinthiens, 2, 1. ― Parce que le Christ, etc. Ces paroles ne signifient pas que le baptême n’est pas fonction et l’objet principal de la mission des apôtres, mais que la prédication était l’œuvre principale de la mission de saint Paul.
18 Car la parole de la croix est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, c'est-à-dire pour nous, elle est vertu de Dieu.
Note I Cor. 1,18 : Voir Romains, 1, 16.
19 Car il est écrit : Je perdrai la sagesse des sages, et, la prudence des prudents, je la réprouverai.
Note I Cor. 1,19 : Voir Isaïe, 29, 14.
20 Où est le sage? Où est le Scribe? Où est l'investigateur de ce siècle? Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse de ce monde?
Note I Cor. 1,20 : Voir Isaïe, 33, 18.
21 En effet, puisque, dans la sagesse de Dieu, le monde, par sa sagesse, n'a pas connu Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication.22 Car les Juifs demandent des miracles, et les Grecs cherchent la sagesse;
Note I Cor. 1,22 : Les Juifs ne demandaient pas de simples miracles, car Jésus-Christ et les Apôtres en opéraient un grand nombre qu’ils reconnaissaient et qu’ils proclamaient eux-mêmes, puisqu’ils les attribuaient au démon, mais ils demandaient, sans aucun droit, des prodiges d’un certain genre, des prodiges qui vinssent immédiatement du ciel.
23 Et nous, nous prêchons le Christ crucifié, pour les Juifs, il est vrai scandale, et pour les gentils, folie;24 Mais, pour ceux qui sont appelés, soit Juifs, soit Grecs, vertu de Dieu et sagesse de Dieu;25 Car ce qui est folie en Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse en Dieu est plus fort que les hommes.
Note I Cor. 1,25 : Ce qui, dans les voies de Dieu, paraît folie au monde, est certainement très sage, et ce qui paraît faiblesse est au-dessus de toute force humaine.
 
26 En effet, voyez, mes frères, votre vocation, ce n'est pas un grand nombre de sages selon la chair, ni un grand nombre de puissants et de grands,27 Que Dieu a choisis, mais ce qui est insensé selon le monde, pour confondre les sages; il a choisi aussi ce qui est faible selon le monde, pour confondre ce qui est fort;28 Enfin, Dieu a choisi ce qui est vil et méprisable selon le monde, et les choses qui ne sont pas, pour détruire les choses qui sont ;
Note I Cor. 1,28 : Les choses qui ne sont pas ; c’est-à-dire de peu de valeur, de rien.
29 Afin que nulle chair ne se glorifie en sa présence.
Note I Cor. 1,29 : Nulle chair, aucun homme. Voir Matthieu, 24, 22.
30 Et c'est par lui que vous êtes dans le Christ Jésus, que Dieu a fait notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption ;
Note I Cor. 1,30 : Voir Jérémie, 23, 5.
31 Afin, comme il est écrit, que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur.
Note I Cor. 1,31 : Voir Jérémie, 9, 23-24 ; 2 Corinthiens, 10, 17.

Chapitre 2

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Chap. : 
Saint Paul n’emploie ni l’éloquence, ni la sagesse humaine.
Il prêche toutefois la sagesse, mais c’est celle de Dieu, cachée au monde et révélée par l’Esprit de Dieu.
Il n’y a que ceux qui sont éclairés par l’Esprit de Dieu qui puissent comprendre cette sagesse.
1 Pour moi, mes frères, lorsque je suis venu vers vous, je ne suis point venu vous annoncer le témoignage du Christ dans la sublimité du discours et de la sagesse.
Note I Cor. 2,1 : Voir 1 Corinthiens, 1, 17. ― Le témoignage du Christ. Comparer à 1 Corinthiens, 1, 6.
2 Car je n'ai pas jugé que je susse parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié.3 Aussi, est-ce dans un état de faiblesse, de crainte, et d'un grand tremblement, que j'ai été parmi vous;
Note I Cor. 2,3 : Voir Actes des Apôtres, 18, 1.
4 Et mon discours et ma prédication ont été, non dans les paroles persuasives de la sagesse humaine, mais dans la manifestation de l'esprit et de la vertu ;
Note I Cor. 2,4 : Voir 2 Pierre, 1, 16.
5 Afin que votre foi ne soit pas établie sur la sagesse des hommes, mais sur la vertu de Dieu.
 
6 Cependant nous prêchons la sagesse parmi les parfaits, non la sagesse de ce siècle, ni des princes de ce siècle, qui périssent;
Note I Cor. 2,6 : Les princes de ce siècle sont les sages, les savants, les philosophes, ou les démons dont l’empire se détruit de plus en plus par l’établissement du règne de Jésus-Christ.
7 Mais nous prêchons la sagesse de Dieu dans le mystère, sagesse qui a été cachée, que Dieu a prédestinée pendant les siècles pour notre gloire ;
Note I Cor. 2,7 : Dans le mystère, mystérieusement, dans le désert ; ne prêchant cette sagesse divine qu’au petit nombre des sages. Comparer au verset précédent.
8 Qu'aucun prince de ce siècle n'a connue; car s'ils l'avaient connue, jamais ils n'auraient crucifié le Seigneur de la gloire.9 Mais, comme il est écrit : Ce que l'œil n'a point vu, ce que l'oreille n'a point entendu, ce qui n'est point monté dans le cœur de l'homme, ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment;
Note I Cor. 2,9 : Voir Isaïe, 64, 4.
10 C'est aussi ce que Dieu nous a révélé par son Esprit; car l'Esprit pénètre toutes choses, même les profondeurs de Dieu.11 Qui des hommes sait ce qui est dans l'homme, sinon l'esprit de l'homme qui est en lui? Ainsi, ce qui est en Dieu, personne ne le connaît, que l'Esprit de Dieu.
 
12 Pour nous, nous n'avons point reçu l'esprit de ce monde, mais l'Esprit qui est de Dieu, afin que nous connaissions les dons qui nous ont été faits par Dieu,13 Et que nous annonçons, non avec les doctes paroles de la sagesse humaine, mais selon la doctrine de l'Esprit, traitant spirituellement les choses spirituelles.
Note I Cor. 2,13 : Voir 1 Corinthiens, 1, 17 ; 2, vv. 1, 4 ; 2 Pierre, 1, 16.
14 L'homme animal ne perçoit pas ce qui est de l'Esprit de Dieu; c'est folie pour lui, et il ne le peut comprendre, parce que c'est par l'esprit qu'on doit en juger.
Note I Cor. 2,14 ; 2.15 : L’homme animal est celui qui s’adonne aux plaisirs des sens, à ses affections charnelles et mondaines, ou celui qui ne juge des choses célestes que par la raison naturelle, les sens et la sagesse humaine. L’homme spirituel est celui qui ne se laisse emporter ni par les plaisirs des sens ni par ses affections charnelles, etc., et qui, dans ce qui regarde la religion, ne prend pas la raison humaine pour guide, mais la grâce divine, la foi de l’Eglise et l’Esprit de Dieu.
15 Mais l'homme spirituel juge de toutes choses, et il n'est jugé de personne.
Note I Cor. 2,15 : Juge de toutes choses, etc. Il est faux de dire, avec les ennemis de nos Livres saints, que ces paroles consacrent le fanatisme ou la révolte. L’Apôtre dit seulement que ceux qui ont reçu le don de discerner les esprits ont seuls le droit de décider si celui qui prétend être inspiré est fanatique ou prophète.
16 Car qui a connu la pensée du Seigneur pour pouvoir l'instruire? mais nous, nous avons la pensée du Christ.
Note I Cor. 2,16 : Voir Sagesse, 9, 13 ; Isaïe, 40, 13 ; Romains, 11, 34.

Chapitre 3

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Chap. : 
Les Corinthiens, étant encore charnels, n’ont pu recevoir des instructions spirituelles.
Les ministres plantent et arrosent ; c’est Dieu qui donne la croissance.
Jésus-Christ est le seul fondement de la prédication évangélique.
L’ouvrage bâti sur ce fondement sera éprouvé par le feu.
Les chrétiens sont le temple de Dieu.
La sagesse du monde est une folie.
Ne pas mettre sa gloire dans les hommes.
1 Aussi, mes frères, je n'ai pu moi-même vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels. Comme à de petits enfants en Jésus-Christ,
Note I Cor. 3,1 : Moi-même, moi non plus, je n’ai pu, etc. : nul ne le pouvait, comparer à 1 Corinthiens, 2, 14. ― Vous parler, vous prêcher cette sagesse supérieure, voir 1 Corinthiens, 2, 6. ― Des hommes spirituels. Voir 1 Corinthiens, 2, 14. ― Charnels, si peu changés par l’influence de l’Esprit-Saint, que la chair, foyer du péché et de la concupiscence, domine encore en eux.
2 Je vous ai abreuvés de lait, mais je ne vous ai point donné à manger, parce que vous ne le pouviez pas encore ; et à présent même, vous ne le pouvez point, parce que vous êtes encore charnels.
 
3 Car, puisqu'il y a parmi vous jalousie et esprit de contention, n'êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l'homme?4 En effet, puisque l'un dit : Moi je suis à Paul; et un autre : Moi à Apollo; n'êtes-vous pas des hommes? Qu'est donc Apollo? et qu'est Paul?
Note I Cor. 3,4 : A Apollo. Voir 1 Corinthiens, 1, 12.
5 Des ministres de celui en qui vous avez cru, et chacun l'est selon le don que le Seigneur lui a départi.6 Moi, j'ai planté, Apollo a arrosé ; mais Dieu a donné la croissance.7 C'est pourquoi, ni celui qui plante n'est quelque chose, ni celui qui arrose; mais celui qui donne la croissance. Dieu.8 Or celui qui plante et celui qui arrose sont une seule chose. Mais chacun recevra son propre salaire selon son travail.9 Car nous sommes les coopérateurs de Dieu; vous êtes le champ que Dieu cultive, l'édifice que Dieu bâtit.
 
10 Selon la grâce que Dieu m'a donnée, j'ai, comme un sage architecte, posé le fondement, et un autre a bâti dessus. Que chacun donc regarde comment il y bâtira encore.11 Car personne ne peut poser d'autre fondement que celui qui a été posé, lequel est le Christ Jésus.
Note I Cor. 3,11-15 : Le fondement de l’Eglise de Dieu est Jésus-Christ et sa doctrine, ou la vraie foi en lui agissant par la charité. L’édifice d’or, d’argent, de pierres précieuses, bâti sur ce fondement, c’est la plus parfaite prédication et la pratique de l’Evangile. L’édifice auquel on a mêlé le bois, le foin, la paille, signifie la prédication des docteurs Corinthiens, qui, à la vérité, n’erraient pas dans la foi, mais ajoutaient à leurs discours une vaine pompe de paroles et de questions inutiles. Le jugement de Dieu, soit particulier, soit général, manifestera de quelle sorte aura été l’œuvre de chaque homme, œuvre dont il est difficile de porter un jugement en cette vie. Toute doctrine qui pourra résister à l’épreuve du feu de ce jugement attirera au prédicateur la récompense éternelle de son travail. Toute doctrine contraire sera consumée et anéantie. A la vérité, le prédicateur, s’il est d’ailleurs irréprochable, ne périra pas avec son ouvrage ; il sera sauvé parce qu’il aura bâti sur le vrai fondement. Mais il ne sera que comme un homme qui se sauve à travers un incendie, en conservant sa vie, et en perdant tout le reste. Ainsi, il souffrira la perte de son travail, en ne recevant point la récompense du prédicateur évangélique, il n’entrera même dans le ciel qu’après avoir expié par le feu du purgatoire les fautes qu’il a commises dans l’exercice du ministère évangélique.
12 Que si on élève sur ce fondement un édifice d'or, d'argent, de pierres précieuses, de bois, de foin, de chaume,13 L'ouvrage de chacun sera manifesté; car le jour du Seigneur le mettra en lumière, et il sera révélé par le feu ; ainsi le feu éprouvera l'œuvre de chacun.14 Si l'ouvrage de celui qui a bâti sur le fondement demeure, celui-ci recevra son salaire.15 Si l'œuvre de quelqu'un brûle, il en souffrira la perte; cependant il sera sauvé, mais comme par le feu.
 
16 Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ?17 Si donc quelqu'un profane le temple de Dieu, Dieu le perdra. Car le temple de Dieu est saint, et vous êtes ce temple.
Note I Cor. 3,17 : Voir 1 Corinthiens, 6, 19 ; 2 Corinthiens, 6, 16.
 
18 Que personne ne s'abuse : si quelqu'un d'entre vous paraît sage selon ce siècle, qu'il devienne fou pour être sage ;19 Attendu que la sagesse de ce siècle est folie devant Dieu. Car il est écrit : J'enlacerai les sages dans leurs propres ruses.
Note I Cor. 3,19 : Voir Job, 5, 13.
20 Et encore : Le Seigneur sait que les pensées des sages sont vaines.
Note I Cor. 3,20 : Voir Psaumes, 93, 11.
21 Que personne donc ne se glorifie dans les hommes.
 
22 Car tout est à vous, soit Paul, soit Apollo, soit Céphas, soit vie, soit mort, soit choses présentes, soit choses futures ; oui, tout est à vous;
Note I Cor. 3,22 : Apollo, Céphas. Voir 1 Corinthiens, 1, 12.
23 Mais vous au Christ, et le Christ à Dieu.

Chapitre 4

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Chap. : 
Comment on doit regarder les ministres de l’Evangile ; ne point les juger, ne point se glorifier en eux.
Tout discernement vient de Dieu.
Souffrances et humiliations des Apôtres.
Sévérité paternelle de saint Paul contre ceux qui s’enflaient d’orgueil.
1 Que les hommes nous regardent comme ministres du Christ, et dispensateurs des mystères de Dieu.
Note I Cor. 4,1 : Voir 2 Corinthiens, 6, 4.
2 Or ce qu'on demande dans les dispensateurs, c'est que chacun soit trouvé fidèle.3 Pour moi, je me mets fort peu en peine d'être jugé par vous ou par un tribunal humain ; bien plus, je ne me juge pas moi-même.
Note I Cor. 4,3 : Par un tribunal humain ; littéralement : par aucun jour humain. Le mot jour, qui signifie évidemment ici le jour fixé pour un jugement, se prend pour le jugement lui-même ; comme nous disons : Journée sanglante, journée de Poitiers, pour bataille sanglante, bataille de Poitiers, à l’imitation des Latins qui se servaient de dies, pour exprimer l’action qui rendait une journée mémorable. Comparer à Jérémie, 17, 16.
4 A la vérité, ma conscience ne me reproche rien, mais je ne suis pas pour cela justifié ; celui qui me juge c'est le Seigneur.5 C'est pourquoi, ne jugez pas avant le temps, jusqu'à ce que vienne le Seigneur, qui éclairera ce qui est caché dans les ténèbres, et manifestera les pensées secrètes des cœurs; et alors chacun recevra de Dieu sa louange.
 
6 Au reste, mes frères, j'ai personnifié ces choses en moi et en Apollo à cause de vous, afin que vous appreniez, par notre exemple, à ne pas, contrairement à ce que je vous ai écrit, vous enfler d'orgueil l'un contre l'autre pour autrui.
Note I Cor. 4,6 : Contrairement à ce que, etc. Comparer à 1 Corinthiens, 3, 3-9 ; 4, 1.
7 Car qui te discerne? et qu'as-tu que tu n'aies reçu? Que si tu l'as reçu, pourquoi t'en glorifies-tu, comme si tu ne l'avais pas reçu ?8 Déjà vous êtes rassasiés, déjà vous êtes riches, vous régnez sans nous ; et plaise à Dieu que vous régniez en effet, afin que nous régnions avec vous.9 Car il me semble que Dieu nous a présentés, nous les derniers des apôtres, comme destinés à la mort, puisque nous sommes donnés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes.10 Nous sommes, nous, insensés à cause du Christ ; mais vous, vous êtes sages dans le Christ; nous sommes faibles et vous forts; vous êtes honorés, mais nous méprisés.11 Jusqu'à cette heure nous souffrons et la faim et la soif, nous sommes nus, déchirés à coups de poing, et nous n'avons pas de demeure stable ;
Note I Cor. 4,11 : Nous sommes déchirés, etc. Voir Matthieu, 21, 35.
12 Nous nous fatiguons, travaillant de nos mains ; on nous maudit, et nous bénissons; on nous persécute, et nous le supportons ;13 On nous blasphème, et nous prions; nous sommes devenus jusqu'à présent comme les ordures du monde, et les balayures rejetées de tous.
 
14 Ce n'est point pour vous donner de la confusion que j'écris ceci, mais je vous avertis comme mes fils très chers.15 Car eussiez-vous dix mille maîtres dans le Christ, vous n'avez cependant pas plusieurs pères; puisque c'est moi qui, par l'Evangile, vous ai engendrés en Jésus-Christ.16 Je vous en conjure donc, soyez mes imitateurs, comme je le suis du Christ.17 C'est pourquoi, je vous ai envoyé Timothée, qui est mon fils bien-aimé, et fidèle dans le Seigneur; il vous rappellera mes voies en Jésus-Christ, selon ce que j'enseigne partout dans toutes les Eglises.
Note I Cor. 4,17 : Timothée. Voir l’introduction aux Epîtres pastorales.
18 Quelques-uns s'enflent en eux-mêmes, comme si je ne devais plus venir vous voir.19 Mais je viendrai vers vous bientôt, si le Seigneurie veut; et je connaîtrai non quel est le langage de ceux qui sont pleins d'eux-mêmes, mais quelle est leur vertu.20 Car ce n'est pas dans les paroles que consiste le royaume de Dieu, mais dans la vertu.
Note I Cor. 4,20 : Le royaume de Dieu ; c’est-à-dire la vertu, la perfection chrétienne. Ne consiste pas: n’a pas pour condition d’existence des paroles, plus ou moins éloquentes, mais la foi et la sainteté, qui sont des œuvres de force et de puissance. Comparer à Matthieu, 7, 21.
21 Que voulez-vous? que je vienne à vous Avec une verge, ou avec chanté et mansuétude?

Chapitre 5

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Chap. : 
Incestueux dans l’Eglise de Corinthe.
Saint Paul le livre à Satan.
Il recommande aux Corinthiens de se séparer de ceux qui se rendent coupables de grands crimes.
1 Il n'est bruit que d'une fornication commise parmi vous, d'une fornication telle, qu'il n'en existe pas chez les gentils mêmes ; jusque-là que quelqu'un a la femme de son père.
Note I Cor. 5,1 : Voir Lévitique, 18, 7-8 ; 20, 11.
2 Et vous êtes gonflés d'orgueil! et vous n'êtes pas plutôt dans les pleurs, pour faire ôter d'au milieu de vous celui qui a commis cette action!
 
3 Pour moi, absent de corps, il est vrai, mais présent d'esprit, j'ai déjà jugé, comme si j'étais présent, que celui qui a commis un tel attentat,
Note I Cor. 5,3 : Voir Colossiens, 2, 5.
4 Vous et mon esprit étant réunis au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, soit par la puissance de Notre Seigneur Jésus5 Livré à Satan pour la mort de sa chair, afin que son esprit soit sauvé au jour de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Note I Cor. 5,5 : Livré à Satan ; c’est-à-dire retranché de la société des fidèles, excommunié pour un temps.
6 C'est bien à tort que vous vous glorifiez. Ne savez-vous pas qu'un peu de levain corrompt toute la pâte?
Note I Cor. 5,6 : Voir Galates, 5, 9. ― Corrompt toute la pâte. Cette expression, que l’on retrouve encore dans l’Epître aux Galates, doit, comme tout ce qui suit le prouve clairement, être restreinte au temps de la pâque, pendant lequel en effet les Juifs tenaient pour souillée une masse entière de pâte, pour peu de levain qui y entrât. Car, dans tout autre cas, non seulement, il ne gâte pas la pâte, mais il la rend meilleure.
7 Purifiez-vous donc du vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, comme vous êtes des azymes. Car notre agneau pascal, le Christ, a été immolé.
Note I Cor. 5,7 : Notre agneau pascal. Voir Matthieu, 26, 2.
8 C'est pourquoi, mangeons la pâque, non avec un vieux levain, ni avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec des azymes de sincérité et de vérité.
 
9 Je vous ai écrit dans la lettre : N'ayez point de commerce avec des fornicateurs ;
Note I Cor. 5,9 : Dans la lettre ; c’est-à-dire dans cette lettre. Comparer aux versets 2 et 6.
10 Ce qui ne s'entend pas des fornicateurs de ce monde, non plus que des avares, des rapaces, des idolâtres ; autrement vous devriez sortir de ce monde.11 Mais je vous ai écrit de ne point avoir de commerce avec celui qui, portant le nom de frère, est fornicateur, ou avare, ou idolâtre, ou médisant, ou ivrogne, ou rapace, et même de ne pas manger avec un tel homme.12 En effet, m'appartient-il de juger ceux qui sont dehors? Et ceux qui sont dedans, n'est-ce pas vous qui les jugez?
Note I Cor. 5,12 : Ceux qui sont dehors de l’Eglise, les païens, par opposition à ceux qui sont dedans ; c’est-à-dire aux chrétiens, parmi lesquels on doit compter les hérétiques et les schismatiques qui, conservant le caractère indélébile du baptême, demeurent par là même soumis à la juridiction de l’Eglise.
13 Car ceux qui sont dehors, Dieu les jugera. Otez le méchant d'au milieu de vous.

Chapitre 6

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Chap. : 
Saint Paul reproche aux Corinthiens de s’appeler en jugement devant les infidèles.
Il les exhorte à fuir les procès.
Il leur rappelle les péchés qui ferment l’entrée du ciel.
Il leur recommande de fuir la fornication.
Nos corps sont les membres de Jésus-Christ et les temples du Saint-Esprit.
1 Quelqu'un de vous ayant avec un autre un différend, ose l'appeler en jugement devant les infidèles et non devant les saints !
Note I Cor. 6,1 : Les saints. Voir Actes des Apôtres, 9, 13.
2 Ne savez-vous pas que les saints jugeront ce monde? Or si le monde doit être jugé par vous, êtes-vous indignes de juger des moindres choses?3 Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges? Combien plus les choses du siècle?4 Si donc vous avez des différends touchant les choses du siècle, établissez, pour les juger, ceux qui tiennent le dernier rang dans l'Eglise.5 Je le dis pour votre honte : N'y a-t-il donc parmi vous aucun sage qui puisse être juge entre ses frères?6 Mais un frère plaide contre son frère, et cela devant des infidèles?7 C'est déjà certainement pour vous une faute, que vous ayez des procès entre vous. Pourquoi ne supportez-vous pas plutôt d'être lésés? Pourquoi ne supportez-vous pas plutôt la fraude?
Note I Cor. 6,7 : Voir Matthieu, 5, 39 ; Luc, 6, 29 ; Romains, 12, 17 ; 1 Thessaloniciens, 4, 6. ― On peut appliquer ici l’observation de saint Thomas, qu’il faut distinguer ce qui est interdit aux parfaits et ce qui l’est à tout le monde. D’un autre côté, on voit rarement des procès dans lesquels l’une des parties au moins se conserve exempte de la faute.
8 Mais vous-mêmes, vous lésez, vous fraudez, et cela à l'égard de vos frères.9 Ne savez-vous pas que les injustes ne posséderont pas le royaume de Dieu? Ne vous abusez point : ni les fornicateurs, ni les idolâtres, ni les adultères,10 Ni les efféminés, ni les abominables, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les médisants, ni les rapaces, ne posséderont le royaume de Dieu.11 C'est ce que quelques-uns de vous ont été, mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, et par l'Esprit de notre Dieu.
 
12 Tout m'est permis, mais tout ne m'est pas avantageux. Tout m'est permis, mais je ne serai l'esclave d'aucune chose ;13 Les aliments sont pour l'estomac, et l'estomac pour les aliments ; mais Dieu détruira l'un et l'autre : or le corps n'est point pour la fornication, mais pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps.14 Car. comme Dieu a ressuscité le Seigneur, il nous ressuscitera aussi par sa puissance.15 Ne savez-vous pas que vos corps sont les membres du Christ? Enlevant donc les membres du Christ, en ferai-je des membres de prostituée? A Dieu ne plaise.16 Ne savez-vous pas que celui qui s'unit à une prostituée devient une même chair avec elle? Car (dit-il) ils seront deux en une seule chair.17 Mais celui qui s'unit au Seigneur est un seul esprit avec lui.18 Fuyez la fornication. Tout péché, quel qu'il soit, que fait l'homme est hors de son corps; mais celui qui commet la fornication pèche contre son propre corps.
Note I Cor. 6,18 : Hors du corps: aucun autre péché n’a, dans la même mesure que l’impudicité, le corps pour but et pour objet. Tout autre acte criminel, lors même qu’il se rapporte principalement au corps, l’intempérance, par exemple, exerce son influence sur lui du dehors, et par conséquent il est vis-à-vis de lui dans une situation extérieure.
19 Ne savez-vous pas que vos membres sont le temple de l'Esprit-Saint, qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et qu'ainsi vous n'êtes plus à vous-mêmes?
Note I Cor. 6,19 : Voir 1 Corinthiens, 3, 17 ; 2 Corinthiens, 6, 16.
20 Car vous avez été achetés à haut prix. Glorifiez et portez Dieu dans votre corps.
Note I Cor. 6,20 : Voir 1 Corinthiens, 7, 23 ; 1 Pierre, 1, 18.

Chapitre 7

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Chap. : 
Règles de conduite touchant le mariage, la viduité et la virginité.
Chacun a son don particulier et doit demeurer dans l’état où il était lorsque Dieu l’a appelé.
Avantages de la virginité ; peines du mariage ; bonheur des veuves.
1 Quant aux choses dont vous m'avez écrit, il est avantageux à l'homme de ne toucher aucune femme ;
Note I Cor. 7,1 : Il est avantageux, etc. Saint Paul n’improuve nullement ici le mariage, et par conséquent il n’est pas en contradiction avec cette parole de Dieu dans la Genèse, 2, 18 : Il n’est pas bon que l’homme soit seul, etc. L’Apôtre, en effet, ne considérant ici le mariage que par rapport à l’individu , abstraction faite de l’espèce, veut dire seulement que le mariage apporte des gênes et des dangers aux individus qui le contractent ; inconvénients qu’il évite, si Dieu lui accorde la grâce de conserver la chasteté dans la continence. De plus, saint Paul n’envisage ici que le bien spirituel, tandis que dans le paradis terrestre, quand Dieu dit : Il n’est pas bon, etc., il avait surtout en vue le bien temporel de l’homme.
2 Mais, à cause de la fornication, que chaque homme ait sa femme, et chaque femme son mari.
Note I Cor. 7,2 : Que chaque homme ait sa femme, etc. ; c’est-à-dire vive avec sa femme. Saint Paul n’exhorte pas ici les célibataires à se marier, puisqu’aux versets 7 et 8 il les engage à demeurer dans leur état.
3 Que le mari rende à la femme ce qu'il lui doit, et pareillement la femme à son mari.
Note I Cor. 7,3 : Voir 1 Pierre, 3, 7.
4 La femme n'a pas puissance sur son corps; c'est le mari. De même le mari n'a pas puissance sur son corps, c'est la femme.5 Ne vous refusez point l'un à l'autre ce devoir, si ce n'est de concert, pour un temps, afin de vaquer à la prière ; et revenez ensuite comme vous étiez, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence.6 Or je dis ceci par condescendance, et non par commandement.7 Car je voudrais que vous fussiez tous comme moi; mais chacun reçoit de Dieu son don particulier, l'un d'une manière et l'autre d'une autre.
 
8 Mais je dis à ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, qu'il leur est avantageux de rester ainsi, comme moi-même.9 Que s'ils ne peuvent se contenir, qu'ils se marient. Car il vaut mieux se marier que de brûler.
Note I Cor. 7,9 : L’Apôtre parle ici des personnes qui sont libres ; car celles qui, par vœu, se sont données à Dieu, ne doivent chercher le remède à leurs passions que dans la prière et la pénitence.
 
10 Pour ceux qui sont mariés, ce n'est pas moi, mais le Seigneur, qui commande que la femme ne se sépare point de son mari ;
Note I Cor. 7,10 : Voir Matthieu, 5, 32 ; 19, 9 ; Marc, 10, 9 ; Luc, 16, 18.
11 Que si elle en est séparée, qu'elle demeure sans se marier, ou qu'elle se réconcilie avec son mari. Que le mari, de même, ne quitte point sa femme.
 
12 Mais aux autres, je dis, moi, et non le Seigneur : Si l'un de nos frères a une femme infidèle, et qu'elle consente à demeurer avec lui, qu'il ne se sépare point d'elle.13 Et si une femme fidèle a un mari infidèle, et qu'il consente à demeurer avec elle, qu'elle ne se sépare point de son mari ;14 Car le mari infidèle est sanctifié par la femme fidèle, et la femme infidèle est sanctifiée par le mari fidèle ; autrement vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints.
Note I Cor. 7,14 : Car le mari infidèle, etc. Cela ne veut pas dire que la foi du mari ou de la femme soit suffisante pour faire passer le conjoint infidèle à l’état de grâce ou de salut ; mais c’est souvent une occasion de leur sanctification et de leur retour à la vraie foi.
15 Que si l'infidèle se sépare, qu'il se sépare ; car notre frère ou notre sœur n'est plus asservie en ce cas; mais Dieu nous a appelés à la paix.16 Car, que savez-vous, femme, si vous sauverez votre mari? ou que sais-tu, homme, si tu sauveras ta femme?
 
17 Seulement, que chacun marche selon que le Seigneur lui a départi, et selon que Dieu l'a appelé, et c'est ce que j'enseigne dans toutes les Eglises.
Note I Cor. 7,17 : Que chacun marche. Nous avons déjà fait remarquer que les Hébreux employaient les verbes aller, marcher, dans les sens moral de se conduire, vivre.
18 Un circoncis a-t-il été appelé? Qu'il ne se donne point pour incirconcis. Est-ce un incirconcis qui a été appelé? Qu'il ne se fasse point circoncire.19 La circoncision n'est rien, et l'incirconcision n'est rien, mais l'observation des commandements de Dieu est tout.20 Que chacun persévère dans la vocation où il était quand il a été appelé.
Note I Cor. 7,20 : Voir Ephésiens, 4, 1. ― Dans la vocation ; c’est-à-dire dans l’état, dans la situation. Comparer au verset 24.
21 As-tu été appelé étant esclave, ne t'en inquiète pas; et même, si tu peux devenir libre, profites-en plutôt.
Note I Cor. 7,21 : Profites-en plutôt ; mets plutôt à profit cette circonstance d’avoir été appelé étant esclave, et reste volontiers dans cette condition, qui est une école d’humilité et de patience (saint Jean Chrysostome, saint Thomas). D’autres : et profites de l’occasion qui s’offre à toi d’être libre.
22 Car celui qui a été appelé au Seigneur, lorsqu'il était esclave, devient affranchi du Seigneur; de même celui qui a été appelé étant libre, devient esclave du Christ.23 Vous avez été achetés chèrement; ne vous faites point esclaves des hommes.
Note I Cor. 7,23 : Voir 1 Corinthiens, 6, 20 ; 1 Pierre, 1, 18.
24 Que chacun, mes frères, persévère devant Dieu dans l'état où il était, lorsqu'il a été appelé.
 
25 Quant aux vierges, je n'ai pas reçu de commandement du Seigneur, mais je donnerai un conseil, comme ayant obtenu de la miséricorde du Seigneur d'être fidèle.26 J'estime donc que cela est avantageux, parce qu'à cause de la nécessité pressante il est avantageux à l'homme d'être ainsi.
Note I Cor. 7,26 : La nécessité pressante : « A cause des temps difficiles qui approchent, les temps qui doivent précéder le second avènement de Jésus-Christ (voir Matthieu, 24, 8-34). Les premiers chrétiens regardaient cet avènement comme prochain (voir Matthieu, note 16.28). » (CRAMPON) ― D’être ainsi ; c’est-à-dire de ne point se marier.
27 Es-tu lié à une femme? ne cherche pas à te délier. N'es-tu point lié à une femme ? ne cherche pas de femme.28 Cependant, si tu prends une femme, tu ne pèches pas ; et si une vierge se marie, elle ne pèche pas. Toutefois ces personnes auront les tribulations de la chair. Pour moi, je vous pardonne.
Note I Cor. 7,28 : Pour moi, je vous pardonne ; je ne vous en fais pas un crime, je suis au contraire touché de compassion des maux auxquels vous vous exposez en entrant dans l’état du mariage.
29 Voici donc, mes frères, ce que je vous dis : Le temps est court; il faut que ceux même qui ont des femmes soient comme n'en ayant pas ;30 Et ceux qui pleurent, comme ne pleurant pas; ceux qui se réjouissent, comme ne se réjouissant pas : ceux qui achètent, comme ne possédant pas ;31 Et ceux qui usent de ce monde, comme s'ils n'en usaient pas ; car elle passe, la figure de ce monde.32 Je voudrais que vous fussiez exempts de soucis. Celui qui est sans femme met sa sollicitude dans les choses du Seigneur, comment il plaira au Seigneur.33 Au contraire, celui qui est avec une femme met sa sollicitude dans les choses du monde, comment il plaira à sa femme ; et il se trouve ainsi partagé.34 De même la femme non mariée et la vierge pensent aux choses qui sont du Seigneur, afin d'être saintes de corps et d'esprit; mais celle qui est mariée pense aux choses du monde : comment elle plaira à son mari.35 Or je vous parle ainsi pour votre avantage, non pour vous tendre un piège, mais parce que c'est une chose bienséante, et qui vous donnera un moyen de prier le Seigneur sans empêchement.
Note I Cor. 7,35 : Vous tendre un piège: « image empruntée à la chasse. Sens : pour vous priver de votre liberté chrétienne, ou vous faire tomber, comme dans un filet, dans des tentations qui seraient pires que toutes les tribulations du mariage. ― Sans empêchement: sans les tiraillements qui naissent du souci des choses du monde. » (CRAMPON, 1 885)
 
36 Si quelqu'un donc pense que ce lui soit un déshonneur que sa fille, déjà plus qu'adulte, reste vierge, et qu'il la doit marier; qu'il fasse ce qu'il voudra, il ne péchera point si elle se marie.37 Mais celui qui, sans nécessité, et étant pleinement maître de sa volonté, juge en son cœur de conserver sa fille vierge, fait bien.38 Ainsi celui qui marie sa fille vierge fait bien ; et celui qui ne la marie pas fait mieux.
 
39 La femme est liée à la loi aussi longtemps que vil son mari ; que si son mari s'endort, elle est affranchie ; qu'elle se marie à qui elle voudra, mais seulement selon le Seigneur.
Note I Cor. 7,39 : Voir Romains, 7, 2. ― S’endort. Dans l’Ecriture, le sommeil se met souvent pour la mort.
40 Cependant elle sera plus heureuse si, selon mon conseil, elle demeure comme elle est : or je pense que j'ai, moi aussi, l'Esprit du Seigneur.
Note I Cor. 7,40 : Comme elle est, c’est-à-dire dans son état de veuve.

Chapitre 8

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Chap. : 
Des viandes immolées aux idoles.
La science enfle, la charité édifie.
L’idole n’est rien, mais celui qui scandalise les faibles, pèche contre Jésus-Christ.
1 Quant à ce qu'on offre en sacrifice aux idoles, nous savons que nous avons tous une science suffisante. La science enfle, mais la charité édifie.
Note I Cor. 8,1 : Nous savons, etc., que ce qu’on immole aux idoles ne contracte par cette immolation aucune souillure qui en interdise l’usage.
2 Si quelqu'un se persuade savoir quelque chose, il ne sait pas encore comment il doit savoir.3 Mais si quelqu'un aime Dieu, celui-là est connu de lui.4 A l'égard des viandes qui sont immolées aux idoles, nous savons qu'une idole n'est rien dans le monde, et qu'il n'y a nul Dieu que l'unique.5 Car, quoiqu'il y ait ce qu'on appelle des dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre (or il y a ainsi beaucoup de dieux et beaucoup de seigneurs);6 Pour nous, cependant, il n'est qu'un seul Dieu, le Père, de qui toutes choses viennent, et nous surtout, qu'il a faits pour lui ; et qu'un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui toutes choses sont, et nous aussi par lui.
 
7 Mais cette science n'est pas en tous. Car, même jusqu'à cette heure, quelques-uns, dans la persuasion de la réalité de l'idole, mangent des viandes comme ayant été offertes à l'idole : ainsi leur conscience, qui est faible, s'en trouve souillée.
Note I Cor. 8,7 : Mais cette science n’est pas en tous. Au verset 1, saint Paul parle des chrétiens qui savaient tous que les viandes n’étaient souillées d’aucune impureté, mais qui abusaient de cette connaissance ; mais ici il a en vue des chrétiens faibles qui ne croyaient pas qu’il fût permis de manger des viandes immolées, mais qui, séduits par l’exemple des autres, en mangeaient comme eux.
8 Ce ne sont point les aliments qui nous recommandent devant Dieu. Car si nous mangeons, nous n'aurons rien de plus; et si nous ne mangeons pas, rien de moins.9 Mais prenez garde que cette liberté que vous avez ne soit aux faibles une occasion de chute.10 Car si quelqu'un voit celui qui a la science assis à table dans un temple d'idoles, sa conscience, qui est faible, ne le portera-t-elle pas à manger des viandes sacrifiées?11 Ainsi, par votre science, périra votre frère encore faible, pour qui le Christ est mort.
Note I Cor. 8,11 : Voir Romains, 14, 15.
12 Or, péchant de la sorte contre vos frères, et blessant leur conscience faible, vous péchez contre le Christ.13 C'est pourquoi, si ce que je mange scandalise mon frère, je ne mangerai jamais de chair, afin de ne point scandaliser mon frère.
Note I Cor. 8,13 : Voir Romains, 14, 21.

Chapitre 9

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Chap. : 
Celui qui prêche l’évangile a le droit de vivre de l’Evangile.
Saint Paul met sa gloire à ne pas user de ce droit.
Il se fait tout à tous pour les attirer à Jésus-Christ.
Nous courons tous dans la lice.
Saint Paul nous y anime par son exemple.
1 Ne suis-je pas libre? Ne suis-je pas apôtre? N'ai-je pas vu Jésus-Christ Notre Seigneur? N'êtes-vous pas mon œuvre dans le Seigneur?2 Et si pour d'autres je ne suis pas apôtre, je le suis cependant pour vous ; car vous êtes le sceau de mon apostolat dans le Seigneur.3 Ma défense contre ceux qui m'interrogent, la voici :4 N'avons-nous pas le pouvoir de manger et de boire?5 N'avons-nous pas le pouvoir de mener partout avec nous une femme sœur, de même que les autres apôtres et les frères du Seigneur, et Céphas?
Note I Cor. 9,5 : Une femme sœur ; une femme chrétienne ; comme un frère signifie un chrétien. Or, selon l’usage de la nation juive, des femmes pieuses suivaient les prédicateurs de l’Evangile, et fournissaient à tous leurs besoins. ― Et les frères du Seigneur. Voir Matthieu, 12, 46. ― Céphas, saint Pierre.
6 Ou moi seul et Barnabé, n'avons-nous pas le pouvoir de le faire?
Note I Cor. 9,6 : Barnabé. Voir Actes des Apôtres, 4, 36.
7 Qui jamais fait la guerre à ses frais? Qui plante une vigne et ne mange pas de son fruit? Qui paît un troupeau et ne mange point du lait du troupeau?8 N'est-ce que selon l'homme que je dis ces choses? La loi-même ne les dit-elle pas?
Note I Cor. 9,8 ; 9.9 : Dans la Palestine, on foulait les blés sous les pieds des animaux, et surtout des bœufs.
9 Car il est écrit dans la loi de Moïse : Tu ne lieras pas la bouche au bœuf qui foule les grains? Est-ce que Dieu a souci des bœufs?
Note I Cor. 9,9 : Voir Deutéronome, 25, 4 ; 1 Timothée, 5, 18.
10 N'est-ce pas plutôt pour nous qu'il dit cela? Car c'est pour nous qu'il a été écrit, que celui qui laboure doit labourer dans l'espérance de recueillir, et celui qui bat le grain dans l'espérance d'y avoir part.11 Si nous avons semé en vous des biens spirituels, est-ce une grande chose que nous moissonnions de vos biens temporels?
Note I Cor. 9,11 : Voir Romains, 15, 27.
12 Si d'autres usent de ce pouvoir à votre égard, pourquoi pas plutôt nous-mêmes? Cependant nous n'avons pas usé de ce pouvoir ; au contraire, nous souffrons tout pour ne pas mettre d'obstacle à l'Evangile du Christ.13 Ne savez-vous pas que les ministres du temple mangent de ce qui est offert dans le temple, et que ceux qui servent à l'autel ont part à l'autel?
Note I Cor. 9,13 : Voir Deutéronome, 18, 1.
14 Ainsi le Seigneur lui-même a prescrit à ceux qui annoncent l'Evangile de vivre de l'Evangile.
 
15 Pour moi, je n'ai usé d'aucun de ces droits. Je n'écris donc pas ceci pour qu'on en use ainsi envers moi ; car j'aimerais mieux mourir que de laisser quelqu'un m'enlever cette gloire.16 Car si j'évangélise, la gloire n'en est pas à moi; ce m'est une nécessité, et malheur à moi, si je n'évangélise !17 Si je le fais de bon cœur, j'en aurai la récompense; mais si je ne le fais qu'à regret, je dispense seulement ce qui m'a été confié.18 Quelle est donc ma récompense? C'est que, prêchant l'Evangile, je le prêche gratuitement, pour ne pas abuser de mon pouvoir dans l'Evangile.
Note I Cor. 9,18 : De mon pouvoir dans l’Evangile ; c’est-à-dire du pouvoir qui m’est accordé comme prédicateur de l’Evangile.
 
19 Aussi, lorsque j'étais libre à l'égard de tous, je me suis fais l'esclave de tous, pour en gagner un plus grand nombre.20 Je me suis fait comme Juif avec les Juifs, pour gagner les Juifs;
Note I Cor. 9,20 : Comme Juif, me conformant, dans mes relations avec eux, aux observances légales (voir Actes des Apôtres, 16, 3 ; 21, 26), sans les regarder comme obligatoires.
21 Avec ceux qui sont sous la loi, comme si j'eusse été sous la loi (quoique je ne fusse plus assujetti à la loi), pour gagner ceux qui étaient sous la loi ; avec ceux qui étaient sans loi, comme si j'eusse été sans loi (quoique je ne fusse pas sans la loi de Dieu, mais que je fusse sous la loi du Christ), afin de gagner ceux qui étaient sans loi.22 Je me suis rendu faible avec les faibles, pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, pour les sauver tous.
Note I Cor. 9,22 : Les faibles, les hommes ignorants ou à préjugés, soit Juifs, soit païens. ― Tous. D’autres manuscrits grecs lisent: afin, de toute manière, d’en sauver quelques-uns.
23 Ainsi, je fais toutes choses pour l'Evangile, afin d'y avoir part.
 
24 Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans la lice courent tous; mais qu'un seul remporte le prix? Courez donc de telle sorte que vous le remportiez.
Note I Cor. 9,24 : Dans la lice, appelée en grec stade, parce que le champ où l’on courait avait primitivement un stade de longueur (185 mètres). Le stade était l’enceinte où l’on disputait le prix de la course dans les jeux publics. Le premier qui atteignait le but marqué recevait la récompense. Toutes les villes grecques importantes avaient un stade.
25 Tous ceux qui combattent dans l'arène s'abstiennent de toutes choses : eux, pour recevoir une couronne corruptible, nous, une incorruptible.
Note I Cor. 9,25 : S’abstiennent de toutes choses. « Les athlètes se soumettent à un dur régime afin d’accroître leur force. Ils gardent la continence, sont sobres dans le manger et le boire ; ils se soumettent à toute espèce de privations et de fatigues. » (TERTULLIEN.)
26 Pour moi, je cours aussi, mais non comme au hasard; je combats, mais non comme frappant l'air;
Note I Cor. 9,26 : Je combats. Le verbe employé dans le texte original signifie lutter au pugilat, c’est-à-dire combattre à coups de poings, les mains armées de cestes, espèces de gantelets en cuir de bœuf.
27 Mais je châtie mon corps, et le réduis en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres je ne sois moi-même réprouvé.

Chapitre 10

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Chap. : 
Juifs ingrats exterminés dans le désert.
Tout ce qui leur est arrivé est figuratif et écrit pour notre instruction.
Celui qui croit être ferme doit craindre de tomber.
Unité des chrétiens par l’Eucharistie.
Ne point chercher son propre avantage, mais celui des autres.
Faire tout pour Dieu.
1 Car je ne veux pas que vous ignoriez, mes frères, que nos pères ont tous été sous la nuée, et qu'ils ont tous passé la mer;
Note I Cor. 10,1 : Voir Exode, 13, 21 ; 14, 22 ; Nombres, 9, 21. ― Sous la nuée qui, dans la péninsule du Sinaï, garantissait les Israélites contre l’ardeur du soleil. ― La mer Rouge.
2 Qu'ils ont tous été baptisés sous Moïse, dans la nuée et dans la mer;3 Qu'ils ont tous mangé la même nourriture spirituelle,
Note I Cor. 10,3 : Voir Exode, 16, 15. ― La même nourriture spirituelle, la manne, appelée spirituelle dans le sens de surnaturelle, miraculeuse, produite par le Saint-Esprit.
4 Et qu'ils ont tous bu le même breuvage spirituel (car ils buvaient de l'eau de la pierre spirituelle qui les suivait ; or cette pierre était le Christ);
Note I Cor. 10,4 : Voir Exode, 17, 6 ; Nombres, 20, 11. ― Le même breuvage spirituel, l’eau miraculeuse que Moïse fit jaillir du rocher.
5 Cependant la plupart d'entre eux ne furent pas agréables à Dieu ; car ils succombèrent dans le désert.
Note I Cor. 10,5 : Voir Nombres, 26, 64-65.
 
6 Or toutes ces choses ont été des figures de ce qui nous regarde, afin que nous ne convoitions pas les choses mauvaises, comme eux les convoitèrent ;
Note I Cor. 10,6 : Voir Psaumes, 105, 14.
7 Et que vous ne deveniez point idolâtres, comme quelques-uns d'eux, selon qu'il est écrit : Le peuple s'est assis pour manger et pour boire, et s'est levé pour se divertir.
Note I Cor. 10,7 : Voir Exode, 32, 6. ― Allusion à l’adoration du veau d’or et aux fêtes idolâtriques par lesquelles on l’honora.
8 Ne commettons pas la fornication comme quelques-uns d'entre eux la commirent, et il en tomba vingt-trois mille en un seul jour.
Note I Cor. 10,8 : Voir Nombres, 25, 1. ― Allusion à l’initiation au culte impur de Béelphégor.
9 Ne tentons point le Christ comme quelques-uns d'eux le tentèrent, et ils périrent par les serpents.
Note I Cor. 10,9 : Voir Nombres, 21, 5-6.
Note I Cor. 10,9 ; 10.10 : Dieu punit ceux qui murmuraient contre Moïse en envoyant contre eux des serpents venimeux, par le feu et par la peste.
10 Et ne murmurez point comme quelques-uns d'eux murmurèrent, et ils périrent par l'exterminateur.
Note I Cor. 10,10 : Voir Nombres, 11, 1 ; 14, 1.
11 Or toutes ces choses leur arrivaient en figure, et elles ont été écrites pour nous être un avertissement à nous pour qui est venue la fin des temps.
Note I Cor. 10,11 : Pour qui est venue la fin des temps. « La période messianique, qui sera la dernière grande époque du monde : le point du temps où elle devait commencer dépendait uniquement de la volonté miséricordieuse de Dieu. » (CRAMPON) Voir Matthieu, note 16.28 et Jean, note 21.22.
12 Que celui donc qui se croit être ferme prenne garde de tomber.13 Qu'il ne vous survienne que des tentations qui tiennent à l'humanité. Or Dieu est fidèle, et il ne souffrira pas que vous soyez tentés par-dessus vos forces; mais il vous fera tirer profit de la tentation même, afin que vous puissiez persévérer.
 
14 C'est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez le culte des idoles.15 C'est comme à des hommes sages que je parle ; jugez vous-mêmes de ce que je dis.16 Le calice de bénédiction que nous bénissons n'est-il pas la communication du sang du Christ? et le pain que nous rompons n'est-il pas la participation au corps du Seigneur?
 
17 Car, quoique en grand nombre, nous sommes un seul pain, un seul corps, nous tous qui participons à un seul pain.18 Voyez Israël selon la chair; ceux qui mangent des victimes ne participent-ils pas à l'autel?
Note I Cor. 10,18 : Ne participent-ils pas à l’autel ? Ceux qui offraient des sacrifices, autres que l’holocauste, recevaient pour la manger une partie de la victime qui avait été offerte sur l’autel.
19 Quoi donc? Veux-je dire que ce qui est immolé aux idoles soit quelque chose? ou que l'idole soit quelque chose?20 Mais ce qu'immolent les gentils, ils l'immolent aux démons et non à Dieu. Or je désire que vous n'ayez aucune société avec les démons : vous ne pouvez boire le calice du Seigneur et le calice des démons.21 Vous ne pouvez avoir part à la table du Seigneur et à la table des démons.22 Voulons-nous provoquer le Seigneur? Sommes-nous plus forts que lui? Tout m'est permis, mais tout ne m'est pas avantageux.
Note I Cor. 10,22 : Voir 1 Corinthiens, 6, 12.
 
23 Tout m'est permis, mais tout n'édifie pas.24 Que personne ne cherche son propre avantage, mais celui des autres.25 Mangez tout ce qui se vend à la boucherie, ne faisant aucune question par conscience.26 Car au Seigneur est la terre et toute sa plénitude.
Note I Cor. 10,26 : Voir Psaumes, 23, 1 ; Ecclésiastique, 17, 31.
27 Si un infidèle vous invite, et que vous vouliez aller, mangez de tout ce qu'on vous servira, ne faisant aucune question par conscience.
Note I Cor. 10,27 : Ce que dit ici saint Paul n’est pas en opposition avec ce qu’avaient décidé les Apôtres, qu’il fallait s’abstenir de manger ce qui avait été offert aux idoles (voir Actes des Apôtres, 15, 29) ; parce qu’ils n’en avaient fait la défense qu’aux fidèles d’Antioche et à leurs voisins (voir Actes des Apôtres, 15, 25) ; et cela dans la vue de conserver la paix et la concorde entre les gentils et les Juifs qui se trouvaient en grand nombre à Antioche, et qui avaient une invincible horreur pour les idoles et tout ce qui leur était consacré. Si plus tard, dans les pays même les plus éloignés d’Antioche, on se conforma à cette décision des Apôtres, ce ne fut pas en vertu d’une obligation quelconque, mais spontanément et par respect pour eux.
28 Mais si quelqu'un dit : Ceci a été immolé aux idoles, n'en mangez point, à cause de celui qui vous a avertis, et par conscience.29 Or je dis la conscience, non la tienne, mais celle d'autrui. Car pourquoi ma liberté serait-elle condamnée par la conscience d'un autre?30 Si je mange avec actions de grâces, pourquoi me laisserai-je maudire pour une chose dont je rends grâces ?
 
31 Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, ou que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu.
Note I Cor. 10,31 : Voir Colossiens, 3, 17.
32 Ne soyez une occasion de scandale ni pour les Juifs, ni pour les gentils, ni pour l'Eglise de Dieu;33 Comme moi-même je complais à tous en toutes choses, ne cherchant pas ce qui m'est avantageux, mais ce qui l'est au grand nombre, afin qu'ils soient sauvés.

Chapitre 11

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Chap. : 
Les hommes en priant doivent avoir la tête nue, et les femmes la tête voilée.
Les Corinthiens sont repris de ne pas célébrer la fête du Seigneur avec assez d’ordre.
Institution de l’Eucharistie.
S’éprouver soi-même avant de s’en approcher.
Se juger pour ne pas être jugé.
1 Soyez mes imitateurs, comme moi je le suis du Christ.
Note I Cor. 11,1 : Ce verset est la conclusion du chapitre précédent.
 
2 Je vous loue, mes frères, de ce qu'en toutes choses vous vous souvenez de moi, et gardez mes préceptes tels que je vous les ai donnés.3 Or je veux que vous sachiez que le chef de tout homme est le Christ; le chef de la femme, l'homme; et le chef du Christ, Dieu.
Note I Cor. 11,3 : Voir Ephésiens, 5, 23.
4 Tout homme qui prie ou prophétise la tête couverte déshonore sa tête ;5 Et toute femme qui prie ou prophétise la tête découverte déshonore sa tête; car c'est comme si elle était rasée.6 C'est pourquoi si une femme ne se voile pas, qu'elle soit tondue. Or s'il est honteux à une femme d'être tondue ou rasée, qu'elle voile sa tête.
Note I Cor. 11,6 : Qu’elle soit tondue : qu’elle soit ou qu’elle consente à passer pour une femme dévergondée.
7 Pour l'homme, il ne doit pas voiler sa tête, parce qu'il est l'image et la gloire de Dieu ; mais la femme est la gloire de l'homme.
Note I Cor. 11,7 : Voir Genèse, 1, 29.
8 Car l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme de l'homme.
Note I Cor. 11,8 : Adam a été créé directement par Dieu ; Eve a été formée d’une côte d’Adam.
9 Et l'homme n'a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme.
Note I Cor. 11,9 : Voir Genèse, 2, 23.
10 C'est pourquoi la femme doit avoir une puissance sur sa tête, à cause des anges.
Note I Cor. 11,10 : Une puissance ; une marque, un symbole de la puissance, que l’homme a sur elle ; c’est-à-dire un voile, par respect pour les saints anges qui sont présents, et seraient blessés par la tenue peu modeste des femmes.
11 Cependant, ni l'homme n'est point sans la femme, ni la femme sans l'homme, dans le Seigneur.12 Car, comme la femme a été tirée de l'homme, ainsi l'homme est par la femme : mais tout vient de Dieu.13 Jugez vous-mêmes : Sied-il à la femme de prier Dieu sans être voilée ?
Note I Cor. 11,13 ; 11.14 : Saint Paul parle ici dans le sens de la discipline reçue de son temps ; ainsi son raisonnement n’a rien d’absolu, et le mot nature qu’il emploie doit s’entendre d’une coutume presque universelle, parmi les peuples les mieux connus, et qui par là même forme une espèce de droit naturel. Remarquons de plus, qu’il n’est honteux à un homme de laisser croître ses cheveux, que quand il le fait par vanité, ou sans aucun motif raisonnable, mais qu’il en est tout autrement lorsqu’il le fait par religion, comme par exemples les Nazaréens.
14 La nature même ne vous apprend-elle pas que si un homme entretient sa chevelure, c'est une ignominie pour lui?15 Que si, au contraire, la femme soigne sa chevelure, c'est une gloire pour elle, parce que les cheveux lui ont été donnés pour voile?16 Si quelqu'un paraît aimer à contester, pour nous, ce n'est point notre coutume ni celle de l'Eglise de Dieu.
Note I Cor. 11,16 : Contester ce que je viens de dire : les arguments de Paul ne sont pas, en effet, pleinement démonstratifs. ― Cette habitude, de contester. D’autres : cette coutume ; chez nous, chrétiens d’origine juive, les femmes n’assistent jamais sans voile aux réunions du culte.
 
17 Voici ce que je vous fais observer maintenant, sans l'approuver, c'est que vos assemblées se font, non point à votre avantage, mais à votre préjudice.18 Premièrement, j'entends dire que quand vous vous assemblez dans l'Eglise, il y a des scissions parmi vous, et je le crois en partie.
Note I Cor. 11,18 : Il y a des scissions. Ceux du même parti se réunissaient ensemble et tandis que les uns faisaient bonne chère, les autres avaient à peine de quoi manger.
19 Car il faut qu'il y ait même des hérésies, afin qu'on découvre ceux d'entre vous qui sont éprouvés.
Note I Cor. 11,19 : C’est l’orgueil et la perversité du cœur de l’homme qui rendent les hérésies nécessaires ; mais Dieu, qui sait toujours tirer du bien du mal, montre en cette circonstance qui sont les bons chrétiens, en rendant leur foi et leur fermeté plus remarquables.
20 Lors donc que vous vous réunissez, ce n'est plus manger la cène du Seigneur.
Note I Cor. 11,20 : La cène du Seigneur ; le repas de charité ou agape, qui se faisait en commun après qu’on avait participé au corps et au sang du Seigneur.
21 Car chacun anticipe le temps de prendre son repas. Et ainsi l'un souffre de la faim et l'autre regorge.22 N'avez-vous pas des maisons pour y manger et boire? ou méprisez-vous l'Eglise de Dieu, et voulez-vous faire honte à ceux qui n'ont rien? Que vous dirai-je? Vous en louerai-je? non je ne vous en loue point.
 
23 Car j'ai reçu moi-même du Seigneur ce que je vous ai aussi transmis; que le Seigneur Jésus, la nuit où il était livré, prit du pain,
Note I Cor. 11,23 : Car: je ne vous loue point, car votre manière de célébrer les agapes est tout-à-fait en opposition avec la nature de la sainte Eucharistie, telle qu’elle résulte de son institution.
24 Et rendant grâces, le rompit et dit : Prenez et mangez ; ceci est mon corps qui sera livré pour vous : faites ceci en mémoire de moi.
Note I Cor. 11,24 : Voir Matthieu, 26, 26 ; Marc, 14, 22 ; Luc, 22, 17.
25 De même il prit le calice après qu'il eut soupé, disant : Ce calice est le nouveau testament en mon sang; faites ceci, toutes les fois que vous boirez, en mémoire de moi.26 Car toutes les fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne.27 C'est pourquoi quiconque mangera ce pain ou boira le calice du Seigneur indignement sera coupable du corps et du sang du Seigneur.
Note I Cor. 11,27 : Voir Jean, 6, 59. ― Ce passage démontre la présence réelle du corps et du sang de Jésus-Christ, même pour ceux qui communient indignement ; autrement ils ne sauraient être coupables du corps et du sang de Jésus-Christ, ni condamnés justement pour n’avoir pas discerné le corps du Seigneur.
28 Que l'homme donc s'éprouve lui-même, et qu'il mange ainsi de ce pain et boive de ce calice.
Note I Cor. 11,28 : Voir 2 Corinthiens, 13, 5.
29 Car quiconque en mange et en boit indignement, mange et boit son jugement, ne discernant point le corps du Seigneur.30 C'est pour cela qu'il y a parmi vous beaucoup d'infirmes et de languissants, et que beaucoup s'endorment.
Note I Cor. 11,30 : S’endorment ; c’est-à-dire meurent. Comparer à 1 Corinthiens, 7, 39.
31 Que si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions certainement point jugés.32 Et lorsque nous sommes jugés, c'est par le Seigneur que nous sommes repris, afin que nous ne soyons pas condamnés avec ce monde.
 
33 C'est pourquoi, mes frères, quand vous vous assemblez pour manger, attendez-vous les uns les autres.34 Si quelqu'un a faim, qu'il mange dans sa maison, afin que vous ne vous assembliez pas pour votre condamnation. Quant aux autres choses, lorsque je serai venu, je les réglerai.

Chapitre 12

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Chap. : 
Il y a divers dons du Saint-Esprit qui les distribue comme il le juge à propos pour l’utilité de l’Eglise.
Toute l’Eglise est un seul corps ; chaque membre a sa fonction ; tous ont besoin les uns des autres et doivent travailler à l’utilité commune.
1 Quant aux dons spirituels, je ne veux pas, mes frères, que vous soyez dans l'ignorance.2 Or vous savez que quand vous étiez gentils, vous couriez aux idoles muettes, selon qu'on vous y conduisait.3 Je vous déclare donc que personne parlant dans l'esprit de Dieu, ne dit anathème à Jésus. Et personne ne peut dire Seigneur Jésus, que par l'Esprit-Saint.
Note I Cor. 12,3 : Voir Marc, 9, 38. ― Ne dit anathème,etc. ; ne profère des blasphèmes.
 
4 A la vérité, il y a des grâces diverses, mais c'est le même Esprit.5 Il y a diversité de ministères, mais c'est le même Seigneur;6 Et il y a des opérations diverses, mais c'est le même Dieu qui opère tout en tous;7 Or à chacun est donnée la manifestation de l'Esprit pour l'utilité.8 Car à l'un est donnée par l'Esprit la parole de sagesse; à un autre la parole de science, selon le même Esprit;9 A un autre la foi, par le même Esprit ; à un autre la grâce de guérir par le même Esprit;10 A un autre, la vertu d'opérer des miracles; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, le don des langues diverses ; à un autre, l'interprétation des discours.11 Or, tous ces dons, c'est le seul et même Esprit qui les opère, les distribuant à chacun comme il veut.
Note I Cor. 12,11 : Voir Romains, 12, vv. 3, 6 ; Ephésiens, 4, 7.
 
12 Car, comme le corps est un, quoique ayant beaucoup de membres, et que tous les membres du corps, quoique nombreux, ne soient cependant qu'un seul corps : ainsi est le Christ.13 Car nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit gentils, soit esclaves, soit libres; et tous nous avons été abreuvés d'un seul Esprit.
Note I Cor. 12,13 : Abreuvés d’un seul Esprit comprend les dons ordinaires et extraordinaires communiqués aux premiers fidèles dans le baptême et la confirmation. (CRAMPON)
14 Ainsi le corps n'est pas un seul membre, mais beaucoup.15 Si le pied disait : Puisque je ne suis pas main, je ne suis pas du corps; ne serait-il point pour cela du corps?16 Et si l'oreille disait : Puisque je ne suis pas œil, je ne suis pas du corps; ne serait-elle point pour cela du corps?17 Si tout le corps était œil, où serait l'ouïe? S'il était tout ouïe, où serait l'odorat?18 Mais Dieu a placé dans le corps chacun des membres comme il a voulu.19 Que si tous n'étaient qu'un seul membre, où serait le corps?20 Il y a donc beaucoup de membres, mais un seul corps.21 L'œil ne peut pas dire à la main : Je n'ai pas besoin de ton office ; ni la tête dire aux pieds : Vous ne m'êtes pas nécessaires.22 Mais, au contraire, les membres du corps, qui paraissent les plus faibles, sont le plus nécessaires,23 Et les membres du corps que nous regardons comme plus vils, nous les revêtons avec plus de soin, et ceux qui sont honteux, nous les traitons avec plus de respect.
Note I Cor. 12,23 : Qui sont honteux, les moins honnêtes : ceux auxquels, depuis la chute, s’attache un sentiment de pudeur.
24 Nos parties honnêtes n'en ont pas besoin; mais Dieu, a réglé le corps de manière à accorder plus d'honneur à celle qui n'en avait pas en elle-même ;25 Afin qu'il n'y ait point de scission dans le corps, mais que tous les membres aient les mêmes soins les uns pour les autres.26 Aussi, dès qu'un membre souffre, tous les autres souffrent avec lui, ou si un membre est glorifié, tous les autres se réjouissent avec lui.
 
27 Or vous êtes le corps du Christ, et les membres d'un membre.
Note I Cor. 12,27 : Et les membres d’un membre ; c’est-à-dire vous êtes les membres les uns des autres.
28 Ainsi Dieu a établi dans l'Eglise, premièrement des apôtres, secondement des prophètes ; troisièmement des docteurs, ensuite des miracles, puis la grâce de guérir, l'assistance, le don de gouverner, les langues diverses, et l'interprétation des discours.
Note I Cor. 12,28 : Voir Ephésiens, 4, 11.
29 Tous sont-ils apôtres? tous sont-ils prophètes? tous sont-ils docteurs?30 Tous opèrent-ils des miracles? tous ont-ils la grâce de guérir? tous parlent-ils diverses langues? tous interprètent-ils?
 
31 Aspirez aux dons les meilleurs. Mais je vais vous montrer une voie plus excellente encore.
Note I Cor. 12,31 : Aux dons les meilleurs, plus utiles à la communauté. ― Une voie plus excellente encore, celle de la charité, supérieure aux dons mêmes les meilleurs.

Chapitre 13

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Chap. : 
Sans la charité tout est inutile pour le salut.
Caractère de cette vertu.
Elle ne finit jamais.
Connaissance de Dieu imparfaite en cette vie.
Charité, vertu supérieure à la foi et à l’espérance.
1 Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la chanté, je suis comme un airain sonnant ou une cymbale retentissante.
Note I Cor. 13,1 : Les langues… des anges, le langage incompréhensible aux hommes par lesquels les purs esprits se communiquent leurs pensées. ― Un airain sonnant. Quand on frappe sur l’airain, il produit un grand bruit, mais ce bruit n’a aucune signification. ― Une cymbale. On appelle cymbales un instrument de musique en métal, consistant ordinairement en deux disques concaves au milieu, et qu’on frappe l’un contre l’autre.
2 Et quand j'aurais le don de prophétie, que je connaîtrais tous les mystères et toute la science; quand j'aurais toute la foi, au point de transporter des montagnes, si je n'ai point la charité, je ne suis rien.3 Et quand je distribuerais tout mon bien pour la nourriture des pauvres et que je livrerais mon corps pour être brûlé, si je n'ai point la charité, cela ne me sert de rien.
 
4 La charité est patiente; elle est douce; la charité n'est point envieuse ; elle n'agit pas insolemment; elle ne s'enfle point;5 Elle n'est point ambitieuse, elle ne cherche point son propre intérêt; elle ne s'irrite point ; elle ne pense pas le mal ;6 Elie ne se réjouit pas de l'iniquité, mais elle met sa joie dans la vérité ;7 Elle souffre tout, elle croit tout, elle espère tout, elle endure tout.
Note I Cor. 13,7 : Elle croit tout ; c’est-à-dire que simple et droite, la charité n’a pas de défiance, et croit facilement ce qu’on lui dit, sans soupçonner qu’on veuille la tromper, toutes les fois qu’elle peut, sans risque de péché, livrer sa confiance ; ce qui n’a rien de commun avec cette crédulité précipitée que l’auteur de l’Ecclésiastique improuve, 19, 4.
 
8 La charité ne finira jamais, pas même lorsque les prophéties s'anéantiront, que les langues cesseront, et que la science sera détruite.
Note I Cor. 13,8 : « Les trois charismes ou dons de prophétie, de langue, de science plus profonde de la religion ne dureront que jusqu’au second évènement de Jésus-Christ. » (CRAMPON)
9 Car c'est imparfaitement que nous connaissons, et imparfaite ment que nous prophétisons.10 Mais quand viendra ce qui est parfait, alors s'anéantira ce qui est imparfait.11 Quand j'étais petit enfant, je parlais comme un petit enfant, j'avais les goûts d'un petit enfant, je raisonnais comme un petit enfant; mais quand je suis devenu homme, je me suis dépouillé de ce qui était de l'enfant.12 Nous voyons maintenant à travers un miroir en énigme ; mais alors nous verrons face à face. Maintenant je connais imparfaitement; mais alors je connaîtrai aussi bien que je suis connu moi-même.
Note I Cor. 13,12 : A travers un miroir. Par miroir, il faut entendre ici une de ces pierres que les anciens employaient au lieu de vitres, et qui, quoique transparentes, ne laissaient apercevoir les objets extérieurs que d’une manière confuse et avec une certaine obscurité.
 
13 Maintenant demeurent toutes les trois, la foi, l'espérance, la charité : mais la plus grande des trois est la charité.

Chapitre 14

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Chap. : 
Le don de prophétie préférable au don des langues, et le don des langues inutile aux fidèles sans le don d’interprétation.
Règles pour l’usage de ces dons.
Les femmes doivent garder le silence dans les Eglises.
1 Recherchez avec ardeur la charité; désirez les dons spirituels, et surtout de prophétiser.
Note I Cor. 14,1 : Le mot prophétiser, outre le sens de prédire l’avenir, a celui de plus étendu d’être divinement inspiré et de parler de la part de Dieu. Dans ce chapitre, il signifie plus particulièrement, découvrir des choses secrètes et inconnues, comme expliquer les mystères, et interpréter les Ecritures.
2 Car celui qui parle en une langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, puisque personne ne l'entend; mais par l'Esprit il dit des choses mystérieuses.
Note I Cor. 14,2 : Dans tout ce chapitre, le mot langue veut dire langue étrangère, inconnue, que l’on ne comprend pas.
3 Mais celui qui prophétise parle aux hommes pour l'édification, l'exhortation et la consolation.4 Celui qui parle une langue s'édifie lui-même, tandis que celui qui prophétise édifie l'Eglise de Dieu.5 Je voudrais que vous pussiez tous parler les langues, mais encore plus prophétiser. Car celui qui prophétise est au-dessus de celui qui parle les langues; à moins qu'il n'interprète, afin que l'Eglise en reçoive de l'édification.
 
6 Aussi, mes frères, si je viens à vous parlant les langues, à quoi vous serai-je utile, si je ne joins à mes paroles ou la révélation, ou la science, ou la prophétie, ou la doctrine?7 Les choses qui sont inanimées quoique rendant des sons, comme la flûte et la harpe, si elles ne forment des tons différents, comment saura-t-on ce qu'on joue sur la flûte ou sur la harpe?
Note I Cor. 14,7-8 : La flûte et la harpe étaient les instruments de musique les plus communs chez les anciens, avec la trompette.
8 Et si la trompette rend un son incertain, qui se préparera au combat?9 De même vous, si vous exprimez par la langue des mots qui ne sont pas clairs, comment saura-t-on ce que vous dites? Vous parlerez en l'air.10 Il y a, en effet, tant de sortes de langues dans ce monde; et il n'en est aucune qui n'ait des sons intelligibles.11 Si donc j'ignore la valeur des mots, je serai barbare pour celui à qui je parle, et celui qui parle, barbare pour moi.12 Ainsi, vous-mêmes puisque vous désirez si ardemment les dons spirituels, faites que pour l'édification de l'Eglise vous en abondiez.
 
13 C'est pourquoi, que celui qui parle une langue demande le don de l'interpréter.
Note I Cor. 14,13 : Dans ce verset et les suivants, il s’agit évidemment non d’une prière publique, telle qu’elle se pratique dans l’Eglise, mais des prières composées par les particuliers et récitées par eux publiquement pour l’édification de l’assemblée. Il fallait donc nécessairement que ces prières fussent comprises, pour que les fidèles qui les entendaient pussent répondre en toute sûreté Amen. Ainsi saint Paul ne condamne pas l’usage de l’Eglise latine, qui prie dans une langue que le peuple n’entend pas, ni d’une prière publique consacrée par la liturgie reçue et admise. D’ailleurs comment l’aurait-il fait ? Il savait parfaitement que de son temps les psaumes et les cantiques se chantaient en hébreu dans le temple, quoique pourtant cette langue ne fût plus familière aux Juifs d’alors. Sans cela, il aurait condamné ce que Jésus-Christ avait lui-même respecté et consacré par son assiduité aux fêtes judaïques.
14 Car si je prie en une langue, mon esprit prie, mais mon intelligence est sans fruit.
Note I Cor. 14,14 : Mon esprit, ce principe de vie plus intime (verset 2) appelé quelquefois le cœur, qui, excité par l’Esprit de Dieu, sans le travail de la réflexion et du raisonnement (ce qui est propre à l’activité intellectuelle, du noûs, mens), sent et voit le divin. Pendant l’extase de celui qui parle en langue, l’intelligence reste inactive ; elle est sanas fruit, pour elle-même et pour les autres.
15 Que ferai-je donc? je prierai d'esprit, mais je prierai aussi avec l'intelligence. Je chanterai d'esprit des cantiques, mais je les chanterai aussi avec l'intelligence.16 D'ailleurs si tu ne bénis que d'esprit, comment celui qui tient la place du simple peuple répondra-t-il Amen à ta bénédiction, puisqu'il ne sait pas ce que tu dis?17 Pour toi, tu rends bien grâces, mais l'autre n'est pas édifié.18 Je rends grâces à mon Dieu de ce que je parle les langues de vous tous.19 Mais dans l'Eglise, j'aime mieux dire cinq mots que je comprends, pour en instruire les autres, que dix mille en une langue.20 Mes frères, ne devenez pas enfants par l'intelligence ; mais soyez petits enfants en malice, et hommes faits en intelligence.
 
21 Il est écrit dans la loi : Je parlerai à ce peuple en d'autres langues et avec d'autres lèvres ; et ainsi ils ne me prêteront même pas l'oreille, dit le Seigneur.
Note I Cor. 14,21 : Voir Isaïe, 28, 11. ― On comprenait sous le nom de loi tous les livres sacrés. ― En d’autres langues ; c’est-à-dire en des langues autres que la sienne.
22 C'est pourquoi les langues sont un signe, non pour les fidèles, mais pour les infidèles ; au contraire, les prophéties sont, non pour les infidèles, mais pour les fidèles.
Note I Cor. 14,22 : Sont un signe ; littéralement, en signe ; ce qui est un pur hébraïsme.
23 Si donc une Eglise étant réunie en un seul lieu, tous parlent diverses langues, et qu'il entre des ignorants ou des infidèles, ne diront-ils pas que vous êtes fous?24 Mais si tous prophétisent, et que quelque ignorant, ou quelque infidèle entre, il est convaincu par tous et jugé par tous ;25 Les secrets de son cœur sont dévoilés, de sorte que, tombant sur sa face, il adorera Dieu, déclarant que Dieu est vraiment en vous.
 
26 Que faut-il donc, mes frères? Que quand vous vous assemblez, l'un ayant le chant, un autre l'enseignement, un autre la révélation, un autre les langues, un autre l'interprétation, tout se fasse pour l'édification.27 S'il y en a qui parlent les langues, que deux seulement parlent, ou au plus trois, et tour à tour; et qu'un seul interprète.28 S'il n'y a point d'interprète, que chacun se taise, et qu'il parle à lui-même et à Dieu.29 Quant aux prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent.30 Que s'il se fait une révélation à un autre de ceux qui sont assis, que le premier se taise.31 Car vous pouvez tous prophétiser l'un après l'autre, afin que tous apprennent et soient exhortés;32 Et les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes.33 Car Dieu n'est pas un Dieu de dissension, mais de paix; comme je l'enseigne dans toutes les Eglises des saints.
Note I Cor. 14,33 : Des saints. Voir Actes des Apôtres, 9, 13.
 
34 Que les femmes se taisent dans les Eglises, car il ne leur est pas permis de parler, mais elles doivent être soumises, comme la loi elle-même le dit.
Note I Cor. 14,34 : Voir Genèse, 3, 16. ― Elles doivent ; ce verbe, ou tout autre d’une signification analogue, est nécessairement sous-entendu. Voir ce qu’il est dit à ce sujet en 1 Timothée, 4, 3.
35 Si elles veulent s'instruire de quelque chose, qu'elles interrogent leurs maris dans leur maison. Car il est honteux à une femme de parler dans l'Eglise.
 
36 Est-ce de vous qu'est sortie la parole de Dieu? Est-ce à vous seuls qu'elle est parvenue?37 Si quelqu'un croit être prophète, ou spirituel, qu'il reconnaisse que les choses que je vous écris sont des commandements du Seigneur.
Note I Cor. 14,37 : Spirituel ; c’est-à-dire inspiré, éclairé par l’Esprit-Saint.
38 Si quelqu'un l'ignore, il sera ignoré.
 
39 C'est pourquoi, mes frères, employez tout votre zèle à prophétiser, et n'empêchez point de parler les langues.40 Mais que tout se fasse décemment et avec ordre.

Chapitre 15

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Chap. : 
Résurrection des morts prouvée par celle de Jésus-Christ.
Conséquences impies auxquelles s’exposent ceux qui nient la résurrection.
Ordre de la résurrection.
Comment elle se fera.
Qualités des corps ressuscités.
Homme terrestre ; homme céleste.
Mystère de la résurrection.
1 Mais je vous rappelle, mes frères, l'Evangile que je vous ai prêché, que vous avez reçu, dans lequel vous demeurez fermes,
Note I Cor. 15,1 : Voir Galates, 1, 11.
2 Et par lequel vous êtes sauvés, si vous le gardez comme je vous l'ai annoncé ; à moins que vous n'ayez cru en vain.3 Car je vous ai transmis en premier lieu, ce que j'ai reçu moi-même : que le Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures ;
Note I Cor. 15,3 : Voir Isaïe, 53, 5.
4 Qu'il a été enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures ;
Note I Cor. 15,4 : Voir Jonas, 2, 1.
5 Qu'il a été vu de Céphas, puis des onze ;
Note I Cor. 15,5 : Voir Jean, 20, 19. ― De Céphas, etc. ; c’est-à-dire de Pierre et des onze apôtres. Saint Paul considère ici le nombre ancien et ordinaire des apôtres avant l’apostasie de Judas.
6 Qu'ensuite il a été vu par plus de cinq cents frères ensemble, dont beaucoup vivent encore aujourd'hui, et quelques-uns se sont endormis;
Note I Cor. 15,6 : Se sont endormis ; sont morts. Comparer à 1 Corinthiens, 7, 39. ― Cette apparition n’est pas racontée dans les Evangiles.
7 Qu'après il a été vu de Jacques, puis de tous les apôtres;
Note I Cor. 15,7 : De Jacques le Mineur, cousin de Notre Seigneur, premier évêque de Jérusalem.
8 Et qu'enfin, après tous les autres, il s'est fait voir aussi à moi, comme à l'avorton.
Note I Cor. 15,8 : Voir Actes des Apôtres, 9, 3.
9 Car je suis le moindre des apôtres, et je ne suis pas digne d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Eglise de Dieu.
Note I Cor. 15,9 : Voir Ephésiens, 3, 8.
10 Mais c'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce n'a pas été stérile en moi, mais plus qu'eux tous, j'ai travaillé, non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu avec moi ;11 Ainsi, soit moi, soit eux, voilà ce que nous prêchons et voilà ce que vous avez cru.
 
12 Mais si on prêche que le Christ est ressuscité d'entre les morts, comment quelques-uns disent-ils parmi vous qu'il n'y a point de résurrection des morts?13 Or s'il n'y a point de résurrection des morts, le Christ n'est point ressuscité.14 Et si le Christ n'est point ressuscité, notre prédication est donc vaine, et vaine est aussi votre foi;15 Nous nous trouvons même être de faux témoins à l'égard de Dieu, puisque nous rendons ce témoignage contre Dieu, qu'il a ressuscité le Christ, qu'il n'a pourtant pas ressuscité, si les morts ne ressuscitent point.16 Car si les morts ne ressuscitent point, le Christ non plus n'est pas ressuscité.17 Que si le Christ n'est pas ressuscité, votre foi est vaine; vous êtes encore dans vos péchés.18 Donc ceux aussi qui se sont endormis dans le Christ ont péri.19 Si c'est pour cette vie seulement que nous espérons dans le Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes.
 
20 Mais très certainement le Christ est ressuscité d'entre les morts, comme prémices de ceux qui dorment;
Note I Cor. 15,20 : Voir Colossiens, 1, 18 ; Apocalypse, 1, 5.
21 Car par un homme est venue la mort, et par un homme la résurrection des morts.22 Et comme tous meurent en Adam, tous revivront aussi dans le Christ;
Note I Cor. 15,22 : En Adam, par suite de la punition infligée à Adam, à cause de son péché.
23 Mais chacun en son rang; le Christ comme prémices, puis ceux qui sont au Christ, qui ont cru en son avènement.
Note I Cor. 15,23 : Voir 1 Thessaloniciens, 4, 15.
24 La fin suivra, lorsqu'il aura remis le royaume à Dieu et au Père; qu'il aura anéanti toute principauté, toute domination et toute puissance.25 Car il faut qu'il règne jusqu'à ce que le Père ait mis tous ses ennemis sous ses pieds.
Note I Cor. 15,25 : Voir Psaumes, 109, 1 ; Hébreux, 1, 13 ; 10, 13.
26 Or le dernier ennemi détruit sera la mort; car il lui a mis tout sous les pieds. Quand donc l'Ecriture dit :
Note I Cor. 15,26 : Voir Psaumes, 8, 8 ; Hébreux, 2, 8.
27 Tout lui a été soumis, elle excepte, sans doute, celui qui lui a tout soumis.
Note I Cor. 15,27 : Tout lui a été soumis. C’est la répétition, mais en d’autres termes, de la citation de Psaumes, 109, 1 faite au verset 25.
28 Et lorsque tout lui aura été soumis, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.
 
29 Autrement, que feront ceux qui sont baptisés pour les morts, si réellement les morts ne ressuscitent point? Pourquoi sont-ils baptisés pour les morts?
Note I Cor. 15,29 : Du temps de saint Paul, il y avait des hérétiques et peut-être même des fidèles peu instruits qui se faisaient baptiser pour les morts qui n’avaient pas reçu le baptême pendant leur vie. Sans approuver cette pratique, l’Apôtre en tire une preuve contre eux, en montrant qu’elle suppose nécessairement l’immortalité de l’âme, et par conséquent la résurrection des corps, parce que ces deux dogmes sont inséparables.
30 Et nous, pourquoi à toute heure, nous exposons-nous au danger ?31 Chaque jour, mes frères, je meurs, je le jure, par la gloire que je reçois de vous en Jésus-Christ Notre Seigneur.32 Que me sert (humainement parlant) d'avoir combattu contre les bêtes à Ephèse, si les morts ne ressuscitent point? Mangeons et buvons, car nous mourrons demain.
Note I Cor. 15,32 : Voir Sagesse, 2, 6 ; Isaïe, 22, 13 et 56, 12. ― A Ephèse. Voir Actes des Apôtres, 18, 19. Saint Paul écrivit d’Ephèse la présente Epître. ― Contre les bêtes, expression métaphorique pour désigner des hommes aussi cruels que des animaux féroces.
33 Ne vous laissez point séduire, les mauvais entretiens corrompent les bonnes mœurs.34 Justes, veillez, et ne péchez point, car quelques-uns sont dans l'ignorance de Dieu; je vous le dis pour votre honte.
 
35 Mais, dira quelqu'un : Comment les morts ressuscitent-ils? ou avec quel corps reviendront-ils?36 Insensé, ce que tu sèmes n'est point vivifié, si auparavant il ne meurt.37 Et ce que tu sèmes n'est pas le corps même qui doit venir, mais une simple graine, comme de blé, ou de quelque autre chose.38 Mais Dieu lui donne un corps, comme il veut, de même qu'il donne à chaque semence son corps propre.
Note I Cor. 15,38 : Comme il veut, « ou comme il l’a voulu, au jour de la création, lorsque sa volonté toute puissante imposa à la nature ses lois. Paul montre ensuite, par la diversité des organismes qui existent dans la nature, qu’il peut y avoir une grande différence entre le corps dans son existence terrestre et le corps ressuscité. » (CRAMPON)
 
39 Toute chair n'est pas la même chair; mais autre est celle des hommes, autre celle des brebis, autre celle des oiseaux, autre celle des poissons.40 Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres•• mais autre est la gloire des célestes, autre celle des terrestres.
Note I Cor. 15,40 : La gloire ; c’est-à-dire l’éclat.
41 Autre est la clarté du soleil, autre la clarté de la lune, autre la clarté des étoiles. Une étoile même diffère d'une autre étoile en clarté.42 Ainsi est la résurrection des morts. Le corps est semé dans la corruption, il ressuscitera dans l'incorruptibilité.43 Il est semé dans l'abjection, il ressuscitera dans la gloire ; il est semé dans la faiblesse, il ressuscitera dans la force.44 Il est semé corps animal, il ressuscitera corps spirituel, comme il est écrit :
 
45 Le premier homme, Adam, a été fait âme vivante ; le dernier Adam, esprit vivifiant.
Note I Cor. 15,45 : Voir Genèse, 2, 7. ― Fait âme vivante ; littéralement, en âme vivante ; hébraïsme. Comparer à 1 Corinthiens, 4, 22. ― Le dernier Adam, Jésus-Christ.
46 Non d'abord ce qui est spirituel, mais ce qui est animal.47 Le premier homme tiré de la terre est terrestre; le second, venu du ciel, est céleste.48 Tel qu'est le terrestre, tels sont les terrestres ; tel qu'est le céleste, tels sont les célestes.49 Comme donc, nous avons porté l'image du terrestre, portons aussi l'image du céleste.50 Or je dis cela, mes frères, parce que ni la chair ni le sang ne peuvent posséder le royaume de Dieu, et la corruption ne possédera point l'incorruptibilité,
Note I Cor. 15,50 : La chair et le sang signifient l’homme animal, l’homme de péché.
 
51 Voici que je vais vous dire un mystère. Nous ressusciterons bien tous, mais nous ne serons pas tous changés.
Note I Cor. 15,51 : Mais nous ne serons pas tous changés. En effet, les corps des réprouvés, loin de recevoir la transformation qui fera la gloire de ceux des saints, resteront, comme ils étaient, un objet d’horreur et de dégoût, en même temps qu’un sujet de toutes sortes de douleurs pour les âmes auxquelles ils seront attachés.
52 En un moment, en un clin d'oeil, au son de la dernière trompette ; car la trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés.53 Puisqu'il faut que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l'immortalité.
 
54 Et quand ce corps mortel aura revêtu l'immortalité, alors sera accomplie cette parole qui est écrite : La mort a été absorbée dans sa victoire.
Note I Cor. 15,54 : Voir Osée, 13, 14. ― Cette parole qui est écrite ; cette parole qui fait partie de l’Ecriture sainte, cette parole de l’Ecriture. Ce passage est d’Isaïe, 25, 8. Mais remarquons que la même expression hébraïque que saint Jérôme a traduite dans Isaïe par pour toujours, a été rendue dans la version grecque d’Aquila par pour victoire, en victoire, et que c’est le sens qu’elle a en chaldéen. En mourant pour nous Jésus-Christ a vaincu la mort et l’a détruite pour toujours.
55 Ô mort, où est ta victoire ? où est, ô mort, ton aiguillon?56 Or l'aiguillon de la mort, c'est le péché ; et la force du péché, la loi.57 Ainsi, grâces à Dieu, qui nous a donné la victoire par Notre Seigneur Jésus-Christ !
Note I Cor. 15,57 : Voir Jean, 5, 5.
 
58 C'est pourquoi, mes frères bien-aimés, soyez fermes et inébranlables , vous appliquant toujours de plus en plus à l'œuvre du Seigneur, sachant que votre travail n'est pas vain dans le

Chapitre 16

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Chap. : 
Saint Paul recommande aux Corinthiens les pauvres de l’Eglise de Jérusalem.
Il leur promet d’aller les voir.
Il leur recommande Timothée.
Dernier avis qu’ils leur donne.
Autres recommandations.
Salutations.
1 Quant aux aumônes que l'on recueille pour les saints, faites, vous aussi, comme je l'ai réglé pour les Eglises de Galatie.
Note I Cor. 16,1 : Galatie. Voir Actes des Apôtres, 18, 23.
2 Qu'au premier jour de la semaine, chacun de vous mette à part chez lui, et serre ce qui lui plaira ; afin que ce ne soit pas quand je viendrai que les collectes se fassent.
Note I Cor. 16,2 : Ce premier jour de la semaine est le dimanche.
3 Lorsque je serai présent, j'enverrai ceux que vous aurez désignés par vos lettres, porter vos charités à Jérusalem.4 Que si la chose mérite que j'y aille moi-même, ils viendront avec moi.
 
5 Or je viendrai vers vous lorsque j'aurai traversé la Macédoine ; car je passerai par la Macédoine.
Note I Cor. 16,5 : La Macédoine. Voir Actes des Apôtres, 16, 9.
6 Peut-être m'arrêterai-je chez vous, et y passerai-je même l'hiver, afin que vous me conduisiez partout où j'irai,7 Car ce n'est pas seulement en passant que je veux vous voir cette fois, j'espère demeurer quelque temps avec vous, si le Seigneur le permet.8 Je demeurerai à Ephèse jusqu'à la Pentecôte ;
Note I Cor. 16,8 : A Ephèse. Voir Actes des Apôtres, 18, 19.
9 Parce qu'il y a une grande porte qui m'est visiblement ouverte, et un grand nombre d'adversaires.
 
10 Si Timothée va chez vous, veillez à ce qu'il y soit sans crainte ; car il travaille comme moi à l'oeuvre du Seigneur.11 Que personne donc ne le méprise ; mais conduisez-le en paix pour qu'il vienne vers moi ; car je l'attends avec nos frères.
 
12 Pour ce qui est d'Apollo, notre frère, je vous préviens que je l'ai beaucoup prié d'aller vers vous avec nos frères ; mais il n'a pas voulu y aller maintenant : il ira lorsqu'il en aura le loisir.
 
13 Veillez, demeurez fermes dans la foi, agissez courageusement, et fortifiez-vous ;
 
14 Que toutes vos œuvres se fassent en esprit de charité.
 
15 Je vous conjure, mes frères, puisque vous savez que Stéphanas, Fortunat et Achaïque, dont vous connaissez la famille, sont les prémices de l'Achaïe, et se sont consacrés au service des saints,
Note I Cor. 16,15-17 : Stéphanas, voir 1 Corinthiens, 1, 16. ― Fortunat et Achaïque faisaient probablement partie de la maison de Stéphanas. Il est question de Fortunat dans la lettre de saint Clément, pape, aux Corinthiens, I, 59. ― L’Achaïe. Voir Actes des Apôtres, 18, 12.
16 D'avoir de la déférence pour de telles personnes, comme pour tous ceux qui coopèrent et travaillent.
Note I Cor. 16,16 : Qui coopèrent et travaillent, à l’œuvre du Seigneur.
17 Je me réjouis de la présence de Stéphanas, de Fortunat et d'Achaïque ; parce qu'il ont suppléé à ce que vous ne pouviez faire par vous-mêmes ;18 Car ils ont consolé mon esprit aussi bien, que le vôtre. Sachez donc ce que sont de tels hommes.
 
19 Les Eglises d'Asie vous saluent, Aquila et Priscille, chez qui je demeure, et l'Eglise qui est dans leur maison vous font beaucoup de salutations.
Note I Cor. 16,19 : Les Eglises d’Asie, de la province romaine de ce nom. Voir Actes des Apôtres, 2, 9. ― Aquila et Priscille. Voir Actes des Apôtres, 18, 2.
20 Tous nos frères vous saluent. Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser.
 
21 La salutation est de la main de moi, Paul.
 
22 Si quelqu'un n'aime point Notre Seigneur Jésus-Christ, qu'il soit anathème, Maran Atha.
Note I Cor. 16,22 : Maran Atha sont des mots syriaques qui signifient : Notre Seigneur vient. Il paraît que c’était le plus grand des anathèmes par lequel on dévouait un homme au dernier malheur en le menaçant de la venue et du jugement du Seigneur.
 
23 Que la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous.24 Mon amour est avec vous tous dans le Christ Jésus. Amen.

Bible Glaire & Vigouroux


Traduction de la Sainte Bible d'après la Vulgate (Clémentine) par l'abbé Jean-Baptiste Glaire éditée une première fois de 1871 à 1873, puis complétée par des introductions, des commentaires, des notes et des appendices rédigés par l'abbé Fulcran Vigouroux dans une troisième édition en 1890. L'édition reprise par Recatho est celle de 1905 des éditeurs A. et R. Roger, et F. Chernoviz téléchargeable également au format PDF ici. Recatho est le seul site web à offrir une version HTML de la Bible Glaire & Vigouroux. Pour en savoir plus, nous vous invitons à lire notre page de présentation des différentes versions de la Bible expliquant notre choix.