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Livre de Judith
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Livre de Judith

Notes d'introduction et appendices :

Chapitre 1

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Chap. : 
Puissance d’Arphaxad.
Il est vaincu par Nabuchodonosor, qui veut ensuite se faire rendre hommage par les autres peuples voisins.
1 Arphaxad donc, roi des Mèdes, avait subjugué un grand nombre de nations à son empire, et lui-même bâtit une ville très puissante, qu'il appela Ecbatane,
Note Judith 1,1 : Donc. Cette particule, qui manque d’ailleurs dans le grec, supposant quelque chose qui précède, on croit avec assez de probabilité que cette histoire est tirée des anciennes annales des Hébreux. ― Ecbatane. Voir 1 Esdras, note 6.2. ― Sur Arphaxad, voir l’Introduction. ― Bâtit ; c’est-à-dire rebâtit, fit des agrandissements, des embellissements à Ecbatane, que Déjocès son père avait bâtie.
2 En pierres carrées et taillées : il fit ses murs de soixante dix coudées de largeur et de trente coudées de hauteur, et il mit ses tours à la hauteur de cent coudées.
Note Judith 1,2 : L’édition donnée à Rome en 1861 par le P. C. Vercellone porte : Soixante-dix coudées de hauteur, et trente coudées de largeur ; leçon qui, à tous égards, doit être préférée.
3 Or chacun de leurs côtés s'étendait en carré dans un espace de vingt pieds ; et il mit ses portes à la hauteur des tours.
Note Judith 1,3 : S’étendait en carré, c’est-à-dire que les tours étaient carrées.
4 Et il se glorifiait comme puissant par la puissance de son armée, et par la magnificence de ses chars.
 
5 Ainsi, en la douzième année de son règne, Nabuchodonosor, roi des Assyriens, qui régnait dans Ninive, la grande ville, combattit contre Arphaxad, et le vainquit
Note Judith 1,5 : Nabuchodonosor. Sur ce nom, voir l’Introduction.
6 Dans la grande plaine qui est appelée Ragaü, près de l'Euphrate, du Tigre et de Jadason, dans la plaine d'Erioch, roi des Eliciens.
 
7 Alors le royaume de Nabuchodonosor fut exalté, et son cœur s'éleva; et il envoya vers tous ceux qui habitaient dans la Cilicie, à Damas, sur le Liban,8 Et vers les nations qui sont dans le Carmel et en Cédar, et vers les habitants de Galilée, dans la grande plaine d'Esdrélon,
Note Judith 1,8 : Vers le Carmel. Voir l’Introduction à Josué. ― Cédar. Voir Psaumes, 119, 5.
9 Et vers tous ceux qui étaient en Samarie et au-delà du fleuve du Jourdain jusqu'à Jérusalem, et dans toute la terre de Jessé jusqu'à ce qu'on arrive aux confins de l'Ethiopie.10 Nabuchodonosor, roi des Assyriens, leur envoya à tous des messagers ;
Note Judith 1,10 : A tous ces peuples. Quelques-uns de ces peuples lui étaient déjà assujettis ; mais il voulait se faire rendre par tous les honneurs divins.
11 Et tous protestèrent unanimement, et les renvoyèrent les mains vides, et les chassèrent sans honneur.
Note Judith 1,11 : Les mains vides. C’est le sens qu’a partout le terme de la Vulgate, et son correspondant en hébreu et en grec. Il signifie probablement ici : Sans apporter les présents, signe de leur soumission à Nabuchodonosor.
12 Alors le roi Nabuchodonosor, indigné contre toute cette terre, jura par son trône et son royaume qu'il se vengerait de toutes ces contrées.

Chapitre 2

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Chap. : 
Nabuchodonosor envoie Holoferne avec une puissante armée pour s’assujettir tous les peuples voisins.
Premiers exploits d’Holoferne.
Il s’avance jusqu’à Damas.
1 A la treizième année du roi Nabuchodonosor, le vingt-deuxième jour du premier mois, dans la maison de Nabuchodonosor, roi des Assyriens, déclaration fut faite qu'il se vengerait.2 Il appela donc tous les anciens, et tous les chefs, et ses guerriers, et il tint avec eux son conseil secret ;3 Et il dit que sa pensée était uniquement de subjuguer toute la terre à son empire.4 Comme cette parole plut à tous, le roi Nabuchodonosor fit venir Holoferne, le prince de sa milice,5 Et lui dit : Sors contre le royaume d'occident, et contre ceux principalement qui ont méprisé mon commandement.6 Ton œil n'épargnera aucun royaume, et tu me subjugueras toute ville fortifiée.
Note Judith 2,6 : Ton œil n’épargnera, etc., hébraïsme, pour, tu frapperas à yeux clos ; c’est-à-dire sans considération, ni distinction aucune.
 
7 Alors Holoferne appela les chefs et les officiers des troupes des Assyriens, et compta les hommes pour l'expédition, comme lui ordonna le roi, cent vingt mille combattants à pied et douze mille archers à cheval.8 Et il fit marcher devant lui tout son bagage avec une multitude d'innombrables chameaux, et avec tout ce qui suffisait abondamment aux corps d'armée, comme aussi des troupeaux de bœufs, et des troupeaux de brebis qui étaient sans nombre.9 Il décida qu'à son passage on préparerait du blé pris de toute la Syrie.10 Quant à l'or et à l'argent, il en prit énormément de la maison du roi.11 Et il partit, lui et toute l'armée, avec les quadriges, les cavaliers et les archers, qui couvrirent la face de la terre comme des sauterelles.12 Lorsqu'il eut dépassé les confins de l'Assyrie, il vint aux grandes montagnes d'Ange, qui sont à gauche de la Cilicie; il monta dans tous les châteaux, et s'empara de toutes les fortifications.
Note Judith 2,12 : Montagnes d’Angé, Argée des auteurs grecs, pic principal des montagnes du centre de la Cappadoce.
13 Et il força la ville très célèbre de Mélothi, et il enleva tous les enfants de Tharse et les enfants d'Ismaël, qui étaient en face du désert et au milieu de la terre de Cellon.
Note Judith 2,13 : Mélothi, Mélitène, ville de Cappadoce. ― Tharse, Tarse, ville de Cilicie. Voir Actes des Apôtres, note 9.30.
 
14 Ensuite il passa l'Euphrate, et vint dans la Mésopotamie, et força toutes les villes hautes qui étaient là, depuis le torrent de Mambré jusqu'à ce qu'on arrive à la mer ;
Note Judith 2,14 : Le torrent de Mambré, le Chaboras. Voir l’Introduction, IIe section. (?)
 
15 Ensuite il s'empara de ses frontières, depuis la Cilicie jusqu'aux confins de Japheth, qui sont au midi.16 Et il emmena tous les enfants de Madian, pilla toutes leurs richesses, et tua par le tranchant du glaive tous ceux qui lui résistaient.17 Et après cela il descendit dans les champs de Damas, aux jours de la moisson, brûla toutes les récoltes, et fit couper tous les arbres et les vignes.18 Et la crainte qu'il inspirait tomba sur tous les habitants de la terre.

Chapitre 3

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Chap. : 
Divers peuples envoient vers Holoferne pour lui promettre obéissance.
Il descend des montagnes vers eux, détruit leurs villes, et coupe leur bois sacrés, afin que Nabuchodonosor soit seul adoré.
1 Alors les rois et les princes de toutes les villes et de toutes les provinces, de la Syrie, ceux de la Mésopotamie, et de la Syrie de Sobal, de la Libye et de la Cilicie, envoyèrent leurs députés, lesquels, venant vers Holoferne, dirent :2 Que ton indignation contre nous cesse ; car il vaut mieux qu'en vivant, nous servions Nabuchodonosor le grand roi, et te soyons soumis, que si en mourant nous souffrions avec notre ruine les maux de la servitude.
Note Judith 3,2 : Que si en mourant, etc. ; c’est-à-dire que si nous mourions après avoir souffert les maux attachés à la servitude.
3 Toutes nos villes, toutes nos possessions, toutes les montagnes et les collines, les champs, les troupeaux de bœufs, et les troupeaux de brebis, de chèvres, de chevaux et de chameaux, et toutes nos richesses et nos familles, sont en ta présence ;4 Que tout ce qui est à nous soit sous ta loi;5 Nous et nos enfants sommes tes esclaves.6 Viens à nous comme un maître pacifique, et use de notre service comme il te plaira.
 
7 Alors il descendit des montagnes avec les cavaliers et de grandes forces, et il s'empara de toutes les villes et de tous ceux qui habitaient le pays.8 Et de toutes les villes il prit pour lui comme auxiliaires des hommes braves et choisis pour la guerre.9 Or une si grande terreur se répandit sur toutes les provinces, que les habitants principaux de toutes les villes et les hommes honorables sortaient avec les peuples au-devant de lui, lorsqu'il arrivait,10 Le recevant avec des couronnes et des torches, et formant des danses au milieu des tambours et des flûtes.
Note Judith 3,10 : Par choses saintes on entend communément le sanctuaire.
11 Cependant en faisant ces choses ils ne purent adoucir la férocité de son cœur;12 Car il détruisit leurs villes et il coupa leurs bois sacrés,13 Parce que le roi Nabuchodonosor lui avait ordonné d'exterminer tous les dieux de la terre, afin que lui seul fût appelé dieu par toutes les nations qui auraient pu être subjuguées par la puissance d'Holoferne.
 
14 Traversant ensuite la Syrie de Sobal, toute l'Apamée et toute la Mésopotamie, il vint chez les Iduméens, dans la terre de Gabaa ;15 Et il prit leurs villes, et s'établit là trente jours, durant lesquels il ordonna que toutes les troupes de son armée fussent réunies.

Chapitre 4

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Chap. : 
Terreur des Israélites à l’approche d’Holoferne.
Le grand-prêtre Eliachim donne les ordres nécessaires, et exhorte le peuple à implorer le secours du Seigneur.
1 Alors les enfants d'Israël, qui habitaient dans la terre de Juda, apprenant cela, redoutèrent extrêmement sa présence.2 L'effroi et l'horreur saisirent leurs esprits; ils craignirent qu'il ne fît à Jérusalem et au temple du Seigneur ce qu'il avait fait aux autres villes et à leurs temples.3 Et ils envoyèrent dans toute la Samarie, aux alentours, et jusqu'à Jéricho, et ils occupèrent les premiers tous les sommets des montagnes.4 Et ils entourèrent leurs bourgs de murs, et amassèrent des blés pour se préparer au combat.5 Le prêtre Eliachim aussi écrivit à tous ceux qui étaient contre Esdrélon, qui est en face de la grande plaine près de Dothaïn, et à tous ceux par qui le passage de la voie pouvait être gardé,6 Qu'ils se saisissent des montées des coteaux, par lesquelles on pouvait aher à Jérusalem, et qu'ils fissent le guet là où le passage était resserré entre les montagnes.7 Et les enfants d'Israël firent selon ce que leur avait commandé le prêtre du Seigneur, Eliachim.
 
8 Et tout le peuple cria vers le Seigneur avec une grande instance, et ils humilièrent leurs âmes dans les jeûnes et les prières, eux et leurs femmes.9 Les prêtres se vêtirent de cilices, et les enfants se prosternèrent en face du temple du Seigneur, et couvrirent l'autel du Seigneur d'un cilice ;10 Et ils crièrent vers le Seigneur, le Dieu d'Israël, unanimement, afin que leurs enfants ne fussent pas livrés en proie, leurs femmes à la dispersion, leurs villes à l'extermination, leurs choses saintes à la profanation, et qu'ils ne devinssent pas eux-mêmes l'opprobre des nations.
 
11 Alors Eliachim, le grand prêtre du Seigneur, parcourut tout Israël, et leur parla,12 Disant : Sachez que le Seigneur exaucera vos prières, si vous persévérez toujours dans les jeûnes et les prières en la présence du Seigneur.
Note Judith 4,12 : Si vous persévérez toujours ; littéralement et par hébraïsme, si persévérant vous persévérez.
13 Souvenez-vous de Moïse, serviteur du Seigneur, qui renversa Amalec se confiant en sa force, en sa puissance, en son armée, en ses boucliers, en ses chars et en ses cavaliers, non pas en combattant par le fer, mais en priant avec de saintes prières.
Note Judith 4,13 : Voir Exode, 17, 12. ― Amalec. Voir Exode, note 17.8.
14 Ainsi en sera-t-il de tous les ennemis d'Israël, si vous persévérez dans cette œuvre que vous avez commencée.15 D'après cette exhortation, les enfants d'Israël priant le Seigneur persévéraient en la présence du Seigneur.16 En sorte que ceux-mêmes qui offraient au Seigneur les holocaustes, offraient les sacrifices au Seigneur, étant revêtus de cilices, et la cendre était sur leurs têtes.17 Et tous priaient Dieu de tout leur coeur, afin qu'il visitât son peuple Israël.

Chapitre 5

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Chap. : 
Holoferne, averti que les enfants d’Israël vont lui résister, demande qui ils sont.
Achior les lui fait connaître, et lui déclare, que s’ils n’ont pas offensé leur Dieu, ils seront invincibles.
Ce discours irrite son armée.
1 Or on annonça à Holoferne, prince de la milice des Assyriens; que les enfants d'Israël se préparaient à résister, et qu'ils avaient fermé les chemins des montagnes ;2 Et il s'enflamma d'une fureur excessive dans son grand courroux; alors il appela tous les princes de Moab et les chefs d'Ammon,3 Et leur dit : Dites-moi qui est ce peuple qui occupe les montagnes, ou quelles sont, et ce que sont, et combien grandes sont leurs villes ; quelle est aussi leur force, ou quelle est leur multitude, ou qui est le roi de leur milice ;
Note Judith 5,3 : Le roi ; c’est-à-dire le chef ; c’est en effet le sens qu’ont souvent en grec et en hébreu les termes auxquels correspond le latin rex de la Vulgate.
4 Et pourquoi, entre tous ceux qui habitent en orient, ceux-ci nous ont-ils méprisés, et ne sont-ils pas sortis au-devant de nous pour nous recevoir en paix?
 
5 Alors Achior, le chef de tous les enfants d'Ammon, répondant, dit : Si tu daignes m'écouter, mon seigneur, je dirai la vérité en ta présence sur ce peuple qui habite dans les montagnes, et il ne sortira pas une parole fausse de ma bouche.6 Ce peuple est de la race des Chaldéens.7 Il habita d'abord en Mésopotamie, parce qu'ils ne voulurent pas suivre les dieux de leurs pères, qui étaient dans la terre des Chaldéens.
Note Judith 5,7 : Voir Genèse, 11, 31.
8 C'est pourquoi, abandonnant les cérémonies de leurs pères, lesquelles consistaient dans le culte d'une multitude de dieux,9 Ils servirent le seul Dieu du ciel, qui leur ordonna de sortir de là, et d'habiter à Charan. Mais, lorsqu'une famine eut couvert tout le pays, ils descendirent en Egypte, et là, durant quatre cents ans, ils se multiplièrent, en sorte que leur armée ne pouvait se compter.
Note Judith 5,9 : Voir Genèse, 12, 1 ; 46, 6. ― Les Israélites demeurèrent seulement deux cents et quelques années en Egypte ; mais on pourrait trouver ces quatre cents en y comprenant le séjour qu’ils firent dans la terre de Chanaan depuis qu’Abraham s’y fut retiré.
10 Or, comme le roi d'Egypte les opprimait, et les soumettait à bâtir ses villes avec de la brique et du mortier, ils crièrent vers leur Seigneur, qui frappa toute la terre d'Egypte de plaies diverses.11 Et lorsque les Égyptiens les eurent chassés de chez eux, que la plaie fut détournée d'eux, et qu'ils voulurent de nouveau les prendre et les rappeler à leur service,
Note Judith 5,11 : Voir Exode, 12, 33.
12 Le Dieu du ciel leur ouvrit la mer pendant qu'ils fuyaient ; de manière que d'un côté et de l'autre les eaux étaient solides comme un mur, et eux passèrent à pied sec, en marchant au fond de la mer.
Note Judith 5,12 : Voir Exode, 14, 29.
13 Tandis que dans ce lieu l'innombrable armée des Egyptiens les poursuivait, elle fut tellement couverte par les eaux, qu'il n'en resta pas un seul pour annoncer l'événement à leurs descendants.14 Or, étant sortis de la mer Rouge, ils occupèrent les déserts de la montagne de Sina, dans lesquels jamais homme n'a pu habiter, et où le fils d'un homme n'a point reposé.
Note Judith 5,14 : Voir Jérémie, 2, 6.
15 Là, les fontaines amères devinrent pour eux douces à boire, et durant quarante ans ils obtinrent une nourriture du ciel.16 Partout où ils sont entrés sans arc, sans flèches, sans bouclier, sans glaive, leur Dieu a combattu pour eux, et a vaincu.17 Et il n'y a eu personne qui insultât à ce peuple, si ce n'est quand il s'est retiré du culte du Seigneur son Dieu.18 Mais toutes les fois qu'outre leur propre Dieu ils en ont adoré un autre, ils ont été livrés en proie au glaive et à l'opprobre ;19 Toutes les fois aussi qu'ils se sont repentis de s'être retirés du service de leur Dieu, le Dieu du ciel leur a donné la force de résister.20 Enfin ils ont renversé les rois Chananéen, Jébuséen, Phérézéen, Héthéen, Hévéen, et Amorrhéen, et tous les puissants en Hésébon; et leurs terres et leurs villes, ce sont eux qui les ont possédées.21 Tant qu'ils ne péchaient pas en la présence de leur Dieu, les biens étaient avec eux, car leur Dieu hait l'iniquité.
Note Judith 5,21 : Les biens, etc., étaient avec eux ; ils avaient du bonheur, ils étaient heureux.
22 En effet, avant ces dernières années, s'étant retirés de la voie que Dieu leur avait donnée pour qu'ils y marchassent, ils ont été exterminés dans des combats par beaucoup de nations, et le plus grand nombre d'entre eux a été emmené captif dans une terre non sienne.
Note Judith 5,22 : Avant ces dernières, etc. Les dix tribus avaient été peu de temps auparavant emmenées par Salmanasar captives en Assyrie, et Manassé n’avait dû être conduit que depuis peu à Babylone (voir 4 Rois, 17, vv. 3, 6 ; 2 Paralipomènes, 33, 11).
23 Mais depuis peu, revenus au Seigneur leur Dieu, ils se sont réunis après la dispersion par laquelle ils avaient été dispersés, et ils sont montés sur toutes ces montagnes, et ils possèdent de nouveau Jérusalem, où sont leurs choses saintes.
Note Judith 5,23 : Leurs choses saintes. Voir Judith, 4, 10.
24 Maintenant donc, mon seigneur, informe-toi s'il y a en eux quelque iniquité en présence de leur Dieu; et alors montons vers eux, parce que leur Dieu te les livrera, et ils seront soumis au joug de ta puissance.25 Mais, s'il n'y a pas d'offense de la part de ce peuple devant son Dieu, nous ne pourrons leur résister, parce que leur Dieu les défendra, et nous serons en opprobre à toute la terre.
 
26 Or il arriva que, lorsqu'Achior eut cessé de dire ces paroles, tous les grands d'Holoferne furent irrités, et pensaient à le tuer, se disant les uns aux autres:27 Qui est celui-ci qui ose dire que les enfants d'Israël peuvent résister au roi Nabuchodonosor et à ses armées, des hommes sans armes, sans force, et sans connaissance de l'art du combat?28 Afin donc qu'Achior reconnaisse qu'il nous trompe, montons sur les montagnes ; et quand les forts d'entre eux seront pris, alors il sera transpercé avec eux par le glaive,29 Afin que toute nation sache que Nabuchodonosor est le dieu de la terre, et qu'excepté lui, il n'en est pas d'autre.

Chapitre 6

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Chap. : 
Holoferne fait de terribles menaces à Achior.
Il ordonne qu’on le conduise vers Béthulie et qu’on le livre aux enfants d’Israël.
Achior leur est livré, et leur raconte ce qui lui est arrivé.
1 Or il arriva que, lorsqu'ils eurent cessé de parler, Holoferne, extrêmement indigné, dit à Achior :2 Parce que tu nous as prophétisé, disant que la nation d'Israël est défendue par son Dieu, afin que je te montre qu'il n'est pas de Dieu si ce n'est Nabuchodonosor,3 Lorsque nous les aurons tous frappés comme un seul homme, alors et toi aussi avec eux tu périras par le glaive des Assyriens, et tout Israël périra entièrement avec toi ;
Note Judith 6,3 : Périra entièrement ; littéralement et par hébraïsme périra par la perte.
4 Et tu reconnaîtras ainsi que Nabuchodonosor est le maître de toute la terre; et alors le glaive de ma milice passera à travers les flancs, et, percé, tu tomberas parmi les blessés d'Israël, et tu ne respireras plus que pour être exterminé avec eux.5 Mais cependant, si tu crois que ta prophétie soit vraie, que ton visage ne s'abatte point; et que la pâleur qui couvre ta face s'éloigne de toi, si tu penses que mes paroles ne puissent s'accomplir.6 Or, afin que tu saches que tu éprouveras avec eux ce que je te dis, voici que dès cette heure tu seras associé à ce peuple, afin que lorsqu'ils recevront les justes châtiments de mon glaive, toi-même aussi tu sois soumis à ma vengeance.
 
7 Alors Holoferne commanda à ses serviteurs de prendre Achior, de le mener vers Béthulie, et de le livrer aux mains des enfants d'Israël.
Note Judith 6,7 : Vers Béthulie. « Feu Schulz, consul de Prusse à Jérusalem, avait proposé [en 1 847] de reconnaître Béthulia dans le village de Beit-Ilfa, placé à mi-chemin sur la route de Zerayn (Jezrahel), à Beysan (Scythopolis). Cette identification ne me paraît pas satisfaisante, et j’aime mieux voir Béthulia dans le bourg fortifié de Sanour, qui est réellement une des clés de la Judée et qui est à une heure et demie seulement au sud de Tell-Dothan, où sont les ruines de Dothaïn. A petite distance à l’est de Sanour sont une vallée et un khan, nommées Meitheloun, et qui pourraient bien avoir conservé un reflet du nom de Béthulia. » (DE SAULCY.)
8 Et le prenant, les serviteurs d'Holoferne s'en allèrent à travers les plaines; mais, lorsqu'ils se furent approchés des montagnes, les frondeurs sortirent contre eux.9 Mais eux, se détournant du côté de la montagne, lièrent Achior à un arbre par les mains et par les pieds, et le laissèrent ainsi attaché avec des cordes, puis ils revinrent vers leur maître.
 
10 Or les enfants d'Israël, descendant de Béthulie, vinrent à lui; et l'ayant délié, ils le conduisirent à Béthulie; alors, le mettant au milieu du peuple, ils lui demandèrent quelle était la cause pour laquelle les Assyriens l'avaient laissé lié.11 En ces jours-là, étaient princes à Béthulie Ozias, fils de Micha, de la tribu de Siméon, et Charmi, qui s'appelait aussi Gothoniel.12 C'est pourquoi au milieu des plus anciens, et en la présence de tous, Achior raconta ce qu'il avait dit lui-même, interrogé par Holoferne, et comment le peuple d'Holoferne l'avait voulu tuer à cause de cette parole ;13 Et de quelle manière Holoferne lui-même, irrité, avait ordonné que pour ce motif on le livrât aux Israélites, afin que lorsqu'il aurait vaincu les enfants d'Israël, alors il fît périr aussi Achior lui-même par divers supplices, à cause de ceci qu'il avait dit : Le Dieu du ciel est leur défenseur.
 
14 Lorsqu'Achior eut exposé toutes ces choses, tout le peuple tomba sur sa face, adorant le Seigneur, et unanimes dans une lamentation commune et un pleur universel, ils répandirent leurs prières devant le Seigneur,
Note Judith 6,14 : Voir Judith, 5, 6-25.
15 Disant : Seigneur, Dieu du ciel et de la terre, regardez leur orgueil, et voyez notre humiliation; considérez la face de vos saints, et montrez que vous n'abandonnez pas ceux qui présument de vous, et que vous humiliez ceux qui présument d'eux-mêmes et qui se glorifient de leur force.
 
16 C'est pourquoi le pleur fini, et la prière des peuples, qui avait duré tout le jour, achevée, ils consolèrent Achior,17 Disant : Le Dieu de nos pères dont tu as proclamé la puissance, te donnera lui-même cette chance, que ce sera plutôt toi qui verras leur ruine.
Note Judith 6,17 : Ce sera plutôt toi, etc. Par ces paroles les Israélites font allusion à celles tout opposées qu’avait dites Holopherne (voir versets 3 à 6).
18 Et, lorsque le Seigneur notre Dieu aura donné cette liberté à ses serviteurs, que Dieu soit aussi avec toi, au milieu de nous, afin que, comme il te plaira, ainsi tu vives, toi et les tiens avec nous.19 Alors Ozias, le conseil fini, reçut Achior en sa maison, et lui donna un grand souper.20 Puis tous les prêtres ayant été appelés, et le jeûne étant achevé, ils mangèrent ensemble.21 Après cela tout le peuple fut convoqué, et durant toute la nuit ils prièrent dans le lieu de l'assemblée, demandant secours au Dieu d'Israël.
Note Judith 6,21 : Le lieu de l’assemblée, c’est-à-dire la prière. Les Juifs des villes éloignées de Jérusalem avaient des lieux où ils se réunissaient pour prier ensemble.

Chapitre 7

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Chap. : 
Holoferne assiège Béthulie ; les Israélites en sont effrayés.
Holoferne s’empare de toutes les fontaines.
Les habitants de Béthulie, pressés par la soif, veulent se rendre.
Ozias promet de rendre la ville dans cinq jours.
1 Holoferne donc, le jour suivant, ordonna à ses armées de monter contre Béthulie.2 Or il y avait cent vingt mille combattants à pied, et vingt-deux mille cavaliers, outre les hommes armés que la captivité avait atteints, et toute la jeunesse qui avait été amenée des provinces et des villes.
Note Judith 7,2 : Outre les hommes armés ; littéralement Outre les préparations ou les armements des hommes ; car, dans le langage de l’Ecriture, ces deux mots se confondent quand il s’agit de guerres, de batailles. ― Que la captivité avait atteints ; qui avaient été faits captifs par Holoferne. ― Toute la jeunesse est dans la Vulgate au génitif, comme complément du mot préparations ou armements ; ainsi le véritable sens est : et outre toute la jeunesse armée.
3 Tous se préparèrent également au combat contre les enfants d'Israël, et vinrent par le bas de la montagne jusqu'à la cime qui regarde sur Dothaïn, depuis le lieu qui est appelé Belma, jusqu'à Chelmon, qui est contre Esdrélon.4 Or les enfants d'Israël, dès qu'ils virent leur multitude, se prosternèrent sur la terre, mettant de la cendre sur leurs têtes, priant unanimement pour que le Dieu d'Israël montrât sa miséricorde sur son peuple.5 Et, prenant leurs armes guerrières, ils s'établirent dans les lieux qui mènent au passage du chemin étroit entre les montagnes, et ils les gardaient pendant tout le jour et toute la nuit,
 
6 Or Holoferne, tandis qu'il tournait tout autour, trouva que la fontaine qui coulait dans la ville, y dirigeait son cours par leur aqueduc, du côté du midi, hors de la ville : et il ordonna qu'on coupât leur aqueduc.7 Il y avait cependant, non loin des murs, des fontaines auxquelles on les envoyait furtivement puiser de l'eau, pour se rafraîchir plutôt que pour boire.
Note Judith 7,7 : Pour se rafraîchir, etc. ; c’est-à-dire pour soulager leur soif, plutôt que pour l’étancher ; car le peu d’eau qu’ils pouvaient prendre ne suffisait pas pour les désaltérer.
8 Mais les fils d'Ammon et de Moab s'approchèrent d'Holoferne, disant : Les enfants d'Israël n'ont pas de confiance dans la lance ni dans la flèche; mais les montagnes les défendent, et les collines situées sur un précipice les fortifient.9 Afin donc que vous les puissiez vaincre sans livrer de combat, mettez des gardes aux fontaines, pour qu'ils n'y puisent point d'eau, et vous les tuerez sans le glaive, ou certainement découragés, ils livreront leur ville, qu'ils pensent ne pouvoir être prise, parce qu'elle est placée dans les montagnes.10 Ces paroles plurent à Holoferne et à ses gardes, et il établit des centurions autour de chaque fontaine.
 
11 Et lorsque cette garde eut été faite pendant vingt jours, les citernes et les réservoirs d'eau manquèrent à tous ceux qui habitaient Béthulie, en sorte qu'il n'y avait pas dans la ville de quoi les rassasier même un seul jour, parce que c'était par mesure que l'eau était donnée au peuple chaque jour.12 Alors tous les hommes, les femmes, les jeunes gens et les petits enfants se rassemblèrent près d'Ozias, et tous ensemble d'une seule voix,13 Dirent : Que Dieu juge entre nous et vous, parce que vous avez attiré ces maux sur nous, n'ayant pas voulu parler pacifiquement aux Assyriens ; et c'est à cause de cela que Dieu nous a livrés en leurs mains.
Note Judith 7,13 : Voir Exode, 5, 21.
14 Pour cela aussi il n'est personne qui nous secoure, lorsque nous sommes abattus devant leurs yeux par la soif, et par une grande ruine.15 Maintenant donc assemblez tous ceux qui sont dans la ville, afin que spontanément nous nous livrions au peuple d'Holoferne ;16 Car il vaut mieux que captifs nous bénissions le Seigneur en vivant, que si nous mourions et si nous étions l'opprobre de toute chair, lorsque nous verrons nos femmes et nos enfants mourir devant nos yeux.17 Nous invoquons aujourd'hui le ciel et la terre, et le Dieu de nos pères, qui se venge de nous selon nos péchés, pour que vous livriez la ville à la main de la milice d'Holoferne, et que l'on abrège par le tranchant du glaive notre fin, qui devient trop longue parles ardeurs de la soif.18 Or, lorsqu'ils eurent dit ces choses, il se fit un pleur et de grands cris déchirants dans l'assemblée parmi tout le monde, et pendant bien des heures ils crièrent d'une seule voix vers le Seigneur, disant :19 Nous avons péché avec nos pères, nous avons agi injustement, nous avons commis l'iniquité.
Note Judith 7,19 : Voir Psaumes, 105, 6.
20 Vous, parce que vous êtes bon, ayez pitié de nous, ou par vos châtiments, vengez nos iniquités, et ne livrez point ceux qui vous glorifient à un peuple qui vous ignore,21 Afin qu'on ne dise pas parmi les nations : Où est leur Dieu?
 
22 Et lorsque, fatigués par ces cris et lassés de ces pleurs, ils se turent,23 Ozias, se levant, couvert de larmes, dit : Ayez l'esprit calme, mes frères, et pendant ces cinq jours attendons du Seigneur miséricorde.
Note Judith 7,23 : Ozias était sans doute persuadé que le peuple pourrait souffrir la soif pendant cinq jours, et il espérait en même temps que dans cet intervalle le grand prêtre lui enverrait quelque secours pour se défendre.
24 Car peut-être réprimera-t-il son indignation, et donnera-t-il la gloire à son nom.
Note Judith 7,24 : Donnera-t-il, etc., c’est-à-dire glorifiera-t-il son nom, fera-t-il éclater la gloire de son nom ?
25 Mais si, ces cinq jours passés, il ne vient point de secours, nous accomplirons les paroles que vous avez dites.

Chapitre 8

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Chap. : 
Origine et vertus de Judith.
Elle apprend ce qu’Ozias dit, mande les anciens, et leur en fait des reproches.
Elle ranime leur courage.
Ils lui disent de prier.
Elle annonce qu’elle va sortir pour exécuter un dessein qu’elle médite.
1 Et il arriva que Judith apprit ces paroles, Judith, veuve, fille de Mérari, fils d'Idox, fils de Joseph, fils d'Ozias, fils d'Elaï, fils de Jamnor, fils de Gédéon, fils de Raphaïm, fils d'Achitob, fils de Melchias, fils d'Enan, fils de Nathanias, fils de Salathiel, fils de Siméon, fils de Ruben ;
Note Judith 8,1 : Il arriva que Judith apprit ; littéralement que Judith ayant appris ; ce qui laisse la phrase suspendue et inachevée. Le grec dit simplement : Et Judith apprit. ― Au lieu de Ruben, le grec et le syriaque lisent Israël. Ruben, en effet, était fils d’Israël ou Jacob. De plus, Judith nomme expressément comme patriarche de sa tribu ce Siméon qui était fils de Jacob (voir Judith, 9, 2). Enfin on ne lit le nom de Siméon parmi les fils de Ruben, dans aucune des diverses listes généalogiques des patriarches.
2 Et son mari fut Manassès, qui mourut dans les jours de la moisson d'orge :3 Car il surveillait ceux qui liaient les gerbes dans la campagne, et la grande chaleur vint sur sa tête, et il mourut à Béthulie, sa ville, et fut enseveli là avec ses pères.
Note Judith 8,3 : La grande chaleur vint sur sa tête ; il fut frappé d’insolation, accident commun en Palestine.
4 Ainsi Judith était restée veuve depuis déjà trois ans et six mois.5 Et dans le haut de sa maison elle s'était fait une chambre secrète, dans laquelle elle demeurait enfermée avec ses servantes ;
Note Judith 8,5 : Une chambre secrète, en grec, une tente. Elle avait disposé sur la terrasse de sa maison, qui en formait le toit, une espèce de tente, où elle vivait retirée.
6 Et, ayant sur ses reins un cilice, elle jeûnait tous les jours de sa vie, excepté les sabbats, les néoménies et les fêtes de la maison d'Israël.
Note Judith 8,6 : Les néoménies, les jours de la nouvelle lune, qui marquaient le commencement d’un mois.
7 Or elle était d'une grande beauté, et son mari lui avait laissé de grandes richesses, une famille nombreuse, et des possessions pleines de troupeaux de bœufs et de troupeaux de brebis.
Note Judith 8,7 : Par famille nombreuse on entend généralement un grand nombre de domestiques.
8 Et elle était très renommée parmi tout le monde, parce qu'elle craignait beaucoup le Seigneur; et il n'y avait personne qui dît d'elle une parole mauvaise.
 
9 C'est pourquoi, lorsqu'elle eut appris qu'Ozias avait promis que, passé le cinquième jour, il livrerait la ville, elle envoya vers les anciens Chabri et Charmi,10 Qui vinrent vers elle, et elle leur dit : Quelle est cette parole par laquelle Ozias a consenti de livrer la ville aux Assyriens, si dans cinq jours il ne vous vient du secours?
Note Judith 8,10 : Quelle est, etc. Autrement : Quel est le motif pour lequel.
 
11 Et qui êtes-vous, vous qui tentez le Seigneur?12 Ce n'est pas là une parole qui appelle la miséricorde, mais plutôt elle excite la colère et allume la fureur.
Note Judith 8,12 : Une parole ; ou bien une chose.
13 Vous avez fixé un temps à la miséricorde du Seigneur, et, selon votre volonté, vous lui avez marqué un jour.14 Mais, puisque le Seigneur est patient, par cela même faisons pénitence, et réclamons son indulgence en répandant des larmes ;15 Car ce n'est point comme un homme que Dieu menacera, ni comme le fils d'un homme qu'il s'enflammera de son courroux.16 C'est pourquoi humilions devant lui nos âmes, et le servant, établis dans un esprit humilié,17 Disons en pleurant au Seigneur que, selon sa volonté, il nous accorde sa miséricorde, afin que de même que notre cœur est troublé par l'orgueil de nos ennemis, de même aussi nous nous glorifiions de notre humiliation,18 Parce que nous n'avons point suivi les péchés de nos pères, qui ont abandonné leur Dieu et ont adoré des dieux étrangers :19 Pour lequel crime, ils ont été livrés au glaive, au pillage, et à la confusion parmi leurs ennemis; mais nous, nous ne connaissons point d'autre Dieu, hors lui.20 Attendons humblement sa consolation, et il vengera notre sang des afflictions que nous causent nos ennemis; il humiliera aussi toutes les nations quelconques qui s'élèvent contre nous, et le Seigneur notre Dieu les livrera au déshonneur.21 Or maintenant, mes frères, puisque vous êtes les anciens parmi le peuple de Dieu, et que de vous dépend leur âme, relevez leur cœur par vos paroles, afin qu'ils se souviennent que nos pères ont été tentés pour éprouver s'ils honoraient véritablement leur Dieu.
Note Judith 8,21 : Leur âme ; hébraïsme, pour leur vie.
22 Ils doivent se souvenir comment Abraham notre père fut tenté, et comment, éprouvé par beaucoup de tribulations, il devint l'ami de Dieu.
Note Judith 8,22 : Voir Genèse, 22, 1.
23 Ainsi Isaac, ainsi Jacob, ainsi Moïse, et tous ceux qui ont plu à Dieu, ont passé par beaucoup de tribulations en restant fidèles.24 Mais ceux qui n'ont point reçu les tentations avec la crainte du Seigneur, et qui ont témoigné leur impatience, leur reproche et leur murmure contre le Seigneur,
Note Judith 8,24 : Qui ont témoigné, etc. Voir Nombres, 11, 1 ; 14, 2 ; 20, 2-6.
25 Ont été exterminés par l'exterminateur, et ont péri par les serpents.
Note Judith 8,25 : Voir 1 Corinthiens, 10, 9.
26 Et nous donc, ne nous vengeons point pour ce que nous souffrons ;
Note Judith 8,26 : Ne nous vengeons pas par impatience ; ne nous irritons pas.
27 Mais, considérant que ces châtiments mêmes sont moindres que nos péchés, croyons que les fléaux du Seigneur par lesquels nous sommes punis, comme serviteurs, nous sont venus pour notre amendement, et non pour notre perte.
 
28 Alors Ozias et les anciens lui dirent : Tout ce que vous avez dit est vrai, et dans vos paroles il n'y a rien à reprendre.29 Maintenant donc, priez pour nous, parce que vous êtes une femme sainte et craignant Dieu.
 
30 Et Judith leur dit : Comme vous reconnaissez que ce que j'ai pu dire vient de Dieu,31 De même examinez si ce que j'ai résolu vient de Dieu, et priez, afin que Dieu affermisse ma résolution.32 Vous vous tiendrez à la porte cette nuit, et moi je sortirai avec ma servante ; et priez, comme vous avez dit, que dans cinq jours le Seigneur regarde son peuple d'Israël.
Note Judith 8,32 : Avec ma servante, en latin abra mea. Il ne s’agit pas d’une servante ordinaire, mais d’une femme de confiance, sans doute celle de ses servantes qui était placée à la tête de toutes les autres.
33 Mais je ne veux pas que vous recherchiez ce que je dois faire, et jusqu'à ce que je vous l'annonce, qu'on ne fasse rien autre chose qu'une prière pour moi au Seigneur notre Dieu.34 Et Ozias, prince de Juda, lui répondit : Allez en paix, et que le Seigneur soit avec vous pour tirer vengeance de nos ennemis. Et, retournant, ils s'en allèrent.

Chapitre 9

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Chap. : 
Judith adresse à Dieu sa prière, et implore son secours pour l’exécution du dessein qu’elle médite.
1 Ceux-ci s'étant retirés, Judith entra dans son oratoire ; et, se revêtant d'un cilice, elle mit de la cendre sur sa tête, et, se prosternant devant le Seigneur, elle criait vers le Seigneur, disant :
 
2 Seigneur, Dieu de mon père Siméon, qui lui avez donné un glaive pour se venger des étrangers qui commirent une violence dans leur profanation, et découvrirent la nudité d'une vierge pour sa confusion;
Note Judith 9,2 : Voir Genèse, 34, 26. ― Judith loue ici le zèle que Siméon avait mis à venger la gloire de Dieu et l’outrage fait par les Sichémites à sa sœur ; mais nullement la manière inhumaine dont il avait exercé cette vengeance. Voir Genèse, 34, 30 ; 49, 5-7.
3 Qui avez livré leurs femmes en proie, et leurs filles en captivité, et toutes leurs dépouilles en partage à vos serviteurs qui ont brûlé de zèle pour vous, venez, je vous prie. Seigneur mon Dieu, au secours de moi, veuve :
Note Judith 9,3 : Qui ont brûlé, etc., littéralement et par hébraïsme, qui ont zélé le zèle, ou ont été zélé de zèle.
4 Car c'est vous qui avez fait les choses antérieures, et vous avez conçu celles-ci après celles-là; et il n'a été fait que ce que vous-même avez voulu,5 Car toutes vos voies sont préparées; et vos jugements, c'est dans votre providence que vous les avez établis.6 Regardez maintenant le camp des Assyriens, comme alors vous daignâtes voir le camp des Egyptiens, quand armés ils couraient après vos serviteurs, se confiant en leurs quadriges et leur cavalerie, et dans la multitude de leurs combattants.
Note Judith 9,6 : Voir Exode, 14, 9.
7 Mais vous jetâtes un regard sur leur camp, et des ténèbres les fatiguèrent.
Note Judith 9,7 : Les fatiguèrent. Au passage de la mer Rouge, les Egyptiens furent dans l’inquiétude ; ils ne pouvaient pas avancer à cause des ténèbres qui les enveloppaient. Voir Exode, 14, vv. 19, 24.
8 L'abîme retint leurs pieds, et les eaux les couvrirent.9 Seigneur, qu'il en soit fait de même de ceux-ci aussi qui se confient en leur multitude, en leurs chariots et en leurs épieux, en leurs boucliers, en leurs flèches, et qui se glorifient en leurs lances,10 Et qui ne savent pas que c'est vous-même qui êtes notre Dieu, vous qui rompez les guerres depuis le commencement, et que votre nom est le Seigneur.
Note Judith 9,10 : Vous rompez ; vous faites cesser, vous arrêtez.
11 Elevez votre bras comme au commencement, brisez leur force par votre force; qu'elle tombe devant votre courroux, la force de ceux qui promettent de violer vos choses saintes, de souiller le tabernacle de votre nom, et d'abattre de leur glaive la corne de votre autel.
Note Judith 9,11 : Vos choses saintes. Voir Judith, 4, 10. ― La corne de votre autel. Il y avait aux quatre coins de l’autel des holocaustes quatre éminences en formes de cornes.
12 Faites, Seigneur, que par son propre glaive, son orgueil soit tranché :13 Qu'il soit pris par le piège de ses yeux en me regardant, et vous le frapperez par mes paroles gracieuses.
Note Judith 9,13 : Par mes paroles gracieuses ; littéralement par les lèvres de ma grâce. Comparer (Psaumes, 44, 3) à l’expression la grâce est répandue sur vos lèvres. Ici, comme souvent ailleurs, saint Jérôme a donné à un mot latin, dérivé du grec, le sens qu’il a dans cette dernière langue. ― Judith se proposait d’user de sa beauté pour perdre Holoferne, mais son but unique était de sauver son peuple en faisant périr le chef de l’armée ennemie. C’est son intention qui fait le mérite de son action. Elle exposait sa propre vie pour le salut d’Israël. Elle avait d’ailleurs le droit de faire périr Holoferne, soit par ruse, soit par violence, puisque le général assyrien faisait la guerre aux habitants de Béthulie.
14 Mettez-moi dans le cœur de la constance, afin que je le méprise; et de la force, afin que je le renverse.15 Ce sera assurément un souvenir de votre nom, que la main d'une femme l'ait abattu.
Note Judith 9,15 : Voir Juges, 4, 21 ; 5, 26.
16 Car ce n'est point dans la multitude qu'est votre puissance, Seigneur, ni dans les forces des chevaux qu'est votre plaisir, et les superbes dès le commencement ne vous ont pas plu ; mais la prière des hommes humbles et doux vous a toujours plu.17 Dieu des cieux, créateur des eaux, et seigneur de toute créature, exaucez-moi, pauvre suppliante, et qui présume de votre miséricorde.18 Souvenez-vous, Seigneur, de votre alliance, et mettez la parole dans ma bouche, et fortifiez en mon cœur ma résolution, afin que votre maison vous demeure toujours consacrée ;19 Et que toutes les nations reconnaissent que c'est vous qui êtes Dieu, et qu'il n'y en a point d'autre hors vous.

Chapitre 10

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Chap. : 
Judith se pare et se rend avec sa servante au camp des Assyriens.
Elle y est arrêtée et conduite à Holoferne, qui est épris de sa beauté.
1 Or il arriva que quand Judith eut cessé de crier vers le Seigneur, elle se leva du lieu dans lequel elle était étendue, prosternée devant le Seigneur;2 Et elle appela sa servante, et, descendant dans sa maison, elle ôta son cilice, et se dépouilla des vêtements de son veuvage ;3 Puis elle lava son corps, s'oignit d'un parfum excellent, sépara les cheveux de sa tête, mit une mitre sur sa tête, se revêtit des habits de sa joie, et mit des sandales à ses pieds; elle prit aussi des petits ornements de la main droite, des lis, ainsi que des pendants d'oreilles et des anneaux, et se para de tous ses ornements.
Note Judith 10,3 : Une mitre, coiffure haute. ― De petits ornements de la main droite, des bracelets. ― Des lis, un collier ou autre ornement avec des fleurs en forme de lis.
4 Le Seigneur aussi lui donna de l'éclat, parce que toute cette parure ne venait pas d'un mauvais désir, mais de sa vertu : et c'est pour cela que le Seigneur lui augmenta sa beauté, afin qu'elle parût aux yeux de tous dans une parure incomparable.5 Elle donna à sa servante une outre de vin, un vase d'huile, des grains rôtis, des figues sèches, des pains et du fromage, et elle partit.
 
6 Or, lorsqu'elles furent arrivées à la porte de la ville, elles trouvèrent Ozias, qui l'attendait, et les anciens de la ville.7 Lorsque ceux-ci la virent, étonnés, ils admirèrent beaucoup sa beauté.8 Cependant, sans rien lui demander, ils la laissèrent passer, disant : Que le Dieu de nos pères vous donne sa grâce, et qu'il fortifie la résolution de votre cœur par sa force, afin que Jérusalem se glorifie en vous, et que votre nom soit au nombre des saints et des justes.9 Et ceux qui étaient là dirent d'une seule voix : Ainsi soit ! ainsi soit!10 Et Judith, priant le Seigneur, passa par les portes, elle et sa servante.
 
11 Or il arriva que, lorsqu'elle descendait de la montagne, vers le commencement du jour, les gardes avancés des Assyriens la rencontrèrent, et l'arrêtèrent, disant: D'où venez-vous, et où allez-vous?12 Elle répondit : Je suis fille des Hébreux ; c'est pourquoi j'ai fui de leur face, parce que j'ai reconnu qu'il arrivera qu'ils vous seront livrés en proie, parce que, vous méprisant, ils n'ont pas voulu se rendre d'eux-mêmes, afin de trouver miséricorde en votre présence.13 Par ce motif, j'ai pensé en moi-même, disant : J'irai devant la face du prince Holoferne, afin que je lui indique leurs secrets, et que je lui montre par quelle entrée il pourra s'emparer d'eux, en sorte qu'il ne tombe pas un seul homme de son armée.14 Et lorsque ces hommes eurent entendu ses paroles, ils regardaient sa face, et l'étonnement était dans leurs yeux, parce qu'ils admiraient beaucoup sa beauté.15 Et ils lui dirent : Vous avez conservé votre âme, parce que vous avez pris cette résolution de descendre vers notre maître.
Note Judith 10,15 : Vous avez, etc. ; hébraïsme pour, vous avez sauvé votre vie.
16 Sachez donc que, lorsque vous serez en sa présence, il vous traitera bien, et vous serez très agréable à son cœur. Et ils la conduisirent au tabernacle d'Holoferne, en l'annonçant.
 
17 Et lorsqu'elle fut entrée devant lui, soudain Holoferne fut pris par ses yeux.18 Et ses gardes lui dirent : Qui mépriserait le peuple des Hébreux qui ont de si belles femmes? Est-ce que pour elles nous ne devons pas avec raison combattre contre eux?19 Or Judith, voyant Holoferne assis dans un pavillon, qui était de pourpre, d'or et d'éméraudes, et entremêlé de pierres précieuses,
Note Judith 10,19 : Dans un pavillon, sans doute une moustiquaire, très ornée comme il convenait au général d’une grande armée. La moustiquaire est un tissu qui empêche les moustiques, très nombreux en Orient, de pénétrer et préserve ainsi de leurs piqûres et de leur sifflement. Ce pavillon est traduit plus loin, voir Judith, 13, 10, par rideau.
20 Et l'ayant regardé, elle s'inclina profondément devant lui, se prosternant sur la terre ; et les serviteurs d'Holoferne la relevèrent, leur maître l'ayant commandé.
Note Judith 10,20 : Elle s’inclina, etc. ; comme c’était l’usage, quand on se présentait devant les grands.

Chapitre 11

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Chap. : 
Holoferne demande à Judith pourquoi elle a quitté son peuple pour venir vers lui.
Elle lui répond en flattant ses espérances, et il lui fait de grandes promesses.
1 Alors Holoferne lui dit : Ayez l'esprit calme, et ne craignez pas en votre cœur, parce que je n'ai jamais nui à un homme qui a voulu servir le roi Nabuchodonosor.2 Et si votre peuple ne m'avait point méprisé, je n'aurais pas levé ma lance sur lui.3 Mais maintenant, dites-moi par quel motif vous êtes-vous retirée d'eux, et vous a-t-il plu de venir vers nous?
 
4 Et Judith lui répondit : Accueillez les paroles de votre servante, parce que si vous suivez les paroles de votre servante, le Seigneur achèvera l'affaire avec vous;
Note Judith 11,4 : Achèvera, etc. ; vous donnera un succès complet.
5 Car Nabuchodonosor, le roi de la terre, vit, et sa vertu, qui est en vous, vit pour le châtiment de toutes les âmes qui s'égarent; puisque non seulement les hommes le servent par vous, mais même les bêtes des champs lui obéissent.6 Et l'habileté de votre esprit est proclamée dans toutes les nations, et on fait connaître au monde entier que vous seul êtes bon et puissant dans tout son royaume, et votre habileté est louée dans toutes les provinces.7 Ce n'est pas non plus un secret, ce qu'a dit Achior, et on n'ignore pas ce que vous avez commandé qu'il lui arrive.
Note Judith 11,7 : Voir Judith, 5, 5.
8 Car, il est manifeste que notre Dieu est tellement offensé par les péchés, qu'il a annoncé par ses prophètes à son peuple qu'il le livrera à cause de ses péchés.9 Et parce que les enfants d'Israël savent qu'ils ont offensé leur Dieu, votre terreur est sur eux.10 De plus, la famine aussi est tombée sur eux, et à cause du manque d'eau, ils sont déjà comptés parmi les morts.
Note Judith 11,10 : Le manque d’eau ; littéralement la sécheresse de l’eau ; ellipse pour, la sécheresse produite par le manque d’eau.
11 Enfin ils s'apprêtent même à tuer leurs bestiaux, et à en boire le sang.12 Et quant aux choses saintes du Seigneur leur Dieu, que Dieu a ordonné de ne pas toucher, en fait de blé, de vin et d'huile, ils songent à employer et veulent consommer ce qu'ils ne devraient pas même toucher de leurs mains ; ainsi, puisqu'ils font cela, il est certain qu'ils seront livrés à la ruine.
Note Judith 11,12 : Les choses saintes, etc. Les choses consacrées au Seigneur, telles que les prémices du blé, etc.
13 Ce que moi, votre servante, connaissant, j'ai fui loin d'eux, et le Seigneur m'a envoyée pour vous annoncer ces choses mêmes;14 Car moi, votre servante, j'adore Dieu, même maintenant auprès de vous; et votre servante sortira, et elle priera Dieu,15 Et il me dira quand il les punira de leurs péchés; et venant, je vous l'annoncerai, et je vous conduirai au milieu de Jérusalem, et vous aurez tout le peuple d'Israël, comme des brebis qui n'ont point de pasteur, et pas même un chien n'aboiera contre vous.16 Parce que ces choses m'ont été dites par la providence de Dieu,17 Et parce que Dieu est irrité contre eux, j'ai été envoyée pour vous annoncer ces choses mêmes.
 
18 Or toutes ces paroles plurent à Holoferne et à ses serviteurs, et ils admiraient sa sagesse, et se disaient l'un à l'autre :19 Il n'est pas une telle femme sur la terre, pour l'aspect, pour la beauté et pour le sens des paroles.
Note Judith 11,19 : Pour le sens des paroles ; c’est-à-dire pour la sagesse qu’il y a dans ses paroles.
20 Et Holoferne lui dit : Il a bien fait le Dieu qui vous a envoyée devant le peuple, afin que vous le livriez vous-mêmes en nos mains ;21 Et parce que votre promesse est bonne, si votre Dieu fait cela pour moi, il sera aussi mon Dieu, et vous, vous serez grande dans la maison de Nabuchodonosor, et votre nom sera nommé dans toute la terre.

Chapitre 12

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Chap. : 
Judith refuse les mets de la table d’Holoferne, et lui assure que les provisions qu’elle a apportées lui suffiront.
Elle sort du camp pendant les nuits pour prier.
Holoferne donne un festin où il fait venir Judith et où il s’enivre.
1 Or il commanda qu'on la fît entrer où étaient déposés ses trésors; et il commanda de plus qu'elle y demeurât, et il régla ce qui lui serait donné de sa table.2 Judith lui répondit et dit : Je ne pourrai pas manger maintenant des choses que vous ordonnez qu'on me donne, pour ne pas que le scandale vienne sur moi ; mais c'est de ce que j'ai apporté pour moi que je mangerai.
Note Judith 12,2 : Que le scandale, etc. ; que je donne du scandale, en faisant usage de viandes impures. Comparer à Tobie, 1, 12.
3 Holoferne lui repartit : Si ce que vous avez apporté avec vous vient à manquer, que ferons-nous pour vous?4 Et Judith répliqua : Mon âme vit, mon seigneur! votre servante n'aura pas consommé tout cela avant que Dieu fasse par ma main ce que j'ai pensé. Et les serviteurs d'Holoferne l'introduisirent dans le tabernacle qu'il avait ordonné de lui préparer.5 Et elle demanda, comme elle y entrait, qu'on lui donnât la liberté de sortir dehors, durant la nuit et avant le jour, pour la prière, et d'implorer le Seigneur.6 Et Holoferne ordonna aux officiers de sa chambre que, comme il lui plairait, elle sortît et elle entrât pour adorer son Dieu, durant trois jours.7 Elle sortait donc durant les nuits dans la vallée de Béthulie, et elle se lavait dans une source d'eau.
Note Judith 12,7 : Chez les Juifs, comme chez plusieurs autres peuples de l’Orient, on se lavait avant la prière.
8 Et, comme elle montait, elle priait le Seigneur Dieu d'Israël de diriger sa voie pour la délivrance de son peuple.9 Puis, entrant, elle demeurait pure dans son tabernacle, jusqu'à ce qu'elle prît sa nourriture sur le soir.
 
10 Or il arriva qu'au quatrième jour Holoferne fit un festin à ses serviteurs, et dit à Vagao, son eunuque : Va, et persuade à cette Juive qu'elle consente spontanément à habiter avec moi ;
Note Judith 12,10 : Qu’elle consente, etc. Judith aurait pu épouser Holoferne sans violer la loi.
11 Car il est honteux chez les Assyriens qu'une femme se moque d'un homme en agissant de manière à s'éloigner pure de lui.
 
12 Alors Vagao entra vers Judith, et dit: Que la bonne fille ne craigne pas d'entrer auprès de mon seigneur, d'être honorée devant lui, de manger avec lui, et de boire du vin avec gaieté.13 Judith lui répondit : Qui suis-je pour contredire mon seigneur ?14 Tout ce qui sera bon et excellent devant ses yeux, je le ferai; et tout ce qui lui plaira me sera aussi la meilleure chose tous les jours de ma vie.15 Elle se leva donc, et se para de son vêtement; puis étant entrée, elle se présenta devant lui.16 Or le cœur d'Holoferne fut ébranlé, car il était brûlant de passion pour elle.17 Et Holoferne lui dit : Buvez maintenant : et prenez place à table avec gaieté, parce que vous avez trouvé grâce devant moi.18 Et Judith répondit : Je boirai, seigneur; parce que mon âme est aujourd'hui magnifiée plus qu'en tous mes jours.
Note Judith 12,18 : Plus qu’en tous mes jours ; ellipse pour, plus qu’elle ne l’a dit en, etc.
19 Et elle prit, mangea et but devant lui tout ce que lui avait préparé sa servante.20 Et Holoferne devint joyeux auprès d'elle, et il but excessivement de vin, autant que jamais il n'en avait bu en sa vie.

Chapitre 13

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Chap. : 
Judith, étant restée seule auprès d’Holoferne, lui tranche la tête, et sort avec la fille qui la servait.
Elle arrive à Béthulie, où elle est reçue avec un grand étonnement et beaucoup d’applaudissements.
On fait venir Achior qui reconnaît la tête d’Holoferne.
1 Or, dès que le soir fut venu, ses serviteurs se hâtèrent de rentrer en leurs logis, et Vagao ferma les portes de la chambre, et s'en alla.
Judith 13, 2-9 : Judith et Holopherne - Gravure de Gustave Doré
Judith 13, 2-9 : Judith et Holopherne - Gravure de Gustave Doré
2 Et tous étaient appesantis par le vin ;3 Mais Judith était seule dans la chambre.4 Or Holoferne était couché sur son lit, assoupi dans une très grande ivresse.5 Alors Judith dit à sa servante de se tenir dehors devant la chambre, et d'observer.6 Et Judith se tint devant le lit, priant avec larmes, et par un mouvement des lèvres en silence,7 Disant : Fortifiez-moi, Seigneur Dieu d'Israël, et regardez en cette heure les œuvres de mes mains, afin que, comme vous avez promis, vous releviez Jérusalem, votre cité, et que ce que j'ai pensé pouvoir être fait par vous, je l'achève.8 Et, lorsqu'elle eut dit cela, elle s'approcha de la colonne, qui était au chevet de son lit, et détacha son poignard qui y était lié et suspendu ;
Judith 13, 9-17 : Judith montrant la tête d'Holopherne - Gravure de Gustave Doré
Judith 13, 9-17 : Judith montrant la tête d'Holopherne - Gravure de Gustave Doré
9 Et, lorsqu'elle l'eut tiré du fourreau, elle saisit la chevelure de sa tête, et dit : Fortifiez-moi, Seigneur Dieu, en cette heure.
Note Judith 13,9 : Il faut bien remarquer que, chez les peuples de l’antiquité, le meurtre d’un ennemi fut toujours licite. Ainsi Judith, du consentement des chefs de Béthulie, ayant sur elle la délivrance de cette ville, a pu légitimement donner la mort à l’injuste agresseur de sa patrie.
10 Et elle frappa deux fois sur son cou, trancha sa tête, tira son rideau hors des colonnes, et roula son corps (le tronc) en bas du lit.
Note Judith 13,10 : Rideau. Le rideau servait de moustiquaire. Voir Judith, 10, 19.
11 Et, un peu après, elle sortit, remit la tête d'Holoferne à sa servante, et lui commanda de la mettre dans sa besace.
 
12 Et elles sortirent toutes deux, selon leur coutume, comme pour la prière, elles traversèrent le camp, et, tournant le long de la vallée, elles vinrent à la porte de la ville ;13 Et Judith cria de loin aux gardes des murs : Ouvrez les portes, parce que Dieu est avec nous ; il a exercé sa puissance en Israël.
 
14 Et il arriva que, lorsque ces hommes entendirent sa voix, ils appelèrent les anciens de la ville.15 Et ils coururent tous vers elle, depuis le plus petit jusqu'au plus grand; parce qu'ils s'attendaient à ce qu'elle ne reviendrait plus.16 Et, allumant des flambeaux, ils tournèrent tous autour d'elle : mais elle, montant sur un lieu plus élevé, commanda qu'on fît silence. Et, lorsque tous se furent tus,17 Judith dit : Louez le Seigneur notre Dieu, qui n'a point délaissé ceux qui ont espéré en lui;18 Et c'est par moi, sa servante, qu'il a accompli sa miséricorde qu'il a promise à la maison d'Israël ; et il a tué par ma main l'ennemi de son peuple cette nuit.
Note Judith 13,18 : Dieu a promis en effet qu’il protégerait les Israélites contre leurs ennemis, tant qu’ils le serviraient fidèlement et qu’ils observeraient sa loi. Voir Lévitique, 26, vv. 3, 7-8.
19 Et tirant hors de la besace la tête d'Holoferne, elle la leur montra, disant : Voici la tête d'Holoferne, prince de la milice des Assyriens ; et voici le rideau du pavillon dans lequel il était couché dans son ivresse, et où par la main d'une femme le Seigneur notre Dieu l'a frappé.20 Mais le Seigneur lui-même vit! son ange m'a gardée, et lorsque je suis sortie d'ici, et tant que j'ai demeuré là, et lorsque je suis revenue ici; et le Seigneur n'a pas permis que moi, sa servante, je fusse souillée : mais il m'a rappelée vers vous sans tache de péché, me réjouissant de sa victoire, de mon salut et de votre délivrance.
Note Judith 13,20 : Le Seigneur lui-même vit ! Formule de serment, qui équivaut à : Je jure par le Seigneur lui-même que.
21 Vous tous, rendez-lui gloire, parce qu'il est bon, parce que sa miséricorde est éternelle.
Note Judith 13,21 : Voir Psaumes, 105, 1 ; 106, 1.
 
22 Alors tous, adorant le Seigneur, lui dirent : Le Seigneur vous a bénie en sa puissance, puisque par vous il a réduit à néant nos ennemis.23 Or Ozias, prince du peuple d'Israël, lui dit : Vous êtes bénie, vous, ma fille, par le Seigneur Dieu très-haut, plus que toutes les femmes sur la terre.24 Béni le Seigneur, qui a créé le ciel et la terre, et qui vous a dirigée pour frapper la tête du prince de nos ennemis !25 Parce qu'aujourd'hui il a tellement magnifié votre nom, que votre louange ne sortira pas de la bouche des hommes qui se souviendront éternellement de la puissance du Seigneur, pour l'amour desquels vous n'avez pas épargné votre âme, à cause des angoisses et des tribulations de votre race, vous avez subvenu à sa ruine en la présence de notre Dieu.
Note Judith 13,25 : Pour l’amour desquels. Selon quelques interprètes, parce que. ― Votre âme ; hébraïsme pour votre vie.
26 Et tout le peuple dit : Ainsi soit! ainsi soit!
 
27 Ensuite Achior, appelé, vint, et Judith lui dit : Le Dieu d'Israël, auquel vous avez vous-même rendu le témoignage qu'il se venge de ses ennemis, a coupé la tête de tous les infidèles, cette nuit, par ma main;28 Et afin que vous éprouviez s'il eu est ainsi, voici la tête d'Holoferne, qui, dans le mépris de son orgueil, a méprisé le Dieu d'Israël, et vous menaçait de la mort, disant : Lorsque le peuple d'Israël sera pris, j'ordonnerai que tes flancs soient percés par le glaive.29 Or Achior, voyant la tête d'Holoferne, fut saisi d'effroi; il tomba sur sa face contre terre, et son âme fut troublée.30 Mais, après que, ses esprits repris, il se fut rassuré, il se jeta aux pieds de Judith, s'inclina profondément devant elle, et dit :31 Vous êtes bénie de votre Dieu, dans tous les tabernacles de Jacob, parce qu'en toute nation qui entendra votre nom, le Dieu d'Israël sera magnifié en vous.

Chapitre 14

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Chap. : 
Judith conseille aux Israélites de s’avancer vers les Assyriens.
Achior embrasse la religion des Juifs.
Les Israélites s’avancent vers les Assyriens qui, s’apercevant de la mort d’Holoferne, sont saisis de trouble.
1 Alors Judith dit à tout le peuple : Écoutez-moi, mes frères; suspendez cette tête sur nos murs ;2 Et lorsque le soleil sera levé, que chacun prenne ses armes, et sortez avec impétuosité; non point pour que vous descendiez au bas de la montagne, mais comme faisant une attaque.3 Alors il sera nécessaire que les gardes avancées s'en aillent éveiller leur prince pour le combat;4 Et, lorsque leurs chefs auront couru au tabernacle d'Holoferne, et qu'ils l'auront trouvé un corps sans tête, qui a roulé dans son sang, la crainte tombera sur eux.5 Et, lorsque vous les verrez fuir, allez après eux avec assurance, parce que le Seigneur les foulera sous vos pieds.
 
6 Alors Achior, voyant la puissance qu'avait exercée le Dieu d'Israël, abandonna le culte de la gentilité, crut à Dieu, circoncit sa chair, et fut incorporé au peuple d'Israël, lui et toute la suite de sa race jusqu'au jour d'aujourd'hui.
 
7 Aussitôt donc que le jour commença, on suspendit au haut des murs la tête d'Holoferne, et chaque homme prit ses armes; et ils sortirent au milieu d'un grand bruit et de cris déchirants.8 Ce que voyant les gardes avancées, elles coururent au tabernacle d'Holoferne.9 Or ceux qui étaient dans le tabernacle étant venus, et faisant du bruit à l'entrée de sa chambre pour l'éveiller, excitaient à dessein le tumulte, afin qu'Holoferne fût réveillé, non point par ceux qui l'éveillaient ordinairement, mais par ceux qui faisaient ce bruit.10 Car nul n'osait, en frappant ou en entrant, ouvrir la porte du général des Assyriens.
Note Judith 14,10 : Du général ; littéralement De la puissance ; ellipse pour, du chef de la puissance, c’est-à-dire du chef de l’armée. Comparer au verset 17.
11 Mais lorsque les chefs furent venus, et les tribuns, et tous les principaux de l'armée du roi des Assyriens, ils dirent aux officiers de sa chambre :12 Entrez et éveillez-le; parce que les rats, sortis de leurs trous, ont osé nous provoquer au combat.13 Alors Vagao, étant entré dans sa chambre, se tint devant le rideau, et frappa des mains; car il supposait qu'il dormait avec Judith.
Note Judith 14,13 : Devant le rideau, probablement une tenture qui isolait la partie de la tente où était le lit.
14 Mais, comme prêtant l'oreille, il n'entendait aucun mouvement de quelqu'un qui dort, il s'approcha plus près du rideau, et, le soulevant, et voyant que le cadavre d'Holoferne sans tête, tout dégouttant de sang, gisait sur la terre, il cria d'une voix forte en pleurant, et il déchira ses vêtements.
Note Judith 14,14 : Prêtant l’oreille ; littéralement par le sens des oreilles.
15 Puis, étant entré dans le tabernacle de Judith, il ne la trouva point, il sortit dehors vers le peuple,16 Et dit : Une seule femme juive a mis la confusion dans la maison du roi Nabuchodonosor; car voici Holoferne qui gît sur la terre, et sa tête n'est pas sur lui.17 Ce qu'ayant entendu les princes de l'armée des Assyriens, ils déchirèrent tous leurs vêtements; une crainte intolérable et la frayeur tombèrent sur eux, et leurs esprits furent très troublés.
Note Judith 14,17 : De l’armée ; littéralement de la puissance. Comparer au verset 10.
18 Et il se fit un cri incomparable au milieu de leur camp.

Chapitre 15

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Chap. : 
La frayeur se répand dans le camp des Assyriens ; ils prennent la fuite.
Les Israélites se jettent sur eux, les poursuivent, s’emparent de leurs dépouilles, et donnent à Judith celles d’Holoferne
1 Et lorsque toute l'armée eut appris qu'Holoferne avait été décapité, l'esprit et le conseil s'enfuirent loin d'eux, et poussés seulement par la frayeur et l'inquiétude, ils cherchèrent un secours dans la fuite ;2 En sorte que nul ne parlait à son compagnon; mais, baissant la tête et abandonnant tout, ils se hâtaient d'échapper aux Hébreux, qu'ils entendaient venir armés sur eux, et ils fuyaient çà et là par les chemins des campagnes et les sentiers des collines.3 C'est pourquoi les enfants d'Israël, les voyant fuir, les suivirent. Ils descendirent donc des montagnes, sonnant des trompettes et poussant de grands cris après eux.4 Et comme les Assyriens, n'étant pas réunis, allaient dans leur fuite en se précipitant, les enfants d'Israël, au contraire, les poursuivant en formant un seul corps, battaient tous ceux pouvaient atteindre.
 
5 C'est pourquoi Ozias envoya des messagers dans toutes les villes et les contrées d'Israël.6 C'est pourquoi aussi chaque province et chaque ville envoyèrent une jeunesse choisie et armée après les Assyriens; et ils les poursuivirent avec le tranchant du glaive, jusqu'à ce qu'ils furent arrivés à l'extrémité de leurs confins.7 Cependant les autres qui étaient à Béthulie entrèrent dans le camp des Assyriens, et enlevèrent le butin que les Assyriens, qui s'enfuyaient, avaient laissé, et ils en eurent une grande charge.8 Mais ceux qui, victorieux, rentrèrent à Béthulie, apportèrent avec eux tout ce qui était aux Assyriens; or les troupeaux, les bestiaux et tous leurs meubles étaient sans nombre; en sorte que depuis le plus petit jusqu'au plus grand, tous s'enrichirent de leurs dépouilles.
 
9 Or Joacim, le grand-prêtre, vint de Jérusalem à Béthulie, avec tous ses prêtres, pour voir Judith.
Note Judith 15,9 : Ses prêtres ; ou bien les anciens du peuples. Le grec porte : Le sénat ou les anciens des enfants d’Israël qui habitaient dans Jérusalem.
10 Et lorsqu'elle fut sortie vers lui, ils la bénirent tous d'une seule voix, disant : Vous êtes la gloire de Jérusalem, vous êtes la joie d'Israël, vous êtes l'honneur de notre peuple :11 Car vous avez agi virilement, et votre cœur a été affermi, parce que vous avez aimé la chasteté, et qu'après votre mari vous n'en avez pas connu d'autre ; c'est pour cela que la main du Seigneur vous a fortifiée, et c'est pour cela que vous serez bénie éternellement.12 Et tout le peuple dit : Ainsi soit! ainsi soit!
 
13 Or à peine si en trente jours les dépouilles des Assyriens furent recueillies par le peuple d'Israël.14 Et tout ce qui fut reconnu avoir appartenu en propre à Holoferne, en or, en argent, et en vêtements, en pierres précieuses, et en toute sorte de meubles, on le donna à Judith, et il lui fut tout remis par le peuple.15 Et tous les peuples se réjouissaient avec les femmes, les vierges et les jeunes hommes, avec des instruments à vent et des harpes.
Note Judith 15,15 : Tous les peuples ; c’est-à-dire toute la multitude des hommes.

Chapitre 16

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Chap. : 
Cantique de Judith.
Elle va à Jérusalem avec le peuple célébrer sa victoire.
Elle revient à Béthulie où elle meurt couverte de gloire et fort âgée.
1 Alors Judith chanta ce cantique au Seigneur, disant :
 
2 Commencez à chanter le Seigneur avec des tambours, chantez le Seigneur avec des cymbales, entonnez un psaume nouveau, exaltez et invoquez son nom.
 
3 Le Seigneur rompt les guerres, le Seigneur est son nom.
Note Judith 16,3 : Rompt les guerres. Voir Judith, 9, 10.
4 Il a mis son camp au milieu de son peuple, afin de nous délivrer de la main de tous nos ennemis.
 
5 Assur est venu des montagnes du côté de l'aquilon avec sa multitude forte; et sa multitude a rempli les torrents, et ses chevaux ont converties vallées.
Note Judith 16,5 : Sa multitude forte ; littéralement et par hébraïsme la multitude de sa force.
 
6 Il a dit qu'il brûlerait mes confins, et qu'il tuerait mes jeunes hommes par le glaive, qu'il donnerait mes enfants en proie, et les vierges en captivité.
 
7 Mais le Seigneur tout-puissant lui a été funeste, et il l'a livré aux mains d'une femme, et elle l'a percé ;8 Car leur fort n'est pas tombé devant des jeunes hommes, des fils de Titan ne l'ont point frappé, des géants ne sont point opposés à lui ; mais c'est Judith, la fille de Mérari, qui par la beauté de son visage, l'a détruit.
Note Judith 16,8 : Des fils de Titan… des géants. Ces mots traduisent probablement les mots Raphaïm et Enacim qui devaient se trouver dans le texte original.
 
9 Car elle s'est dépouillée du vêtement de son veuvage, et elle s'est revêtue d'un vêtement de joie pour le triomphe des enfants d'Israël ;10 Elle a oint son visage avec des essences, elle a lié ensemble ses cheveux avec un bandeau, elle a pris une robe neuve pour le séduire.
 
11 Ses sandales ont ravi ses yeux, sa beauté a rendu son âme captive, et elle lui a tranché le cou avec son propre sabre.
 
12 Les Perses ont frissonné de sa constance, et les Mèdes, de son audace.
Note Judith 16,12 : Les Perses… et les Mèdes faisaient partie sans doute comme auxiliaires de l’armée d’Holoferne.
13 Alors tout le camp des Assyriens a poussé des hurlements, quand ont paru les miens, faibles et desséchés par la soif.
 
14 Les fils des jeunes femmes les ont blessés et les ont tués comme des enfants qui fuient; ils ont péri dans le combat à la face du Seigneur mon Dieu.
 
15 Chantons un hymne au Seigneur, chantons un hymne nouveau à notre Dieu.16 Adonaï Seigneur, vous êtes grand, vous, et magnifique dans votre puissance, et personne ne peut s'élever au-dessus de vous.
Note Judith 16,16 : Adonaï signifie en hébreu, maître, seigneur.
 
17 Que toute créature vous obéisse; parce que vous avez parlé, et les choses ont été faites; vous avez envoyé votre esprit, et elles ont été créées, et il n'y a personne qui résiste à votre voix.
Note Judith 16,17 : Voir Genèse, 2, 1 ; Psaumes, 32, 9.
 
18 Les montagnes seront ébranlées jusqu'aux fondements avec les eaux, et les pierres se fondront comme la cire devant votre face.19 Mais ceux qui vous craignent seront grands devant vous en toutes choses.
 
20 Malheur à la nation qui s'élève contre mon peuple! car le Seigneur tout-puissant se vengera d'eux, et les visitera au jour du jugement.21 Et il répandra du feu et des vers dans leur chair, afin qu'ils brûlent et qu'ils le sentent éternellement.
 
22 Or il arriva, après cela, que tout le peuple après la victoire vint à Jérusalem adorer le Seigneur ; et aussitôt qu'ils furent purifiés, ils offrirent tous leurs holocaustes, leurs vœux et leurs promesses.23 Quant à Judith, ce sont tous les instruments de guerre d'Holoferne, que le peuple lui avait donnés, et le rideau qu'elle-même avait enlevé de son lit,'qu'elle offrit, en anathème d'oubli.
Note Judith 16,23 : En anathème d’oubli ; c’est-à-dire, selon les uns, comme un monument consacré à Dieu, et qui devait empêcher à jamais les Israélites d’oublier la victoire signalée que le Seigneur venait de leur accorder ; ou bien, selon les autres, un monument consacré à Dieu, et destiné à leur faire oublier les maux passés.
24 Or tout le peuple était joyeux, à la vue des choses saintes, et pendant trois mois la joie de cette victoire fut célébrée avec Judith.
Note Judith 16,24 : Des choses saintes. Voir Judith, 4, 10.
 
25 Et après ces jours, chacun retourna en sa maison, et Judith devint grande dans Béthulie, et elle était la plus illustre dans toute la terre d'Israël.26 Car la chasteté était jointe à sa vertu; en sorte qu'elle n'a pas connu d'homme durant tous les jours de sa vie, depuis qu'est mort Manassé, son mari.27 Or aux jours de fête elle paraissait avec une grande gloire.28 Et elle demeura dans la maison de son mari cent cinq ans ; elle renvoya libre sa servante, et elle mourut, et fut ensevelie avec son mari dans Béthulie ;29 Et tout le peuple la pleura pendant sept jours.30 Or dans tout l'espace de sa vie, et bien des années après sa mort, il n'y eut personne qui troublât Israël.
 
31 Et le jour de fête de sa victoire est mis par les Hébreux au nombre des jours saints, et il est honoré par les Juifs, depuis ce temps-là jusqu'au présent jour.

Bible Glaire & Vigouroux


Traduction de la Sainte Bible d'après la Vulgate (Clémentine) par l'abbé Jean-Baptiste Glaire éditée une première fois de 1871 à 1873, puis complétée par des introductions, des commentaires, des notes et des appendices rédigés par l'abbé Fulcran Vigouroux dans une troisième édition en 1890. L'édition reprise par Recatho est celle de 1905 des éditeurs A. et R. Roger, et F. Chernoviz téléchargeable également au format PDF ici. Recatho est le seul site web à offrir une version HTML de la Bible Glaire & Vigouroux. Pour en savoir plus, nous vous invitons à lire notre page de présentation des différentes versions de la Bible expliquant notre choix.