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Actes des Apôtres
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Actes des Apôtres

Notes d'introduction et appendices :

Chapitre 1

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Chap. : 
Prologue de saint Luc.
Ascension de Jésus-Christ.
Retour des Apôtres à Jérusalem.
Saint Mathias est élu à la place de Judas.
Actes 1, 1-9 : L'Ascension - Gravure de Gustave Doré
Actes 1, 1-9 : L'Ascension - Gravure de Gustave Doré
1 J'ai fait mon premier récit, ô Théophile, sur tout ce que Jésus-Christ a fait et enseigné depuis le commencement,
Note Act. 1,1 : Mon premier récit ; c'est-à-dire l'Evangile que j'ai composé. ― Théophile. C'est le même à qui saint Luc avait déjà dédié son Evangile. Voir Luc, 1, 3.
2 Jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir donné, par l'Esprit-Saint, ses commandements aux apôtres qu'il avait choisis,
Note Act. 1,2 : Par l'Esprit-Saint, qui disposait les Apôtres à recevoir les instructions de Jésus.
 
3 Et auxquels, après sa passion, il se montra vivant par beaucoup de preuves, leur apparaissant pendant quarante jours, et leur parlant du royaume de Dieu.
 
4 Ensuite, mangeant avec eux, il leur commanda de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'attendre la promesse du Père, que vous avez, dit-il, ouïe de ma bouche ;5 Car Jean a baptisé dans l'eau; mais vous, vous serez baptisés dans l'Esprit-Saint, sous peu de jours.6 Ceux donc qui se trouvaient là assemblés l'interrogaient disant : Seigneur, est-ce en ce temps que vous rétablirez le royaume d'Israël?
Note Act. 1,6 : Voir Matthieu, 10, 23 ; 16, 28 ; Marc, 13, 32. ― Rétablissement d'Israël annoncé par les Prophètes. Voir références dans Luc, note 21.24. Pendant quarante jours, le Christ leur parla du royaume de Dieu (verset 3), et à la question des Apôtres (quand ?, verset 6), Jésus-Christ ne leur répond pas qu'ils sont dans l'erreur d'attendre ce rétablissement terrestre mais simplement que ce n'est pas à eux de connaître les temps et les moments (verset 7).
7 Et il leur répondit : Ce n'est pas à vous de connaître les temps et les moments que le Père a réservés en sa puissance ;8 Mais vous recevrez la vertu de l'Esprit-Saint, qui viendra sur vous, et vous serez témoins pour moi, à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre.
Note Act. 1,8 : Voir Actes des Apôtres, 2, 2 ; Luc, 24, 48. ― La Judée proprement dite comprenait la Palestine méridionale ; la Samarie était située entre la Judée et la Galilée.
 
9 Et quand il eut dit ces choses, eux le voyant, il s'éleva, et une nuée le déroba à leurs yeux.
Note Act. 1,9 : Il s'éleva sur le mont des Oliviers.
10 Et comme ils le regardaient allant au ciel, voilà que deux hommes se présentèrent devant eux, avec des vêtements blancs,
Note Act. 1,10 : Deux hommes ; c'est-à-dire deux anges sous une forme humaine.
11 Et leur dirent : Hommes de Galilée, pourquoi vous tenez-vous là, regardant au ciel? Ce Jésus, qui du milieu de vous a été enlevé au ciel, viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel.
 
12 Alors ils retournèrent à Jérusalem, de la montagne qu'on appelle des Oliviers, et qui est près de Jérusalem, à la distance d'une journée de sabbat.
Note Act. 1,12 : Une journée de sabbat signifie ici la distance de deux mille pas de chemin, distance que ne pouvait pas dépasser les Juifs, le jour du sabbat. ― La montagne qu'on appelle des Oliviers. Voir Matthieu, 21, 1.
13 Et lorsqu'ils furent entrés, ils montèrent dans le cénacle, où demeuraient Pierre et Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemi et Matthieu, Jacques, fils d'Alphée, et Simon le Zélé, et Jude, frère de Jacques;
Note Act. 1,13 : Le cénacle était une chambre haute où l'on se retirait pour prier, où l'on recevait les étrangers, etc. C'était la pièce principale dans les maisons juives ; c'est là qu'on se réunissait pour les repas, les entretiens. L'article suppose un cénacle connu, peut-être celui où Jésus fit la dernière cène avec ses Apôtres. ― Le mot cénacle est la traduction du grec hyperôon, sur lequel on peut voir Marc, note 2.4.
14 Tous ceux-ci persévéraient unanimement dans la prière, avec les femmes, et avec Marie, mère de Jésus, et avec ses frères.
Note Act. 1,14 : Ses frères. Comparer à Matthieu, 12, 46.
 
15 En ces jours-là, Pierre se levant au milieu des frères (or le nombre des hommes réunis était d'environ cent vingt), dit :16 Mes frères, il faut que s'accomplisse ce qu'a écrit et prédit l'Esprit-Saint par la bouche de David, touchant Judas, qui a été le guide de ceux qui ont pris Jésus :
Note Act. 1,16 : Voir Psaumes, 40, 10 ; Jean, 13, 18.
17 Qui était compté parmi nous, et avait reçu sa part au même ministère.18 Et il a acquis un champ du salaire de l'iniquité, et s'étant pendu, il a crevé par le milieu, et toutes ses entrailles se sont répandues.
Note Act. 1,18 : Voir Matthieu, 27, 7.
19 Et cela a été connu de tous les habitants de Jérusalem, en sorte que ce champ a été appelé en leur langue, Haceldama, c'est-à-dire champ du sang.
Note Act. 1,19 : Haceldama. On montre ce champ, d'après une tradition ancienne, au sud-est de Jérusalem, dans la vallée de Ben-Hinnom. Il est situé au milieu d'anciens tombeaux.
20 Car il est écrit au livre des Psaumes : Que leur demeure devienne déserte, et qu'il n'y ait personne qui l'habite, et que son épiscopat, un autre le reçoive.
Note Act. 1,20 : Voir Psaumes, 68, 26 ; 108, 8. ― Cette application des Psaumes a d'autant plus de force que saint Pierre la faisait en parlant à des Juifs qui admettaient le sens allégorique.
21 Il faut donc que de ceux qui se sont unis à nous pendant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous,
Note Act. 1,21 : A vécu parmi nous ; littéralement Est entré et sorti avec nous. Par l'entrer et le sortir, les Hébreux comprenaient toutes les actions, l'ensemble de la vie et de la conduite.
22 A commencer du baptême de Jean, jusqu'au jour où il a été enlevé d'au milieu de nous, il y en ait un qui devienne témoin avec nous de sa résurrection.
 
23 Et ils en présentèrent deux, Joseph, qui s'appelait Barsabas, et qui a été surnommé le Juste, et Mathias.
Note Act. 1,23 : Joseph… Barsabas ou fils de Sabas. Eusèbe dit qu'il était du nombre des soixante-douze disciples. ― Mathias, devenu apôtre à la place de Judas, alla prêcher l'Evangile en Ethiopie et y souffrit le martyre.
24 Et, priant, ils dirent : Vous, Seigneur, qui connaissez les cœurs de tous, montrez lequel vous avez choisi, de ces deux,25 Afin de prendre place dans ce ministère et cet apostolat, dans lequel Judas a prévariqué pour s'en aller en son lieu.26 Et ils leur distribuèrent les sorts, et le sort tomba sur Mathias, et il fut associé aux onze apôtres.

Chapitre 2

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Chap. : 
Descente du Saint-Esprit au jour de la Pentecôte.
Don des langues.
Première prédication de saint Pierre.
Trois mille hommes convertis.
Vie des premiers fidèles.
Actes 2, 1-7 : La Pentecôte - Gravure de Gustave Doré
Actes 2, 1-7 : La Pentecôte - Gravure de Gustave Doré
1 Quand les jours de la Pentecôte furent accomplis, ils étaient tous ensemble dans le même lieu ;
Note Act. 2,1 : Pentecôte est un mot grec qui signifie cinquantième, parce que la fête que nous appelons ainsi se célèbre le cinquantième jour après Pâques. C'était la seconde grande fête juive et elle avait pour objet de remercier Dieu à la fin de la moisson du bienfait de la récolte.
2 Et il se fit soudain un bruit du ciel, comme celui d'un vent impétueux qui arrive, et il remplit toute la maison où ils demeuraient.
Note Act. 2,2 : Toute la maison. On croit communément que les Apôtres étaient dans le cénacle.
3 Alors leur apparurent comme des langues de feu qui se partagèrent, et le feu se reposa sur chacun d'eux ;4 Et ils furent tous remplis de l'Esprit-Saint, et ils commencèrent à parler diverses langues, selon que l'Esprit-Saint leur donnait de parler.
 
5 Or habitaient dans Jérusalem des Juifs, hommes religieux de toute nation qui est sous le ciel.6 Ce bruit donc s'étant répandu, la multitude s'assembla et demeura confondue en son esprit, parce que chacun entendait les disciples parler en sa langue.7 Et tous s'étonnaient et admiraient, disant : Est-ce que tous ceux-ci qui parlent ne sont pas Galiléens?8 Et comment nous, avons-nous entendu chacun notre langue dans laquelle nous sommes nés?9 Parthes, Mèdes, Elamites, et ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont et l'Asie,
Note Act. 2,9 : Les quinze peuples énumérés ici et versets 10-11 doivent s'entendre des Juifs habitant au milieu d'eux. Les premiers nommés sont à l'est de la Judée ; de là saint Luc passe au nord, puis au sud et enfin à l'ouest. ― Parthes. La Parthie était une province d'Asie, bornée à l'est par l'Ariane, au nord par l'Hyrcanie, à l'ouest par la Médie et au sud par les déserts de la Carmanie. ― Mèdes. La Médie, située aussi en Asie et confinant à l'est à la Parthie, était de plus limitrophe, de ce côté, de l'Hyrcanie et de la Susiane ; au nord elle était limitée par la mer Caspienne, à l'ouest par la Syrie et la grande Arménie et au sud par la Perse. Elle avait pour capitale Ecbatane. ― La Mésopotamie est la région de l'Asie située entre les deux fleuves de l'Euphrate et du Tigre, d'où son nom qui signifie en grec : au milieu des fleuves. Les Juifs y étaient très nombreux. ― La Cappadoce, dans l'Asie Mineure, était bornée, dans l'empire romain, à l'est par la petite Arménie, au nord par le Pont, à l'ouest par la Galatie et la Lycaonie, au sud par la Cilicie et la Commagène. ― Le Pont, aussi en Asie Mineure, avait pour frontières à l'est la petite Arménie ; au nord, le Pont-Euxin ; à l'ouest, la Paphlagonie et la Galatie ; au sud, la Cappadoce et la petite Arménie. ― L'Asie. Ce nom, dans la division administrative de l'empire romain, désignait l'Asie proconsulaire, c'est-à-dire la Mysie, la Lydie, la Carie et la Phrygie et comprenait la plus grande partie de l'Asie Mineure orientale. La Phrygie est nommée séparément dans le verset 10 à cause de son importance.
10 La Phrygie, la Pamphylie, l'Egypte et les contrées de la Libye voisine de Cyrène, et ceux venus de Rome,
Note Act. 2,10 : La Phrygie avait pour limites à l'est et au nord la Galatie ; au sud-est, la Lycaonie ; au nord-ouest, la Pisidie ; à l'ouest, la Lydie et la Mysie ; au nord-ouest et au nord, la Bythinie. Les villes phrygiennes mentionnées dans les Actes des Apôtres sont Laodicée, Hiérapolis et Colosses. ― La Pamphylie était au sud de la Pisidie, à l'ouest de la Cilicie, au nord de la mer Méditerranée et à l'est de la Lycie et de la Phrygie mineure. ― Les contrées de la Libye voisine de Cyrène. La Libye, vaste région de l'Afrique septentrionale, à l'ouest de l'Egypte, renfermait la Cyrénaïque, qui tirait son nom de la ville de Cyrène et où les Juifs étaient très nombreux. Cyrène était à onze milles romains de la Méditerranée. Les Juifs y avaient été établis par Ptolémée I, roi d'Egypte.
11 Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes : nous les avons entendus parler en nos langues les grandes œuvres de Dieu.
Note Act. 2,11 : Prosélytes ; gentils convertis au judaïsme. ― Juifs et prosélytes. Ces mots s'appliquent aux deux classes d'étrangers venus de Rome, les uns étant juifs d'origine, les autres païens de naissance. ― Crétois, habitants de l'île de Crète, dans l'archipel, aujourd'hui Candie. ― Arabes, habitants de la péninsule de l'Arabie. Parmi les auditeurs des Apôtres, les Parthes, les Mèdes et les Elamites devaient parler des dialectes de la langue persane ; l'araméen était la langue de la Mésopotamie, analogue à celle de la Judée ; l'arabe était l'idiome de l'Arabie ; les habitants de la Cappadoce, du Pont, de la province d'Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Egypte, de la Cyrénaïque et de la Crète parlaient grec ; ceux de Rome latin et grec.
12 Et tous s'étonnaient et admiraient, se disant l'un à l'autre : Qu'est-ce que ce peut être?13 Mais d'autres, raillant, disaient : Ils sont pleins de vin doux, ces gens-là.
 
Actes 2, 14-24 : Les apôtres prêchant l'Evangile - Gravure de Gustave Doré
Actes 2, 14-24 : Les apôtres prêchant l'Evangile - Gravure de Gustave Doré
14 Alors Pierre, se présentant avec les onze, éleva sa voix, et leur dit : Hommes de Judée, et vous tous qui habitez Jérusalem, que ceci soit connu de vous, et que vos oreilles recueillent mes paroles.
Note Act. 2,14 : Hommes de Judée :Juifs de naissance.
15 Ceux-ci ne sont pas ivres, comme vous le pensez, puisqu'il n'est que la troisième heure du jour;
Note Act. 2,15 : La troisième heure du jour ; c'est-à-dire neuf heures du matin. Aux jours de fêtes, les Juifs ne mangeaient qu'après les prières du matin finies, vers midi.
16 Mais c'est ce qui a été dit parle prophète Joël :17 Et il arrivera que, dans les derniers jours (dit le Seigneur), je répandrai de mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, et vos jeunes hommes auront des visions, et vos vieillards feront des songes.
Note Act. 2,17 : Voir Isaïe, 44, 3 ; Joël, 2, 28. ― Sur toute chair. Voir Matthieu, 24, 22.
18 Et même sur mes serviteurs et mes servantes, en ces jours-là, je répandrai de mon Esprit, et ils prophétiseront;19 Et je ferai des prodiges en haut dans le ciel, et des signes en bas sur la terre, du sang et du feu et une vapeur de fumée.20 Le soleil sera changé en ténèbres, et la lune en sang, avant que vienne le jour grand et manifeste du Seigneur.
Note Act. 2,20 : Le soleil s'obscurcira, la lune deviendra couleur de sang : images de grandes calamités. ― Grand et manifeste… Grand et terrible : c'est le sens de l'hébreu. En grec : éclatant, glorieux.
21 Et quiconque aura invoqué le nom du Seigneur sera sauvé.
Note Act. 2,21 : Voir Joël, 2, 32 ; Romains, 10, 13.
22 Hommes d'Israël, écoutez ces paroles : Jésus de Nazareth, homme que Dieu a autorisé parmi vous par les miracles, les prodiges et les merveilles que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes ;23 Cet homme qui, suivant le conseil arrêté et la prescience de Dieu, a été livré, vous l'avez fait mourir, le tourmentant par les mains des méchants,
Note Act. 2,23 : Dieu a livré son Fils, et son Fils s'est livré lui-même à cause de son amour pour nous. Ainsi le sacrifice de Jésus-Christ livré pour nous a été saint, et la décision de Dieu même. Mais ceux qui le trahirent et le crucifièrent commirent un grand crime, suivant en cela leur propre malice et l'instigation du démon, et non la volonté et l'ordre de Dieu, qui n'était nullement l'auteur de leur perversité, bien qu'il le permît, parce qu'il pouvait, comme il le fit réellement, en tirer un si grand bien, c'est-à-dire notre salut. ― Livré par Judas. ― Des méchants, des impies et des païens (Pilate et les Romains) : Pierre ménage les Juifs, qu'il veut gagner à Jésus-Christ.
24 Dieu l'a ressuscité, le délivrant des douleurs de l'enfer; car il était impossible qu'il y fût retenu.25 David en effet, dit de lui : Je voyais toujours le Seigneur en ma présence, parce qu'il est à ma droite, afin que je ne sois pas ébranlé :
Note Act. 2,25 : Voir Psaumes, 15, 8.
26 C'est pourquoi mon cœur s'est réjoui ; et ma langue a tressailli; et même ma chair reposera dans l'espérance;27 Car vous ne laisserez point mon âme dans l'enfer, et ne souffrirez point que votre Saint voie la corruption.
Note Act. 2,27 : Dans l'enfer ; c'est-à-dire dans les limbes, et nullement dans le tombeau, comme quelques-uns le prétendent. ― Voie la corruption ; hébraïsme, pour éprouve la corruption.
28 Vous m'avez fait connaître les voies de la vie, et vous me remplirez de joie par votre face.29 Hommes, mes frères, qu'il me soit permis de vous dire hardiment du patriarche David, qu'il est mort, qu'il a été enseveli; et son sépulcre est jusqu'à ce jour au milieu de nous.
Note Act. 2,29 : Voir 1 Rois, 2, 10. ― Au milieu de nous, dans Jérusalem.
30 Comme donc il était prophète, et qu'il savait que Dieu lui avait juré par serment qu'un fils de son sang s'assoirait sur son trône ;
Note Act. 2,30 : Voir Psaumes, 131, 91.
31 Par prévision, il a dit, touchant la résurrection du Christ, qu'il n'a point été laissé dans l'enfer, et que sa chair n'a point vu la corruption.32 Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité; nous en sommes tous témoins.33 Elevé donc par la droite de Dieu, et ayant reçu de son Père la promesse de l'Esprit-Saint, il a répandu cet Esprit que vous voyez et entendez vous-mêmes.34 Car David n'est point monté au ciel, mais il a dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Asseyez-vous à ma droite,
Note Act. 2,34 : Voir Psaumes, 109, 1.
35 Jusqu'à ce que je fasse de vos ennemis l'escabeau de vos pieds.
Note Act. 2,35 : L'escabeau de vos pieds. Voir Matthieu, 22, 44.
36 Qu'elle sache donc très certainement, toute la maison d'Israël, que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié.
 
37 Ces choses entendues, ils furent touchés de componction en leur cœur, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Hommes, mes frères, que ferons-nous?38 Et Pierre leur répondit : Faites pénitence, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, en rémission de vos péchés, et vous recevrez le don de l'Esprit-Saint.
Note Act. 2,38 : Soit baptisé au nom de Jésus-Christ ; c'est-à-dire du baptême de Jésus-Christ et non de celui de saint Jean-Baptiste ; du baptême qui, tirant sa vertu de Jésus-Christ, remet les péchés par lui-même. Ainsi ce texte ne prouve nullement que dans la primitive Eglise on baptisât seulement en invoquant le nom de Jésus-Christ, sans faire mention des autres personnes de la Trinité.
39 Car la promesse vous regarde, vous, vos enfants, et tous ceux qui sont éloignés, autant que le Seigneur en appellera.40 Et par beaucoup d'autres discours encore il rendait témoignage, et il les exhortait, disant : Sauvez-vous de cette génération perverse.41 Ceux donc qui reçurent sa parole furent baptisés; et il y eut d'adjoint, en ce jour là, environ trois mille âmes.
 
42 Et tous persévéraient dans la doctrine des apôtres, dans la communion de la fraction du pain et dans la prière.43 Or la crainte était dans toutes les âmes, et beaucoup de prodiges et de merveilles se faisaient aussi par les apôtres dans Jérusalem, et tous étaient dans une grande frayeur.44 Tous ceux qui croyaient étaient ensemble, et ils avaient toutes choses en commun. j
Note Act. 2,44 : Tout en commun : cette communauté de bien n'exista que dans l'Eglise naissante de Jérusalem, et encore n'était-t-elle pas aussi absolue que ces mots semblent l'indiquer (voir Actes des Apôtres, 4, 32).
45 Ils vendaient leurs possessions et leurs biens, et les distribuaient à tous, selon que chacun en avait besoin.46 Tous les jours aussi, persévérant unanimement dans le temple, et rompant le pain de maison en maison, ils prenaient leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur,47 Louant Dieu, et trouvant grâce aux yeux de tout le peuple. Et le Seigneur augmentait en même temps chaque jour le nombre de ceux qui devaient être sauvés.

Chapitre 3

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Chap. : 
Boiteux guéri à la porte du temple par saint Pierre au nom de Jésus-Christ.
Seconde prédication de saint Pierre.
Actes 3, 1-11 : Saint Pierre et Saint Jean guérissant un boiteux - Gravure de Gustave Doré
Actes 3, 1-11 : Saint Pierre et Saint Jean guérissant un boiteux - Gravure de Gustave Doré
1 Or Pierre et Jean montaient au temple pour la prière de la neuvième heure.
Note Act. 3,1 : La neuvième heure commençait à trois heures de l'après-midi, et finissait au coucher du soleil. Les Juifs priaient trois fois par jour, le matin, à midi et le soir.
2 Et voilà qu'on portait un homme qui était boiteux dès le sein de sa mère, et chaque jour on le posait à la porte du temple, appelée la Belle, afin qu'il demandât l'aumône à ceux qui entraient dans le temple.
Note Act. 3,2 : La porte du temple appelée la Belle, parce qu'elle était plus belle que les autres. Josèphe nous apprend qu'elle était en airain de Corinthe, couvert d'or et d'argent. Elle était dans l'enceinte orientale du temple et conduisait au parvis des Gentils dans la vallée du Cédron.
3 Celui-ci ayant vu Pierre et Jean, qui allaient entrer dans le temple, les priait pour avoir l'aumône.4 Fixant avec Jean les yeux sur lui, Pierre dit : Regarde-nous.5 Et il les regardait, espérant recevoir quelque chose d'eux.6 Mais Pierre dit : De l'argent et de l'or, je n'en ai pas; mais ce que j'ai, je te le donne : Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche.7 Et lui ayant pris la main droite, il se leva; et aussitôt ses jambes et les plantes de ses pieds s'affermirent.8 Et, s'élançant, il se dressa debout et il marchait; et il entra avec eux dans le temple, marchant, sautant et louant Dieu.
Note Act. 3,8 : S'élançant, sautant…; comparer à Isaïe, 35, 6 : « Le boiteux bondira comme le cerf, et la langue des muets sera déliée. »
9 Et tout le peuple le vit marchant et louant Dieu.10 Ainsi, reconnaissant que c'était celui-là même qui était assis à la Belle porte du temple pour demander l'aumône, ils furent étonnés et hors d'eux-mêmes de ce qui lui était arrivé.11 Et comme il tenait Pierre et Jean, tout le peuple étonné accourut vers eux au portique appelé de Salomon.
Note Act. 3,11 : Au portique appelé de Salomon. Ainsi appelé parce qu'il était resté debout après la ruine du temple salomonien sous Nabuchodonosor ; il était situé à l'est du temple. Voir Jean, 10, 23.
 
12 Ce que voyant, Pierre dit au peuple : Hommes d'Israël, pourquoi vous étonnez-vous de ceci, ou pourquoi nous regardez-vous, comme si c'était par notre vertu ou par notre puissance que nous avons fait marcher cet homme?13 Le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son fils Jésus, que vous avez, vous, livré et renié devant Pilate, quand il jugeait lui-même de le renvoyer.14 Car c'est vous qui avez renié le Saint et le Juste, et qui avez demandé qu'on vous remît un meurtrier;
Note Act. 3,14 : Voir Matthieu, 27, 20 ; Marc, 15, 11 ; Luc, 23, 18 ; Jean, 18, 40. ― Un meurtrier, Barabbas. Voir Matthieu, 27, 16.
15 Vous avez même tué l'auteur de la vie, que Dieu a ressuscité d'entre les morts, ce dont nous sommes témoins.16 Or c'est par la foi en son nom, que son nom a affermi cet homme que vous voyez et connaissez, et c'est la foi qui vient par lui qui a opéré, en votre présence, cette entière guérison.
Note Act. 3,16 : Que son nom ; locution biblique : le nom du Christ, pour le Christ lui-même ; comme dans l'Ancien Testament le nom de Jéhovah pour Jéhovah lui-même.
 
17 Cependant, mes frères, je sais que c'est par ignorance que vous avez agi, aussi bien que vos chefs.18 Mais Dieu, qui avait prédit par la bouche de tous les prophètes que son Christ souffrirait, l'a ainsi accompli.19 Faites donc pénitence et convertissez-vous, afin que vos péchés soient effacés;20 Quand seront venus les temps de rafraîchissement devant la face du Seigneur, et qu'il aura envoyé celui qui vous a été prédit, Jésus-Christ,
Note Act. 3,20-21 : « Les temps de rafraîchissement sont identiques avec les jours du rétablissement de toutes choses (verset 21), qui viendront après le second avènement du Messie. Au jugement [des Nations], le Messie expulsera de son royaume tout péché et toute souillure ; il y aura alors un ciel nouveau et une terre nouvelle (voir Apocalypse, 21, 1-5), et toutes choses seront ramenées à l'état primitif, antérieur à la chute (comparer à Romains, 13, verset 19 et suivants) ; alors se lèvera pour les justes et le fidèles le jour du grand sabbat, le temps du repos et du rafraîchissement, après les jours du combat et de la tribulation. Mais la venue de ces temps heureux dépend de la conversion des hommes : elle est d'autant plus prochaine que les hommes seront plus tôt convertis (comparer à 2 Pierre, 3, 9). ― De la part du Seigneur ; littéralement devant la face du Seigneur. » (CRAMPON, 1 885) Voir Luc, 17, 21.
21 Que le ciel doit recevoir jusqu'au temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes, depuis le commencement du monde.22 Car Moïse a dit : Le Seigneur votre Dieu vous suscitera d'entre vos frères un prophète comme moi ; vous l'écouterez en tout ce qu'il vous dira.
Note Act. 3,22 : Voir Deutéronome, 18, 15.
23 Or il arrivera que quiconque n'écoutera pas ce prophète sera exterminé du milieu du peuple.24 Et tous les prophètes depuis Samuel, et tous ceux qui depuis ont parlé, ont annoncé ces jours.
Note Act. 3,24 : Samuel, le dernier juge d'Israël, fut le fondateur des écoles de prophètes et prophète lui-même.
25 Vous êtes les fils des prophètes et de l'alliance que Dieu a établie avec nos pères, disant à Abraham : Et en ta postérité seront bénies toutes les familles de la terre.
Note Act. 3,25 : Voir Genèse, 12, 3.
26 C'est pour vous premièrement que Dieu, suscitant son Fils, l'a envoyé pour vous bénir, afin que chacun revienne de son iniquité.

Chapitre 4

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Chap. : 
Pierre et Jean mis en prison.
Accroissement du nombre des fidèles.
Les deux apôtres comparaissent devant le Conseil des Juifs.
Discours de Pierre.
Silence imposé aux apôtres.
Réponse de Pierre.
Prière de l’Eglise assemblée.
Nouvelle effusion du Saint-Esprit.
Union des fidèles.
Barnabé vend son bien.
1 Or, pendant qu'ils parlaient au peuple, survinrent les prêtres, et le magistrat du temple, et les sadducéens,
Note Act. 4,1 : Et le magistrat du temple. Voir Luc, 22, 4.
2 Courroucés de ce qu'ils enseignaient le peuple, et annonçaient en Jésus la résurrection des morts ;3 Et ils mirent la main sur eux, et les jetèrent en prison jusqu'au lendemain, car il était déjà soir.4 Cependant beaucoup de ceux qui avaient entendu la parole crurent, et le nombre des hommes fut de cinq mille.
 
5 Or il arriva le lendemain que leurs chefs, les anciens et les scribes, s'assemblèrent à Jérusalem,
Note Act. 4,5 : Les anciens, les membres du Sanhédrin. ― Les scribes. Voir Matthieu, 2, 4.
6 Et aussi Anne, prince des prêtres, Caïphe, Jean, Alexandre, et tous ceux qui étaient de la race sacerdotale.
Note Act. 4,6 : Anne. Voir Luc, 3, 2. ― Caïphe, voir Matthieu, 26, 3. ― Jean, Alexandre sont deux membres d'ailleurs inconnus du Sanhédrin.
7 Et les faisant placer au milieu, ils demandaient : Par quelle puissance et en quel nom avez-vous fait cela, vous?8 Alors, rempli de l'Esprit-Saint, Pierre leur dit : Princes du peuple, et vous, anciens, écoutez :9 Puisque aujourd'hui nous sommes jugés à cause d'un bienfait en faveur d'un homme infirme, et à cause de celui en qui il a été guéri,10 Qu'il soit connu de vous tous et de tout le peuple d'Israël que c'est au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié et que Dieu a ressuscité des morts; c'est par lui que cet homme est ici devant vous, debout et sain.11 Ce Jésus est la pierre qui a été rejetée par vous qui bâtissiez, et qui est devenue un sommet d'angle ;12 Et il n'y a de salut en aucun autre ; car nul autre nom n'a été donné sous le ciel aux hommes, par lequel nous devions être sauvés.
Note Act. 4,12 : Dans l'Ecriture, le nom est souvent mis pour la personne.
 
13 Voyant donc la constance de Pierre et de Jean, et ayant appris que c'étaient des hommes sans lettres, et du commun, ils s'étonnaient; ils savaient d'ailleurs qu'ils avaient été avec Jésus.14 Voyant aussi debout près d'eux l'homme qui avait été guéri, ils ne pouvaient rien dire contre.15 Mais ils leur ordonnèrent de sortir du Conseil, et ils conféraient entre eux,
Note Act. 4,15 : Du Conseil, du Sanhédrin. Voir Matthieu, 26, 59.
16 Disant : Que ferons-nous à ces hommes? Car un miracle fait par eux est connu de tous les habitants de Jérusalem; cela est manifeste, et nous ne pouvons le nier.17 Mais, afin qu'il ne se divulgue pas davantage parmi le peuple, défendons-leur avec menaces de parler désormais en ce nom à aucun homme.18 Et les ayant appelés, ils leur enjoignirent de ne parler ni d'enseigner en aucune sorte au nom de Jésus.19 Mais Pierre et Jean, répondant, leur dirent : S'il est juste devant Dieu de vous obéir plutôt qu'à Dieu, jugez-en?20 Car nous ne pouvons pas ne point parler de ce que nous avons vu et entendu.21 Mais eux les renvoyèrent avec menaces, ne trouvant pas comment les punir à cause du peuple, parce que tous vantaient beaucoup ce qui était arrivé dans cet événement.22 Car il avait plus de quarante ans, l'homme sur qui avait été fait ce miracle de la guérison.
 
23 Ainsi renvoyés, ils vinrent vers les leurs, et leur racontèrent tout ce que les princes des prêtres et les anciens leur avaient dit.24 Ce qu'ayant entendu, ceux-ci élevèrent unanimement la voix vers Dieu, et dirent : Seigneur, c'est vous qui avez fait le ciel et la terre, et la mer, et tout ce qui est en eux ;25 Qui par l'Esprit-Saint et par la bouche de nôtre père David, votre serviteur, avez dit : Pourquoi les nations ont-elles frémi, et les peuples médité des choses vaines?
Note Act. 4,25 : Voir Psaumes, 2, 1.
26 Pourquoi les rois de la terre se sont-ils levés, et les princes se sont-ils ligués contre le Seigneur et contre son Christ?27 Car Hérode et Ponce-Pilate se sont vraiment ligués dans cette cité avec les gentils et les peuples d'Israël, contre votre saint Fils Jésus que vous avez consacré par votre onction,
Note Act. 4,27 : Hérode Antipas, tétrarque de Galilée. Voir Matthieu, 14, 1. ― Ponce Pilate. Voir Matthieu, 27, 2. Hérode, qui tourna Jésus en dérision, et Pilate, qui le condamna, répondent aux rois de la terre du verset 26.
28 Pour faire ce que votre bras et votre conseil avaient décrété qui serait fait.29 Et maintenant. Seigneur, regardez leurs menaces, et donnez à vos serviteurs d'annoncer votre parole en toute confiance,30 En étendant votre main pour que des guérisons, des miracles et des prodiges soient faits par le nom de votre saint Fils Jésus.
 
31 Et quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient assemblés trembla, et ils furent tous remplis de l'Esprit-Saint, et ils annonçaient la parole de Dieu avec confiance.
Note Act. 4,31 : Trembla : ce fut un ébranlement local, semblable à celui de la Pentecôte, et comme lui accompagné d'une effusion de l'Esprit-Saint, qui remplit les disciples d'une nouvelle ardeur ; ce fut un amen divin répondu d'en haut à leur prière.
 
32 Or la multitude des croyants n'avait qu'un cœur et qu'une âme; et nul ne regardait comme étant à lui rien de ce qu'il possédait; mais toutes choses leur étaient communes.33 Et les apôtres rendaient témoignage avec une grande force de la résurrection du Seigneur Jésus-Christ, et une grande grâce était en eux tous.34 Aussi il n'y avait aucun pauvre parmi eux; car tout ce qu'il y avait de possesseurs de champs ou de maisons, les vendaient, et apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu,35 Et le déposaient aux pieds des apôtres ; on le distribuait ensuite à chacun selon qu'il en avait besoin.
 
36 Joseph donc, surnommé par les apôtres Barnabé (qu'on interprète par fils de consolation) , lévite et Cypriote de naissance,
Note Act. 4,36 : Joseph surnommé Barnabé, qui devait jouer un rôle important dans la prédication de l'Evangile aux Gentils, ne nous est connu qu'à partir de cet épisode de sa vie. On ignore s'il avait été un des disciples de Notre Seigneur pendant sa vie mortelle. On a supposé, mais sans preuves, qu'il avait été condisciple de saint Paul à l'époque de Gamaliel. Ce qui est certain, c'est qu'il fut longtemps le compagnon du grand Apôtre. Les Actes des Apôtres nous font connaître le reste de sa vie jusqu'au moment où il se rend en Chypre sa patrie, avec Jean Marc, son neveu, qu'on croit être le même que l'Evangéliste saint Marc.
37 Comme il avait un champ, le vendit, et en apporta le prix, et le déposa aux pieds des apôtres.

Chapitre 5

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Chap. : 
Ananie et Saphire frappés de mort en punition de leur mensonge.
Miracles des Apôtres.
Les Apôtres sont emprisonnés, délivrés par un ange, puis amenés devant le Conseil.
Discours de Pierre.
Conseil de Gamaliel.
Les Apôtres pleins de joie d’avoir souffert des opprobres pour Jésus-Christ.
1 Or un certain homme, du nom d'Ananie, avec Saphire, sa femme, vendit un champ,2 Et frauda sur le prix du champ, sa femme le sachant, et en apportant une partie, il la déposa aux pieds des apôtres.
Note Act. 5,2 : Ananie, comme on le voit au verset 4, était absolument maître de son argent, et il n'aurait point péché en le gardant chez lui ; mais ce qui l'a rendu coupable d'un crime que Dieu lui-même a jugé digne de mort, c'est d'avoir retenu par avarice une partie de cet argent, en voulant néanmoins se donner en public le mérite de l'avoir tout offert, et ne craignant pas pour cela de mentir à Dieu et aux hommes.
3 Mais Pierre lui dit : Ananie, pourquoi Satan a-t-il tenté ton cœur, pour mentir à l'Esprit-Saint, et frauder sur le prix du champ?
Actes 5, 4-5 : La mort d'Ananie - Gravure de Gustave Doré
Actes 5, 4-5 : La mort d'Ananie - Gravure de Gustave Doré
4 Restant en tes mains, ne demeurait-il pas à toi? et vendu, n'était-il pas encore en ta puissance ? Pourquoi donc as-tu formé ce dessein dans ton cœur? Tu n'as pas menti aux hommes, mais à Dieu.
Note Act. 5,4 : N'était-il pas encore en ta puissance, par le prix que tu en avais retiré, et qu'il dépendait de toi de garder ?
5 Or, entendant ces paroles, Ananie tomba et expira ; et il se répandit une grande crainte sur tous ceux qui apprirent ces choses.6 Et de jeunes hommes, se levant, l'enlevèrent, et, l'ayant emporté, ils l'ensevelirent.
Note Act. 5,6 : Ils l'ensevelirent. En Palestine, on enterrait les morts immédiatement après le décès.
 
7 Mais il arriva, dans l'espace d'environ trois heures, que sa femme, ignorant ce qui s'était passé, entra.8 Et Pierre lui dit : Femme, dites-moi si vous avez vendu le champ ce prix-là? Elle répondit : Oui, ce prix-là.9 Et Pierre lui dit : Pourquoi vous êtes-vous concertés ensemble pour tenter l'Esprit-Saint? Voilà que les pieds de ceux qui ont enseveli votre mari sont à la porte, et ils vous emporteront.10 Et aussitôt elle tomba à ses pieds, et elle expira. Or les jeunes hommes, étant entrés, la trouvèrent morte ; ils l'emportèrent donc et l'ensevelirent auprès de son mari.11 Et il se répandit une grande crainte dans toute l'Eglise et en tous ceux qui apprirent ces choses.
Note Act. 5,11 : L'Eglise : c'est la première fois que ce mot paraît dans les Actes des Apôtres avec la signification de société de tous les Fidèles.
 
12 Cependant, par les mains des apôtres, s'opéraient beaucoup de miracles et de prodiges au milieu du peuple. Et tous unis ensemble se tenaient dans le portique de Salomon.
Note Act. 5,12 : Par les mains des Apôtres. Les Hébreux se servaient des mots main, mains pour exprimer les idées de moyen, d'instrument, d'entremise. Dans le portique de Salomon. Voir Jean, 10, 23.
13 Or aucun des autres n'osait se joindre à eux ; mais le peuple les exaltait.14 Ainsi de plus en plus s'augmentait la multitude des croyants dans le Seigneur, hommes et femmes ;15 De sorte qu'ils apportaient les malades dans les places publiques, et les posaient sur des lits et sur des grabats, afin que, Pierre venant, son ombre au moins couvrît quelqu'un d'eux, et qu'ils fussent délivrés de leurs maladies.16 Le peuple des villes voisines de Jérusalem accourait aussi, apportant des malades et ceux que tourmentaient des esprits impurs; et tous étaient guéris.
 
17 Alors le prince des prêtres se levant, lui et tous ceux de son parti (c'est-à-dire de la secte des sadducéens), furent remplis de colère ;
Note Act. 5,17 : De la secte des sadducéens. Voir Matthieu, note 3.7.
18 Ils mirent la main sur les apôtres et les jetèrent dans une prison publique.19 Mais un ange du Seigneur, ouvrant pendant la nuit les portes de la prison, et les faisant sortir, dit :20 Allez, et, vous tenant dans le temple, annoncez au peuple toutes les paroles de cette vie.
Note Act. 5,20 : L'expression cette vie peut désigner, ou la vie éternelle que les Apôtres prêchaient habituellement dans leurs discours, ou la vie nouvelle, c'est-à-dire la nouvelle religion, le christianisme.
21 Ce qu'ayant entendu, ils entrèrent au point du jour dans le temple, et ils enseignaient. Cependant le prince des prêtres étant venu, et ceux de son parti aussi, ils convoquèrent le Conseil et tous les anciens des enfants d'Israël, et ils envoyèrent à la prison pour qu'on amenât les apôtres.
Note Act. 5,21 ; 5.27 ; 5.34 ; 5.41 : Le Conseil, le Sanhédrin. ― Tous les anciens des enfants d'Israël, tous les membres du Sanhédrin. Voir Matthieu, 26, 59.
 
22 Quand les archers y furent arrivés, et qu'ayant ouvert la prison ils ne les trouvèrent point, ils revinrent l'annoncer,23 Disant : Nous avons trouvé la prison fermée avec le plus grand soin, et les gardes debout devant les portes; mais ayant ouvert, nous n'avons trouvé personne dedans.24 Dès que le magistrat du temple et les princes des prêtres eurent entendu ces paroles, pleins de doutes à l'égard de ces hommes, ils ne savaient ce que cela deviendrait.
Note Act. 5,24 : Le magistrat du temple. Voir Luc, 22, 4.
25 Mais quelqu'un survenant leur dit : Voilà que les hommes que vous aviez mis en prison sont dans le temple et enseignent le peuple.26 Alors le magistrat y alla avec ses archers, et il les amena sans violence, parce qu'ils craignaient d'être lapidés par le peuple.27 Lorsqu'ils les eurent amenés, ils les introduisirent dans le Conseil, et le prince des prêtres les interrogea,28 Disant : Nous vous avons défendu absolument d'enseigner en ce nom-là, et voilà que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine, et que vous voulez rejeter sur nous le sang de cet homme.
Note Act. 5,28 : Nous vous avons défendu absolument ; littéralementEn défendant nous vous avons défendu ; hébraïsme, dont le but est de donner de la force et de l'énergie au discours.
29 Mais Pierre et les apôtres, répondant, dirent : Il faut plutôt obéir à Dieu qu'aux hommes.30 Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous-mêmes vous avez fait mourir, le suspendant à un bois.
Note Act. 5,30 : A un bois, au bois : c'était, d'après la Loi, le supplice des grands criminels, et celui qui le subissait était « maudit de Dieu » (voir Deutéronome, 21, 23). Pierre choisit à dessein une expression qui rappelle toutes ces idées.
31 C'est lui que Dieu a élevé par sa droite comme prince et Sauveur, pour donner à Israël pénitence et rémission des péchés ;32 Or nous sommes témoins de ces choses, nous et l'Esprit-Saint que Dieu a donné à tous ceux qui lui obéissent.
 
33 Ce qu'ayant entendu, ils frémissaient de rage, et ils pensaient à les faire mourir.34 Mais un certain pharisien, du nom de Gamaliel, docteur de la loi, et honoré de tout le peuple, se levant dans le conseil, ordonna de faire sortir un moment les apôtres;
Note Act. 5,34 : Gamaliel, pharisien, docteur de la loi, avait été le maître de saint Paul. On croit généralement qu'il est le même que le docteur de ce nom si célèbre dans le Talmud. Il était fils de Rabbi Siméon et petit-fils de Hillel, l'un des docteurs de la loi les plus renommés. Il fut président du Sanhédrin sous Tibère, Caligula et Claude. D'après la tradition, il se convertit au christianisme et mourut dix-huit ans avant la prise de Jérusalem par Titus.
35 Et il leur dit : Hommes d'Israël, prenez garde à ce que vous ferez à l'égard de ces hommes.36 Car, avant ces jours-ci, Théodas a paru, se disant être quelqu'un, et auquel s'attacha un nombre d'environ quatre cents hommes; il fut tué, et tous ceux qui croyaient en lui se dissipèrent et furent réduits à rien.
Note Act. 5,36 : Quelqu'un de grand, un personnage important, comme il est dit dans Actes des Apôtres, 8, 9. ― Théodas. Josèphe parle d'un Théodas qui se révolta aussi contre les Romains, mais ce ne peut être celui qui est mentionné par saint Luc, parce que celui dont l'historien juif nous a conservé le souvenir ne se souleva contre la domination étrangère que dix à douze ans au moins après le discours de Gamaliel, c'est-à-dire vers l'an 44 ou 45, sous l'empereur Claude. De plus, d'après les Actes des Apôtres, Théodas vivant Judas le Galiléen, dont l'insurrection éclata vers l'an 6 ou 7 de notre ère ; il faut donc placer sa révolte à la fin du règne d'Hérode-le-Grand. L'année même de la mort de ce roi fut agitée par beaucoup de troubles et il s'éleva de divers côtés des chefs fanatiques dont la plupart ne sont pas nommés par Josèphe. Parmi ces insurgés indiqués seulement d'une manière vague pouvait se trouver le Théodas des Actes des Apôtres. Ce nom était assez commun en Palestine.
37 Après lui s'éleva Judas, le Galiléen, aux jours du dénombrement, et il attira le peuple après lui; il périt, lui aussi, et tous ceux qui s'étaient attachés à lui furent dispersés.
Note Act. 5,37 : Judas le Galiléen ou le Gaulonite, qui se révolta contre les Romains « aux jours du dénombrement » de Quirinus, l'an 6 de notre ère, était, d'après les renseignements que nous fournit Josèphe dans ses Antiquités hébraïques, un Gaulonite, originaire de Gamala. Il reçut le surnom de Galiléen, sans doute parce que son insurrection éclata en Galilée. Il avait pris pour mot d'ordre : « Nous n'avons pas d'autre Seigneur ni d'autre maître que Dieu. » Judas périt et ses sectateurs se dispersèrent. Josèphe le considère, avec le pharisien Sadoc, comme le fondateur d'une nouvelle secte, celles des Gaulonites, qui vint s'ajouter à celles des Pharisiens, des Sadducéens et des Esséniens. Les Gaulonites peuvent être considérés comme les précurseurs ou les ancêtres des Zélotes qui dominèrent à Jérusalem pendant le siège de cette ville par Titus.
38 Voici donc pourquoi je vous dis : Ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les ; car si cette entreprise ou cette œuvre est des hommes, elle se dissipera;39 Que si elle est de Dieu, vous ne pourrez la détruire, et peut-être que vous vous trouveriez combattre contre Dieu même. Ils acquiescèrent à son avis.
 
40 Ayant donc rappelé les apôtres, ils leur défendirent, après les avoir fait déchirer de coups, de parler aucunement au nom de Jésus; et ils les renvoyèrent.
Note Act. 5,40 : Déchirer de coups. Voir, sur cette expression, Matthieu, 21, 35.
41 Et eux sortirent du conseil, pleins de joie de ce qu'ils avaient été jugés dignes de souffrir des outrages pour le nom de Jésus.42 Et tous les jours, ils ne cessaient, dans le temple, et de maison en maison, d'enseigner et d'annoncer le Christ Jésus.

Chapitre 6

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Chap. : 
Murmures des Juifs grecs.
Election des sept diacres.
Etienne, plein de foi, fait des miracles.
Il est accusé faussement.
1 Or en ces jours-là, le nombre des disciples croissant, il s'éleva un murmure des Grecs contre les Hébreux, de ce que leurs veuves étaient négligées dans la distribution de chaque jour.
Note Act. 6,1 : Le mot Grecs désigne ici les Juifs qui étant nés parmi les Grecs, venus des provinces et établis à Jérusalem, ne parlaient que la langue grecque. Les Hébreux étaient des Juifs nés en Palestine et parlant la langue nationale.Les veuves avaient d'autant plus besoin d'être assistées que, suivant la loi, elles ne pouvaient hériter.
2 Les douze donc, convoquant la multitude des disciples, dirent: Il n'est pas juste que nous abandonnions la parole de Dieu, et que nous vaquions au service des tables.
Note Act. 6,2 : Au service des tables, à ce qui est nécessaire pour la vie corporelle, acquisition, préparation et distribution des aliments.
3 Cherchez donc parmi vous, mes frères, sept hommes de bon témoignage, pleins de l'Esprit-Saint et de sagesse, que nous puissions préposer à cette œuvre.4 Poumons, nous nous appliquerons à la prière et au ministère de la parole.5 Ce discours plut à toute la multitude. Et ils élurent Etienne, homme plein de foi et de l'Esprit-Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, prosélyte d'Antioche.
Note Act. 6,5 : Prosélyte. Comparer à Actes des Apôtres, 2, 11. ― Etienne. Son nom, en grec, Stéphanos, signifie couronne. On croit que c'était un des soixante-douze disciples. Son histoire est racontée dans le chapitre 7 des Actes des Apôtres. ― Philippe était marié et avait quatre filles qui furent douées du don de prophétie (voir Actes des Apôtres, 21, 8-9). Il fut un des disciples les plus zélés pour la propagation du christianisme (voir Actes des Apôtres, 8, 5-17 ; 26-40). On croit qu'il mourut à Césarée. ― Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, prosélyte d'Antioche, ne nous sont authentiquement connus que de nom par ce passage. Une tradition rapporte que Prochore fut sacré par saint Pierre comme évêque de Nicomédie. ― Le pseudo-Hippolyte dit que Nicanor était un des soixante-douze disciples et qu'il mourut vers le même temps que saint Etienne. ― Timon, d'après un écrit attribué à Dorothée de Tyr, était aussi un des soixante-douze disciples ; il devint évêque de Bostra et consomma son martyre par le supplice du feu.Parménas subit, à ce qu'on croit, le martyre à Philippes sous le règne de Trajan. ― Enfin Nicolas était d'origine païenne, puisqu'il est qualifié de prosélyte. D'après plusieurs, il fut infidèle à sa vocation et devint le chef de la secte des Nicolaïtes, dont parle saint Jean dans l'Apocalypse, 2, vv. 6, 15. Les Nicolaïtes le regardaient en effet comme leur père ; mais il n'est pas certain que leur opinion fût fondée. ― Les noms des sept diacres sont tous grecs, ce qui semble indiquer que les six premiers étaient des Juifs hellénistes, le septième étant d'origine grecque.
6 Ils les présentèrent aux apôtres, et ceux-ci, priant, leur imposèrent les mains.
 
7 Et la parole du Seigneur croissait, et le nombre des disciples se multipliait grandement à Jérusalem; et même un grand nombre de prêtres obéissaient à la foi.
 
8 Or Etienne, plein de grâce et de force, faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple.9 Mais quelques-uns de la synagogue qui est appelée des Affranchis, de celle des Cyrénéens et des Alexandrins, et de ceux qui étaient de Cilicie et d'Asie, se levèrent, disputant contre Etienne ;
Note Act. 6,9 : Sur les synagogues, voir Matthieu, 4, 23. D'après les Rabbins, il y avait à Jérusalem quatre cent vingts synagogues. Saint Luc énumère ici plusieurs d'entre elles. ― On appelait Affranchis ceux qui d'esclaves étaient devenus libres. La synagogue des Affranchis avait été probablement construite par les Juifs que Pompée avait autrefois faits prisonniers de guerre et qui avaient recouvré ensuite leur liberté. Ils s'étaient fixés pour la plupart à Rome, mais ils avaient fait élever à leurs frais une synagogue à Jérusalem, afin de pouvoir s'y réunir quand ils allaient en pèlerinage dans la ville sainte. ― Celle des Cyrénéens, des Juifs de Cyrène en Afrique. Voir Actes des Apôtres, 2, 10. ― Des Alexandrins, d'Alexandrie, ville d'Egypte où les Juifs étaient très nombreux. ― De Cilicie, province de l'Asie Mineure, bornée au nord par la Cappadoce, la Lycaonie et l'Isaurie, à l'ouest par la Pamphilie, au sud par la Méditerranée, à l'est par la Syrie. Saint Paul, étant Cilicien d'origine, devait fréquenter la synagogue de Cilicie. ― D'Asie, de la province proconsulaire de ce nom. Voir Actes des Apôtres, 2, 9.
10 Et ils ne pouvaient résister à la sagesse et à l'Esprit-Saint qui parlait.11 Alors ils subornèrent des hommes pour dire qu'ils l'avaient entendu proférer des paroles de blasphème contre Moïse et contre Dieu.12 Ils soulevèrent ainsi le peuple, les anciens et les scribes: et ceux-ci accourant ensemble, l'entraînèrent et l'amenèrent au conseil,
Note Act. 6,12 et suivants. : Les incrédules prétendent que le récit du martyre de saint Etienne renferme des circonstances qui révèlent dans l'historien une profonde ignorance. ― Les anciens, les membres du Sanhédrin. ― Au Conseil, au Sanhédrin. Voir Matthieu, 26, 59.
13 Et ils produisirent de faux témoins pour dire : Cet homme ne cesse de parler contre le lieu saint et contre la loi;14 Car nous l'avons entendu disant que ce Jésus de Nazareth détruira ce lieu, et changera les traditions que nous a données Moïse.15 Et tous ceux qui siégeaient dans le conseil, ayant fixé les yeux sur lui, ils virent son visage comme le visage d'un ange.
Note Act. 6,15 : Dans le Conseil, dans le Sanhédrin.

Chapitre 7

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Chap. : 
Discours de saint Etienne devant le Conseil des Juifs.
Il leur reproche leurs infidélités.
Il est emmené hors de la ville et lapidé.
Sa charité pour ses ennemis.
Saul consent à sa mort.
1 Alors le prince des prêtres lui demanda : Les choses sont-elles ainsi?2 Il répondit : Hommes, mes frères et mes pères, écoutez : Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham lorsqu'il était en Mésopotamie, avant qu'il demeurât à Charan,
Note Act. 7,2 : Mésopotamie. Voir Actes des Apôtres, 2, 9. ― Charan ou Haran, ville de Mésopotamie, dont le site a été identifié sur le Balîkh, affluent de l'Euphrate, à proximité de l'actuel village turc qui perpétue son nom : Eski-Harrân, au sud-est d'Ourfa (l'Edesse des Séleucides et encore des croisés).
3 Et il lui dit: Sors de ton pays et de la parenté, et viens dans la terre que je te montrerai.
Note Act. 7,3 : Voir Genèse, 12, 1.
4 Alors il sortit du pays des Chaldéens, et il demeura à Charan. Et de là, après que son père fut mort, Dieu le transporta dans cette terre que vous habitez aujourd'hui.
Note Act. 7,4 : Après la mort de son père : ici encore Etienne suit une ancienne tradition qui, pour relever la piété filiale d'Abraham, suppose qu'il ne quitta pas son vieux père.
5 Et il ne lui donna là ni héritage, ni même où poser le pied; mais il promit de la lui donner en sa possession et à sa postérité après lui, lorsqu'il n'avait point encore de fils.6 Toutefois Dieu lui dit que sa postérité habiterait en une terre étrangère, où elle serait réduite en servitude et maltraitée pendant quatre cents ans ;
Note Act. 7,6 : Voir Genèse, 15, 13. ― Où elle, etc. Au lieu de ce féminin singulier il y a dans le texte sacré le masculin pluriel, parce que le substantif postérité, auquel ce pronom se rapporte, représente le mot descendants.
7 Mais la nation qui l'aura tenue en servitude, c'est moi qui la jugerai, dit le Seigneur, et après cela, elle sortira et me servira en ce lieu-ci.
Note Act. 7,7 : Dit le Seigneur. Voir Genèse, 15, 13-14. ― Elle sortira ; c'est-à-dire la postérité d'Abraham dont il est question au verset précédent.
8 Il lui donna l'alliance de la circoncision ; et ainsi il engendra Isaac, et le circoncit le huitième jour; et Isaac, Jacob; et Jacob, les douze patriarches.
Note Act. 7,8 : Voir Genèse, 17, 10 ; 21, vv. 2, 4 ; 25, 25 ; 29, 32 ; 35, 22. ― L'alliance de la circoncision consistait en ceci : Jéhovah promettait à Abraham de bénir sa postérité et de lui donner la terre de Chanaan ; Abraham s'engageait, lui et sa postérité, à servir Jéhovah, seul vrai Dieu, et à porter en sa chair, par la circoncision, un signe extérieur de cet engagement.
 
9 Et les patriarches envieux vendirent Joseph pour l'Egypte ; mais Dieu était avec lui;
Note Act. 7,9 : Voir Genèse, 37, 28.
10 Et il le délivra de toutes ses tribulations, et il lui donna grâce et sagesse devant Pharaon, roi d'Egypte, qui le préposa sur l'Egypte et sur toute sa maison.
Note Act. 7,10 : Voir Genèse, 41, 37.
11 Or vint une famine dans toute l'Egypte et en Chanaan, et une grande tribulation, et nos pères ne trouvaient pas de nourriture.12 Mais quand Jacob eut appris qu'il y avait du blé en Egypte, il y envoya nos pères une première fois,
Note Act. 7,12 : Voir Genèse, 42, 2.
13 Et la seconde, Joseph fut reconnu de ses frères, et son origine fut découverte à Pharaon.
Note Act. 7,13 : Voir Genèse, 45, 3.
14 Or Joseph envoya quérir Jacob son père et toute sa parenté, au nombre de soixante-quinze personnes.15 Jacob descendit donc en Egypte, et il y mourut, lui et nos pères.
Note Act. 7,15 : Voir Genèse, 46, 5 ; 49, 32.
16 Et ils furent transportés à Sichem, et déposés dans le sépulcre qu'Abraham avait acheté à prix d'argent des fils d'Hémor, fils de Sichem.
Note Act. 7,16 : Voir Genèse, 23, 16 ; 50, vv. 5, 13 ; Josué, 24, 32. ― A Sichem, aujourd'hui Naplouse, dans les montagnes d'Ephraïm, dans une vallée bien arrosée, au pied du mont Garizim.
 
17 Mais comme approchait le temps de la promesse que Dieu avait jurée à Abraham, le peuple crût et se multiplia en Egypte,
Note Act. 7,17 : Voir Exode, 1, 7.
18 Jusqu'à ce qu'il s'éleva en Egypte un autre roi, qui ne connaissait point Joseph.
Note Act. 7,18 : Un autre roi qui ne connaissait pas Joseph. Les pharaons qui régnaient dans le pays de Gessen du temps de Moïse étaient d'origine égyptienne, tandis que les rois qui étaient maîtres du Delta du temps de Joseph étaient des conquérants d'origine sémitique comme les Hébreux.
19 Celui-ci, circonvenant notre nation, affligea nos pères jusqu'à leur faire exposer leurs enfants pour en empêcher la propagation.20 En ce même temps naquit Moïse qui fut agréable à Dieu, et nourri trois mois dans la maison de son père.
Note Act. 7,20 : Voir Exode, 2, 2 ; Hébreux, 11, 23.
21 Exposé ensuite, la fille de Pharaon le prit et le nourrit comme son fils.22 Et Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Egyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres.23 Mais lorsque s'accomplissait sa quarantième année, il lui vint dans l'esprit de visiter ses frères, les enfants d'Israël.24 Et ayant vu l'un d'eux injustement traité, il défendit et vengea celui qui souffrait l'injure, en frappant l'Egyptien.
Note Act. 7,24 : Voir Exode, 2, 12.
25 Or il pensait que ses frères comprendraient que Dieu les sauverait par sa main; mais ils ne le comprirent pas.
Note Act. 7,25 : Par sa main. Voir, pour cette locution, Actes des Apôtres, 5, 12.
26 Le jour suivant, il en vit qui se querellaient, et il tâchait de les remettre en paix, disant : Hommes, vous êtes frères; pourquoi vous nuisez-vous l'un à l'autre?
Note Act. 7,26 : Voir Exode, 2, 13.
27 Mais celui qui faisait injure à l'autre le repoussa, disant : Qui t'a établi chef et juge sur nous?28 Veux-tu me tuer, comme tu as tué hier l'Egyptien?29 Moïse s'enfuit à cette parole, et il demeura comme étranger, dans la terre de Madian, où il engendra deux fils.
Note Act. 7,29 : Dans la terre de Madian, dans la presqu'île du Sinaï où les Madianites menaient la vie nomade.
 
30 Et quarante ans s'étant passés, un ange lui apparut au désert de la montagne de Sina, dans le feu d'un buisson enflammé,
Note Act. 7,30 : Voir Exode, 3, 2. ― De la montagne de Sina, le mont Sinaï proprement dit.
31 Ce que Moïse apercevant, il admira la vision; et comme il s'approchait pour regarder, la voix du Seigneur se fit entendre à lui, disant :
 
32 Je suis le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Mais devenu tout tremblant, Moïse n'osait regarder.33 Et le Seigneur lui dit : Ôte la chaussure de tes pieds, car le lieu où tu es est une terre sainte.34 J'ai vu parfaitement l'affliction de mon peuple qui est en Egypte; j'ai entendu son gémissement, et je suis descendu pour le délivrer. Maintenant, viens, je t'enverrai en Egypte.
Note Act. 7,34 : J'ai vu parfaitement ; littéralement : Voyant j'ai vu, hébraïsme, voir Actes des Apôtres, 5, 28.
 
35 Ce Moïse qu'ils avaient renié, disant : Qui t'a établi chef et juge? fut celui-là même que Dieu envoya chef et libérateur par la main de l'ange qui lui apparut dans le buisson ;
Note Act. 7,35 : Par la main ; c'est-à-dire sous la conduite. Voir Actes des Apôtres, 5, 12.
36 C'est lui qui les lira de la terre d'Egypte, y opérant des prodiges et des miracles, aussi bien que dans la mer Rouge, et pendant quarante ans dans le désert.
Note Act. 7,36 : Voir Exode, 7, vv. 8-11, 14.
Note Act. 7,36 ; 7.38 ; 7.42 ; 7.44 : Dans le désert du Sinaï.
37 C'est ce Moïse qui dit aux enfants d'Israël : Dieu vous suscitera d'entre vos frères un prophète comme moi; vous l'écouterez.
Note Act. 7,37 : Voir Deutéronome, 18, 15.
38 C'est lui qui se trouva dans l'assemblée du peuple, au désert, avec l'ange qui lui parlait sur le mont Sina, et avec nos pères; lui qui reçut des paroles de vie pour nous les donner.
Note Act. 7,38 : Voir Exode, 19, 3.
39 Et nos pères ne voulurent point lui obéir, mais ils le repoussèrent, retournant de cœur en Egypte,40 Et disant à Aaron : Fais-nous des dieux qui aillent devant nous; car ce Moïse qui nous a tirés de la terre d'Egypte, nous ne savons ce qui lui est arrivé
Note Act. 7,40 : Voir Exode, 32, 1.
41 Et ils firent un veau en ces jours-là, et ils offrirent une hostie à l'idole, et ils se réjouissaient dans l'œuvre de leurs mains.42 Et Dieu se détourna et les laissa servir la milice du ciel, comme il est écrit au livre des prophètes : Maison d'Israël, m'avez-vous offert des victimes et des hosties pendant quarante ans dans le désert?
Note Act. 7,42 : Voir Amos, 5, 25. ― La milice du ciel, les astres adorés comme des dieux.
43 Au contraire, vous avez porté le tabernacle de Moloch et l'astre de votre dieu Remphan, figures que vous avez faites pour les adorer. Aussi je vous transporterai au-delà de Babylone.
Note Act. 7,43 : Moloch, idole des Ammonites, à qui l'on offrait des victimes humaines, principalement des enfants. ― Remphan, probablement la planète Saturne divinisée.
 
44 Le tabernacle de témoignage a été avec nos pères dans le désert, comme Dieu leur ordonna, parlant à Moïse, afin qu'il le fît selon le modèle qu'il avait vu.
Note Act. 7,44 : Voir Exode, 25, 40.
45 Et l'ayant reçu, nos pères l'emportèrent sous Jésus, dans le pays des nations que Dieu chassa devant nos pères, jusqu'aux jours de David,
Note Act. 7,45 : Voir Josué, 3, 14 ; Hébreux, 8, 9. ― Jésus ; c'est-à-dire Josué. Ces deux noms ayant la même signification, celle de Sauveur, se mettent quelquefois l'un pour l'autre. ― Jusqu'aux jours de David, s'entend, selon les uns, du temps pendant lequel le tabernacle séjourna dans le pays des nations conquises ; d'où le sens serait : Et il y demeura jusqu'aux jours de David ; et selon les autres, de l'expulsion même des nations ; en sorte qu'on doit traduire : Dans le pays des nations que Dieu chassa peu à peu devant nos pères jusqu'aux jours de David, qui acheva de purger le pays de tous les Chananéens.
46 Lequel trouva grâce devant Dieu et demanda de trouver une demeure pour le Dieu de Jacob.
Note Act. 7,46 : Voir 1 Rois, 16, 13 ; Psaumes, 131, 5.
47 Et ce fut Salomon qui lui bâtit un temple.
Note Act. 7,47 : Voir 1 Rois, 6, 1 ; 1 Paralipomènes, 17, 12.
48 Mais le Très-Haut n'habite point dans les temples faits de la main des hommes, selon ce que dit le prophète :
Note Act. 7,48 : Voir Actes des Apôtres, 17, 24.
 
49 Le ciel est mon trône, et la terre l'escabeau de mes pieds. Quelle maison me bâtirez-vous, dit le Seigneur, ou quel est le lieu de mon repos?
Note Act. 7,49 : Voir Isaïe, 66, 1.
50 N'est-ce pas ma main qui a fait toutes ces choses?
 
Actes 7, 51-60 : Martyre de Saint Etienne - Gravure de Gustave Doré
Actes 7, 51-60 : Martyre de Saint Etienne - Gravure de Gustave Doré
51 Durs de tête et incirconcis de cœur et d'oreilles, vous résistez toujours à l'Esprit-Saint; il en est de vous comme de vos pères.
Note Act. 7,51 : Incirconcis de cœur et d'oreilles ; c'est-à-dire qui n'avez pas retranché de votre cœur tous les mauvais désirs, et qui n'avez pas fermé vos oreilles à toutes sortes de mauvais discours.
52 Lequel des prophètes vos pères n'ont-ils point persécuté ! Ils ont tué ceux qui prédisaient l'avènement du Juste que vous venez de trahir, et dont vous êtes les meurtriers, vous,53 Qui avez reçu la loi par le ministère des anges, et qui ne l'avez point gardée.
Note Act. 7,53 : Par le ministère des anges. « Ces mots difficiles sont diversement traduits. L'idée est certainement celle-ci : la présence des anges et les prodiges opérés par eux au Sinaï vous ont portés à recevoir la Loi comme divine, et cependant vous l'avez violée. Comparer à Galates, 3, 19. » (CRAMPON)
 
54 Entendant cela, ils frémissaient de rage en leur cœur, et grinçaient des dents contre lui.55 Mais comme il était rempli de l'Esprit-Saint, levant les yeux au ciel, il vit la gloire de Dieu, et Jésus qui se tenait à la droite de Dieu, et il dit : Voilà que je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme qui est à la droite de Dieu.56 Eux alors, criant d'une voix forte et se bouchant les oreilles, se précipitèrent tous ensemble sur lui,57 Et l'entraînant hors de la ville, ils le lapidaient; et les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme nommé Saul.
Note Act. 7,57 : Saul de Tarse, depuis l'apôtre saint Paul. ― Et l'entraînant hors de la ville, au nord. C'est là que la tradition place le lieu de la lapidation de saint Etienne, et la topographie des lieux montre en effet que le premier diacre a dû consommer son martyre au nord de Jérusalem.
58 Et ils lapidaient Etienne qui priait et disait : Seigneur Jésus, recevez mon esprit.59 Puis s'étant mis à genoux, il cria d'une voix forte : Seigneur, ne leur imputez point ce péché. Et lorsqu'il eut dit cela, il s'endormit dans le Seigneur. Or Saul était consentant de sa mort.

Chapitre 8

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Chap. : 
Persécution contre les fidèles.
Philippe prêche en Samarie.
Simon le Magicien est baptisé.
Pierre et Jean donnent le Saint-Esprit aux Samaritains.
Simon veut acheter ce pouvoir.
Eunuque de la reine d’Ethiopie baptisé par Philippe.
1 Or il s'éleva en ce temps-là une grande persécution contre l'Eglise qui était à Jérusalem, et tous, excepté les apôtres, furent dispersés dans les régions de la Judée et de la Samarie.2 Des hommes craignant Dieu ensevelirent Etienne, et firent ses funérailles avec un grand deuil.3 Cependant Saul ravageait l'Eglise, entrant dans les maisons; et entraînant des hommes et des femmes, il les jetait en prison.
 
4 Et ceux donc qui avaient été dispersés, passaient d'un lieu dans un autre, en annonçant la parole de Dieu.5 Or Philippe étant descendu dans la ville de Samarie, leur prêchait le Christ.
Note Act. 8,5 : Dans la ville de Samarie, ville de la tribu d'Ehpraïm fondée par le roi d'Israël Amri, qui en fit sa capitale. Elle donna plus tard son nom au pays de Samarie et aux Samaritains. Détruite par les Assyriens en 721 avant Jésus-Christ, rebâtie et de nouveau renversée par Jean Hyrcan, elle fut encore relevée de ses ruines et l'empereur Auguste la donna à Hérode-le-Grand qui l'appela Sébaste (ou Auguste) en l'honneur de son bienfaiteur. C'est aujourd'hui un village sans importance appelé Sébastiéh.
6 Et la foule était attentive à ce qui était dit par Philippe, l'écoutant unanimement, et voyant les miracles qu'il faisait.7 Car des esprits impurs sortaient d'un grand nombre de possédés en jetant de grands cris.8 Et beaucoup de paralytiques et de boiteux furent guéris.
 
9 Il y eut donc une grande joie dans cette ville. Or un certain homme, du nom de Simon, qui auparavant avait exercé la magie dans la ville, séduisait le peuple de Samarie, se disant être quelqu'un de grand ;
Note Act. 8,9 : Simon le magicien. « Le premier crime de Simon fut de vouloir acheter l'épiscopat, de prétendre trafiquer des dons de Dieu, et faire servir à ses intérêts les pouvoirs surnaturels que Dieu confère à ses ministres pour le salut des âmes. Loin de l'associer aux Apôtres, saint Pierre donna à ses successeurs l'exemple de la sévérité dont ils devaient user contre le trafic des choses saintes, en retranchant ce fourbe ambitieux de la société des fidèles et en le menaçant du sort le plus funeste ; mais ni cette menace, ni cette peine ne purent le ramener. ― Opposé en tout à Simon Pierre, Simon de Samarie se mit bientôt à dogmatiser et devint le premier des hérésiarques. Saint Justin, qui était de la même ville que lui et qui devait connaître son histoire, nous apprend plusieurs particularités de sa vie et de sa doctrine. Ce séducteur se posait en antagoniste du Messie et s'attribuait à lui-même la divinité. Il opérait des prodiges au moyen de la magie. Il publiait, sous le titre d'Exposition, un livre qui contenait le germe des rêveries gnostiques, cette généalogie d'Eons, descendant d'un principe unique et subordonnés les uns aux autres, jusqu'au dernier qui est le monde. Pour la morale, il ne reconnaissait aucune distinction de vice et de vertu, et ne voyait de vérité ni de perfection que dans la gnose qu'il opposait à la foi. Mettant d'ailleurs sa conduite en harmonie avec ses principes, il vivait d'une manière fort répréhensible. Sa secte se perpétua jusqu'au cinquième siècle. La découverte des Philosphumena a confirmé ce que saint Justin et saint Irénée nous apprennent de ses caractères et de son importance. Simon fut, aux yeux des premiers fidèles, comme l'hérésie personnifiée, le type et le père de tous les hérésiarques. » (L. BACUEZ.)
10 Et tous, du plus petit jusqu'au plus grand, l'écoutaient, disant : Celui-ci est la grande vertu de Dieu.
Note Act. 8,10 : Est la grande vertu ; littéralement : La vertu qui est appelée grande. Nous avons déjà fait remarquer qu'en hébreu l'expression être appelé signifie aussi simplement être.
11 Ils s'attachaient à lui, parce que, depuis longtemps, il leur avait troublé l'esprit par ses enchantements.12 Mais, quand ils eurent cru à Philippe, qui leur annonçait la parole de Dieu, ils furent baptisés, hommes et femmes, au nom de Jésus-Christ.13 Alors Simon lui-même crut aussi, et lorsqu'il eut été baptisé, il s'attachait à Philippe. Mais voyant qu'il se faisait des prodiges et de grands miracles, il s'étonnait et admirait.
 
14 Or lorsque les apôtres, qui étaient à Jérusalem, eurent appris que Samarie avait reçu la parole de Dieu, ils leur envoyèrent Pierre et Jean,15 Qui étant venus, prièrent pour eux, afin qu'ils reçussent l'Esprit-Saint;16 Car il n'était encore descendu sur aucun d'eux, mais ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus.17 Alors ils leur imposaient les mains et ils recevaient l'Esprit-Saint.
 
18 Or Simon, voyant que, par l'imposition des mains des apôtres, l'Esprit-Saint était donné, il leur offrit de l'argent,
Note Act. 8,18 : Il leur offrit de l'argent. C'est pour cela qu'on appelle simoniaques ceux qui achètent ou vendent à prix d'argent les choses spirituelles.
19 Disant : Donnez-moi aussi ce pouvoir, que tous ceux à qui j'imposerai les mains reçoivent l'Esprit-Saint. Mais Pierre lui dit:20 Que ton argent soit avec toi en perdition, parce que tu as estimé que le don de Dieu peut s'acquérir avec de l'argent.21 Il n'y a pour toi ni part ni sort en ceci; car ton cœur n'est pas droit devant Dieu.22 Fais donc pénitence de cette méchanceté, et prie Dieu qu'il te pardonne, s'il est possible, cette pensée de ton cœur.23 Car je vois que tu es dans un fiel d'amertume et dans des liens d'iniquité.24 Simon, répondant, dit : Priez vous-mêmes le Seigneur pour moi, afin qu'il ne m'arrive rien de ce que vous avez dit.
 
25 Et eux, après avoir rendu témoignage et prêché la parole du Seigneur, revenaient à Jérusalem, et évangélisaient beaucoup de contrées des Samaritains.
 
26 Cependant un ange du Seigneur parla à Philippe, disant : Lève-toi et va vers le Midi, sur le chemin qui descend de Jérusalem à Gaza : celle qui est déserte.
Note Act. 8,26 : Celle qui est déserte. Il y avait deux villes de Gaza ; l'une ancienne, qui était abandonnée, et la nouvelle, bâtie plus près de la mer. ― Gaza. Pour se rendre de Jérusalem en Egypte et en Ethiopie, on passait par Gaza, ancienne ville philistine, située à la frontière sud-ouest de la Palestine, à onze milles de Jérusalem.
27 Et, se levant, il partit. Et voilà qu'un Ethiopien, eunuque, puissant auprès de Candace, reine d'Ethiopie, et préposé sur tous ses trésors, était venu adorer à Jérusalem,
Note Act. 8,27 : Candace. Ce nom ou ce titre était porté par toutes les reines qui gouvernaient la partie de l'Ethiopie dont la capitale était Napata, comme celui de Ptolémée était porté par tous les rois grecs d'Egypte. Eusèbe raconte que le trésorier éthiopien converti par saint Philippe prêcha à son retour le christianisme en Ethiopie. ― L'eunuque de la reine Candace. « L'Ethiopie s'étendait alors dans la vallée du Nil, vers le sud. Candace était un titre dynastique, comme Arétas, Pharaon, Ptolémée, etc. L'eunuque de la reine d'Ethiopie n'était pas étranger à la religion juive ; autrement Corneille n'aurait pas été le premier Gentil baptisé ; c'était ou un Israélite d'origine, ou un prosélyte venu des [bords] du Nil à Jérusalem pour adorer le vrai Dieu, et prendre part aux solennités de son culte. On croit qu'il devint l'Apôtre de l'Ethiopie et qu'il prépara ses compatriotes à embrasser le christianisme. Quant à la voix qui se fait entendre à Philippe, aux lumières surnaturelles qui éclairent le prosélyte, à la promptitude avec laquelle l'évangéliste lui confère le baptême, à la disparition subite de celui-ci et aux consolations dont l'âme du néophyte est remplie, on peut voir dans l'histoire des saints une multitude de faits analogues. La ville de Gaza dont il est ici parlé, est celle dont Samson enleva les portes et où il fit périr un si grand nombre de Philistins. » (L. BACUEZ.)
28 Et s'en retournait, assis sur son char, et lisant le prophète Isaïe.29 Alors l'Esprit dit à Philippe : Approche, et tiens-toi contre ce char.30 Et Philippe, accourant, entendit l'eunuque qui lisait le prophète Isaïe, et lui dit : Crois-tu comprendre ce que tu lis?31 Il répondit : Et comment le pourrai-je, si quelqu'un ne me l'explique ? Et il pria Philippe de monter et de s'asseoir près de lui.32 Or le passage de l'Ecriture qu'il lisait était celui-ci : Comme une brebis, il a été mené à la boucherie ; et comme un agneau sans voix devant celui qui le tond, ainsi il n'a pas ouvert la bouche.
Note Act. 8,32 : Voir Isaïe, 53, 7.
33 Dans l'humiliation, son jugement a été aboli ; qui racontera sa génération, puisque sa vie sera retranchée de la terre?34 Or, répondant à Philippe, l'eunuque dit : De qui, je te prie, le prophète dit-il cela? Est-ce de lui, ou de quelque autre?35 Alors Philippe, ouvrant la bouche, et commençant par cet endroit de l'Ecriture, lui annonça Jésus.36 Et comme ils allaient par le chemin, ils rencontrèrent de l'eau ; et l'eunuque dit : Voilà de l'eau ; qui empêche que je ne sois baptisé?37 Philippe dit : Si tu crois de tout ton cœur, cela se peut. Et, répondant, il dit : Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu.38 Et il fit arrêter le char; alors, tous deux, Philippe et l'eunuque, descendirent dans l'eau, et il le baptisa.39 Lorsqu'ils furent remontés de l'eau, l'Esprit du Seigneur enleva Philippe, et l'eunuque ne le vit plus. Mais il continuait son chemin, plein de joie.40 Pour Philippe, il se trouva dans Azot et il évangélisait en passant toutes les villes, jusqu'à ce qu'il vînt à Césarée.
Note Act. 8,40 : Azot, une des cinq principales villes philistines, entre Ascalon et Jamnia, non loin de la Méditerranée, aujourd'hui petit village, appelé Esdûd. ― Césarée. Voir plus loin, Actes des Apôtres, 9, 30.

Chapitre 9

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Chap. : 
Saul persécute les fidèles.
Sa conversion, son baptême.
Il prêche à Damas, va à Jérusalem, se retire à Césarée, puis à Tarse.
Pierre guérit Enée et ressuscite Tabithe.
Actes 9, 1-8 : Saint Paul sur le chemin de Damas - Gravure de Gustave Doré
Actes 9, 1-8 : Saint Paul sur le chemin de Damas - Gravure de Gustave Doré
1 Cependant Saul, respirant encore menaces et meurtre contre les disciples du Seigneur, vint auprès du prince des prêtres,
Note Act. 9,1 : Voir Galates, 1, 13.
2 Et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s'il y trouvait des hommes et des femmes de cette voie, il les conduisît enchaînés à Jérusalem.
Note Act. 9,2 : De cette voie. Le motvoie est pris ici figurément, comme souvent ailleurs dans l'Ecriture, pour conduite, profession, religion, secte, doctrine. « Damas, à une soixante de lieues au nord-est de Jérusalem, avait été soumise par Pompée et était peut-être encore sous la domination romaine, au moment de la conversion de saint Paul ; mais bientôt après, elle tomba au pouvoir d'Arétas, roi d'Arabie, ainsi que le prouve une monnaie de cette ville, au type de ce prince. Comme la plupart des grandes cités de l'Asie Mineure et de l'empire, elle renfermait une nombreuse colonie juive, qui habitait un quartier à part, et avait non seulement des assemblées religieuses, mais ses lois, ses magistrats et sa justice propres : privilège dont les Juifs jouissent encore en plusieurs villes mahométanes. Le grand-prêtre de Jérusalem exerçait sur eux son autorité, en matière civile aussi bien que religieuse. C'est dans leurs rangs que se trouvaient ces nouveaux chrétiens, dont Saul prétendait châtier l'apostasie ; et peut-être quelques fidèles de Jérusalem étaient-ils venus y chercher un asile. L'endroit où le persécuteur fut terrassé et où il se soumit au divin maître, se trouve à cinq cent pas de la ville. Saint Augustin dit qu'il est bien connu et qu'on le montre aux voyageurs. Les chrétiens s'y rendent en procession chaque année, le 25 janvier. La rue droite traverse encore la ville dans toute sa longueur. » (L. BACUEZ.) ― Tous les voyageurs vantent à l'envi la beauté de Damas. « Je comprends, dit Lamartine, que les traditions arabes placent à Damas le site du paradis perdu : aucun lieu de la terre ne rappelle mieux l'Eden. La vaste et féconde plaine, les sept rameaux du fleuve bleu qui l'arrosent, l'encadrement majestueux des montagnes, les lacs éblouissants qui réfléchissent le ciel sur la terre, la perfection du climat, tout indique au moins que Damas a été une des premières villes bâties par les enfants des hommes… Tant que la terre portera des empires, Damas sera une grande ville. »
 
3 Comme il était en chemin, et qu'il approchait de Damas, tout à coup une lumière du ciel brilla autour de lui.4 Et, tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?5 Il dit : Qui êtes-vous, Seigneur? Et le Seigneur : Je suis Jésus que tu persécutes ; il t'est dur de regimber contre l'aiguillon.6 Alors, tremblant et frappé de stupeur, il dit : Seigneur, que voulez-vous que je fasse?7 Et le Seigneur lui répondit : Lève-toi, entre dans la ville ; car c'est là que te sera dit ce qu'il faut que tu fasses. Or les hommes qui l'accompagnaient demeuraient tout étonnés, entendant bien la voix, mais ne voyant personne.
Note Act. 9,7 : Ceci semble contradictoire avec ce qui est dit dans Actes des Apôtres, 22, 9. Mais cette contradiction, qui n'est qu'apparente, s'évanouit quand on considère qu'entendre signifie tout à la fois être frappé d'un son et comprendre.
8 Saul se leva donc de terre, et, les yeux ouverts, il ne voyait rien. Ainsi, le conduisant par la main, ils le firent entrer dans Damas.9 Et il y fut trois jours ne voyant point; et il ne but ni ne mangea.
 
10 Or il y avait un certain disciple à Damas, du nom d'Ananie; et le Seigneur lui dit en vision : Ananie. Et il dit : Me voici Seigneur.11 Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, et va dans la rue qu'on appelle Droite, et cherche dans la maison de Judas un nommé Saul de Tarse; car il y est en prières.
Note Act. 9,11 : La rue qu'on appelle Droite. « La rue Droite subsiste encore dans toute sa longueur ; c'est la plus grande de la ville. Elle la traverse d'une extrémité à l'autre, d'orient en occident. Ses édifices de chaque côté sont presque autant de boutiques ou de magasins dans lesquels sont étalées les plus riches marchandises soit d'Europe, soit des diverses parties de l'Asie, qu'y ont apportés les caravanes des pèlerins. » (DE GERAMB.) ― Saul de Tarse. Sur tarse, voir verset 30.
12 (Saul vit aussi un homme du nom d'Ananie, entrant et lui imposant les mains, pour qu'il recouvrât la vue.)
Note Act. 9,12 : Saul vit aussi un homme. Pendant que le Seigneur faisait entendre sa voix à Ananie, il le montrait à Saul dans une vision.
13 Ananie répondit : Seigneur, j'ai appris d'un grand nombre de personnes combien cet homme a fait de maux à vos saints dans Jérusalem ;
Note Act. 9,13 : Les premiers chrétiens étaient communément appelés saints, soit parce qu'ils avaient été sanctifiés par la grâce des sacrements, soit parce que la pureté de leurs mœurs et la sainteté de leur vie les rendaient dignes de cette glorieuse dénomination.
14 Ici même, il a pouvoir des princes des prêtres, pour charger de liens ceux qui invoquent votre nom.15 Mais le Seigneur lui repartit : Va, car cet homme m'est un vase d'élection, pour porter mon nom devant les gentils, les rois et les enfants d'Israël.16 Aussi je lui montrerai combien il faut qu'il souffre pour mon nom.17 Et Ananie alla, et il entra dans la maison; et lui imposant les mains, il dit : Saul mon frère, le Seigneur Jésus, qui t'a apparu dans le chemin par où tu venais, m'a envoyé pour que tu voies et que tu sois rempli de l'Esprit-Saint.18 Et aussitôt tombèrent de ses yeux comme des écailles, et il recouvra la vue ; et, se levant, il fut baptisé.19 Et lorsqu'il eut pris de la nourriture, il fut fortifié. Or il demeura quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas.
 
20 Et aussitôt il prêchait dans les synagogues que c'est Jésus qui est le Fils de Dieu.21 Or tous ceux qui l'écoutaient étaient étonnés et disaient : N'est-ce pas là celui qui poursuivait dans Jérusalem ceux qui invoquaient ce nom, et qui est venu ici pour les conduire chargés de liens aux princes des prêtres?22 Cependant Saul se fortifiait de plus en plus, et confondait les Juifs qui demeuraient à Damas, affirmant que Jésus est le Christ.
 
23 Lorsque beaucoup de jours se furent passés, les Juifs prirent ensemble la résolution de le faire mourir.24 Mais leurs trames furent découvertes à Saul. Or comme ils gardaient nuit et jour les portes pour le tuer,
Note Act. 9,24 : Voir 2 Corinthiens, 11, 32.
25 Les disciples le prirent et le descendirent de nuit par la muraille, le mettant dans une corbeille.
 
26 Lorsqu'il fut venu à Jérusalem, il cherchait à se joindre aux disciples; mais tous le craignaient, ne croyant pas qu'il fût disciple.
Note Act. 9,26 : A Jérusalem, pour la première fois depuis sa conversion. Quoiqu'il eût reçu immédiatement de Jésus-Christ sa mission apostolique, il sentait qu'il devait se rattacher au chef visible de l'Eglise. Voir Galates, 1, 18.
27 Alors Barnabé l'ayant pris avec lui, le conduisit aux apôtres, et leur raconta comment il avait vu le Seigneur dans le chemin, que le Seigneur lui avait parlé, et comment, à Damas, il avait agi avec assurance au nom de Jésus.
Note Act. 9,27 : Aux Apôtres, Pierre et Jacques, qui se trouvaient alors à Jérusalem. ― Barnabé. Voir Actes des Apôtres, 4, 36.
28 Saul demeurait donc avec eux à Jérusalem, agissant avec assurance au nom du Seigneur.
Note Act. 9,28 : Demeurait, etc. ; littéralement : Entrait et sortait ; hébraïsme. Voir Actes des Apôtres, 1, 21.
29 Il parlait aussi aux gentils, et disputait avec les Grecs; or ceux-ci cherchaient à le tuer.
Note Act. 9,29 : Les Grecs, dans le texte original : les Hellénistes, le nom désigne les Juifs qui, nés en pays étranger, parlaient la langue grecque.
30 Ce que les frères ayant su, ils le conduisirent à Césarée, et l'envoyèrent à Tarse.
Note Act. 9,30 : « Césarée de Palestine, qu'il faut distinguer de Césarée de Philippe, était une place forte, bâtie par Hérode, sur les bords de la mer, en l'honneur de César-Auguste, et munie d'un port de première importance. Le gouverneur romain résidait dans ses murs, avec un corps de troupe italien sur la fidélité duquel il pouvait compter. Le diacre Philippe s'y établit. Deux siècles et demi plus tard (315-340), cette ville avait pour évêque le premier historien de l'Eglise, Eusèbe, et la maison du centurion Corneille, transformée en église, était devenue un lieu de pèlerinage. » (L. BACUEZ.) ― « Césarée, l'ancienne et splendide capitale d'Hérode, n'a plus un seul habitant, raconte Lamartine. Ses murailles, relevées par saint Louis pendant sa croisade, sont néanmoins intactes, et serviraient encore aujourd'hui de fortifications excellentes à une ville moderne. Nous franchîmes le fossé profond qui les entoure, sur un pont de pierre à peu près au milieu de l'enceinte, et nous entrâmes dans le dédale de pierres, de caveaux entrouverts, de restes d'édifices, de fragments de marbre et de porphyre dont le sol de l'ancienne ville est jonché. Nous fîmes lever trois chacals du sein des décombres qui retentissaient sous les pieds de nos chevaux ; nous cherchions la fontaine qu'on nous avait indiquée, nous la trouvâmes avec peine à l'extrémité orientale de ces ruines ; nous y campâmes. Vers le soir, un jeune pasteur arabe y arriva avec un troupeau innombrable de vaches noires, de moutons et de chèvres ; il passa environ deux heures à puiser constamment de l'eau de la fontaine pour abreuver ses animaux, qui attendaient patiemment leur tour, et se retiraient en ordre après avoir bu, comme s'ils eussent été dirigés par des bergers. Cet enfant, absolument nu, était monté sur un âne ; il sortit le dernier des ruines de Césarée, et nous dit qu'il venait ainsi tous les jours d'environ deux lieues, conduire à l'abreuvoir les troupeaux de sa tribu établie dans la montagne. Voilà la seule rencontre que nous fîmes à Césarée, dans cette ville où Hérode, suivant Josèphe, avait accumulé toutes les merveilles des arts grecs et romains. » ― « Tarse, sur les bords du Cydnus, était la capitale de la Cilicie. C'était une ville libre, qui élisait ses magistrats ; mais il n'est pas certain qu'elle fût colonie romaine, ni qu'elle jouît du droit de municipe. Aussi croit-on que le titre de citoyen romain, acquis à saint Paul dès sa naissance, était un privilège de sa famille et non de sa patrie. Il est certain qu'il y avait en Asie, en particulier à Ephèse et à Sardes, des Juifs qui avaient reçu ce titre, soit pour leurs services militaires, soit pour quelque autre motif. La proximité de la mer et le voisinage de Chypre permettait à Tarse d'étendre son commerce et d’écouler les produits de son industrie. Ses écoles, que saint Paul avait pu fréquenter dans sa jeunesse, étaient célèbres en Orient et rivalisaient, dit-on, avec celles d'Athènes et d'Alexandrie. » (L. BACUEZ.)
 
31 L'Eglise cependant jouissait de la paix dans toute la Judée, la Galilée et le pays de Samarie ; elle s'établissait marchant dans la crainte du Seigneur, et elle était remplie de la consolation du Saint-Esprit.
 
32 Or il arriva que Pierre, en les visitant tous, vint voir les saints qui habitaient Lydde.
Note Act. 9,32 : Les saints. Voir verset 13. ― Lydde, bourgade de la tribu de Benjamin, appelée aussi Diospolis du temps des Romains, à peu de distance de la Méditerranée.
33 Et il trouva là un homme du nom d'Enée, gisant depuis huit ans sur un grabat, étant paralytique.34 Et Pierre lui dit : Enée, le Seigneur Jésus-Christ te guérit; lève-toi et fais toi-même ton lit. Et aussitôt il se leva.35 Et tous ceux qui habitaient Lydde et Sarone le virent, et ils se convertirent au Seigneur.
Note Act. 9,35 : Sarone. C'est la plaine de Saron qui est ici désignée. Elle s'étendait de Césarée de Palestine jusqu'à Joppé. Elle était très fertile et par conséquent peuplée.
 
36 Il y avait à Joppé, parmi les disciples, une femme du nom de Tabithe, qui veut dire par interprétation Dorcas. Elle était remplie de bonnes œuvres et elle faisait beaucoup d'aumônes.
Note Act. 9,36 : Tabitha en syriaque, et en grec Dorcas, veut dire gazelle. Joppé, aujourd'hui Jaffa, dont le nom signifie belle, sur la Méditerranée, aux confins de la tribu de Dan et d'Ephraïm. Les princes Asmonéens avaient rétabli son port. Incorporée par Pompée à la province de Syrie, cette ville fut rendue à Hyrcan II par Jules César. Plus tard elle fut sous la domination d'Hérode-le-Grand et d'Archélaüs. Unie de nouveau à la Syrie, elle fut depuis ruinée par Cestius Gallus et par Vespasien. Il y a peu de villes qui aient été aussi souvent saccagées, brûlées et reconstruites. Au siècle dernier, elle était presque déserte, aujourd'hui elle est florissante et compte une quinzaine de mille habitants, grâce à son port, qui est le port de Jérusalem, quoiqu'il soit peu sûr et que le débarquement y soit fort difficile. Les jardins qui entourent Jaffa sont bien arrosés et d'une fertilité merveilleuse. Il y a encore des tanneries sur le bord de la mer et l'on y montre la maison de Simon le Corroyeur (voir Actes des Apôtres, 9, 43 ; 10, 6) de même que le tombeau de Tabitha.
37 Or il arriva en ces jours-là qu'étant tombée malade, elle mourut. Après qu'on l'eut lavée, on la mit dans une chambre haute.
Note Act. 9,37 : Chambre haute, hyperôon. Voir Marc, 2, 4.
38 Et comme Lydde était près de Joppé, les disciples ayant appris que Pierre y était, envoyèrent vers lui deux hommes, pour lui faire cette prière : Hâte-toi de venir jusqu'à nous.39 Or Pierre, se levant, vint avec eux. Et lorsqu'il fut arrivé, ils le conduisirent dans le cénacle, et toutes les veuves l'entourèrent pleurant, et lui montrant des tuniques et des vêtements que leur faisait Dorcas.
Note Act. 9,39 : Dans le cénacle. Voir Actes des Apôtres, 1, 13. Dorcas avait formé une réunion de veuves pieuses, qui passaient avec elles les journées à tisser des habits pour les indigents.
40 Alors, ayant fait sortir tout le monde, Pierre, s'agenouillant, pria; et, se tournant vers le corps, il dit : Tabithe, lève-toi. Et elle ouvrit les yeux, et ayant vu Pierre, elle se mit sur son séant.41 Alors, lui donnant la main, il la leva; et quand il eut appelé les saints et les veuves, il la leur rendit vivante.42 Cela fut connu dans tout Joppé; et beaucoup crurent au Seigneur.43 Or il arriva qu'il demeura un grand nombre de jours à Joppé, chez un certain Simon, corroyeur.

Chapitre 10

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Chap. : 
Vision de Corneille.
Il envoie vers saint Pierre.
Saint Pierre va trouver Corneille et lui prêche Jésus.
Effusion du Saint-Esprit sur Corneille et sur plusieurs autres gentils : leur baptême.
1 Il y avait à Césarée un certain homme, du nom de Corneille, centurion de la cohorte qui est appelée Italique,
Note Act. 10,1 : A Césarée. Voir Actes des Apôtres, 9, 30. ― Corneille. Nous ne savons guère de lui que ce nous en apprennent les Actes. Peut-être était-il de l'illustre famille romaine des Cornélius. Saint Jérôme dit qu'il bâtit une église chrétienne Césarée et la tradition le fait évêque de Scamandios. ― Centurion. Voir Matthieu, 8, 5. ― De la cohorte. Voir Matthieu, 27, 27. ― Appelée Italique, parce qu'elle se composait de soldats d'Italie, et non de soldats tirés des provinces, afin que le procurateur romain pût compter davantage sur eux. ― A cette époque, les Apôtres se demandaient si les Gentils, qui étaient impurs par leur origine, pouvaient être admis dans l'Eglise sans avoir reçu la circoncision. Une révélation divine va éclairer saint Pierre sur cette grave question.
2 Religieux et craignant Dieu, avec toute sa maison, faisant beaucoup d'aumônes au peuple, et priant Dieu sans cesse ;
 
3 Cet homme vit manifestement en vision, vers la neuvième heure, un ange de Dieu venant à lui, et lui disant : Corneille.
Note Act. 10,3 : La neuvième heure. Voir Actes des Apôtres, 3, 1.
4 Et lui, le regardant, tout saisi de crainte, dit : Qu'est-ce, Seigneur? Et l'ange lui répondit : Tes prières et tes aumônes sont montées en souvenir devant Dieu.5 Et maintenant envoie des hommes à Joppé, et fais venir Simon, qui est surnommé Pierre;6 Il loge chez un certain Simon, corroyeur, dont la maison est près de la mer; c'est lui qui te dira ce qu'il faut faire.7 Lorsque l'ange qui lui parlait se fut retiré, il appela deux de ses serviteurs, et un soldat craignant Dieu, de ceux qui lui étaient subordonnés.8 Quand il leur eut tout raconté, il les envoya à Joppé.
 
9 Or, le jour suivant, eux étant en chemin et approchant de la ville, Pierre monta sur le haut de la maison, vers la sixième heure, pour prier.
Note Act. 10,9 : Sur le haut, etc. ; c'est-à-dire sur la plate-forme qui servait de toit. ― Vers la sixième heure ; c'est-à-dire vers midi.
10 Et comme il eut faim, il voulut prendre quelque nourriture. Pendant qu'on lui en apprêtait, il lui survint un ravissement d'esprit :11 Il vit le ciel ouvert, et comme une grande nappe suspendue par les quatre coins, et qu'on abaissait du ciel sur la terre,12 Et dans laquelle étaient toutes sortes de quadrupèdes, de reptiles de la terre, et d'oiseaux du ciel.13 Et une voix vint à lui : Lève-toi, Pierre, tue et mange.14 Mais Pierre dit : A Dieu ne plaise. Seigneur, car je n'ai jamais mangé rien d'impur et de souillé.
Note Act. 10,14 : Je n'ai jamais mangé rien d'impur. La loi de Moïse défendait aux Israélites de manger la chair d'un certain nombre d'animaux appelés pour cette raison impurs.
15 Et la voix lui dit encore une seconde fois : Ce que Dieu a purifié, ne l'appelle pas impur.16 Or cela fut fait par trois fois, et aussitôt la nappe fut retirée dans le ciel.
 
Actes 10, 17-32 : Saint Pierre dans la maison de Corneille - Gravure de Gustave Doré
Actes 10, 17-32 : Saint Pierre dans la maison de Corneille - Gravure de Gustave Doré
17 Pendant que Pierre hésitait en lui-même sur ce que signifiait la vision qu'il avait eue, voilà que les hommes qui avaient été envoyés par Corneille, s'enquérant de la maison de Simon, arrivèrent à la porte.
Note Act. 10,17 : A la porte. Le mot qu'emploie le texte grec désigne la grande porte d'entrée de la maison.
18 Et ayant appelé, ils demandaient si ce n'était point là que logeait Simon, surnommé Pierre.19 Cependant, comme Pierre songeait à la vision, l'Esprit lui dit : Voilà trois hommes qui te cherchent.20 Lève-toi donc, descends, et va avec eux sans hésitation aucune, parce que c'est moi qui les ai envoyés.21 Or Pierre étant descendu vers les hommes dit : Je suis celui que vous cherchez ; quelle est la cause pour laquelle vous êtes venus?22 Ils répondirent : Corneille, centurion, homme juste et craignant Dieu, et ayant pour lui le témoignage de toute la nation juive a reçu d'un ange saint l'ordre de vous appeler dans sa maison, et d'écouter vos paroles.23 Les faisant donc entrer, il les logea. Mais le jour suivant, il partit avec eux; et quelques-uns des frères de Joppé l'accompagnèrent.
 
24 Et le jour d'après il entra dans Césarée. Or Corneille les attendait, ses parents et ses amis les plus intimes étant assemblés.25 Et il arriva que lorsque Pierre entrait, il vint au devant de lui, et, tombant à ses pieds, il l'adora.26 Mais Pierre le releva, disant: Levez-vous; et moi aussi je ne suis qu'un homme.27 Et s'entretenant avec lui, il entra, et trouva un grand nombre de personnes qui étaient assemblées;
 
28 Et il leur dit : Vous savez, vous, quelle abomination c'est pour un homme juif, que de fréquenter ou même d'approcher un étranger; mais Dieu m'a montré à ne traiter aucun homme d'impur ou de souillé.
Note Act. 10,28 : Un étranger, « expression adoucie à dessein pour dire un païen. Cette interdiction ne se trouve pas formellement dans la Loi ; elle venait de la coutume et de l'interprétation des Docteurs. » (CRAMPON)
29 C'est pourquoi, ayant été appelé, je suis venu sans hésitation. Je vous demande donc pour quel sujet vous m'avez appelé?
Note Act. 10,29 : Pour quelle raison, etc. Pierre le savait déjà (verset 22) ; mais il veut s'assurer des dispositions et des sentiments intimes du Centurion.
 
30 Et Corneille lui dit : Il y a en ce moment quatre jours, j'étais priant dans ma maison, à la neuvième heure ; et voilà qu'un homme vêtu de blanc se présenta devant moi, et dit :
Note Act. 10,30 : Un homme vêtu de blanc. Les grands personnages se revêtaient d'habits blancs. Voir Luc, 23, 11. Un ange sous la figure d'un homme. Voir Actes des Apôtres, 1, 10.
 
31 Corneille, ta prière a été exaucée, et tes aumônes ont été en souvenir devant Dieu.32 Ainsi envoie à Joppé et fais venir Simon, qui est surnommé Pierre ; il est logé dans la maison de Simon, corroyeur, près de la mer.33 Aussitôt donc, j'ai envoyé vers vous, et vous m'avez fait la grâce de venir. Maintenant donc, nous sommes tous devant vous pour entendre tout ce que le Seigneur vous a commandé.
 
34 Alors, ouvrant la bouche, Pierre dit : En vérité, je vois que Dieu ne fait point acception des personnes;35 Mais qu'en toute nation celui qui le craint et pratique la justice, lui est agréable.
Note Act. 10,35 : Pierre proclame ici, non l'indifférence des religions, mais l'indifférence des nations pour le salut en Jésus-Christ.
36 Dieu a envoyé la parole aux enfants d'Israël, annonçant la paix par Jésus-Christ (qui est le Seigneur de tous);37 Vous savez, vous, ce qui est arrivé dans toute la Judée, en commençant par la Galilée, après le baptême que Jean a prêché ;
Note Act. 10,37 : Voir Luc, 4, 14.
38 Comment Dieu a oint de l'Esprit-Saint et de sa vertu, Jésus de Nazareth, qui a passé en faisant le bien et guérissant tous ceux qui étaient opprimés par le diable, parce que Dieu était avec lui.39 Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem, ce Jésus qu'ils ont tué, le suspendant à un bois.40 Dieu l'a ressuscité le troisième jour, et lui a donné de se se manifester,41 Non à tout le peuple, mais aux témoins préordonnés de Dieu, à nous, qui avons mangé et bu avec lui, après qu'il fut ressuscité des morts.
Note Act. 10,41 : Préordonnés ; ce mot, qui est de Bossuet, rend plus fidèlement le texte sacré que celui de prédestiné, qui est généralement employé.
42 Et il nous a commandé de prêcher au peuple et d'attester que c'est celui que Dieu a établi juge des vivants et des morts.43 C'est à lui que tous les prophètes rendent ce témoignage que tous ceux qui croient en lui reçoivent, par son nom, la rémission des péchés.
Note Act. 10,43 : Voir Jérémie, 31, 34 ; Michée, 7, 18.
 
44 Pierre parlant encore, l'Esprit-Saint descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole.
Note Act. 10,44 : « C'est le seul exemple que nous offre le Nouveau Testament de l'effusion du Saint-Esprit avant le baptême. Dieu, dans la distribution de se grâces, considère avant tout les dispositions de l'âme : il est libre pour le reste. » (CRAMPON)
45 Et les fidèles circoncis, qui étaient venus avec Pierre, s'étonnèrent grandement de ce que la grâce de l'Esprit-Saint était aussi répandue sur les gentils.46 Car ils les entendaient parlant diverses langues et glorifiant Dieu.47 Alors Pierre dit : Peut-on refuser l'eau du baptême à ceux qui ont reçu l'Esprit-Saint comme nous?48 Et il ordonna qu'ils fussent baptisés au nom du Seigneur Jésus-Christ. Alors ils le prièrent de demeurer avec eux quelques jours.
Note Act. 10,48 : Qu'ils fussent baptisés au nom, etc. Voir Actes des Apôtres, 2, 38.

Chapitre 11

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Chap. : 
Pierre repris rend raison de sa conduite.
Disciples dispersés prêchant aux Juifs, puis aux gentils.
Barnabé et Paul prêchent à Antioche.
Disciples appelés Chrétiens.
Prophétie d’Agabus.
Aumônes pour les chrétiens de Judée.
1 Or les apôtres et les frères, qui étaient en Judée, apprirent que les gentils aussi avaient reçu la parole de Dieu.2 Et, lorsque Pierre fut revenu à Jérusalem, ceux de la circoncision disputaient contre lui,3 Disant : Pourquoi es-tu entré chez des hommes incirconcis, et as-tu mangé avec eux?4 Et Pierre commença à leur exposer les choses par ordre, disant :
 
5 J'étais dans la ville de Joppé, priant, et dans un ravissement d'esprit, je vis comme une grande nappe suspendue par les quatre coins, qu'on abaissait du ciel, et qui vint jusqu'à moi.
Note Act. 11,5 : Joppé. Voir Actes des Apôtres, 9, 36.
6 En la considérant attentivement, je vis les quadrupèdes de la terre, et les bêtes sauvages, et les reptiles, et les oiseaux du ciel.7 Et j'entendis une voix qui me disait : Tue et mange.8 Et je répondis : Nullement, Seigneur; car jamais rien d'impur ou de souillé n'entra dans ma bouche.9 Et la voix du ciel me dit une seconde fois : Ce que Dieu a purifié, ne l'appelle pas impur.10 Cela fut fait par trois fois, et tout rentra dans le ciel.11 Et voilà qu'aussitôt trois hommes, envoyés vers moi de Césarée, s'arrêtèrent devant la maison où j'étais.12 Et l'Esprit me dit d'aller avec eux sans hésiter. Les six frères que voici vinrent avec moi, et nous entrâmes dans la maison de cet homme.13 Or il nous raconta comment il avait vu dans sa maison un ange qui s'était présenté et lui avait dit : Envoie à Joppé et fais venir Simon, qui est surnommé Pierre ;14 Il le dira des paroles par lesquelles tu seras sauvé, toi et toute ta maison.15 Lorsque j'eus commencé de parler, l'Esprit descendit sur eux comme sur nous au commencement.16 Alors je me souvins de la parole du Seigneur, lorsqu'il disait : Jean a baptisé dans l'eau; mais vous, vous serez baptisés dans l'Esprit-Saint.
Note Act. 11,16 : Voir Matthieu, 3, 11 ; Marc, 1, 8 ; Luc, 3, 16 ; Jean, 1, 26 ; Actes des Apôtres, 1, 5 ; 19, 4. ― « L'effusion de l'Esprit-Saint dans les âmes est appelé par figure un baptême, évidemment supérieur au baptême d'eau. » (CRAMPON)
17 Si donc Dieu leur a donné la même grâce qu'à nous, qui avons cru au Seigneur Jésus-Christ; qui étais-je, moi, pour m'opposer à Dieu?
 
18 Ces choses entendues, ils se turent, et glorifièrent Dieu, disant : Dieu a donc accordé la pénitence aux gentils aussi, pour qu'ils aient la vie.
 
19 Cependant ceux qui avaient été dispersés par la persécution qui s'était élevée au temps d'Etienne, avaient passé jusqu'en Phénicie, en Chypre, et à Antioche, n'annonçant la parole qu'aux Juifs seulement.
Note Act. 11,19 : En Phénicie. Au premier siècle de notre ère, la Phénicie formait une province de la Syrie, longeant la Méditerranée entre le fleuve Eleuthère et le mont Carmel. ― En Chypre, île de la Méditerranée entre la Cilicie et la Syrie. Parmi les villes de cette île, les Actes des Apôtres mentionnent Salamine et Paphos, 13, 5-6. ― Dans Antioche, capitale de la Syrie, sur l'Oronte, bâtie par Séleucus Nicanor et nommée par lui Antioche en l'honneur de son père Antiochus. Les Juifs hellénistes y étaient nombreux.
20 Mais il y avait parmi eux quelques hommes de Chypre et de Cyrène, qui, étant entrés dans Antioche, parlaient aux Grecs, leur annonçant le Seigneur Jésus.
Note Act. 11,20 : De Cyrène. Voir Actes des Apôtres, 2, 10. ― Aux Grecs, les juifs hellénistes parlant grec.
21 Et la main du Seigneur était avec eux; et un grand nombre crurent et se convertirent au Seigneur.
 
22 Or, lorsque le bruit en fut venu jusqu'aux oreilles de l'Eglise de Jérusalem, ils envoyèrent Barnabé à Antioche,23 Lequel, lorsqu'il fut arrivé et qu'il eut vu la grâce de Dieu, se réjouit; et il les exhortait tous à persévérer, d'un cœur ferme, dans le Seigneur;24 Car c'était un homme bon, plein de l'Esprit-Saint et de foi. Ainsi une grande multitude s'attacha au Seigneur.
 
25 Barnabé partit ensuite pour Tarse, afin de chercher Paul; et, l'ayant trouvé, il l'amena à Antioche.
Note Act. 11,25 : Pour Tarse. Voir Actes des Apôtres, 9, 30.
26 Et pendant une année entière ils demeurèrent dans cette Eglise, et y enseignèrent une foule nombreuse; en sorte que ce fut à Antioche que les disciples reçurent pour la première fois le nom de Chrétiens.
 
27 Or, en ces jours-là, des prophètes vinrent de Jérusalem à Antioche;
Note Act. 11,27 : Des prophètes, des fidèles qui avaient reçu le charisme ou don de prophétie (voir 1 Corinthiens, 12, 10).
28 Et l'un d'eux, du nom d'Agabus, se levant, annonçait, par l'Esprit-Saint, qu'il y aurait une grande famine dans tout l'univers; laquelle, en effet, arriva sous Claude.
Note Act. 11,28 : Agabus, d'ailleurs inconnu, fit une autre prédiction plus tard pour annoncer l'emprisonnement de saint Paul, voir Actes des Apôtres, 21, 10. ― La famine qu'il annonça ici eut lieu vers l'an 44 et sévit cruellement en Judée, comme l'a raconté l'historient Josèphe, sous le règne de Claude, quatrième empereur romain, qui gouverna l'empire depuis l'assassinat de Caligula en 41 jusqu'en 54 où il fut empoisonné par sa femme Agrippine.
29 Et les disciples résolurent d'envoyer, chacun suivant ce qu'il possédait, des aumônes aux frères qui habitaient dans la Judée;30 Ce qu'ils firent, en effet, les envoyant aux anciens par les mains de Barnabé et de Saul.
Note Act. 11,30 : Par les mains ; c'est-à-dire sous la conduite. Voir Actes des Apôtres, 5, 12. ― Aux anciens, aux chefs de l'église, qui étaient les évêques et les prêtres. Le texte grec porte presbyteroi, mot qui signifie tout à la fois anciens et vieillards, évêques et prêtres. Le nom des prêtres vient même de là par l'intermédiaire du latin presbyteri.

Chapitre 12

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Chap. : 
Martyre de saint Jacques le Majeur.
Emprisonnement et délivrance de saint Pierre.
Hérode Agrippa meurt frappé de Dieu.
Actes 12, 1-11 : Délivrance de Saint Pierre - Gravure de Gustave Doré
Actes 12, 1-11 : Délivrance de Saint Pierre - Gravure de Gustave Doré
1 En ce temps-là, le roi Hérode porta les mains sur quelques-uns de l'Eglise pour les tourmenter.
Note Act. 12,1 : Cet Hérode était surnommé Agrippa. ― Porta les mains, ou mit les mains sur ; hébraïsme qui veut dire : se mettre à, entreprendre, commencer. Le roi Hérode Agrippa I, fils d'Aristobule et de Bérénice, petit-fils d'Hérode le Grand et neveu d'Hérode Antipas, était né vers l'an 10 avant notre ère. Elevé à Rome, il y avait été mis en prison par Tibère, mais il fut mis en liberté à l'avènement de Caligula et obtint les tétrarchies de Philippe et de Lysanias avec le titre de roi. En l'an 41, Claude y ajouta la Judée et la Samarie, de sorte qu'Agrippa I fut ainsi aussi puissant qu'Hérode le Grand. Il affectait un grand zèle pour le judaïsme. Sa mort affreuse est racontée aux versets 21-23. Elle eut lieu l'an 44 ; il avait 54 ans et avait régné 7 ans.
2 Il fit mourir par le glaive Jacques, frère de Jean.
Note Act. 12,2 : Jacques le Majeur, fils de Zébédée, le premier des Apôtres qui subit le martyre. ― Il fit mourir par le glaive Jacques le Majeur. Sur le lieu traditionnel où fut décapité le saint apôtre s'élève une église qui lui est dédiée et qui appartient aux Arméniens non unis, dans la partie sud-ouest de Jérusalem, sur le mont Sion. Saint Jacques fut le premier Apôtre qui versa son sang pour Jésus-Christ, en l'an 44, onze ans après l'Ascension, aux environs de la Pâque juive, d'après le témoignage de Clément d'Alexandrie, conservé par Eusèbe.
 
3 Et voyant que cela plaisait aux Juifs, il fit aussi prendre Pierre. Or c'étaient les jours des azymes.
Note Act. 12,3 : Jours des azymes. Voir Matthieu, 26, 17.
4 Lorsqu'il l'eut pris, il le mit en prison, le confiant à la garde de quatre bandes de quatre soldats chacune, voulant, après la pâque, le produire devant le peuple.
 
5 Ainsi Pierre était gardé dans la prison. Mais l'Eglise faisait à Dieu, sans interruption, des prières pour lui.
 
6 Or la nuit même d'avant le jour où Hérode devait le produire, Pierre dormait entre deux soldats, lié de deux chaînes, et des gardes devant la porte gardaient la prison.
Note Act. 12,6 : « On avait appliqué à Pierre la custodia militaris des Romains. Des quatre soldats de l'escouade, deux se trouvaient dans la cellule du prisonnier : l'un était libre, et Pierre était attaché à l'autre par deux chaînes, une à chaque main. Les deux autres soldats étaient postés, l'un à la porte de la cellule, l'autre à la porte extérieure de la prison (la porte de fer), mais au dedans : c'étaient la première et la deuxième garde (verset 10). Ces précautions montrent bien l'intention d'Agrippa de condamner à mort le chef de l'Eglise. » (CRAMPON)
7 Et voilà qu'un ange du Seigneur se présenta, et une lumière brilla dans la prison ; alors l'ange, frappant Pierre au côté, le réveilla, disant : Lève-toi promptement. Et les chaînes tombèrent de ses mains.8 Alors l'ange lui dit : Ceins-toi et mets la chaussure à tes pieds. Et il fit ainsi. Et l'ange dit: Prends ton vêtement autour de toi, et suis-moi.9 Et sortant, il le suivait, et il ne savait pas que ce qui se faisait par l'ange fût véritable; car il croyait avoir une vision.10 Or ayant passé la première et la seconde garde, ils vinrent à la porte de fer qui mène à la ville; elle s'ouvrit d'elle-même à eux. Et, sortant, ils s'avancèrent dans une rue; et aussitôt l'ange le quitta.
 
11 Alors Pierre, revenu à lui, dit : Maintenant je reconnais véritablement que Dieu a envoyé son ange, et qu'il m'a soustrait à la main d'Hérode et à toute l'attente du peuple juif.12 Et, réfléchissant, il vint à la maison de Marie, mère de Jean, qui est surnommé Marc, où beaucoup de personnes étaient assemblées et priaient.
Note Act. 12,12 : Jean Marc, parent de Barnabé, regardé communément comme le même que saint Marc l'Evangéliste, accompagna saint Paul et saint Barnabé dans quelques-unes de leurs missions (voir Actes des Apôtres, 13, vv. 5, 13 ; 15, vv. 37, 39) Il devint plus tard secrétaire de saint Pierre.
13 Or, comme il frappait à la porte, une jeune fille, nommée Rhode, vint pour écouter.
Note Act. 12,13 : Rhode. Ce nom signifie rose.
14 Dès qu'elle reconnut la voix de Pierre, transportée de joie, elle n'ouvrit pas la porte, mais, rentrant en courant, elle annonça que Pierre était à la porte.15 Ils lui dirent : Tu es folle. Mais elle assurait qu'il en était ainsi. Sur quoi ils disaient : C'est son ange.16 Cependant Pierre continuait de frapper. Et lorsqu'ils eurent ouvert, ils le virent et furent dans la stupeur.17 Mais lui, leur faisant de la main signe de se taire, raconta comment le Seigneur l'avait tiré de la prison, et il dit : Annoncez ces choses à Jacques et à nos frères. Et étant sorti, il s'en alla dans un autre lieu.
Note Act. 12,17 : A Jacques le Mineur, fils d'Alphée, cousin de Notre Seigneur et premier évêque de Jérusalem.
 
18 Quand il fit jour, il n'y eut pas peu de trouble parmi les soldats, au sujet de ce que Pierre était devenu.19 Hérode l'ayant fait chercher, et ne l'ayant point trouvé, fit donner la question aux gardes, et commanda de les mener au supplice; puis il descendit de Jérusalem à Césarée, où il séjourna.
Note Act. 12,19 : A Césarée. Voir Actes des Apôtres, 9, 30.
 
20 Il était irrité contre les Tyriens et les Sidoniens. Mais ils vinrent d'un commun accord vers lui, et Blaste, chambellan du roi, ayant été gagné, ils demandaient la paix, parce que leur pays tirait sa subsistance des terres du roi.21 Ainsi, au jour fixé, Hérode, revêtu du vêtement royal, s'assit sur son trône, et il les haranguait.
Note Act. 12,21 : L’historien juif Josèphe confirme en tous points le récit de saint Luc (Antiq. XIX, VII, 1-2).
22 Et le peuple applaudissait, criant : C'est le discours d'un dieu et non d'un homme.23 Et soudain un ange du Seigneur le frappa, parce qu'il n'avait point rendu gloire à Dieu; et, mangé des vers, il expira.
 
24 Cependant la parole de Dieu croissait et se multipliait.
 
25 Et Barnabé et Saul, leur mission remplie, revinrent de Jérusalem, ayant pris avec eux Jean, qui est surnommé Marc.
Note Act. 12,25 : Voir Actes des Apôtres, 11, 30.

Chapitre 13

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Chap. : 
Paul et Barnabé sont envoyés aux gentils.
Ils passent dans l’île de Chypre.
Le magicien Barjésu frappé d’aveuglement.
Conversion du proconsul Sergius Paulus.
Paul vient à Antioche de Pisidie, où il prêche dans la synagogue.
Les Juifs lui résistent.
Il se tourne vers les gentils.
1 Il y avait dans l'église d'Antioche des prophètes et des docteurs, parmi lesquels Barnabé et Simon, qui s'appelait le Noir, Lucius de Cyrène, et Manahen, frère de lait d'Hérode le tétrarque, et Saul.
Note Act. 13,1 : Ici commence la troisième et dernière partie des Actes. Barnabé qui était sans doute à la tête de l'Eglise d'Antioche. ― Simon le Noir. En grec Suméôn, personnage inconnu. ― Lucius de Cyrène est peut-être le même qui est nommé dans Romains, 16, 21. Manahen est inconnu. ― Hérode le tétrarque. Voir Matthieu, 14, 1. Saul, saint Paul. Frère de lait : le mot grec est ainsi traduit par la Vulgate ; mais il a aussi la signification de nourri, élevé avec. On donnait alors aux enfants des grandes familles, non seulement des pédagogues ou précepteurs, mais encore d'autres enfants ou compagnons élevés avec eux. Ce dernier sens est généralement adopté par les exégètes modernes.
2 Or pendant qu'ils offraient au Seigneur les saints mystères, et qu'ils jeûnaient, l'Esprit-Saint leur dit : Séparez-moi Saul et Barnabé pour l'oeuvre à laquelle je les ai appelés.3 Alors, ayant jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les firent partir.
Note Act. 13,3 : C'est ainsi que commença la première mission de saint Paul, l'an 45 de notre ère.
 
4 Et eux, étant ainsi envoyés par l'Esprit-Saint, allèrent à Séleucie, et de là ils firent voile pour Chypre.
Note Act. 13,4 : Séleucie, ville de Syrie sur la Méditerranée, au sud et à 120 stades d'Antioche vis-à-vis de l'île de Chypre, à 40 stades au nord de l'embouchure de l'Oronte. ― Chypre. Voir Actes des Apôtres, 11, 19.
5 Quand ils furent venus à Salamine, ils annonçaient la parole de Dieu dans les synagogues des Juifs. Or Jean les aidait dans le ministère.
Note Act. 13,5 : A Salamine. C'était une des villes principales de l'île de Chypre, sur la côte orientale, avec un bon port. Les Juifs y étaient nombreux. On voit aujourd'hui ses ruines près de la moderne Famagouste. ― Dans les synagogues. Quand un Juif étranger assistait aux offices de la synagogue, le chef de la synagogue l'invitait à parler et saint Paul ne manqua jamais, dans toute sa carrière apostolique, de saisir cette occasion d'annoncer l'Evangile. Comparer à Luc, 4, 16 et Actes des Apôtres, 13, 15.
6 Après qu'ils eurent parcouru toute l'île jusqu'à Paphos, ils trouvèrent un certain homme, magicien, faux prophète et Juif, dont le nom était Barjésu,
Note Act. 13,6 : Jusqu'à Paphos. Cette ville, port de mer, était à l'opposé de Salamine, sur la côte occidentale de l'île de Chypre. Elle servait alors de résidence au proconsul romain. L'ancienne Paphos, célèbre chez les anciens par le culte de Vénus, était à soixante stades au nord. ― Barjésu. Ce nom signifie fils de Jésus.
7 Et qui était avec le proconsul Sergius Paulus, homme prudent. Celui-ci, ayant fait venir Barnabé et Saul, désirait entendre la parole de Dieu.
Note Act. 13,7 : Sergius Paulus. « Les Actes donnent à Sergius Paulus le titre de proconsul. On sait, en effet, que la Chypre, à raison de son importance et de son étendue, formait à elle seule une province dans l'empire, et l'on voit par plusieurs médailles qu'elle avait pour gouverneur un proconsul annuel, comme toutes les provinces dont le gouvernement dépendant du Sénat. L'éloge que saint Luc fait des lumières et de la sagesse de Sergius Paulus, et l'impression que l'Evangile produisit sur son esprit, donnent lieu de croire qu'il devint un des appuis du christianisme naissant. Le Martyrologe romain le nomme au 22 mars, avec le titre d'évêque de Narbonne ; et l'église de cette ville l'a toujours regardé comme son apôtre. D'après la tradition, saint Paul l'aurait établi sur ce siège, dans le voyage qu'il fit pour se rendre en Espagne. Narbonne est bien, en effet sur la voie qui conduisait de l'Italie dans la Bétique. L'itinéraire d'Antonin, qui décrit cette voie, nomme Nice, Arles Narbonne, les monts Pyrénées, Barcelone. ― Plusieurs pensent que c'est en souvenir de la conversion de Sergius Paulus, comme signe de l'estime et de l'affection dont il honorait son généreux disciple, que l'Apôtre aurait pris le nom de Paul, à la place de celui de Saul qu'il avait porté jusque là. Mais, si cette conjoncture a quelque vraisemblance, elle n'est pas nécessaire pour l'explication du fait. L'usage des doubles noms, ou des surnoms grecs et latins, était alors commun chez les Juifs. Un certain nombre qui avaient un nom significatif, le traduisaient dans l'une de ces langues, comme Céphas qui s'appela Petrus, Silas qu'on nomma Tertius ou Silvanus, etc. D'autres, renonçant tout à fait à leur nom, en prenaient un suivant leur goût, comme Jean qui prit le nom de Marc, Jannès qui se nomma Alexandre, Onias qui s'appela Ménélaüs, Jésus qui prit celui de Juste. D'autres enfin se bornaient à changer quelque lettre ou à modifier la désinence de leur nom pour lui donner une apparence grecque ou latine. Ainsi on disait Jason au lieu de Jésus, Alcime pour Eliacim, Hégésippe au lieu de Joseph, Dosithée au lieu de Dosithai, Trypho pour Tarphon, Alphée pour Clopé, Diocletianus pour Dioclès. C'est ce qu'aura fait probablement saint Paul. Au moment d'entrer dans l'empire et de se mettre en rapport avec les Romains, il aura latinisé son nom, en l'altérant le moins possible. » (L. BACUEZ.)
8 Or Elymas, le magicien (car c'est ainsi qu'on interprête son nom), leur résistait, cherchant à détourner le proconsul de la foi.9 Mais, rempli de l'Esprit-Saint, Saul, qui est le même que Paul, le regardant,10 Dit : Ô homme plein de toute malice et de toute fraude, fils du diable, ennemi de toute justice, tu ne cesses de subvertir les voies droites du Seigneur.11 Mais maintenant, voilà la main du Seigneur sur toi, et tu seras aveugle, ne voyant point le soleil jusqu'à un certain temps. Et soudain tomba sur lui une profonde obscurité et des ténèbres ; et allant çà et là, il cherchait qui lui donnât la main.12 Alors le proconsul voyant ce fait, crut, admirant la doctrine du Seigneur.
 
13 Paul et ceux qui étaient avec lui, s'étant embarqués à Paphos, vinrent à Perge de Pamphylie. Mais Jean, se séparant d'eux, s'en retourna à Jérusalem.
Note Act. 13,13 : A Perge, capitale de la Pamphylie, sur la rivière Cestros, à soixante stades de la Méditerranée. Dans le voisinage, sur une éminence, était un temple célèbre de Diane. ― La Pamphylie, province de l'Asie Mineure, est déjà mentionnée, voir Actes des Apôtres, 2, 10. ― Jean Marc. Voir Actes des Apôtres, 12, 12.
14 Mais eux, passant au-delà de Perge, vinrent à Antioche de Pisidie, et, étant entrés dans la synagogue le jour du sabbat, ils s'assirent.
Note Act. 13,14 : Du sabbat ; littéralement, des sabbats. Le pluriel de ce mot se met quelquefois pour le singulier. ― Antioche de Pisidie était une ville de Phrygie, mais on l'appelait de Pisidie, à cause de la proximité de cette province et afin de la distinguer d'Antioche de Syrie. Comme cette dernière, elle avait été bâtie par Séleucus Nicanor qui l'avait ainsi nommée en l'honneur de son père Antiochus. C'était une ville importante. Auguste en avait fait une colonie romaine.
15 Après la lecture de la loi et des prophètes, les chefs de la synagogue envoyèrent vers eux, disant : Hommes, nos frères, si vous avez quelque exhortation à faire au peuple, parlez.
Note Act. 13,15 : Les chefs de la synagogue. Le premier archisynagogus (voir Marc, 5, 22) était assisté d'un conseil composé d'un nombre plus ou moins considérable de membres, selon l'importance des synagogues. On les appelait quelquefois Archisynagogi ou chefs de la synagogue. Ils avaient dans l'assemblée des sièges particuliers, près du coffre destiné à recevoir les Saintes Ecritures.
 
16 Alors Paul se levant, et de la main commandant le silence, dit : Hommes d'Israël, et vous qui craignez Dieu, écoutez :17 Le Dieu du peuple d'Israël a choisi nos pères, et a exalté ce peuple lorsqu'il habitait dans la terre d'Egypte, et, le bras levé, il l'en a retiré.
Note Act. 13,17 : Voir Exode, 1, 1 ; 13, 21-22.
18 Et pendant une durée de quarante ans, il supporta sa conduite dans le désert.
Note Act. 13,18 : Voir Exode, 16, 3.
19 Puis, ayant détruit sept nations dans le pays de Chanaan, il lui en partagea la terre par le sort,
Note Act. 13,19 : Voir Josué, 14, 2.
20 Après environ quatre cent cinquante ans; et ensuite, il leur donna des juges jusqu'au prophète Samuel.
Note Act. 13,20 : Voir Juges, 3, 9.
21 Alors ils demandèrent un roi, et Dieu leur donna Saül, fils de Cis, de la tribu de Benjamin, pendant quarante ans ;
Note Act. 13,21 : Voir 1 Rois, 8, 5 ; 9, 16 ; 10, 1.
22 Puis l'ayant ôté, il leur suscita pour roi David, à qui il rendit témoignage, disant : J'ai trouvé David, fils de Jessé, homme selon mon cœur, qui fera toutes mes volontés.
Note Act. 13,22 : Voir 1 Rois, 13, 14 ; 16, 13 ; Psaumes, 88, 21.
23 C'est de sa postérité que Dieu, selon sa promesse, a suscité à Israël le Sauveur Jésus,
Note Act. 13,23 : Voir Isaïe, 11, 1.
24 Jean, avant sa venue, ayant prêché le baptême de pénitence à tout le peuple d'Israël.
Note Act. 13,24 : Voir Matthieu, 3, 1 ; Marc, 1, 4 ; Luc, 3, 3.
25 Et lorsque Jean achevait sa course, il disait : Je ne suis pas celui que vous pensez; mais voilà que vient après moi celui dont je ne suis pas digne de délier la chaussure.
Note Act. 13,25 : Voir Matthieu, 3, 11 ; Marc, 1, 7 ; Jean, 1, 27. ― La chaussure, les sandales. Voir Marc, 6, 9.
 
26 Hommes, mes frères, fils de la race d'Abraham, c'est à vous, et à ceux qui parmi vous craignent Dieu, que la parole de ce salut a été envoyée.
Note Act. 13,26 : La parole de ce salut ; c'est-à-dire du salut dont Jésus-Christ est l'auteur. Comparer au verset 23. Dans Actes des Apôtres, 5, 20, on a pu remarquer une construction de phrase tout à fait semblable.
27 Car ceux qui habitaient Jérusalem, et leurs chefs, le méconnaissant et ne comprenant pas les paroles qui sont lues à chaque sabbat, ils les ont accomplies en le condamnant;28 Et, ne trouvant en lui aucune cause de mort, ils demandèrent à Pilate de le faire mourir.29 Et après qu'ils eurent consommé tout ce qui était écrit de lui, le descendant du bois, ils le mirent dans un sépulcre.30 Mais Dieu l'a ressuscité des morts le troisième jour, et pendant un grand nombre de jours il a été vu de ceux
Note Act. 13,30 : Voir Matthieu, 28 ; Marc, 16 ; Luc, 24 ; Jean, 20.
31 Qui étaient montés avec lui de Galilée à Jérusalem, et qui sont maintenant ses témoins devant le peuple.32 Et nous, nous vous annonçons que la promesse qui a été faite à nos pères,33 Dieu l'a tenue à nos fils, ressuscitant Jésus, comme il est écrit dans le deuxième psaume : Vous êtes mon fils, je vous ai engendré aujourd'hui.
Note Act. 13,33 : Voir Psaumes, 2, 7.
34 Et qu'il l'ait ressuscité d'entre les morts, pour ne plus retourner à la corruption, c'est ce qu'il a dit par ces paroles : Je vous tiendrai les promesses sacrées faites à David, promesses inviolables.
Note Act. 13,34 : Voir Isaïe, 55, 3.
35 Et ailleurs encore il dit : Vous ne permettrez point que votre Saint voie la corruption.
Note Act. 13,35 : Voir Psaumes, 15, 10. ― Voie la corruption. Comparer à Actes des Apôtres, 2, 27.
36 Car David, après avoir servi en son temps aux desseins de Dieu, s'endormit; il fut déposé près de ses pères, et vit la corruption.
Note Act. 13,36 : Voir 1 Rois, 2, 10.
37 Mais celui que Dieu a ressuscité d'entre les morts, n'a point vu la corruption.
 
38 Qu'il soit donc connu de vous, mes frères, que c'est par lui que la rémission des péchés vous est annoncée; et toutes les choses dont vous n'avez pu être justifiés par la loi de Moïse,39 Quiconque croit en lui, en est justifié par lui.40 Prenez donc garde que ne vienne sur vous ce qui est dit dans les prophètes :41 Voyez, contempteurs, admirez et anéantissez-vous; car je fais une œuvre en vos jours, une œuvre que vous ne croirez pas, si on vous la raconte.
Note Act. 13,41 : Voir Habacuc, 1, 5.
 
42 Lorsqu'ils sortaient de la synagogue, on les priait de parler, le sabbat suivant, sur le même sujet.43 Et quand l'assemblée se fut séparée, beaucoup de Juifs et de prosélytes servant Dieu, suivirent Paul et Barnabé qui, leur parlant, les exhortaient à persévérer dans la grâce de Dieu.
Note Act. 13,43 : De prosélytes, gentils convertis au judaïsme.
 
44 Or, le sabbat suivant, presque toute la ville s'assembla pour entendre la parole de Dieu.45 Mais, voyant cette foule, les Juifs furent remplis de colère, et, blasphémant, ils contredisaient les paroles de Paul.
Note Act. 13,45 : De jalousie : les Juifs s'imaginaient qu'eux seuls avaient droit au salut rapporté par le Messie. D'autres traduisent, d'une haine violente.
46 Alors Paul et Barnabé dirent hardiment : C'était à vous qu'il fallait d'abord annoncer la parole de Dieu ; mais puisque vous la rejetez, et que vous vous jugez indignes de la vie éternelle, voilà que nous nous tournons vers les gentils;47 Car le Seigneur nous l'a commandé en ces termes : Je t'ai établi la lumière des gentils, afin que tu sois leur salut jusqu'aux extrémités de la terre.
Note Act. 13,47 : Voir Isaïe, 49, 6.
48 Ce qu'entendant, les gentils se réjouirent, et ils glorifiaient la parole de Dieu; et tous ceux qui étaient préordonnés à la vie éternelle embrassèrent la foi.
Note Act. 13,48 : Préordonnés. Voir sur ce mot, Actes des Apôtres, 10, 41.
 
49 Ainsi la parole du Seigneur se répandait par toute la contrée.50 Mais les Juifs ayant animé les femmes dévotes et de qualité, et les principaux de la ville, excitèrent une persécution contre Paul et Barnabé, et les chassèrent du pays.51 Alors ceux-ci, ayant secoué contre eux la poussière de leurs pieds, vinrent à Icone.
Note Act. 13,51 : Voir Matthieu, 10, 14 ; Marc, 6, 11 ; Luc, 9, 5. ― Iconium, aujourd'hui Konyéh, ville importante de l'Asie Mineure, chef-lieu de la province de Lycaonie, dans une plaine fertile, au pied du mont Taurus, sur la grande ligne de communication entre Ephèse et les villes de Tarse et d'Antioche de Pisidie. Elle était avantageusement placée pour servir de centre aux missions de saint Paul dans ces parages ; aussi l'y reverrons-nous encore.
52 Cependant les disciples étaient remplis de joie et de l'Esprit-Saint.

Chapitre 14

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Chap. : 
Succès de la prédication de Paul et de Barnabé à Iconium.
Ils sont chassés et se réfugient à Lystre.
Paul y guérit un boiteux.
On veut leur sacrifier ; on les lapide.
Ils vont à Derbe.
Ils s’en retournent à Antioche de Syrie, en visitant les fidèles.
1 Or il arriva à Icone, qu'ils entrèrent ensemble dans la synagogue , et parlèrent de telle sorte, qu'une grande multitude de Juifs et de Grecs embrassa la foi.2 Mais ceux des Juifs qui demeurèrent incrédules, excitèrent et irritèrent l'esprit des gentils contre les frères.
Note Act. 14,2 : Contre les frères ; c'est-à-dire contre les nouveaux convertis, tant du paganisme que du judaïsme.
3 Ils demeurèrent donc là longtemps, agissant avec assurance dans le Seigneur, qui rendait témoignage à la parole de sa grâce, opérant des miracles et des prodiges par leurs mains.
Note Act. 14,3 : Par leurs mains. Voir Actes des Apôtres, 5, 12.
4 Ainsi toute la ville se divisa; les uns étaient pour les Juifs, et les autres pour les apôtres.5 Et comme les gentils et les Juifs, avec leurs chefs, allaient se jeter sur eux pour les outrager et les lapider,6 Les apôtres l'ayant su, s'enfuirent à Lystre et à Derbe, villes de Lycaonie, et dans tout le pays d'alentour, et ils y évangélisaient.
Note Act. 14,6 : Lystre, au sud d'Iconium, au nord du mont Taurus. Le disciple de saint Paul, Timothée, était probablement originaire de Lystre. ― Derbe, au sud-est d'Iconium, à l'est de Lystre, située probablement près du passage appelé les portes de Cilicie. Ces deux villes, comme Iconium, faisaient partie de la province de Lycaonie, en Asie Mineure, bornée à l'est par la Cappadoce, au nord par la Galatie, à l'ouest par la Phrygie, et séparée au sud de la Cilicie par la chaîne du Taurus.
 
7 Or il y avait assis à Lystre, un certain homme perclus de ses pieds. Il était boiteux dès le sein de sa mère, et n'avait jamais marché.8 Il entendit Paul parler ; et Paul, le regardant et voyant qu'il avait la foi qu'il serait guéri,9 Dit d'une voix forte : Lève-toi droit sur tes pieds. Et il s'élança, et il marchait.
 
10 Or la foule, ayant vu ce qu'avait fait Paul, éleva la voix, disant en lycaonien : Des dieux devenus semblables à des hommes sont descendus vers nous.
Note Act. 14,10 : En lycaonien, dialecte qu'on a supposé être le cappadocien, mais dont le vrai caractère est inconnu.
11 Et ils appelaient Barnabé Jupiter; et Paul, Mercure, parce que c'était lui qui portait la parole.
Note Act. 14,11 : Jupiter, le maître des dieux de l'Olympe, était souvent accompagné d'après les fables grecques, de Mercure, le dieu de l'éloquence, qui parlait pour le roi des dieux. Saint Paul étant l'orateur est pris pour Mercure.
12 Bien plus, le prêtre de Jupiter, qui était près de la ville, étant venu devant la porte avec des taureaux et des couronnes, voulait, avec le peuple, leur sacrifier.
Note Act. 14,12 : Le prêtre qui était près de la ville, qui desservait le temple de Jupiter situé dans le voisinage de la ville. ― Avec des taureaux et des couronnes. Les païens avaient coutume d'orner de couronnes les victimes qu'ils offraient aux dieux.
13 Ce qu'ayant entendu, les apôtres Barnabé et Paul déchirèrent leurs tuniques, et s'élancèrent dans la foule, criant,14 Et disant : Hommes, pourquoi faites-vous cela? Nous aussi, nous sommes des mortels, des hommes semblables à vous, qui vous exhortons à quitter ces choses vaines pour le Dieu vivant, qui a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qu'ils contiennent;
Note Act. 14,14 : Voir Genèse, 1, 1 ; Psaumes, 145, 6 ; Apocalypse, 14, 7.
15 Qui, dans les générations passées, a laissé toutes les nations marcher dans leurs voies.16 Mais néanmoins il ne s'est pas laissé lui-même sans témoignage, répandant du ciel ses biens, en dispensant les pluies et les saisons fécondes, en nous donnant la nourriture en abondance, et en remplissant nos cœurs de joie.17 Même en disant ces choses, ils empêchèrent à peine la foule de leur sacrifier.
 
18 Cependant survinrent quelques Juifs d'Antioche et d'Icone, et, le peuple gagné, ils lapidèrent Paul, et le traînèrent hors de la ville, croyant qu'il était mort.
Note Act. 14,18 : D'Antioche de Pisidie. Voir Actes des Apôtres, 13, 14.
19 Mais les disciples l'entourant, il se leva, et rentra dans la ville, et le jour suivant, il partit pour Derbe avec Barnabé.
 
20 Et lorsqu'ils eurent évangélisé cette ville, et instruit un grand nombre de personnes, ils revinrent à Lystre, à Icone et à Antioche,21 Affermissant les âmes des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et disant que c'est par beaucoup de tribulations qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu.22 Et après avoir ordonné des prêtres en chaque église, et avoir prié et jeûné, ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru.23 Traversant ensuite la Pisidie, ils vinrent dans la Pamphylie;
Note Act. 14,23 : La Pisidie, province de l'Asie Mineure, bornée à l'est par la Lycaonie et la Cilicie, au sud par la Pamphylie, à l'ouest et au nord par la Phrygie. Les Apôtres se dirigeant vers le sud, arrivent en Pamphylie, sur laquelle on peut voir Actes des Apôtres, 2, 10.
24 Puis ayant annoncé la parole du Seigneur à Perge, ils descendirent à Attalie,
Note Act. 14,24 : A Perge, capitale de la Pamphylie. Voir Actes des Apôtres, 13, 13. ― Attalie, aujourd'hui Antali, ville et port de mer du sud-ouest de la Pamphylie, à l'embouchure du Catarrachtès. Elle portait le nom d'Attalie, parque qu'elle avait été fondée par Attale II Philadelphe, roi de Pergame (159-138 avant Jésus-Christ).
 
25 Et de là, firent voile pour Antioche, d'où on les avait commis à la grâce de Dieu pour l'œuvre qu'ils avaient accomplie.
Note Act. 14,25 : Voir Actes des Apôtres, 13, 1. ― D'où on les avait commis, etc., pour : D'où on les avait envoyés, en les commettant. C'est un genre de construction elliptique très commun en hébreu. ― Pour Antioche de Syrie. Ici se termine par le retour au point de départ le premier grand voyage apostolique de saint Paul. Il avait duré cinq ans, de l'an 45 à l'an 50.
 
26 Or, lorsqu'ils furent arrivés, et qu'ils eurent assemblé l'Eglise, ils racontèrent combien Dieu avait fait de grandes choses avec eux, et qu'il avait ouvert aux gentils la porte de la foi.27 Et ils demeurèrent là un certain temps avec les disciples.

Chapitre 15

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Chap. : 
Dispute à Antioche sur les observations légales.
Saint Paul et saint Barnabé vont à Jérusalem consulter les Apôtres.
Concile de Jérusalem.
Lettre du concile.
Jude et Silas envoyés à Antioche avec Paul et Barnabé.
Paul et Barnabé se séparent.
1 Et quelques-uns, qui étaient descendus de Judée, enseignaient aux frères : Si vous n'êtes circoncis suivant le rit de Moïse, vous ne pouvez être sauvés.
Note Act. 15,1 : Voir Galates, 5, 2. ― Les faits racontés dans ce chapitre se passèrent en l'an 51.
2 Paul et Barnabé s'étant donc fortement élevés contre eux, il fut résolu que Paul et Barnabé, et quelques-uns d'entre les autres, iraient à Jérusalem vers les apôtres et les prêtres pour cette question.3 Ceux-ci donc, accompagnés par l'Eglise, traversèrent la Phénicie et la Samarie, racontant la conversion des gentils ; et ils causaient ainsi à tous les frères une grande joie.
Note Act. 15,3 : Accompagnés par l'Eglise ; c'est-à-dire que l'Eglise les fit accompagner par quelques fidèles. ― La Phénicie. Voir Actes des Apôtres, 11, 19.
 
4 Arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par l'Eglise, par les apôtres et les anciens, auxquels ils racontèrent combien Dieu avait fait de grandes choses avec eux.
Note Act. 15,4 : Les anciens, titre de dignité, les prêtres.
5 Mais que quelques-uns de la secte des pharisiens, qui avaient embrassé la foi, s'étaient levés, disant qu'il fallait qu'ils fussent circoncis, et qu'on leur ordonnât de garder la loi de Moïse.
Note Act. 15,5 : Qu'ils fussent circoncis ; c'est-à-dire que les gentils fussent circoncis quand ils se convertissaient.
 
6 Les apôtres et les prêtres s'assemblèrent donc pour examiner cette question.7 Mais après une grande discussion, Pierre, se levant, leur dit: Hommes, mes frères, vous savez qu'en des jours déjà anciens. Dieu m'a choisi parmi vous afin que les gentils entendissent par ma bouche la parole de l'Evangile, et qu'ils crussent.
Note Act. 15,7 : Voir Actes des Apôtres, 10, 20.
8 Et Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, leur donnant l'Esprit-Saint, comme à nous ;
Note Act. 15,8 : Voir Actes des Apôtres, 10, 45.
9 Et il n'a fait entre nous et eux aucune différence, purifiant leurs cœurs par la foi.10 Maintenant donc, pourquoi tentez-vous Dieu, imposant aux disciples un joug que ni nos pères ni nous n'avons pu porter?11 Mais c'est par la grâce de Jésus-Christ que nous croyons être sauvés, comme eux aussi.
 
12 Alors toute l'assemblée se tut; et ils écoutaient Barnabé et Paul racontant combien de miracles et de prodiges Dieu avait faits par eux parmi les gentils.
 
13 Et après qu'ils se furent tus, Jacques répondit, disant : Hommes, mes frères, écoutez-moi:
Note Act. 15,13 : Jacques le Mineur, premier évêque de Jérusalem, cousin de Notre Seigneur.
14 Simon a raconté comment Dieu, dès le principe, a visité les gentils, afin de choisir parmi eux un peuple pour son nom.
Note Act. 15,14 : Un peuple pour son nom ; c'est-à-dire pour lui ; un peuple qui lui appartenait d'une manière toute particulière. Nous avons déjà fait remarquer que dans l'Ecriture le nom se prend souvent pour la personne même. Cela a lieu surtout quand il s'agit de Dieu.
15 Et les paroles des prophètes s'accordent avec lui, ainsi qu'il est écrit :16 Après cela je reviendrai, et je rebâtirai le tabernacle de David, qui est tombé; je réparerai ses ruines et je le relèverai;
Note Act. 15,16 : Voir Amos, 9, 11.
17 Afin que le reste des hommes cherchent le Seigneur, et aussi toutes les nations sur lesquelles mon nom a été invoqué, dit le Seigneur, qui fait ces choses.
Note Act. 15,17 : Sur lesquelles mon nom a été invoqué ; ou bien qui sont appelées de mon nom, qui portent mon nom. La phrase, en hébreu, est susceptible de ces deux sens.
18 De toute éternité, Dieu connaît son œuvre.19 C'est pourquoi moi, je juge qu'on ne doit pas inquiéter ceux d'entre les gentils qui se convertissent à Dieu,20 Mais leur écrire qu'ils s'abstiennent des souillures des idoles, de la fornication, des animaux étouffés, et du sang.
Note Act. 15,20 : Les souillures des idoles signifient ici les viandes immolées aux idoles, divinités impures et abominables.
21 Quant à Moïse, depuis les temps anciens, il a, en chaque ville, des hommes qui le prêchent dans les synagogues, où on le lit tous les jours de sabbat.
 
22 Alors il plut aux apôtres et aux anciens, avec toute l'Eglise, de choisir quelques-uns d'entre eux, et de les envoyer, avec Paul et Barnabé, à Antioche : Jude, qui est surnommé Barsabas, et Silas, qui étaient des principaux entre les frères,
Note Act. 15,22 : Aux anciens, aux prêtres. ― Jude… Barsabas n'est nommé que dans ce chapitre. ― Silas, qui apparaît ici pour la première fois, devint un des compagnons de saint Paul, qu'il suivit dans sa mission en Macédoine (voir Actes des Apôtres, 15, 40 ; 17, 4). Il demeura à Bérée quand saint Paul quitta cette ville, mais il rejoignit ensuite l'Apôtre à Corinthe où il continua probablement quelque temps à prêcher l'Evangile. Silas n'est qu'une contraction de Silvanus et c'est sous ce dernier nom que saint Paul le mentionne dans ses Epîtres. Le Silvanus par lequel saint Pierre envoya sa première Epître aux Eglises de l'Asie Mineure est probablement le même.
23 Ecrivant par eux : Les APOTRES et les prêtres, frères, aux frères d'entre les gentils, qui sont à Antioche, et en Syrie et en Cilicie, salut.
Note Act. 15,23 : Par eux, littéralement : Par leurs mains, voir Actes des Apôtres, 5, 12. ― En Syrie. Voir Matthieu, 4, 24. ― En Cilicie. Voir Actes des Apôtres, 5, 9.
 
24 Comme nous avons appris que quelques-uns sortant d'au milieu de nous vous ont troublés par leurs discours, en bouleversant vos âmes, quoique nous ne leur eussions donné aucun ordre,25 Il a plu à nous tous de choisir des personnes et de les envoyer vers vous avec nos très chers Barnabé et Paul,26 Hommes qui ont exposé leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus-Christ.27 Nous avons donc envoyé Jude et Silas, qui vous rapporteront les mêmes choses de vive voix.28 Car il a semblé bon à l'Esprit-Saint et à nous, de ne vous imposer aucun autre fardeau que ces choses-ci, qui sont nécessaires :29 Que vous vous absteniez de ce qui a été sacrifié aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de la fornication; en vous en abstenant, vous agirez bien. Adieu.
Note Act. 15,29 : Il était d'autant plus nécessaire de défendre expressément aux gentils la fornication, qu'elle passait généralement chez eux pour une chose permise. Quant au sang et à la chair des animaux étouffés, cette défense avait été faite aux hommes aussitôt après le déluge. Saint Jacques est d'avis qu'on la maintienne, soit pour inspirer de plus en plus aux gentils convertis l'horreur du meurtre et du sang ; soit afin que les Juifs eussent moins d'aversion pour les gentils qui embrassaient le christianisme, en les voyant d'accord avec eux sur un point qu'ils regardaient comme un des plus importants. Toutefois cette défense n'était que temporaire.
 
30 Ces envoyés donc se rendirent à Antioche, et, les fidèles rassemblés, ils remirent la lettre.31 Quand ils l'eurent lue, ils éprouvèrent beaucoup de joie et de consolation.32 Et comme Jude et Silas étaient eux-mêmes prophètes, ils consolèrent les frères et les fortifièrent par de nombreux discours.
Note Act. 15,32 : Tous ceux qui avaient le don d'interpréter les Ecritures et de parler des choses de Dieu étaient appelé prophètes, aussi bien que ceux qui étaient inspirés pour prédire l'avenir.
33 Et, après avoir passé là quelque temps, ils furent renvoyés en paix par les frères à ceux qui les avaient envoyés.34 Cependant il parut bon à Silas de rester là, et Jude seul retourna à Jérusalem.
 
35 Or Paul et Barnabé demeurèrent aussi à Antioche, enseignant et annonçant avec plusieurs autres la parole de Dieu.36 Mais quelques jours après Paul dit à Barnabé : Retournons visiter nos frères dans toutes les villes où nous avons prêché la parole du Seigneur, pour voir comment ils sont.
Note Act. 15,36 : Visiter. Dieu inspira ensuite à Paul un autre dessein (voir Actes des Apôtres, 16, 6-9).
37 Or Barnabé voulait prendre avec lui Jean, qui est surnommé Marc.
Note Act. 15,37 : Jean… Marc. Voir Actes des Apôtres, 12, 12.
38 Mais Paul lui représentait que celui qui les avait quittés en Pamphylie et n'était point allé avec eux pour cette œuvre, ne devait pas être repris.
Note Act. 15,38 : En Pamphylie. Voir Actes des Apôtres, 13,13.
39 De là il y eut division entre eux, de sorte qu'ils se séparèrent l'un de l'autre. Barnabé ayant donc pris Marc, s'embarqua pour Chypre.
Note Act. 15,39 : Pour Chypre. Voir Actes des Apôtres, 11, 19.
 
40 Et Paul ayant choisi Silas, partit, commis à la grâce de Dieu par les frères.
Note Act. 15,40 : C'est le commencement du second voyage apostolique de saint Paul, en l'an 51.
41 Or il parcourait la Syrie et la Cilicie, confirmant les Eglises, et leur ordonnant de garder les préceptes des apôtres et des prêtres.
Note Act. 15,41 : La Syrie. Voir Matthieu, 4, 24. ― La Cilicie. Voir Actes des Apôtres, 5, 9.

Chapitre 16

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Chap. : 
Paul prend avec lui Timothée.
Il est détourné de prêcher en Asie et en Bythinie ; mais il est appelé en Macédoine.
Il arrive à Philippes ; conversion de Lydie.
Pythonisse délivrée.
Paul et Silas, fouettés et mis en prison, convertissent le geôlier ; leur délivrance.
1 Paul arriva à Derbe, puis à Lystre. Et voilà qu'il s'y trouvait un disciple du nom de Timothée, fils d'une femme juive fidèle et d'un père gentil.
Note Act. 16,1 : Derbe, Lystre. Voir Actes des Apôtres, 14, 6. ― Timothée. Voir l'introduction aux Epîtres pastorales.
2 Les frères, qui étaient à Lystre et à Icone, rendaient de lui un bon témoignage.
Note Act. 16,2 : Iconium. Voir Actes des Apôtres, 13, 51.
3 Paul voulut l'emmener avec lui; il le prit donc et le circoncit à cause dos Juifs qui étaient en ces lieux. Car tous savaient que son père était gentil.
Note Act. 16,3 : Saint Paul a pu circoncire Timothée, parce que les Apôtres n'avaient pas défini que la circoncision était illicite ; ils s'étaient bornés, comme on le voit dans le chapitre précédent, à déclarer qu'elle n'était plus nécessaire.
4 Or, en allant par les villes, ils leur recommandaient d'observer les décisions qui avaient été prises par les apôtres et les anciens qui étaient à Jérusalem.
Note Act. 16,4 : Les anciens, les prêtres.
5 Ainsi les Eglises s'affermissaient dans la foi et croissaient en nombre tous les jours.
 
6 Mais, comme ils traversaient la Phrygie et le pays de Galatie, il leur fut défendu par l'Esprit-Saint d'annoncer la parole de Dieu dans l'Asie.
Note Act. 16,6 : La Phrygie. Voir Actes des Apôtres, 2, 10. ― La Galatie. Voir Actes des Apôtres, 18, 23. ― Dans l'Asie proconsulaire qui comprenait la plus grande partie de l'Asie Mineure orientale, c'est-à-dire, outre la Phrygie, la Mysie, la Lydie et la Carie.
7 Etant venus en Mysie, ils tentèrent d'aller en Bithynie; mais l'Esprit de Jésus, ne le leur permit pas.
Note Act. 16,7 : En Mysie, province de l'Asie Mineure, faisant partie de l'Asie proconsulaire, entourée à l'est et en partie au nord par la mer Egée, entre la Propontide ou mer de Marmara et la Lydie, avait pour villes principales Pergame, Troas et Assos. ― En Bythinie, autre province de l'Asie Mineure bornée au nord par le Pont Euxin à l'ouest par la Propontide et la Mysie, au sud par la Phrygie et la Galatie à l'est par la Paphlagonie.
8 Lorsqu'ils eurent traversé la Mysie, ils descendirent à Troas;
Note Act. 16,8 : Troas, ville et port de mer près de l'Hellespont, entre les promontoires de Lectum et de Sigée, au sud de l'ancienne Troie, regardée par quelques-uns comme appartenant à la Mysie inférieure. Fondée par le roi Antigone, elle avait porté d'abord le nom d'Antigonia Troas ; plus tard Lysimaque l'appela Alexandria Troas en l'honneur d'Alexandre le Grand. Elle était très florissante à l'époque romaine et Auguste en fit une colonie avec tous les privilèges attachés à ce titre. L'étendue de ses ruines atteste quelle fut son importance. Elle la devait à sa situation sur la route qui menait en Macédoine de diverses parties de l'Asie Mineure. Saint Paul arriva à Troas en l'an 52.
 
9 Et Paul eut, la nuit, une vision : Un certain homme de Macédoine se tenait devant lui, le priant et disant : Passe en Macédoine, et secours-nous.
Note Act. 16,9 : Macédoine, pays situé au nord de la Grèce proprement dite et borné à l'est par la Thrace, au nord par la Moesie, à l'ouest par l'Illyrie et au sud par l'Epire et la Thessalie. Ses limites ont d'ailleurs varié à diverses époques. La Macédoine fut conquise par les Romains au temps de Persée, 167 avant Jésus-Christ, et divisée peu après en quatre districts qui avaient pour chefs-lieux Amphipolis, Thessalonique, Pella et Pelagonia. En 142 avant Jésus-Christ, elle devint une province proconsulaire, unique jusqu'au règne de Tibère. Sous Claude, toute la Grèce fut partagée en deux provinces sous le nom d'Achaïe et de Macédoine. Les villes macédoniennes mentionnées dans les Actes sont Néapolis, Philippes, Apollonie, Bérée, Thessalonique, Amphipolis, Apollonie. La mission de saint Paul en Macédoine eut lieu en l'an 52.
10 Aussitôt qu'il eut eu cette vision, nous cherchâmes à partir pour la Macédoine, assurés que Dieu nous appelait à y prêcher l'Evangile.
 
11 Nous étant donc embarqués à Troas, nous vînmes droit à Samothrace, et le jour suivant à Néapolis,
Note Act. 16,11 : Samothrace, île de la mer Egée, au nord de Lemnos, au sud de la côte de la Thrace, appelée d'abord Dardanie et plus tard Samothrace, parce qu'elle fut occupée successivement par les Thraces et pas les Samiens. Elle était célèbre par les mystères de Cérès et de Proserpine qu'on y célébrait. ― Néapolis, ville et port de mer sur la mer Egée, avait appartenu d'abord à la Thrace, mais fut incorporée à la Macédoine par Vespasien.
12 Et de là à Philippes, colonie qui est la première ville de cette' partie de la Macédoine. Or nous demeurâmes quelques jours à conférer dans cette ville.
Note Act. 16,12 : Philippes, ville de Macédoine, dans la première région de cette province, d'après la division romaine, sur la mer Egée entre le Strymon et le Nestus, sur la frontière de Thrace, à trente-trois milles romains au nord d'Amphipolis, à dix milles de Néapolis où saint Paul avait débarqué. Auguste en avait fait une colonie. Elle tirait son nom de Philippe I, roi de Macédoine.
 
13 Le jour du sabbat, nous sortîmes hors de la porte près du fleuve, où il paraissait que se faisait la prière; et, nous asseyant, nous parlâmes aux femmes qui s'étaient assemblées.14 Et une femme, nommée Lydie, marchande de pourpre de la ville de Thyatire, et servant Dieu, nous écouta; et le Seigneur ouvrit son cœur pour prêter attention à ce que disait Paul.
Note Act. 16,14 : Lydie, était probablement une personne riche et ne résidait que temporairement à Philippes. ― Thyatire, sa patrie, célèbre par ses étoffes de pourpre, était une ville de Lydie, en Asie Mineure, colonisée par les Macédoniens, entre Sardes et Pergame, sur la rivière du Lycus.
15 Lorsqu'elle eut été baptisée, elle et sa maison, elle nous pria, disant : Si vous m'avez jugée fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison, et demeurez-y. Et elle nous y força.
 
16 Or il arriva qu'allant à la prière, nous rencontrâmes une jeune fille ayant un esprit de python, laquelle apportait un grand gain à ses maîtres, en devinant.
Note Act. 16,16 : Un esprit de python ; un esprit de magie.
17 Cette jeune fille nous suivant, Paul et nous, criait, disant : Ces hommes sont des serviteurs du Dieu Très-Haut, qui vous annoncent la voie du salut.18 Elle fit cela pendant bien des jours. Cependant Paul, le souffrant avec peine, et se retournant, dit à l'esprit : Je te commande, au nom de Jésus-Christ, de sortir d'elle. Et il sortit à l'heure même.
 
19 Mais ses maîtres, voyant que l'espoir de leur gain était perdu, se saisirent de Paul et de Silas, et les conduisirent sur la place publique devant les autorités;
Note Act. 16,19 : Silas. Voir Actes des Apôtres, 15, 22.
20 Et les présentant aux magistrats, ils dirent : Ces hommes troublent notre ville, attendu que ce sont des Juifs,21 Qui enseignent des pratiques qu'il ne nous est pas permis de recevoir ni de suivre, puisque nous sommes Romains.
Note Act. 16,21 : Nous sommes Romains, parce que Philippes était une colonie romaine.
22 Et le peuple courut sur eux ; et les magistrats, leurs vêtements déchirés, ordonnèrent qu'ils fussent déchirés de verges.
Note Act. 16,22 : Voir 2 Corinthiens, 11, 25 ; Philippiens, 1, 13 ; 1 Thessaloniciens, 2, 2. ― Déchirés de verges. Voir Matthieu, 21, 35.
23 Et, quand on les eut chargés d'un grand nombre de coups, ils les envoyèrent en prison, ordonnant au geôlier de les garder soigneusement.24 Le geôlier, ayant reçu cet ordre, les mit dans la prison basse, et serra leurs pieds dans les ceps.
Note Act. 16,24 : Ces ceps sont deux ais de bois qui se réunissent, et qui sont percés à diverses distances, dans les trous desquels on mettait les pieds des prisonniers à plus ou moins de distance ; les prisonniers demeuraient ainsi couchés sur le dos, ayant les pieds serrés et les jambes étendues, d'une manière fort gênante.
 
25 Or, au milieu de la nuit, Paul et Silas priant, louaient Dieu; et ceux qui étaient dans la prison, les entendaient.26 Tout-à-coup il se fit un grand tremblement de terre, de sorte que les fondements de la prison furent ébranlés. Et aussitôt toutes les portes s'ouvrirent, et les liens de tous les prisonniers furent brisés.27 Alors, réveillé et voyant les portes de la prison ouvertes, le geôlier tira son épée, et il voulait se tuer, pensant que les prisonniers s'étaient enfuis.28 Mais Paul cria d'une voix forte, disant : Ne te fais pas de mal, car nous sommes tous ici.29 Et le geôlier, ayant demandé de la lumière, entra; et, tout tremblant, il tomba aux pieds de Paul et de Silas;30 Et les faisant sortir, il demanda : Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé?31 Ils lui répondirent : Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta maison.32 Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, à lui et à tous ceux qui étaient dans sa maison.33 Et lui, les prenant à cette même heure de la nuit, il lava leurs plaies, et il fut baptisé, lui et toute sa maison, aussitôt après.34 Puis, les ayant conduits chez lui, il leur servit à manger; et il se réjouit avec toute sa maison de ce qu'il avait cru en Dieu.
 
35 Lorsqu'il fit jour, les magistrats envoyèrent les licteurs, disant : Laisse aller ces hommes.
Note Act. 16,35 : Les licteurs, officiers publics qui portaient des faisceaux de verges devant les magistrats romains et exécutaient leurs ordres.
36 Aussitôt le geôlier rapporta ces paroles à Paul : Les magistrats ont mandé de vous relâcher; maintenant donc, sortez et allez en paix.37 Mais Paul dit aux licteurs : Après nous avoir publiquement déchirés de verges, sans jugement, nous, citoyens romains, ils nous ont mis en prison, et maintenant ils nous renvoient en secret? Il n'en sera pas ainsi, mais qu'ils viennent,
Note Act. 16,37 : Sans jugement, nous, citoyens romains. La loi romaine protégeait avec beaucoup de soin les citoyens romains. « Beaucoup, dit Cicéron, peuvent être absous après qu'on a entendu leur cause ; personne ne peut être condamné sans avoir été entendu. C'est un crime d'enchaîner et de frapper un citoyen romain. »
38 Et nous délivrent eux-mêmes. Les licteurs rapportèrent donc ces paroles aux magistrats. Or ceux-ci furent saisis de crainte, ayant appris qu'ils étaient Romains.39 Ils vinrent donc les supplier; et les faisant sortir, ils les prièrent de se retirer de la ville.40 Or, sortant de la prison, ils allèrent chez Lydie; et ayant vu les frères, ils les consolèrent et partirent.

Chapitre 17

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Chap. : 
Paul à Thessalonique ; les Juifs y soulèvent le peuple contre lui.
Il passe à Bérée ; les Juifs de Thessalonique l’y poursuivent.
Il est conduit à Athènes.
Il prêche dans l’Aréopage.
Actes 17, 1-4 : Saint Paul dans la synagogue de Thessalonique - Gravure de Gustave Doré
Actes 17, 1-4 : Saint Paul dans la synagogue de Thessalonique - Gravure de Gustave Doré
1 Après avoir passé par Amphipolis et Apollonie, ils vinrent à Thessalonique, à l'endroit où était la synagogue des Juifs.
Note Act. 17,1 : Amphipolis, ville de Macédoine sur le Strymon, qui l'entourait, colonie athénienne, métropole sous les Romains de la première subdivision de la Macédoine. ― Apollonie, autre ville de Macédoine, dans le district de Mydonie, dédiée à Apollon, d'où elle tirait son nom. Elle était située entre Amphipolis et Thessalonique, à trente milles romains de la première et à trente-six milles de la seconde. ― Thessalonique, métropole de la seconde partie de la Macédoine, port de mer sur le golfe Thermaïque, ville très peuplée et très florissante au temps de saint Paul. Elle tirait son nom de Thessalonica, sœur d'Alexandre-le-Grand et femme de Cassandre, qui l'avait bâtie.
2 Or, selon sa coutume, Paul y entra, et pendant trois sabbats, il les entretint des Ecritures,3 Leur découvrant et leur faisant voir qu'il a fallu que le Christ souffrît, et qu'il ressuscitât des morts; et ce Christ, disait-il, est Jésus-Christ, que je vous annonce.4 Quelques-uns d'entre eux crurent, et se joignirent à Paul et à Silas, aussi bien qu'une grande multitude de prosélytes, de gentils, et beaucoup de femmes de qualité.
Note Act. 17,4 : Silas. Voir Actes des Apôtres, 15, 22.
 
5 Mais les Juifs, poussés par l'envie, prirent avec eux quelques hommes méchants de la lie du peuple, et, les attroupant, ils suscitèrent un mouvement dans la ville; puis, assiégeant la maison de Jason, ils cherchaient Paul et Silas, pour les mener devant le peuple.6 Et ne les ayant point trouvés, ils traînèrent Jason et quelques-uns des frères devant les magistrats de la ville, criant : Voici ceux qui troublent la ville, et qui sont venus ici,7 Ceux que Jason a reçus; or tous sont rebelles aux décrets de César, disant qu'il y a un autre roi, Jésus.8 C'est ainsi qu'ils émurent le peuple et les magistrats de la ville, qui entendirent ce discours.9 Mais Jason et les autres ayant donné caution, ils les renvoyèrent.
 
10 Et aussitôt les frères firent partir de nuit pour Bérée, Paul et Silas. Lorsqu'ils y furent arrivés, ils entrèrent dans la synagogue des Juifs.
Note Act. 17,10 : Bérée, ville de la troisième subdivision de la Macédoine, non loin de Pella, au pied du mont Bermius. Sosipatre, qui fut un des compagnons de saint Paul, était de Bérée, s'il est le même que Sopater d'Actes des Apôtres, 20, 4, comme cela est probable.
11 Or ceux-ci avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique ; ils reçurent la parole avec la plus grande avidité, cherchant tous les jours dans les Ecritures s'il en était ainsi.12 De sorte que beaucoup d'entre eux crurent, et parmi les gentils, beaucoup de femmes de qualité, et des hommes en assez grand nombre.13 Mais quand les Juifs de Thessalonique surent que la parole de Dieu était prêchée par Paul à Bérée même, ils y vinrent soulever et troubler la multitude.14 Aussitôt les frères firent partir Paul, pour qu'il allât jusqu'à la mer; mais Silas et Timothée demeurèrent à Bérée.
 
15 Or ceux qui conduisaient Paul, le menèrent jusqu'à Athènes; et ayant reçu de lui, pour Silas et Timothée, l'ordre de venir le rejoindre au plus vite, ils partirent.
Note Act. 17,15 : Athènes, la célèbre ville de l'Attique, faisait partie du temps de saint Paul de la province romain d'Achaïe ; mais c'était une ville libre, jouissant à ce titre de beaucoup de privilèges et en particulier de celui de diriger elle-même ses affaires intérieures. Il y avait à Athènes quatre collines, dont trois, au nord, formaient une espèce de demi-cercle : l'Acropole, à l'est, rocher d'environ 45 mètres de hauteur ; à l'ouest, l'Aréopage ou colline de Mars (Arès), moins élevé que l'Acropole, et ensuite le Pnyx où se tenaient les assemblées du peuple. La quatrième colline, appelée le Muséum, était au sud. L'agora ou place publique (verset 17) qui servait de lieu de réunion et de marché était dans la vallée entre les quatre éminences. Saint Paul fut pris de l'agora pour être conduit sur la colline de l'Aréopage (verset 19) où le grand tribunal auquel la colline donnait son nom tenait ses séances. Saint Paul est conduit sur la colline de l'Aréopage (non devant le tribunal pour y être jugé) afin d'exposer sa doctrine devant la multitude. Ces faits se passaient en l'an 53.
 
16 Pendant que Paul les attendait à Athènes, son esprit était ému en lui, voyant cette ville livrée à l'idolâtrie.17 Il disputait donc dans la synagogue avec les Juifs et les prosélytes, et tous les jours sur la place publique avec ceux qui s'y rencontraient.
Note Act. 17,17 : Prosélytes. Voir Actes des Apôtres, 2, 11.
18 Quelques philosophes épicuriens et stoïciens discouraient aussi avec lui, et plusieurs disaient : Que veut dire ce semeur de paroles? Et d'autres : Il paraît annoncer des dieux nouveaux; parce qu'il leur annonçait Jésus et la résurrection.
Note Act. 17,18 : Des dieux ; littéralement : des démons. Mais, sous le nom de démons, les Grecs entendaient des dieux à leur manière. ― Quelques philosophes épicuriens et stoïciens. Les Epicuriens (disciples d'Epicure, né à Samos (341-270 avant Jésus-Christ), mais d'origine athénienne et ayant passé la plus grande partie de sa vie à Athènes), faisaient consister le bien moral dans le plaisir et croyaient que les dieux ne s'occupaient pas des hommes. Leur doctrine était donc en opposition complète avec l'Evangile.Les Stoïciens, ainsi appelés du portique (stoa en grec) où leur fondateur Zénon (IV siècle avant Jésus-Christ) enseignait à Athènes, faisaient consister la sagesse dans la résignation et le mépris de la douleur. Leur enseignement favorisait l'orgueil et était ainsi en contradiction avec le christianisme.
19 Et, l'ayant pris, ils le conduisirent devant l'Aréopage, disant : Pouvons-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine que tu publies?20 Car tu portes à nos oreilles de certaines choses nouvelles; nous voudrions donc savoir ce que ce peut être.21 (Or tous les Athéniens et les étrangers demeurant à Athènes ne s'occupaient qu'à dire ou à entendre quelque chose de nouveau.)
 
22 Ainsi, étant au milieu de l'Aréopage, Paul dit : Athéniens, je vous vois, en toutes choses, religieux presque jusqu'à l'excès.23 Car, passant, et voyant vos simulacres, j'ai trouvé même un autel où il était écrit : Au Dieu INCONNU. Or ce que vous adorez sans le connaître, moi, je vous l'annonce.
Note Act. 17,23 : Pausanias, dans sa description d'Athènes, dit que l'autel au Dieu inconnu était près de Phalère où peut-être saint Paul avait débarqué.
24 Le Dieu qui a fait le monde, et tout ce qui est dans le monde, ce Dieu, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite point en des temples faits de la main des hommes,
Note Act. 17,24 : Voir Genèse, 1, 1 ; Actes des Apôtres, 7, 48. ― La divinité n'est point renfermée dans les temples, comme en ayant besoin pour sa demeure, ou pour d'autres usages, ainsi que les païens le croyaient. Mais, comme elle est présente en tout lieu, elle se trouve là, comme ailleurs.
25 Et n'est point honoré par les ouvrages des mains des hommes, comme s'il avait besoin de quelque chose, puisqu'il donne lui-même à tous la vie, la respiration et toutes choses;26 Il a fait que d'un seul toute la race des hommes habite sur toute la face de la terre, déterminant les temps de leur durée et les limites de leur demeure ;27 Afin qu'ils cherchent Dieu, et s'efforcent de le trouver comme à tâtons, quoiqu'il ne soit pas loin de chacun de nous.28 Car ces en lui que nous vivons, et que nous nous mouvons et que nous sommes ; comme quelques-uns assurément de vos poètes l'ont dit: nous sommes même de sa race.
Note Act. 17,28 : Quelques-uns de vos poètes, Aratus, poète cilicien, compatriote de saint Paul, et Cléante, disciple de Zénon. Ces deux poètes vivaient au troisième siècle avant Jésus-Christ.
29 Puisque donc nous sommes la race de Dieu, nous ne devons pas estimer que l'être divin soit semblable à de l'or, ou à de l'argent, ou à de la pierre sculptée par l'art et l'industrie de l'homme.30 Mais, fermant les yeux sur les temps d'une telle ignorance, Dieu annonce maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, fassent pénitence ;31 Parce qu'il a fixé un jour auquel il doit juger le monde avec équité par l'homme qu'il a établi, comme il en a donné la preuve à tous, en le ressuscitant d'entre les morts.
 
32 Mais lorsqu'ils entendirent parler de résurrection de morts, les uns se moquaient, et les autres dirent : Nous t'entendrons là-dessus une autre fois.33 C'est ainsi que Paul sortit d'au milieu d'eux.34 Quelques-uns cependant, s'attachant à lui, crurent : entre lesquels, Denys l'aréopagite, et une femme du nom de Damaris, et d'autres avec eux.
Note Act. 17,34 : Denys l'aréopagite, c'est-à-dire juge au tribunal de l'Aréopage, selon la tradition de l'Eglise, devint le premier évêque de Paris et fut martyrisé à Montmartre. ― Damaris. La mention qui est faite ici d'elle prouve qu'elle était de haut rang. On a supposé sans preuve que c'était la femme de Denys l'Aréopagite.

Chapitre 18

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Chap. : 
Paul vient à Corinthe ; il travaille des mains avec Aquila et Priscille.
Il quitte les Juifs et instruit les gentils.
Il est accusé devant le proconsul.
Il vient à Ephèse, va à Jérusalem, revient à Antioche, parcourt la Galatie et la Phrygie.
Apollon vient à Ephèse et passe en Achaïe.
1 Après cela, Paul étant parti d'Athènes, vint à Corinthe ;
Note Act. 18,1 : A Corinthe, ville capitale de l'Achaïe propre, dans l'isthme du Péloponnèse, entre la mer Ionienne et la mer Egée. Voir l'introduction aux Epîtres aux Corinthiens. Le voyage de saint Paul à Corinthe eut lieu l'an 53 de notre ère. Il y séjourna pendant une partir de l'an 54 jusque vers la fête de Pâques.
2 Et ayant trouvé un certain Juif, du nom d'Aquila, originaire du Pont, qui était depuis peu venu d'Italie avec Priscille, sa femme (parce que Claude avait ordonné à tous les Juifs de sortir de Rome), il se joignit à eux.
Note Act. 18,2 : Aquila, d'origine juive, né en Asie Mineure, dans le Pont (voir Actes des Apôtres, 2, 9), avait vécu à Rome avec sa femme Priscille jusqu'en l'an 50 ou 51 où l'empereur Claude (voir Actes des Apôtres, 11, 28) bannit tous les juifs de sa capitale, à cause des troubles qu'ils y avaient excités et qui paraissaient avoir eu pour cause la division que la prédication du christianisme amena contre les Juifs qui refusèrent de se convertir et ceux qui se convertirent. Priscille paraît avoir été une femme remarquable et avoir joué avec Aquila un rôle assez important dans les temps apostoliques. Elle s'était retirée avec son mari à Corinthe et c'est là qu'ils rencontrèrent saint Paul. On ignore s'ils étaient déjà chrétiens ou si ce fut l'Apôtre qui leur fit embrasser la religion nouvelle. Ils accompagnèrent plus tard saint Paul à Ephèse et quand le décret de bannissement de Claude fut tombé en désuétude, ils retournèrent à Rome. La tradition nous apprend qu'ils moururent l'un et l'autre martyrs. ― Priscille est le diminutif de Prisca ou Prisque et cette femme est nommée indifféremment sous l'une ou l'autre forme, conformément à un usage commun chez les Latins.
3 Et comme il était du même métier, il demeurait chez eux et y travaillait : or leur métier était de faire des tentes.
Note Act. 18,3 : Leur métier était de faire des tentes. En Orient, pour faire des voyages un peu considérables, il fallait emporter avec soi des tentes afin de s'y abriter. Saint Paul et Aquila fabriquaient de ces petites tentes. Ce métier était très commun en Cilicie, patrie de saint Paul ; on y faisait des tentes en grand nombre avec du poil de chèvre et ce tissu avait pris le nom de cilicium, du pays d'où il venait, saint Paul avait dû apprendre ce métier pendant qu'il faisait ses études, selon la coutume juive d'enseigner à chacun les moyens de gagner sa vie en cas de besoin.
4 Mais il disputait dans les synagogues tous les jours de sabbat, interposant le nom du Seigneur Jésus, et il s'efforçait de persuader les Juifs et les Grecs.
 
5 Et lorsque Silas et Timothée furent venus de Macédoine, Paul s'appliquait à prêcher avec plus d'ardeur encore, annonçant hautement aux Juifs le Christ Jésus.
Note Act. 18,5 : Silas. Voir Actes des Apôtres, 15, 22. ― Timothée. Voir Actes des Apôtres, 16, 1. ― De Macédoine. Voir Actes des Apôtres, 16, 9.
6 Mais les Juifs le contredisant et blasphémant, il secoua ses vêtements et leur dit : Que votre sang soit sur votre tête, j'en suis pur; et désormais j'irai vers les gentils.7 En sortant de là, il entra dans la maison d'un homme nommé Tite Juste, qui servait Dieu, et dont la maison était attenante à la synagogue.
Note Act. 18,7 : Tite Juste. Le nom de Tite ne se lit pas dans la plupart des manuscrits grecs. Ce Corinthien n'est point le Tite à qui saint Paul a écrit un des Epîtres pastorales.
8 Cependant Crispe, chef de la synagogue, crut au Seigneur avec toute sa famille. Beaucoup de Corinthiens, ayant entendu Paul, crurent aussi et furent baptisés.
Note Act. 18,8 : Voir 1 Corinthiens, 1, 14. ― Crispe, chef de la synagogue. Sur le chef de la synagogue, voir Marc, 5, 22. Crispe ou Crispus fut baptisé par saint Paul, voir 1 Corinthiens, 1, 14.
 
9 Or le Seigneur dit à Paul la nuit, dans une vision : Ne crains point, mais parle, et ne te tais pas ;10 Car je suis avec toi, et personne n'ira à ton encontre, pour te nuire, parce que j'ai un peuple nombreux dans cette ville.
 
11 Il demeura donc à Corinthe un an et six mois, enseignant chez eux la parole de Dieu.
 
12 Mais Gallion étant proconsul d'Achaïe, les Juifs, d'un commun accord, s'élevèrent contre Paul, et le conduisirent à son tribunal,
Note Act. 18,12 : Gallion. « Le proconsul au tribunal duquel on traîne l'Apôtre est Gallion († 65), frère de Sénèque le philosophe et oncle du poète Lucain. Non moins versé dans la littérature que dans l'administration, ce magistrat, d'origine obscure, avait pris le nom d'un Romain opulent, Junius Gallio, qui l'avait adopté ; et la faveur de son frère lui avait valu le proconsulat d'Achaïe. Sénèque lui dédia son traité De la Colère, en lui rendant ce témoignage, confirmé par Stace et non contredit par saint Luc, qu'il était le plus patient et le plus pacifique des hommes : Dulcis Gallio. Il eut besoin plus tard de sa patience et de sa philosophie pour supporter la disgrâce de son frère, et la sienne qui suivit de près. Saint Paul était à Corinthe depuis dix-huit mois, lorsqu'il comparut devant ce proconsul. (L. BACUEZ.) ― Proconsul d'Achaïe. L'Achaïe, dans le sens restreint, désignait la partie maritime septentrionale du Péloponnèse. Dans son sens plus étendu, celui qu'il a ici et dans tout le Nouveau Testament, l'Achaïe est la province romaine qui depuis l'an 146 avant Jésus-Christ comprenait toute la Grèce, à l'exception de la Thessalie, qui faisait partie de la province de Macédoine.
13 Disant : Celui-ci persuade aux hommes de rendre à Dieu un culte contraire à la loi.14 Et au moment où Paul commençait à ouvrir la bouche, Gallion dit aux Juifs : S'il s'agissait, ô Juifs, de quelque injustice ou de quelque crime, je vous écouterais, comme c'est mon devoir.15 Mais si ce ne sont que des questions de mots, de noms et de votre loi, voyez vous-mêmes; je ne veux pas, moi, être juge de ces choses.16 Et il les renvoya de son tribunal.17 Et tous, s'emparant de Sosthène, chef de la synagogue, le frappaient devant le tribunal, et Gallion ne s'en mit nullement en peine.
Note Act. 18,17 : Sosthène avait peut-être remplacé Crispe comme chef de la synagogue de Corinthe après la conversion de ce dernier. Saint Paul, dans sa première Epître aux Corinthiens, 1, 1, nomme un Sosthène parmi ses collaborateurs. On ignore si c'est celui dont il est question ici. Ce nom était assez commun chez les Grecs.
 
18 Après qu'il eut demeuré un certain nombre de jours encore, Paul dit adieu aux frères, et fit voile pour la Syrie (et avec lui Priscille et Aquila), s'étant fait auparavant couper les cheveux à Cenchrée; car il avait fait un vœu.
Note Act. 18,18 : Voir Nombres, 6, 18 ; Actes des Apôtres, 21, 24. ― Pour la Syrie. Voir Matthieu, 4, 24. ― S'étant fait auparavant couper les cheveux…, car il avait fait un vœu, pour remercier sans doute le Seigneur du succès de sa mission apostolique. Josèphe dit que c’était de son temps une pieuse coutume parmi les Juifs de recourir à la protection divine en s'engageant à offrir un sacrifice dans le temple de Jérusalem et, trente jours auparavant, à se couper les cheveux et à s'abstenir de vin. ― A Cenchrée, un des ports de Corinthe, du côté de l'Asie, sur le golfe Salonique.
19 Et il vint à Ephèse, où il laissa Priscille et Aquila. Mais lui, étant entré dans la synagogue, il disputait avec les Juifs.
Note Act. 18,19 : « Ephèse, ville libre de l'empire bâtie sur les bords du Caïstre, entre Milet et Smyrne, célèbre par son commerce, son temple de Diane et son zèle pour le culte de sa grande déesse, était la métropole de l'Asie proconsulaire. Au-dessous du proconsul, qui avait le gouvernement de la province, était un magistrat, nommé Scribe, ou intendant de la cité. Des dignitaires nommés Asiarques, veillaient aux fêtes religieuses et aux représentations scéniques. Les Ephésiens passionnés pour l'honneur de la déesse ne l'étaient pas moins pour le plaisir et la magie, et il était difficile de trouver ailleurs plus de fanatisme et de superstition. ― Le premier séjour de saint Paul, en cette ville, au retour de sa seconde mission, fut de courte durée ; mais l'Apôtre revint bientôt et y séjourna deux ans et quelques mois (55-58), c'est-à-dire plus longtemps qu'en aucun endroit, excepté Rome. Malgré l'opposition des Juifs, qui s'y étaient établis en grand nombre, ses travaux produisirent des fruits abondants qui s'étendirent à toute la province d'Asie. Il écrivit de là sa première Epître aux Corinthiens. Obligé de s'éloigner de l'Eglise qu'il avait fondée, il lui donna pour évêque Timothée, son disciple ; ce qui n'empêcha pas saint Jean de s'établir aussi à Ephèse après la mort de la sainte Vierge et d'exercer longtemps sur toute la contrée le pouvoir exceptionnel que lui donnait sa qualité d'apôtre. ― Le tableau si vif et si frappant que l'auteur des Actes trace de la sédition à laquelle saint Paul crut devoir céder aussi bien que de son séjour à Athènes, semble ne pouvoir venir que d'un témoin oculaire. Néanmoins il est remarquable qu'il y parle toujours à la troisième personne. Il ne recommence à se mêler au récit qu'après le passage de l'Apôtre en Grèce, à son retour par la Macédoine. » (L. BACUEZ.)
20 Et ceux-ci le priant de rester plus longtemps avec eux, il n'y consentit point.21 Mais ayant pris congé d'eux, et leur ayant dit : Je reviendrai vers vous, si Dieu le veut, il partit d'Ephèse,
 
22 Et étant descendu à Césarée, il monta et salua l'Eglise; puis il descendit à Antioche.
Note Act. 18,22 : Césarée. Voir Actes des Apôtres, 9, 30. ― Il monta à Jérusalem. Ce voyage de saint Paul à Jérusalem était le quatrième qu'il faisait dans cette ville depuis sa conversion. ― Il descendit de Jérusalem à Antioche de Syrie et là se termina le second voyage apostolique de saint Paul, qui avait duré trois ans, de 51 à 54.
 
23 Et après y avoir passé quelque temps, il partit, parcourant par ordre tout le pays de Galatie et la Phrygie, et fortifiant tous les disciples.
Note Act. 18,23 : Par ordre ; c'est-à-dire en suivant l'ordre des lieux. ― Il partit. C'est le commencement de la troisième mission de saint Paul, entreprise avec Timothée et Eraste, en 54. ― Galatie, province du centre de l'Asie Mineure. Elle tirait son nom des Gaulois qui, après avoir quitté leur patrie, s'étaient rendus en Thrace et de là au III siècle avant notre ère en Asie Mineure. En 188 avant Jésus-Christ, ils furent soumis par les Romains, mais eurent néanmoins des rois propres jusqu'en 26 avant Jésus-Christ, où leur pays fut réduit en province romaine. ― La Phrygie. Voir Actes des Apôtres, 2, 10.
 
24 Or un Juif, du nom d'Apollo, Alexandrin d'origine, homme éloquent et puissant dans les Ecritures, vint à Ephèse.
Note Act. 18,24 : Apollo. Voir 1 Corinthiens, 1, 12.
25 Il avait été instruit de la voie du Seigneur, et, fervent d'esprit, il parlait et enseignait avec soin ce qui regarde Jésus, mais ne connaissant que le baptême de Jean.26 Il commença donc à parler avec assurance dans la synagogue. Lorsque Priscille et Aquila l'eurent entendu, ils le prirent chez eux, et lui exposèrent avec plus de soin la voie du Seigneur.27 Et comme il voulait aller en Achaïe, les frères qui l'y avaient exhorté, écrivirent aux disciples de le recevoir. Lorsqu'il fut arrivé, il servit beaucoup à ceux qui avaient embrassé la foi.
Note Act. 18,27 : Il servit beaucoup, etc., par la lumière et la grâce dont il était rempli.
28 Car il convainquait fortement les Juifs, montrant par les écritures que Jésus est le Christ.

Chapitre 19

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Chap. : 
Paul vient à Ephèse.
Disciples qui n’avaient reçu que le baptême de Jean.
Miracles de Paul.
Exorcistes.
Juifs battus par les démons.
Progrès de la parole divine.
Sédition contre Paul, excitée par Démétrius.
1 Or il arriva pendant qu'Apollo était à Corinthe, que Paul, ayant parcouru les provinces supérieures, vint à Ephèse et y trouva quelques disciples,2 Et il leur demanda : Avez-vous reçu l'Esprit-Saint depuis que vous croyez? Ils lui répondirent : S'il y a un Esprit-Saint, nous ne l'avons pas même ouï dire.3 Et lui leur repartit : De quel baptême avez-vous donc été baptisés? Ils répondirent ; Du baptême de Jean.4 Alors Paul répliqua : Jean a baptisé le peuple du baptême de pénitence, leur disant de croire en celui qui devait venir après lui, c'est-à-dire en Jésus-Christ.5 Ces paroles entendues, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus.6 Et après que Paul leur eut imposé les mains, l'Esprit-Saint descendit sur eux, et ils parlaient diverses langues, et prophétisaient.
Note Act. 19,6 : Imposé les mains : rite de la confirmation. ― Parler diverses langues, etc., voir 1 Corinthiens, 14, 2.
7 Ils étaient en tout environ douze.
 
Actes 19, 8-20 : Saint Paul à Ephèse - Gravure de Gustave Doré
Actes 19, 8-20 : Saint Paul à Ephèse - Gravure de Gustave Doré
8 Alors étant entrés dans la synagogue, il y parla avec assurance pendant trois mois, disputant et les persuadant du royaume de Dieu.9 Et, comme quelques-uns s'endurcissaient et no croyaient point, maudissant la voie du Seigneur devant la multitude, il s'éloigna d'eux, et en sépara ses disciples; il disputait tous les jours dans l'école d'un certain Tyran.
Note Act. 19,9 : Un certain Tyran. Ce personnage est inconnu. D'après les uns, c'était un Juif, qui enseignait dans une de ces écoles qu'on annexait quelquefois aux synagogues ; d'après les autres, c'était un philosophe païen qui était à la tête d'une école profane.
10 Or c'est ce qui se fit pendant deux ans; de sorte que tous ceux qui demeuraient en Asie, Juifs et gentils, entendirent la parole du Seigneur.
Note Act. 19,10 : En Asie, dans la partie de l'Asie Mineure dont les Romains avaient fait sous ce nom une province proconsulaire. Durant deux ans : Pendant ce séjour de deux ans à Ephèse, Paul écrivit plusieurs épîtres : celle aux Galates, la première aux Corinthiens, etc. ― Tous ceux : hyperbole. ― L'Asie proconsulaire.
11 Et Dieu faisait, parla main de Paul, des miracles extraordinaires ;
Note Act. 19,11 : Par la main de Paul. Voir Actes des Apôtres, 5, 12.
12 Au point même que l'on mettait sur les malades des mouchoirs et des tabliers qui avaient touché son corps, et ils étaient guéris de leurs maladies, et les esprits mauvais sortaient.
Note Act. 19,12 : Des mouchoirs. Voir Luc, 19, 20.
 
13 Or quelques Juifs exorcistes, qui allaient de côté et d'autre, tentèrent d'invoquer le nom de Jésus sur ceux qui avaient en eux des esprits mauvais, disant : Je vous adjure par le Jésus que Paul prêche.
Note Act. 19,13 : . Juifs exorcistes, Juifs vagabonds, qui faisaient profession de chasser les démons.
14 C'étaient sept fils de Scéva, Juif et prince des prêtres, qui faisaient cela.
Note Act. 19,14 : Scéva était prince des prêtres, c'est-à-dire probablement chef d'une des vingt-quatre familles sacerdotales. Il n'est pas dit qu'il résidât lui-même à Ephèse.
 
15 Mais l'esprit mauvais, répondant, leur dit : Je connais Jésus, et je sais qui est Paul; mais vous, qui êtes-vous?16 Et l'homme en qui était le plus mauvais démon s'élança sur eux, et, s'étant rendu maître de deux d'entre eux, il les maltraita de telle sorte, qu'ils s'enfuirent de cette maison, nus et blessés.17 Cela fut connu de tous les Juifs et gentils qui habitaient Ephèse; et la crainte s'empara d'eux tous, et le nom du Seigneur Jésus était glorifié.
 
18 Beaucoup d'entre les croyants venaient, confessant, et déclarant ce qu'ils avaient fait.19 Et beaucoup aussi de ceux qui avaient exercé les arts curieux, apportèrent leurs livres, et les brûlèrent en présence de tous; et le prix en ayant été supputé, on trouva la somme de cinquante mille deniers.
Note Act. 19,19 : Les arts curieux ou magiques. La magie était en si grand honneur à Ephèse, que les formules magiques qu'on portait en Orient comme amulettes s'appelaient lettres éphésiennes. ― Leurs livres, qui traitaient de la magie et en renfermaient les formules. ― Cinquante mille deniers, 43.5 francs (en 1 900).
20 Ainsi croissait et s'affermissait puissamment la parole de Dieu.
 
21 Ces choses accomplies, Paul résolut, par un mouvement de l'Esprit-Saint, la Macédoine et l'Achaïe traversées, d'aller à Jérusalem, disant : Après que j'aurai été là, il faut que je voie Rome aussi.
Note Act. 19,21 : La Macédoine et l'Achaïe. Voir Actes des Apôtres, 16, 9 et 18, 12. ― Rome, la capitale de l'empire, avait déjà des chrétiens assez nombreux dans son sein.
22 Et envoyant en Macédoine deux de ceux qui l'assistaient, Timothée et Eraste, il demeura lui-même quelque temps en Asie.
Note Act. 19,22 : Timothée. Voir Actes des Apôtres, 16, 1. ― Eraste est probablement le même qui est nommé dans la seconde Epître à Timothée (4, 20), mais il n'est pas possible de savoir si c'est celui qui est qualifié de trésorier de Corinthe dans l'Epître aux Romains, 16, 23.
 
23 Mais il survint en ce temps-là, un grand trouble au sujet de la voie du Seigneur.24 Car un certain orfèvre, du nom de Démétrius, qui, faisant en argent de petits temples de Diane, procurait un gain considérable aux ouvriers,
Note Act. 19,24 : Démétrius faisait fabriquer de petits édicules qui représentaient le célèbre temple de Diane d'Ephèse, considéré par les anciens comme l'une des merveilles du monde. ― La Diane d'Ephèse différait de la Diane grecque. Elle se rapprochait de l'Astarté syrienne et par conséquent de Vénus.
25 Les ayant assemblés, avec d'autres qui faisaient de ces sortes d'ouvrages, il dit : Hommes , vous savez que c'est de cette industrie que vient notre gain;26 Et vous voyez et entendez dire que ce Paul ayant persuadé non seulement Ephèse, mais presque toute l'Asie, il a détourné une grande multitude, disant : Ils ne sont pas dieux ceux qui sont faits par des mains.
Note Act. 19,26 : Presque toute l'Asie proconsulaire. Voir Actes des Apôtres, 16, 6.
27 Or, non seulement nous courons risque que notre métier soit décrié, mais que le temple même de la grande Diane tombe dans le mépris, et que s'anéantisse insensiblement la majesté de celle que toute l'Asie et le monde entier révère.28 Ce discours entendu, ils furent remplis de colère, et ils s'écrièrent, disant : Grande est la Diane des Ephésiens!
Note Act. 19,28 : Grande était le titre spécial de la Diane des Ephésiens.
 
29 La ville fut aussitôt remplie de confusion, et ils firent irruption dans le théâtre, y entraînant Gaïus et Aristarque, macédoniens, compagnons de voyage de Paul.
Note Act. 19,29 : Gaïus, inconnu, différent du Gaïus d'Actes des Apôtres, 20, 4. ― Aristarque était de Thessalonique. Il était avec saint Paul à Rome (voir Actes des Apôtres, 27, 2) et il est mentionné comme collaborateur de l'Apôtre et prisonnier avec lui, voir Colossiens, 4, 10 et Philémon, 1, 24. D'après la tradition, il devint évêque d'Apamée.
30 Or Paul, voulant pénétrer au milieu du peuple, les disciples ne le permirent pas.31 Quelques-uns aussi des Asiarques, qui étaient ses amis, envoyèrent vers lui, le priant de ne pas se présenter au théâtre;
Note Act. 19,31 : Les Asiarques étaient les pontifes païens de l'Asie ; on les choisissait parmi les plus riches et les plus considérables de la province.
32 Cependant les uns criaient une chose, les autres une autre. Car c'était une réunion confuse, et la plupart ne savaient pourquoi ils étaient assemblés.33 Cependant on dégagea Alexandre de la foule, à l'aide des Juifs qui le poussaient devant eux. Or Alexandre demanda de la main qu'on fît silence, voulant se défendre devant le peuple.34 Mais, dès qu'il eut été reconnu pour Juif, tous, d'une seule voix, crièrent pendant environ deux heures : Grande est la Diane des Ephésiens !
 
35 Alors le scribe ayant apaisé la foule, dit : Ephésiens, quel est l'homme qui ignore que la ville d'Ephèse rend un culte à la grande Diane, fille de Jupiter?
Note Act. 19,35 : Le scribe d'Ephèse était un fonctionnaire public chargé de la rédaction et de la garde des actes administratifs.
36 Puisque donc on ne peut le contester, il faut que vous soyez calmes, et que vous ne fassiez rien témérairement.37 Car vous avez amené ces hommes, qui ne sont ni sacrilèges, ni blasphémateurs de votre déesse.
Note Act. 19,37 : Ni des blasphémateurs de votre déesse : « Paul et les siens avaient évité, par prudence, toute attaque directe contre le culte de Diane ; la simple exposition de la doctrine évangélique suffisait à leur cause. » (CRAMPON)
38 Que si Démétrius et les ouvriers qui sont avec lui ont à se plaindre de quelqu'un, il y a des audiences publiques, il existe des proconsuls; qu'ils s'accusent les uns les autres.39 Mais si vous avez quelque autre affaire à proposer, elle pourra se terminer dans une assemblée régulière.40 Car nous courons risque d'être accusés de sédition sur ce qui s'est passé aujourd'hui, n'y ayant personne qui donne un motif (que nous puissions justifier) de cet attroupement. Et lorsqu'il eut dit cela, il congédia l'assemblée.

Chapitre 20

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Chap. : 
Paul va en Macédoine et en Grèce.
Il prêche à Troas.
Mort et résurrection d’Eutyque.
Paul arrive à Milet.
Il y assemble les prêtres et les évêques de l’Eglise d’Ephèse.
Discours de Paul dans cette assemblée.
1 Après que le tumulte eut cessé, Paul ayant appelé les disciples, et leur ayant fait une exhortation, leur dit adieu, et partit pour aller en Macédoine.
Note Act. 20,1 : En se retirant, Paul ne cède pas à un sentiment de crainte et de pusillanimité personnelle, mais il agit très sagement ; il évite par là que Démétrius et les ouvriers ne se jettent sur tous les chrétiens et ne les immolent à leur fureur. C'est ainsi qu'en a usé plus tard saint Athanase dans ses démêlés avec les Ariens. ― En macédoine. Voir Actes des Apôtres, 16, 8.
2 Lorsqu'il eut parcouru ces contrées et fait beaucoup d'exhortations, il vint en Grèce ;
Note Act. 20,2 : En Grèce, par opposition à la Macédoine. La Grèce signifie ici la même chose qu'Achaïe dans le reste des Actes. Voir Actes des Apôtres, 18, 12.
3 Où, après avoir séjourné trois mois, il résolut de s'en retourner par la Macédoine, les Juifs lui ayant dressé une embuscade sur le chemin qu'il devait prendre pour se rendre par mer en Syrie.
Note Act. 20,3 : En Syrie. Voir Matthieu, 4, 24.
4 Sopater, fils de Pyrrhus, de Bérée, l'accompagna, de même qu'Aristarque et Second, Thessaloniciens; Gaïus, de Derbe, et Timothée; Tychique et Trophime, tous deux d'Asie.
Note Act. 20,4 : Sopater, probablement le même que Sosipatre, parent de saint Paul, voir Romains, 16, 21. ― Aristarque. Voir Actes des Apôtres, 19, 29. ― Second. Ce personnage, qui porte un nom latin, est inconnu, de même que Gaïus de Derbe. Timothée. Voir l'introduction aux Epîtres pastorales. ― Tychique, peut-être originaire d'Ephèse, fut probablement le même qui porta les Epîtres de saint Paul aux églises d'Ephèse et de Colosses (voir Ephésiens, 6, 21 ; Colossiens, 4, 7). On croît qu'il accompagna Titus et Trophime dans la mission de Corinthe mentionnée dans 2 Corinthiens, 8, 16-24. ― Trophime. « Ce Trophime est l'évêque que l'Eglise d'Arles honore comme son apôtre. Il était d'Ephèse et Gentil d'origine. Après avoir suivi saint Paul à Jérusalem, il paraît l'avoir rejoint à Rome, puis accompagné dans ses dernières missions. La seconde Epître à Timothée nous le montre retenu à Milet par la maladie, durant la dernière captivité de l'Apôtre ; mais, d'après la tradition, il n'aurait guère tardé à repasser, comme saint Crescent, de l'Orient dans les Gaules. S'étant fixé à Arles, il prêcha l'Evangile avec zèle, et cultiva avec tant de soin le champ qui lui avait été assigné, que de là, comme d'une source abondante, les ruisseaux de la foi se répandirent dans la France entière. » Ces paroles du Martyrologe romain, 29 décembre, empruntées de la première Epître de saint Zozime (417), indiquent l'existence d'une tradition, attestée quelques années plus tard (450), plus d'un siècle avant saint Grégoire de Tours, par tous les évêques de la province de Vienne. » (L. BACUEZ.)
5 Ceux-ci étant allés devant, nous attendirent à Troas;
Note Act. 20,5 : A Troas. Voir Actes des Apôtres, 16, 8.
 
6 Pour nous, après les jours des azymes, nous nous embarquâmes à Philippes, et en cinq jours nous les rejoignîmes à Troas, où nous demeurâmes sept jours.
Note Act. 20,6 : Après les jours des azymes. Voir Matthieu, 26, 17. ― A Philippes. Voir Actes des Apôtres, 16, 12.
7 Le premier jour de la semaine, les disciples étant assemblés pour rompre le pain. Paul, qui devait partir le lendemain, les entretenait, et il prolongea son discours jusqu'au milieu de la nuit.
Note Act. 20,7 : Le premier jour de la semaine, le dimanche.
8 Or il y avait beaucoup de lampes dans le cénacle où nous étions rassemblés.
Note Act. 20,8 : Cénacle, hyperôon, voir Marc, 2, 4.
9 Et un jeune homme, du nom d'Eutyque, qui était assis sur la fenêtre, était enseveli dans un profond sommeil, car Paul par lait depuis longtemps, et en traîné par le sommeil, tomba du troisième étage en bas, et fut relevé mort.
Note Act. 20,9 : Eutyque. Ce nom signifie fortuné.
10 Paul étant descendu où il était, s'étendit sur lui, et, l'ayant embrassé, dit : Ne vous troublez point, car son âme est en lui.11 Puis étant remonté et ayant rompu le pain et mangé, il leur parla encore beaucoup jusqu'au jour, et il partit ainsi.12 Or on ramena le jeune homme vivant, et ils en furent grandement consolés.
 
13 Pour nous, montant sur le vaisseau, nous naviguâmes vers Asson, où nous devions reprendre Paul; car il l'avait ainsi disposé, devant lui-même aller par terre.
Note Act. 20,13 : Asson ou Assos, port de mer de Mysie, vis-à-vis et au nord de l'île de Lesbos, à neuf milles romains de la ville de Troas.
14 Lors donc qu'il nous eut rejoints à Asson, nous le reprîmes, et nous vînmes à Mitylène.
Note Act. 20,14 : Mitylène, capitale de Lesbos, au sud de l'île, dans la mer Egée, aujourd'hui Metelin, autrefois célèbre par sa beauté, sa richesse et la culture littéraire de ses habitants.
15 Et de là, naviguant, nous arrivâmes le jour suivant devant Chio; le lendemain nous abordâmes à Samos, et le jour d'après nous vînmes à Milet ;
Note Act. 20,15 : Devant Chio, île de la mer Egée, entre Lesbos et Samos, près de la Lydie. ― A Samos, île de la mer Egée, non loin du continent et d'Ephèse. ― A Milet, au sud d'Ephèse, ancienne capitale de l'Ionie, près de l'embouchure du Méandre, aujourd'hui complètement ruinée. Elle avait quatre ports et fonda un grand nombre de colonies.
16 Car Paul s'était proposé de passer Ephèse sans y prendre terre, de peur d'éprouver quelque retard en Asie. Car il se hâtait, afin d'être, s'il lui eût été possible, le jour de la Pentecôte à Jérusalem.
Note Act. 20,16 : En Asie. Dans l'Asie proconsulaire. Voir Actes des Apôtres, 16, 6.
 
17 Or, de Milet envoyant à Ephèse, il appela les anciens de l'Eglise.
Note Act. 20,17 : Les anciens de l'Eglise. Ce nom est commun aux prêtres et aux évêques (verset 28). Il désignait en général les chefs d'une communauté, chargés de l'instruire, de la diriger, d'administrer les sacrements, etc. sans désignation de rang ou d'ordre hiérarchique (Beelen). Saint Irénée pense que l'Apôtre fit venir non seulement l'évêque d'Ephèse et les prêtres de cette Eglise, mais aussi ceux des Eglises voisines.
18 Et lorsqu'ils furent venus près de lui, et qu'ils étaient assemblés, il leur dit : Vous savez comment, dès le premier jour où je suis entré en Asie, j'ai été en tout temps avec vous,19 Servant le Seigneur en toute humilité, au milieu des larmes et des épreuves qui me sont survenues par les trames des Juifs;20 Comment je ne vous ai soustrait aucune des choses utiles, et que rien ne m'a empêché de vous les annoncer, et de vous les enseigner publiquement et dans les maisons,21 Prêchant aux Juifs et aux gentils la pénitence envers Dieu, et la foi en Notre Seigneur Jésus-Christ.
 
22 Et maintenant voilà que, lié par l'Esprit, je m'en vais à Jérusalem, ignorant ce qui doit m'y arriver :23 Si ce n'est que, dans toutes les villes, l'Esprit-Saint m'atteste que des chaînes et des tribulations m'attendent à Jérusalem.24 Mais je ne crains rien de ces choses, et je ne regarde pas ma vie comme plus précieuse que moi, pourvu que j'accomplisse ma course et le ministère que j'ai reçu du Seigneur Jésus, de rendre témoignage à l'Evangile de la grâce de Dieu.25 Et maintenant voilà que je sais que vous ne verrez plus mon visage, vous tous au milieu desquels j'ai passé, annonçant le royaume de Dieu.
Note Act. 20,25 : Saint Paul pensait qu'il ne reviendrait plus à Milet ; mais on voit dans ses Epîtres qu'il forma depuis le dessein de retourner en Asie ; et il paraît qu'en effet il y retourna.
 
26 C'est pourquoi je vous prends à témoins aujourd'hui que je suis pur du sang de vous tous.27 Car je ne me suis point refusé à vous annoncer tous les desseins de Dieu.28 Soyez donc attentifs et à vous et à tout le troupeau sur lequel Dieu vous a établis évêques, pour gouverner l'Eglise de Dieu, qu'il a acquise par son sang.29 Car moi je sais qu'après mon départ s'introduiront parmi vous des loups ravissants, qui n'épargneront point le troupeau;30 Et que, d'au milieu de vous-mêmes, s'élèveront des hommes qui enseigneront des choses perverses, afin d'attirer les disciples après eux.
Note Act. 20,30 : Des hommes : saint Paul a en vue les gnostiques.
31 C'est pourquoi, veillez, retenant en votre mémoire que pendant trois ans je n'ai cessé d'avertir avec larmes chacun de vous.
 
32 Et maintenant, je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce, à celui qui est puissant pour édifier, et pour donner un héritage parmi tous les sanctifiés.33 Je n'ai convoité ni l'or, ni l'argent, ni le vêtement de personne, comme34 Vous le savez vous-mêmes; parce que, à l'égard des choses dont moi et ceux qui sont avec moi avions besoin, ces mains y ont pourvu.
Note Act. 20,34 : Voir 1 Corinthiens, 4, 12 ; 1 Thessaloniciens, 2, 9 ; 2 Thessaloniciens, 3, 8. ― Ces mains y ont pourvu en fabriquant des tentes. Voir Actes des Apôtres, 18, 2.
35 Je vous ai montré en tout que c'est en travaillant ainsi qu'il faut soutenir les faibles, et se souvenir de la parole du Seigneur Jésus; car c'est lui-même qui a dit : Il est plus heureux de donner que de recevoir.
Note Act. 20,35 : Soutenir les faibles ; d'autres traduisentsecourir les pauvres. Il est plus heureux, etc. Ces paroles ne se trouvent pas dans l'Evangile ; saint Paul les avait apprises par la tradition des autres Apôtres.
 
36 Lorsqu'il eut dit ces choses, il se mit à genoux, et pria avec eux tous.37 Et il y eut un grand pleur parmi eux tous, et se jetant au cou de Paul, ils le baisaient,38 Affligés surtout de la parole qu'il avait dite, qu'ils ne devaient plus revoir son visage. Et ils le conduisirent jusqu'au vaisseau.

Chapitre 21

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Chap. : 
Paul va à Jérusalem.
Filles de Philippe prophétesses.
Agabus prédit les liens de Paul.
Paul arrive à Jérusalem ; il se purifie dans le temple, est maltraité par les Juifs, et enchaîné par le tribun de la cohorte romaine.
1 Or il arriva qu'ayant fait voile, après nous être arrachés d'eux, nous vînmes droit à Cos, et le jour suivant à Rhodes, et de là à Patare.
Note Act. 21,1 : Cos, petite île de la mer Egée, vis-à-vis de Gnide et d'Halicarnasse, très fertile et riche en vins et en blé. ― Rhodes. Cette île, l'une des Cyclades, en face de la Carie et de la Lycie, était très fertile et très commerçante. Le climat en est très doux. ― A Patare, ville maritime de Lycie, à l'embouchure du Xanthe, célèbre par un oracle d'Apollon.
2 Et ayant rencontré un vaisseau qui allait en Phénicie, nous y montâmes, et mîmes à la voile.
Note Act. 21,2 : En Phénicie. Voir Actes des Apôtres, 11, 19.
3 Quand nous fûmes en vue de Chypre, la laissant à gauche, nous naviguâmes vers la Syrie et vînmes à Tyr, car c'est là que le vaisseau devait déposer sa charge.
Note Act. 21,3 : En vue de Chypre. Voir Actes des Apôtres, 11, 19. ― Vers la Syrie. Voir Matthieu, 4, 24. ― A Tyr. Voir Marc, 3, 8.
4 Or, y ayant trouvé les disciples, nous y demeurâmes sept jours ; et les disciples disaient par l'Esprit-Saint à Paul, de ne point monter à Jérusalem.5 Et ces jours écoulés, nous partîmes, et ils vinrent tous, avec leurs femmes et leurs enfants, nous conduire jusque hors de la ville ; et nous étant agenouillés sur le rivage, nous priâmes.6 Et après nous être dit adieu les uns aux autres, nous montâmes sur le vaisseau, et ils s'en retournèrent chez eux.7 Pour nous, terminant notre navigation de Tyr, nous descendîmes à Ptolémaïde, et, les frères salués, nous demeurâmes un jour avec eux.
Note Act. 21,7 : A Ptolémaïde, depuis saint Jean d'Acre, port de la Méditerranée, au sud de Tyr, ville de Phénicie.
8 Le lendemain, étant partis, nous vînmes à Césarée; et, entrant dans la maison de Philippe, l'évangéliste, qui était un des sept, nous demeurâmes chez lui.
Note Act. 21,8 : Voir Actes des Apôtres, 6, 5 ; 8, 5. ― Des sept diacres. Ce Philippe est nommé évangéliste, parce qu'il a été le premier à prêcher l'Evangile dans la Samarie. C'est dans ce sens que saint Paul recommande à son disciple Timothée (voir 2 Timothée, 4, 5) de remplir la charge d'évangéliste. ― A Césarée. Voir Actes des Apôtres, 9, 30.
 
9 Il avait quatre filles vierges qui prophétisaient.10 Et comme nous y demeurâmes quelques jours, il arriva de Judée un prophète nommé Agabus.
Note Act. 21,10 : Agabus. Voir Actes des Apôtres, 11, 28.
11 Or, étant venu nous voir, il prit la ceinture de Paul, et, se liant les pieds et les mains, il dit : Voici ce que dit l'Esprit-Saint : L'homme à qui est cette ceinture, les Juifs le lieront ainsi à Jérusalem, et ils le livreront entre les mains des gentils.
Note Act. 21,11 : Se lia les pieds et les mains : imitant les anciens prophètes par cette action symbolique.
12 Ce qu'ayant entendu, nous conjurions Paul, nous et ceux qui étaient en cet endroit, de ne point monter à Jérusalem.13 Alors Paul répondit et dit : Que faites-vous, pleurant et affligeant mon cœur? Car moi, je suis prêt, non seulement à être lié, mais à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus.14 Mais ne pouvant le persuader, nous nous tînmes en repos, disant : Que la volonté du Seigneur soit faite.
 
15 Après ces jours, ayant fait nos préparatifs, nous partîmes pour Jérusalem.16 Or avec nous vinrent aussi quelques disciples de Césarée, amenant avec eux un certain Mnason, de Chypre, ancien disciple, chez qui nous devions loger.
Note Act. 21,16 : Mnason porte un nom grec et était probablement un Juif helléniste.
 
17 Quand nous fûmes arrivés à Jérusalem, les frères nous reçurent avec joie.
Note Act. 21,17 : Quand nous fûmes arrivés à Jérusalem, en 58. Le troisième voyage apostolique de saint Paul avait duré de 54 à 58.
18 Le jour suivant, Paul entrait avec nous chez Jacques, et tous les anciens s'assemblèrent.
Note Act. 21,18 : Tous les anciens, tous les prêtres. ― Chez Jacques le Mineur, frère de saint Jean l'Evangéliste, évêque de Jérusalem. Pierre et les autres Apôtres étaient alors éloignés de cette ville.
19 Après les avoir salués, il racontait en détail ce que Dieu avait fait pour les gentils par son ministère.20 Or eux, l'ayant entendu, glorifiaient Dieu ; et ils lui dirent : Tu vois, mon frère, combien de milliers de Juifs ont cru ; cependant tous sont zélés pour la loi.
Note Act. 21,20 : Combien de milliers, etc. « Un grand nombre de judéo-chrétiens étaient venus à Jérusalem pour la fête de la Pentecôte. ― Zélés pour la Loi. Il y avait un grand danger dans cette communauté de pratiques religieuses qui unissait les judéo-chrétiens à la masse des Juifs restés incrédules. La ruine de Jérusalem et du Temple fit cesser cet état de chose. » (CRAMPON)
21 Or ils ont ouï dire de toi que tu enseignes aux Juifs qui sont parmi les gentils, d'abandonner Moïse, disant qu'ils ne doivent point circoncire leurs fils, ni marcher selon les coutumes.22 Que faire donc? Certainement la multitude devra s'assembler, car ils apprendront que tu es arrivé.23 Fais donc ce que nous te disons : Nous avons ici quatre hommes qui sont liés par un vœu.
Note Act. 21,23 : Par un vœu ; celui des Nazaréens.
24 Prends-les avec toi, purifie-toi avec eux, et paie pour eux, afin qu'ils se rasent la tête, et tous sauront que ce qu'ils ont entendu dire de toi est faux; mais que toi aussi tu marches observant la loi.
Note Act. 21,24 : Voir nombres, 6, 18 ; Actes des Apôtres, 18, 18.
25 Quant à ceux qui ont cru d'entre les gentils, nous avons écrit qu'ils devaient s'abstenir de ce qui a été immolé aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de la fornication.
Note Act. 21,25 : Voir Actes des Apôtres, 15, vv. 20, 29.
26 Alors Paul ayant pris ces hommes, et s'étant le lendemain purifié avec eux, entra dans le temple, indiquant les jours où s'accomplirait la purification, et quand l'offrande serait présentée pour chacun d'eux.
 
Actes 21, 27-32 : Saint Paul menacé par les juifs à Jérusalem - Gravure de Gustave Doré
Actes 21, 27-32 : Saint Paul menacé par les juifs à Jérusalem - Gravure de Gustave Doré
27 Mais comme les sept jours s'écoulaient, les Juifs d'Asie l'ayant vu dans le temple, émurent tout le peuple, et mirent la main sur lui, criant :28 Hommes d'Israël, au secours! Voici l'homme qui enseigne partout contre le peuple, contre la loi, et contre ce lieu ; et qui, de plus, a introduit des gentils dans le temple, et a ainsi violé le saint lieu.
Note Act. 21,28 : Contre ce lieu ; ce lieu saint ; c'est le temple même. ― Il était défendu sous peine de mort aux païens de franchir les barrières qui séparaient dans le temple le parvis des Gentils de celui des Israélites. Voir Matthieu, 21, 12.
29 Ils avaient vu, en effet, Trophime, d'Ephèse, dans la ville avec Paul, et ils pensèrent que Paul l'avait introduit dans le temple.
Note Act. 21,29 : Trophime d'Ephèse. Voir Actes des Apôtres, 20, 4.
30 Aussitôt toute la ville s'émut, et il se fit un grand concours de peuple. S'étant donc saisis de Paul, ils l'entraînèrent hors du temple ; et aussitôt les portes furent fermées.
Note Act. 21,30 : Les portes du temple qui donnaient accès dans les parvis. ― Hors du temple, afin qu'il ne fût pas souillé par l'effusion du sang.
 
31 Comme ils cherchaient à la tuer, on vint dire au tribun de la cohorte : Tout Jérusalem est en confusion.
Note Act. 21,31 : Au tribun de la cohorte. Voir Matthieu, 27, 27.
32 Celui-ci ayant pris, sur le champ, des soldats et des centurions, courut à eux. Dès qu'ils virent le tribun et les soldats, ils cessèrent de frapper Paul.
Note Act. 21,32 : Des centurions. Voir Matthieu, 8, 5.
33 Alors s'approchant, le tribun le prit, et le fit lier de deux chaînes; et il demandait qui il était, et ce qu'il avait fait.
Note Act. 21,33 : De deux chaines ; c'est-à-dire une à chaque main. Comparer à Actes des Apôtres, 12, 6-7.
34 Mais, dans la foule, l'un criait une chose, l'autre une autre. Ne pouvant rien savoir de certain à cause du tumulte, il le fit conduire au camp.35 Lorsque Paul fut arrivé sur les degrés, les soldats le portèrent, à cause de la violence du peuple.
Note Act. 21,35 : Sur les degrés de l'escalier très élevé qui mettait le temple en communication avec la tour Antonia.
36 Car une multitude de peuple le suivait, criant : Ôte-le du monde.
 
37 Comme il allait entrer dans le camp, Paul demanda au tribun : M'est-il permis de vous dire quelque chose? Le tribun lui répondit : Sais-tu le grec?38 N'es-tu pas cet Egyptien qui a excité, il y a quelques jours, une sédition, et qui a conduit au désert quatre mille sicaires ?
Note Act. 21,38 : Sicaires ; assassins alors répandus dans la Judée, et ainsi nommés, parce qu'ils portaient sous leurs habits un petit poignard, en latin sica. Josèphe donne trente mille hommes à cet Egyptien ; mais rien n'empêche que ce nombre n'ait été d'abord que de quatre mille. Puis Josèphe ne dit pas que tous ces trente mille brigands fussent sicaires. Ajoutons qu'il ne s'accorde guère avec lui-même au sujet de cet événement.
39 Et Paul lui répondit : Je vous assure que je suis Juif, de Tarse en Cilicie, et citoyen de cette ville qui n'est pas inconnue. Permettez-moi, je vous prie, de parler au peuple.40 Le tribun l'ayant permis, Paul se tenant debout sur les degrés, fit signe de la main au peuple, et en grand silence s'étant fait, il leur parla en langue hébraïque, disant :
Note Act. 21,40 : En langue hébraïque ; c'est-à-dire dans le dialecte araméen ou syro-chaldaïque que parlaient alors les Hébreux.

Chapitre 22

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Chap. : 
Discours de saint Paul aux Juifs, et fureur des Juifs contre lui.
Le tribun veut le faire fouetter.
Il se déclare citoyen romain.
1 Hommes, mes frères et mes pères, écoutez ma défense que je vais entreprendre devant vous.2 Quand ils entendirent qu'il leur parlait en langue hébraïque, il se fit encore un plus grand silence.3 Il dit donc : Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie, élevé dans cette ville aux pieds de Gamaliel, instruit selon la vérité de la loi de nos pères, zélateur de cette loi, comme vous l'êtes vous tous aujourd'hui ;
Note Act. 22,3 : Gamaliel. Voir Actes des Apôtres, 5, 34. ― Dans cette ville, Jérusalem, la métropole du judaïsme. ― Aux pieds : les disciples se tenaient assis sur d'humbles sièges, ou même par terre, tandis que le rabbi enseignait du haut de la chaire. ― De Gamaliel, le chef célèbre de l'école orthodoxe du pharisaïsme.
4 C'est moi qui ai poursuivi jusqu'à la mort ceux de cette voie, les chargeant de liens, hommes et femmes, et les jetant en prison,
Note Act. 22,4 : Voir Actes des Apôtres, 8, 3.
5 Comme le prince des prêtres m'en est témoin ainsi que tous les anciens ; et même, ayant reçu d'eux des lettres pour nos frères de Damas, j'y allais pour les amener enchaînés à Jérusalem, afin qu'ils fussent punis.
Note Act. 22,5 : Voir Actes des Apôtres, 9, 2.
6 Or il arriva que lorsque j'étais en chemin, et que j'approchais de Damas au milieu du jour, soudain brilla du ciel autour de moi une abondante lumière ;
Note Act. 22,6 : Comme j'étais en chemin : ce récit s'accorde, dans les choses essentielles, avec celui de saint Luc, (voir Actes des Apôtre, 9, verset 3 et suivants) ; comparer à Actes Apôtres, 26, verset 12 et suivants.
7 Et tombant par terre, j'entendis une voix qui me disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?8 Et moi je répondis : Qui êtes-vous. Seigneur? Et il me dit : Je suis Jésus de Nazareth, que tu persécutes.9 Et ceux qui étaient avec moi virent la lumière, mais ils n'entendirent pas la voix de celui qui me parlait.
Note Act. 22,9 : Mais ils n'entendirent, etc. Voir Actes des Apôtres, 9, 7.
10 Alors je demandai : Que ferai-je, Seigneur? Et le Seigneur me répondit : Lève-toi, va à Damas ; et là on te dira tout ce qu'il faut que tu fasses.11 Et comme je ne voyais point, à cause de l'éclat de cette lumière, conduit par la main de mes compagnons, je vins à Damas.12 Or un certain Ananie, homme selon la loi, ayant le témoignage de tous les Juifs qui habitaient dans cette ville,13 Venant à moi, et s'approchant, me dit : Saul, mon frère, regarde. Et moi, au même instant, je le regardai.14 Et lui reprit : Le Dieu de nos pères t'a préordonné pour connaître sa volonté, voir le Juste, et entendre la voix de sa bouche ;
Note Act. 22,14 : Préordonné. Voir sur ce mot, Actes des Apôtres, 10, 41. ― Le Juste par excellence, expression consacrée dans l'Ancien Testament pour désigner le Messie.
15 Parce que tu lui seras témoin devant tous les hommes, de ce que tu as vu et entendu.16 Et maintenant, que tardes-tu? Lève-toi, reçois le baptême et lave tes péchés en invoquant son nom.17 Et il arriva qu'étant de retour à Jérusalem, et priant dans le temple, je tombai dans un ravissement d'esprit,18 Et je vis le Seigneur qui me disait : Hâte-toi, et sors vite de Jérusalem ; car ils ne recevront pas le témoignage que tu rends de moi.19 Et moi je répondis : Seigneur, ils savent eux-mêmes que c'est moi qui enfermais en prison et déchirais de coups dans les synagogues ceux qui croyaient en vous ;
Note Act. 22,19 : Voir Actes des Apôtres, 8, 3.
20 Et que, lorsqu'on versait le sang d'Etienne, votre témoin, j'étais là, et j'y consentais, et je gardais les vêtements de ses meurtriers.
Note Act. 22,20 : Voir Actes des Apôtres, 7, 57.
21 Et il me dit : Va, parce que je t'enverrai bien loin vers les nations.
 
22 Ils l'avaient écouté jusqu'à ce mot ; mais alors ils élevèrent leur voix, disant : Ôte de la terre un pareil homme, car ce serait un crime de le laisser vivre.23 Eux donc, poussant de grands cris, jetant leurs vêtements, et lançant de la poussière en l'air,
Note Act. 22,23 : Jetant de la poussière en l'air : soit en signe d'indignation et de douleur, soit pour exprimer le désir qu'ils avaient de lapider Paul.
24 Le tribun ordonna de le conduire dans le camp, de le déchirer de verges, et de le mettre à la question, afin de savoir pourquoi ils criaient ainsi contre lui.25 Mais lorsqu'ils l'eurent lié avec des courroies, Paul dit au centurion qui était près de lui : Vous est-il permis de flageller un citoyen romain non condamné?
Note Act. 22,25 ; 22.26 : Le centurion. Voir Matthieu, 8, 5.
26 Ce qu'ayant entendu, le centurion se rendit auprès du tribun, et l'avertit, disant : Qu'allez-vous faire? car cet homme est citoyen romain.27 Et le tribun venant à lui, demanda : Dis-moi, es-tu Romain? Et Paul répondit : Oui.28 Le tribun repartit : C'est avec beaucoup d'argent que j'ai acquis ce droit de cité. Et Paul répliqua : Moi, je suis né citoyen.
Note Act. 22,28 : Saint Paul ne tenait pas sa qualité de citoyen romain du lieu de sa naissance, mais de ses parents. Sans être natifs d'une ville municipale, les Juifs pouvaient jouir du titre de citoyen et même de chevalier romain ; témoin l'historien Josèphe.
29 Aussitôt donc s'éloignèrent de lui ceux qui devaient lui donner la question; le tribun lui-même eut peur, après qu'il eut appris qu'il était citoyen romain, parce qu'il l'avait fait lier.
 
30 Le lendemain, voulant savoir plus exactement de quoi il était accusé par les Juifs, il lui ôta ses liens, et ordonna aux prêtres, et à tout le conseil de s'assembler, puis il amena Paul, et le plaça au milieu d'eux.
Note Act. 22,30 : Tout le Conseil, tout le Sanhédrin. Voir Matthieu, 26, 59.

Chapitre 23

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Chap. : 
Paul se justifie devant le Conseil.
Il reçoit un soufflet par l’ordre du grand-prêtre.
Il divise les pharisiens d’avec les sadducéens.
Jésus-Christ lui apparaît.
Il découvre une conjuration contre sa vie ; il est envoyé au gouverneur Félix.
1 Paul, regardant fixement le conseil, dit : Hommes, mes frères, jusqu'à ce jour je me suis conduit devant Dieu en toute bonne conscience.2 Mais le prince des prêtres, Ananie, ordonna à ceux qui étaient près de lui de le frapper au visage.
Note Act. 23,2 : Ananie, fils de Nébédée, avait reçu le souverain pontificat d'Hérode, roi de Chalcis, l'an 48 de notre ère, à la place de Joseph, fils de Camithas. Le procurateur romain Cumanus l'envoya à Rome en 52 pour répondre aux accusations portées contre lui par les Samaritains. Ananie fut acquitté et conserva sa dignité jusqu'en 59 où il dut la céder à Ismaël, fils de Phabi. Il périt de la main des sicaires qui lui firent expier ainsi ses liaisons avec les Romains, en 66 ou 67.
3 Alors Paul lui dit : Dieu te frappera, muraille blanchie. Tu sièges pour me juger selon la loi, et, contre la loi, tu ordonnes de me frapper.4 Ceux qui étaient présents dirent : Tu maudis le grand prêtre de Dieu ?5 Et Paul répondit : J'ignorais, mes frères, que ce fût le prince des prêtres, car il est écrit : Tu ne maudiras point le prince de ton peuple.
Note Act. 23,5 : Voir Exode, 22, 28. ― Saint Paul a pu aisément ne pas connaître le grand prêtre, attendu qu'alors le pontificat était une dignité variable selon le caprice ou la politique des Romains. Josèphe dit qu'il y eut trois grands prêtres la même année, et que l'un d'eux ne conserva sa dignité qu'un seul jour. Ainsi saint Paul a pu facilement être dans l'ignorance sur ce point. Ajoutons que le grand prêtre n'avait pas alors ses vêtements de pontife ; ils étaient renfermés dans la tour Antonia, d'où on ne les tirait qu'aux jours solennels. Enfin, en supposant que dans le lieu où se tenait le Sanhédrin, il y avait une place affectée pour le grand-prêtre, il ne s'en trouva assurément point de telle chez le tribun où se tint le conseil devant lequel comparut saint Paul.
 
6 Or Paul sachant qu'une partie étaient sadducéens, et l'autre pharisiens, s'écria dans le conseil : Hommes, mes frères, je suis pharisien, fils de pharisien; c'est à cause de l'espérance et de la résurrection des morts que je suis en jugement.
Note Act. 23,6 : Voir Philippiens, 3, 5. ― Sadducéens, pharisiens. Voir Matthieu, note 3.7.
7 Lorsqu'il eut dit cela, il s'éleva une discussion entre les pharisiens et les saducéens, et l'assemblée fut divisée.8 Car les sadducéens disent qu'il n'y a ni résurrection, ni ange, ni esprit; les pharisiens, au contraire, confessent l'un et l'autre.
Note Act. 23,8 : Voir Matthieu, 22, 23.
9 Il s'éleva donc une grande clameur. Quelques-uns des pharisiens se levant, contestaient, disant : Nous ne trouvons rien de mal dans cet homme ; et si un esprit ou un ange lui a parlé?10 Et comme le tumulte s'accroissait, le tribun craignant que Paul ne fût mis en pièces par ces gens-là, commanda aux soldats de descendre, de l'enlever d'au milieu d'eux, et de le conduire dans le camp.
Note Act. 23,10 : De descendre de la forteresse Antonia.
 
11 Mais, la nuit suivante, le Seigneur se présentant à lui, dit : Aie bon courage ; car, comme tu m'as rendu témoignage à Jérusalem, il faut aussi que tu me rendes témoignage à Rome.
Note Act. 23,11 : Rome étant la capitale du monde païen, l'Apôtre des gentils doit y prêcher le christianisme.
 
12 Le jour étant venu, quelques-uns d'entre les Juifs s'assemblèrent, et se firent eux-mêmes anathème, disant qu'ils ne boiraient ni ne mangeraient qu'ils n'eussent tu« Paul.13 Ils étaient plus de quarante hommes qui avaient fait cette conjuration;14 Ils se rendirent auprès des princes des prêtres et des anciens, et dirent : Nous avons fait le vœu, en appelant sur nous l'anathème, de ne goûter de rien, que nous n'ayons tué Paul.
Note Act. 23,14 : Les princes des prêtres, voit Matthieu, 2, 4. ― Les anciens, les membres du Sanhédrin.
15 Maintenant donc, vous avec le conseil, faites avertir le tribun de l'amener devant vous, comme pour savoir quelque chose de plus certain sur lui. Nous, de notre côté, nous sommes prêts à le tuer avant qu'il arrive.
 
16 Mais ayant ouï parler de cette trahison, le fils de la sœur de Paul vint, entra dans le camp, et avertit Paul.
Note Act. 23,16 : La sœur de Paul. « En supposant qu'elle se soit mariée de bonne heure à Jérusalem, on s'explique que Paul ait été envoyé fort jeune dans cette ville, pour s'y consacrer aux études rabbiniques. Mais peut-être ce neveu de l'Apôtre y était-il venu, comme autrefois l'oncle, pour y faire ses études. » (CRAMPON)
17 Alors Paul appelant à lui un des centurions, dit : Conduisez ce jeune homme au tribun, car il a quelque chose à lui dire.18 Et le centurion le prenant avec lui, le conduisit au tribun, et dit : Le prisonnier Paul m'a prié de vous amener ce jeune homme qui a quelque chose à vous dire.19 Aussitôt le tribun, le prenant par la main, se retira à part avec lui, et lui demanda : Qu'as-tu à me dire ?20 Et le jeune homme répondit : Les Juifs sont convenus de vous prier d'amener demain Paul devant le conseil, comme pour savoir quelque chose de plus certain sur lui ;21 Mais vous, ne les croyez pas ; car des embûches lui sont dressées par plus de quarante hommes d'entre eux, qui ont fait vœu de ne manger ni de boire, qu'ils ne l'aient tué ; et maintenant ils sont prêts, attendant votre ordre.22 Le tribun donc renvoya le jeune homme, lui défendant de dire à personne qu'il lui eût donné cet avis.
 
23 Puis, deux centurions appelés, il leur dit : Tenez prêts, à la troisième heure de la nuit, deux cents soldats, soixante-dix cavaliers et deux cents lances, pour aller jusqu'à Césarée,
Note Act. 23,23 : La troisième heure de la nuit ; c'est-à-dire le milieu de l'intervalle entre le coucher du soleil et minuit. ― A Césarée, résidence ordinaire du gouverneur romain. Voir Actes des Apôtres, 9, 30.
24 Et préparez des chevaux pour monter Paul, et le conduire sûrement au gouverneur Félix.
Note Act. 23,24 : Félix. « L'historien profane le mentionne, comme ayant gouverné la Judée (52-59), sous le règne de Néron, pendant le pontificat d'Ananie, immédiatement avant Festus. Tacite, Suétone et Josèphe nous apprennent quelques particularités de sa vie. Il était frère de Pallade, et comme lui, un affranchi de la maison de Claude. Suivant Tacite, il gardait dans sa fortune les sentiments de sa première condition. Josèphe ajoute qu'il vivait en adultère, et qu'il s'était rendu fameux par ses concussions. Une fois déjà, les plaintes causées par sa rapacité l'avaient fait mander à Rome, et c'est grâce au crédit de son frère qu'il avait été absous. Les Actes confirment ce que l'histoire profane nous apprend de son avarice et de sa vie licencieuse. Cet esclave débauché eut successivement pour femmes trois filles de rois. La dernière était Drusille, fille d'Hérode Agrippa I, sœur de Bérénice et d'Agrippa II. Félix l'avait enlevée à Azize, roi d'Emèse, grâce aux artifices d'un magicien juif, nommé Simon. Elle lui donna un fils, qui périt avec sa mère, dans l'éruption du Vésuve, sous le règne de Titus, en 79. Il fallait l'intrépidité de l'Apôtre pour oser parler de chasteté et de justice (voir Actes des Apôtres, 24, 25) devant un pareil juge, qui pouvait l'envoyer à la mort. Saint Paul fit plus. Il lui annonça hautement le jugement dernier où les vertus auront leur récompense et les vices leur châtiment. Si Félix ne se rendit pas, il ne put du moins se défendre d'un sentiment de terreur. »
25 (Car il craignit que les Juifs ne l'enlevassent et ne le tuassent, et qu'ensuite on ne l'accusât d'avoir reçu de l'argent.)
 
26 Il écrivit en même temps une lettre conçue en ces termes : Claude Lysias à l'excellent gouverneur Félix, salut.
Note Act. 23,26 : Claude Lysias était probablement grec de naissance, comme semble l'indiquer son nom et c'est pour cela qu'il avait été obligé d'acheter le titre de citoyen romain. Voir Actes des Apôtres, 22, 28.
27 Les Juifs avaient pris cet homme, et ils allaient le tuer, lorsque, arrivant avec les soldats, je l'ai tirai de leurs mains, ayant appris qu'il était Romain;
Note Act. 23,27 : Lysias altère ici la vérité à son profit et dissimule habilement ses torts envers saint Paul : voir Actes des Apôtres, 22, 29.
28 Et voulant savoir de quoi ils l'accusaient, je l'ai conduit dans leur conseil.29 J'ai trouvé qu'il était accusé au sujet de questions qui concernent leur loi; mais qu'il n'avait commis aucun crime digne de mort ou de prison.30 Et comme j'ai été averti des embûches qu'ils lui avaient dressées, je vous l'ai envoyé, déclarant aux accusateurs eux-mêmes, qu'ils aient à s'expliquer devant vous. Adieu.
 
31 Ainsi, selon l'ordre qu'ils avaient, les soldats prirent Paul avec eux, et le conduisirent de nuit à Antipatride.
Note Act. 23,31 : Antipatride, autrefois Kapharsaba, aujourd'hui Kefr Saba, dans une plaine fertile et bien arrosée, entre Jérusalem et Césarée, à quarante-deux milles romains de Jérusalem et vingt-six de Césarée. Hérode le Grand, qui restaura Kapharsaba, lui donna le nom d'Antipatride en l'honneur de son père Antipater.
32 Et le jour suivant, ayant laissé les cavaliers aller avec lui, ils revinrent au camp.33 Lorsque les cavaliers furent arrivés à Césarée, et qu'ils eurent remis la lettre au gouverneur, ils lui présentèrent aussi Paul.34 Or, quand il eut reçu la lettre, et demandé à Paul de quelle province il était; apprenant qu'il était de Cilicie :
Note Act. 23,34 : De Cilicie. Voir Actes des Apôtres, 6, 9.
35 Je t'entendrai, dit-il, quand tes accusateurs seront venus. Et il ordonna de le garder dans le prétoire d'Hérode.
Note Act. 23,35 : Le prétoire d'Hérode. Palais construit par Hérode le Grand et habité par le gouverneur romain.

Chapitre 24

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Chap. : 
Paul accusé devant Félix ; il se défend ; il demeure prisonnier.
Félix, étant avec Drusille, fait venir Paul : il est effrayé par son discours.
Festus succède à Félix, qui laisse Paul en prison.
1 Cinq jours après, le prince des prêtres, Ananie, descendit avec quelques anciens, et un certain Tertullus, orateur: lesquels comparurent contre Paul devant le gouverneur.
Note Act. 24,1 : Quelques anciens, quelques membres du Sanhédrin. ― Tertullus, diminutif de Tertius, indique un homme d'origine latine. C'était un avocat chargé par les Juifs d'accuser saint Paul. Les événements racontés ici se passèrent en l'an 58.
2 Or Paul ayant été appelé, Tertullus commença de l'accuser, disant : Jouissant par vous d'une profonde paix, et beaucoup de choses étant redressées par votre prévoyance,3 Toujours et partout, excellent Félix, nous le reconnaissons, avec toute sorte d'actions de grâces.4 Mais pour ne point vous retenir plus longtemps, je vous prie de nous écouter un moment avec toute votre bonté.5 Nous avons trouvé que cet homme, vraie peste, excite le trouble parmi les Juifs répandus dans le monde entier, et qu'il est chef de la secte séditieuse des Nazaréens;6 Il a même tenté de profaner le temple ; et l'ayant saisi, nous avons voulu le juger suivant notre loi.7 Mais le tribun Lysias survenant, l'a arraché avec une grande violence de nos mains,8 Ordonnant que ses accusateurs vinssent vers vous; c'est par lui que vous pourrez vous-même, l'interrogeant, vous assurer des choses dont nous l'accusons.9 Et les Juifs ajoutèrent que cela était ainsi.
 
10 Mais Paul (le gouverneur lui ayant fait signe de parler) répondit : Sachant que depuis plusieurs années, vous êtes établi juge sur ce peuple, je me défendrai avec confiance.
 
11 Car vous pouvez savoir qu'il n'y a pas plus de douze jours que je suis monté pour adorer à Jérusalem ;12 Et ils ne m'ont trouvé disputant avec quelqu'un ou ameutant la foule, ni dans le temple, ni dans la synagogue,13 Ni dans la ville ; et ils ne sauraient vous prouver ce dont ils m'accusent maintenant.14 Mais ce que je confesse devant vous, c'est que, suivant la secte qu'ils appellent hérésie, je sers mon Père et mon Dieu, croyant à tout ce qui est écrit dans la loi et dans les prophètes ;
Note Act. 24,14 : Le mot secte n'est pas pris ici en mauvaise part. Le grec porte voie. Comparer à Actes des Apôtres, 9, 2.
15 Ayant en Dieu l'espérance qu'il y aura une résurrection, qu'eux aussi attendent, de justes et de méchants.16 C'est pourquoi je m'efforce d'avoir toujours ma conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes.17 Mais après plusieurs années, je suis venu pour faire des aumônes à ma nation, et à Dieu des offrandes et des vœux.18 C'est dans ces exercices qu'ils m'ont trouvé dans le temple, sans concours ni tumulte.
Note Act. 24,18 : Voir Actes des Apôtres, 21, 26.
19 Et ce sont certains Juifs d'Asie, lesquels auraient dû se présenter devant vous et m'accuser, s'ils avaient quelque chose contre moi;20 Ou bien que ceux-ci disent s'ils ont trouvé en moi quelque iniquité, quand j'ai comparu devant le conseil ;21 Si ce n'est à l'égard de cette seule parole que j'ai prononcée hautement étant au milieu d'eux : C'est à cause de la résurrection des morts, que suis aujourd'hui jugé par vous.
Note Act. 24,21 : Voir Actes des Apôtres, 23, 6.
 
22 Mais Félix qui connaissait très bien cette voie, les remit, disant : Quand le tribun Lysias sera venu, je vous écouterai.
Note Act. 24,22 : Cette voie. Comparer à Actes des Apôtres, 9, 2.
23 Et il commanda au centurion de garder Paul, mais de lui laisser du repos, et de n'empêcher aucun des siens de le servir.
 
24 Or quelques jours après, Félix venant avec Drusille, sa femme, qui était Juive, appela Paul, et l'entendit sur ce qui touche la foi dans le Christ-Jésus.
Note Act. 24,24 : Avec Drusille. Voir Actes des Apôtres, 23, 24.
25 Mais Paul discourant sur la justice, la chasteté, et le jugement futur, Félix effrayé, répondit : Quant à présent, retire-toi ; je te manderai en temps opportun;26 Il espérait en même temps que Paul lui donnerait de l'argent; c'est pourquoi, le faisant souvent venir, il s'entretenait avec lui.
Note Act. 24,26 : Lui donnerait de l'argent. La vénalité était une des plaies de l'administration romaine, surtout dans les provinces éloignées du centre de l'empire.
 
27 Deux années s'étant écoulées, Félix eut pour successeur Portius Festus. Or Félix, voulant faire plaisir aux Juifs, laissa Paul en prison.
Note Act. 24,27 : Festus, qui succéda à Félix comme procurateur, était un affranchi aussi bien que son prédécesseur. Il vint en Judée en 59, la cinquième année de Néron, la seconde de la captivité de saint Paul ou de la légation de Félix. Si désireux qu'il fût de plaire aux Juifs, Festus sut rappeler, aux ennemis de l'Apôtre, ce qu'exigeaient le droit romain et l'équité naturelle : que nul accusé ne fût condamné avant d'avoir été confronté avec ses accusateurs et mis à même de s'expliquer sur leurs imputations.

Chapitre 25

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Chap. : 
Les Juifs accusent Paul devant Festus.
Paul se défend et en appelle à César.
Agrippa et Bérénice viennent à Césarée.
Agrippa veut voir Paul.
Festus fait venir Paul devant Agrippa.
1 Festus donc, étant arrivé dans la province, monta, trois jours après, de Césarée à Jérusalem.
Note Act. 25,1 : De Césarée résidence ordinaire du gouverneur romain. Voir Actes des Apôtres, 9, 30.
2 Et les princes des prêtres et les premiers d'entre les Juifs vinrent vers lui pour accuser Paul, et ils le priaient,3 Demandant en grâce, qu'il le fit amener à Jérusalem, ayant préparé des embûches pour le tuer en chemin.4 Mais Festus répondit que Paul était gardé à Césarée, et que lui-même partirait bientôt.5 Que les principaux donc d'entre vous (dit-il) descendent ensemble, et, s'il y a quelque crime en cet homme, qu'ils l'accusent.
 
6 Or, après avoir passé huit ou dix jours parmi eux, il descendit à Césarée; et le jour suivant, il s'assit sur son tribunal, et ordonna d'amener Paul.7 Lorsqu'on l'eut amené, les Juifs qui étaient descendus de Jérusalem l'entourèrent, l'accusant de beaucoup de crimes graves, qu'ils ne pouvaient prouver,8 Paul se défendant ainsi : Je n'ai rien fait, ni contre la loi des Juifs, ni contre le temple, ni contre César.9 Mais Festus, qui voulait faire plaisir aux Juifs, répondant à Paul, dit : Veux-tu monter à Jérusalem, et y être jugé sur ces choses devant moi?10 Mais Paul répondit : C'est devant le tribunal de César que je suis: c'est là qu'il faut que je sois jugé. Je n'ai nui en rien aux Juifs, comme vous-même le savez fort bien.11 Car si j'ai nui à quelqu'un ou si j'ai fait quelque chose qui mérite la mort, je ne refuse point de mourir; mais s'il n'en est rien des choses dont ils m'accusent, personne ne peut me livrer à eux. J'en appelle à César.
Note Act. 25,11 : J'en appelle à César. Saint Paul avait droit de faire appel à César en sa qualité de citoyen romain. Le César auquel il en appelle était alors Néron (an 60).
12 Alors Festus, ayant conféré avec le conseil, répondit : C'est à César que tu en as appelé, c'est devant César que tu iras.
 
13 Quelques jours après, le roi Agrippa et Bérénice descendirent à Césarée pour saluer Festus,
Note Act. 25,13 : Cet Agrippa était alors roi de la Trachonite. Il avait pour père Hérode surnommé Agrippa, roi de Judée, qui avait fait mourir saint Jacques. Voir Actes des Apôtres, 12, 1. ― « Agrippa II, fils du meurtrier de saint Jacques, Hérode Agrippa, était beau-frère de Félix par Drusille. C'était, d'après Josèphe, un Juif zélé pour sa religion. Il porta le titre de roi, quoiqu'il n'ait pas succédé à son père sur le trône de Judée. Il se retira à Rome en 66 et mourut en l'an 100. ― Bérénice, sœur d'Agrippa, plus âgée que Drusille, déjà veuve du vieil Hérode de Chalcis, son oncle, et séparée de Polémon, roi de Cilicie, passait pour être la concubine de son frère. Ces enfants déchus du grand Hérode viennent offrir leurs hommages à l'affranchi Festus, devenu momentanément favori et grand officier de l'empereur. Tandis qu'ils étalent leur faste, dans une ville où leur père est mort rongé de vers pour son orgueil, le gouverneur romain, voulant les distraire, les invite à présider un interrogatoire qui pourra les intéresser, parce qu'il a trait à leur religion. » (L. BACUEZ.)
14 Et comme ils demeurèrent plusieurs jours, Festus parla de Paul au roi, disant : Un certain homme a été laissé ici par Félix comme prisonnier;15 A son sujet, lorsque j'étais à Jérusalem, les princes des prêtres et les anciens des Juifs sont venus vers moi, demandant une condamnation contre lui.
Note Act. 25,15 : Les princes des prêtres, les chefs des vingt-quatre familles sacerdotales. ― Les anciens des Juifs, les membres du Sanhédrin.
16 Je leur ai répondu : Ce n'est pas la coutume des Romains de condamner un homme avant que l'accusé ait ses accusateurs présents, et qu'on lui ait donné lieu de se défendre, pour se laver de l'accusation.17 Après donc qu'ils furent venus ici sans aucun délai, le jour suivant, siégeant sur mon tribunal, j'ordonnai d'y amener cet homme.18 Ses accusateurs s'étant présentés, ne lui reprochaient aucun des crimes dont je le soupçonnais coupable ;19 Mais ils agitaient contre lui quelques questions touchant leur superstition, et un certain Jésus, mort, que Paul affirmait être vivant.20 Pour moi, hésitant à l'égard d'une question de cette sorte, je lui demandais s'il voulait aller à Jérusalem pour être jugé sur ces choses.21 Mais Paul en ayant appelé, pour que sa cause fût réservée à la connaissance d'Auguste, j'ai ordonné qu'on le gardât jusqu'à ce que je l'envoie à César.
Note Act. 25,21 : D'Auguste ; c'est-à-dire de Néron. Le nom d'Auguste, pris d'abord par Octave devint commun aux empereurs romains, comme celui de César.
 
22 Agrippa dit alors à Festus : Je voulais, moi aussi, entendre cet homme. Demain, répondit Festus, vous l'entendrez.
 
23 Le lendemain donc, Agrippa et Bérénice étant venus en grande pompe, et étant entrés dans la salle des audiences avec les tribuns et les principaux de la ville, Paul fut amené par ordre de Festus.
 
24 Et Festus dit : Roi Agrippa, et vous tous qui êtes ici réunis avec nous, vous voyez cet homme, au sujet de qui toute la multitude des Juifs m'a interpellé à Jérusalem, représentant et criant qu'il ne devait pas vivre plus longtemps25 Pour moi. j'ai reconnu qu'il n'avait rien fait qui méritât la mort; cependant lui-même en ayant appelé à Auguste, j'ai décidé de l'y envoyer.26 Et n'ayant rien de certain à écrire de lui à l'Empereur, je l'ai fait venir devant vous tous, mais principalement devant vous, roi Agrippa, afin que, l'interrogation faite, j'aie quelque chose à écrire.27 Car il me semble hors de raison d'envoyer un homme chargé de liens, et de ne pas en faire connaître la cause.

Chapitre 26

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Chap. : 
Discours de Paul devant Agrippa.
Festus traite Paul d’insensé.
Agrippa reconnaît l’innocence de Paul.
1 Alors Agrippa dit à Paul : On te permet de parler pour te défendre. Paul aussitôt, étendant la main, commença sa justification.2 Roi Agrippa, je m'estime heureux d'avoir, sur toutes les choses dont les Juifs m'accusent, à me défendre aujourd'hui devant vous,3 Surtout, vous connaissant toutes choses, et les coutumes et les questions qui existent parmi les Juifs. C'est pourquoi je vous supplie de m'écouter avec patience.
 
4 Et d'abord ma vie qui, depuis le commencement, s'est passée au milieu de ma nation à Jérusalem, tous les Juifs la connaissent,5 Sachant d'avance (s'ils veulent rendre témoignage), que, dès le commencement, j'ai vécu pharisien, selon la secte la mieux fondée de notre religion.6 Et cependant me voici soumis à un jugement au sujet de l'espérance en la promesse qui a été faite par Dieu à nos pères,7 Et dont nos douze tribus, servant Dieu nuit et jour, espèrent entrer en possession. Ainsi, c'est au sujet de cette espérance, ô roi, que je suis accusé par les Juifs.8 Juge-t-on incroyable parmi vous que Dieu ressuscite les morts?
 
9 Pour moi, j'avais pensé que je devais par mille moyens agir contre le nom de Jésus de Nazareth ;10 Et c'est ce que j'ai fait à Jérusalem ; j'ai jeté en prison un grand nombre de saints, en ayant reçu le pouvoir des princes des prêtres ; et, lorsqu'on les faisait mourir, j'ai donné mon suffrage.
Note Act. 26,10 : Voir Actes des Apôtres, 8, 3. ― De saints. Voir Actes des Apôtres, 9, 13.
11 Et parcourant souvent toutes les synagogues pour les tourmenter, je les forçais de blasphémer ; et, de plus en plus furieux contre eux, je les poursuivais jusque dans les villes étrangères.
Note Act. 26,11 : Saint Paul entre dans tous ces détails pour montrer au roi Agrippa qu'il n'avait pas embrassé le christianisme légèrement, puisqu'il en avait été un persécuteur si ardent, et qu'il ne s'était rendu qu'à la force des miracles et à l'évidence de la vérité.
 
12 Comme j'allais dans ces dispositions à Damas, avec pouvoir et permission des princes des prêtres,
Note Act. 26,12 : Voir Actes des Apôtres, 9, 2.
13 Je vis, ô roi, au milieu du jour, dans le chemin, qu'une lumière du ciel, surpassant l'éclat du soleil, brillait autour de moi et de ceux qui étaient avec moi.14 Et, étant tous tombés par terre, j'entendis une voix qui me disait en langue hébraïque : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu? Il t'est dur de regimber contre l'aiguillon.15 Et moi, je demandai : Qui êtes-vous, Seigneur? Et le Seigneur répondit : Je suis Jésus que tu persécutes.16 Mais lève-toi et tiens-toi sur tes pieds; car je ne t'ai apparu que pour t'établir ministre et témoin des choses que tu as vues, et de celles pour lesquelles je t'apparaîtrai encore,17 Te délivrant des mains du peuple et de celles des gentils vers lesquels je t'envoie maintenant,18 Pour ouvrir leurs yeux, afin qu'ils se convertissent des ténèbres à la lumière, et de la puissance de Satan à Dieu, et qu'ils reçoivent la rémission des péchés, et une part entre les saints, par la foi en moi.
 
19 Ainsi, roi Agrippa, je ne fus pas incrédule à la vision céleste ;20 Mais à ceux de Damas, d'abord, puis à Jérusalem, dans tout le pays de Judée, et aux gentils, j'annonçais qu'ils fissent pénitence, et qu'ils se convertissent à Dieu, faisant de dignes œuvres de pénitence.
Note Act. 26,20 : Voir Actes des Apôtres, 13 et 14.
21 Voilà pourquoi les Juifs; s'étant saisis de moi lorsque j'étais dans le temple,.cherchaient à me tuer.
Note Act. 26,21 : Voir Actes des Apôtres, 21, 31.
22 Mais, assisté du secours de Dieu, jusqu'à ce jour je suis demeuré ferme, rendant témoignage aux petits et aux grands, ne disant rien que ce que les prophètes et Moïse ont prédit devoir arriver :23 Que le Christ souffrirait, qu'il serait le premier dans la résurrection des morts, et qu'il devait annoncer la lumière à ce peuple et aux gentils.
 
24 Comme il parlait ainsi, exposant sa défense, Festus, d'une voix forte, dit : Tu es fou, Paul ; ton grand savoir te fait perdre le sens.25 Et Paul : Je ne suis point fou (dit-il), ô excellent Festus; mais je dis des paroles de sagesse et de vérité.26 Et il sait bien ces choses, le roi devant qui je parle avec tant d'assurance; car je pense qu'il n'ignore rien de cela, aucune de ces choses ne s'étant passée dans un coin.27 Croyez-vous aux prophètes, roi Agrippa? Je sais que vous y croyez.28 Et Agrippa à Paul : Peu s'en faut que tu ne me persuades d'être chrétien.29 Mais Paul : Plaise à Dieu qu'il ne s'en faille ni peu ni beaucoup; que non seulement vous, mais encore tous ceux qui m'écoutent, deveniez aujourd'hui tels que je suis moi-même, à l'exception de ces liens.
Note Act. 26,29 : A l'exception de ces liens. « Et il montra ces chaînes, dit le comte de Maistre. Après que dix-huit siècles ont passé sur ces pages saintes, après cent lectures de cette belle réponse, je crois la lire encore pour la première fois, tant elle me paraît noble, douce, ingénieuse, pénétrante ! Je ne puis vous exprimer à quel point j'en suis touché. »
 
30 Alors le roi, le gouverneur, Bérénice, et tous ceux qui étaient assis avec eux se levèrent.31 Et s'étant retirés à part, ils se parlaient l'un à l'autre, disant : Cet homme n'a rien fait qui mérite la mort ou les liens.32 Aussi Agrippa dit à Festus : Cet homme pourrait être renvoyé, s'il n'en avait appelé à César.

Chapitre 27

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Chap. : 
Paul est mis dans un vaisseau pour aller à Rome.
Description de son voyage.
Le vaisseau où il se trouvait est battu par la tempête.
Dieu donne à Paul tous ceux qui étaient avec lui.
Le vaisseau se brise ; tous se sauvent.
1 Lorsqu'il eut été résolu que Paul irait par mer en Italie, et qu'on le remettrait, avec d'autres prisonniers, entre les mains d'un nommé Julius, centurion de la cohorte Augusta,
Note Act. 27,1 : La cohorte Augusta dont Julius était centurion, était composée probablement des hommes appelés Augustani, qu'on a supposé être les mêmes que les vétérans formant la garde du corps des empereurs. Le départ de saint Paul eut lieu l'an 60.
2 Montant sur un navire d'Adrumette, nous levâmes l'ancre, commençant à naviguer le long des côtes d'Asie, et ayant toujours avec nous Aristarque, Macédonien de Thessalonique.
Note Act. 27,2 : Voir Actes des Apôtres, 19, 29 ; 20, 4. ― D'Adrumette, port de mer de la Mysie (Asie Mineure), près de la rivière du Caïque. ― Aristarque. Voir Actes des Apôtres, 19, 29.
 
3 Le jour suivant, nous vînmes à Sidon. Or Julius, traitant Paul avec humanité, lui permit d'aller chez ses amis, et de prendre soin de lui-même.
Note Act. 27,3 : A Sidon, ville de la Phénicie, au sud de Tyr. ― D'aller chez ses amis, naturellement sous la garde d'un soldat.
4 Et quand nous fûmes partis de là, nous naviguâmes au-dessous de Chypre, parce que les vents étaient contraires.
Note Act. 27,4 : De Chypre. Voir Actes des Apôtres, 11, 19.
5 Traversant ensuite la mer de Cilicie et de Pamphylie, nous vînmes à Lystre, ville de Lycie;
Note Act. 27,5 : La mer de Cilicie et de Pamphylie est comprise entre l'île de Chypre et le littoral de l'Asie Mineure. ― Lystre, ville de Lycie. Le texte grec lit Myre, au lieu de Lystre qui était en Lycaonie, non en Lycie. Myre, que devait illustrer plus tard son évêque saint Nicolas, est en effet une ville de Lycie, en Asie Mineure, entre la Carie et la Pamphylie. Cette ville était un port de mer, à l'est de Patare.
6 Mais le centurion trouvant là un navire d'Alexandrie, qui faisait voile pour l'Italie, il nous y fit embarquer.
Note Act. 27,6 : Un navire d'Alexandrie (port de mer d'Egypte) avait été poussé à Myre par les vents contraires (verset 4). On pouvait aller en un jour de Myre à Cnide.
 
7 Après avoir navigué lentement pendant bien des jours, et être à peine arrivés devant Cnide, le vent nous arrêtant, nous côtoyâmes la Crète, du côté de Salmone ;
Note Act. 27,7 : Devant Cnide, presqu'île et ville du même nom sur la côte de la Carie, entre l'île de Cos et celle de Rhodes. ― La Crète, île au sud ouest de Cnide. Le vent ayant empêché d'aborder à Cnide, le vaisseau aurait dû passer au nord de la Crète, mais à cause du temps, il alla passer au sud de l'île. ― Salmone est un promontoire à l'extrémité orientale de la Crète.
8 Et suivant la côte avec difficulté , nous vînmes en un lieu appelé Bonsports, près duquel était la ville de Thalasse.
Note Act. 27,8-9 : Bonsports, au sud de la Crète, à l'ouest de Salmone, où il y a un port à l'abri des vents du nord-ouest. ― Thalasse, dans le texte grec Lasæ. Les ruines de cette ville ont été découvertes en 1 856, près du cap Léonda, non loin de Bonsports, à l'est.
 
9 Beaucoup de temps s'étant ainsi écoulé, et comme la navigation n'était déjà plus sûre, le temps du jeûne se trouvant déjà passé, Paul les consolait,
Note Act. 27,9-10 : Les consolait, etc. ; les encourageait tout en les avertissant du danger qu'ils couraient pour leur vie. Le grec porte, en effet, conseiller, exhorter, etc. ― Du jeûne du Pardon (Kippour), ou de la fête des Expiations, qui avait lieu au commencement d'octobre. Passé cette date, les voyages maritimes devenaient dangereux ; on fermait alors la navigation, pour la rouvrir au mois de mars.
 
10 Leur disant : Hommes, je vois que la navigation commence à n'être pas sans péril et sans grand dommage, non seulement pour la cargaison et le vaisseau lui-même, mais aussi pour nos âmes.11 Mais le centurion croyait plus au pilote et au patron qu'à ce que Paul disait.12 Et comme le port n'était pas propre pour hiverner, la plupart émirent l'avis d'en partir, afin, s'il se pouvait, de gagner Phénice, port de Crète, qui regarde l'Africus et le Corus, et d'y passer l'hiver.
Note Act. 27,12 : Phénice, port de Crète, au sud-ouest de l'île, probablement le Lutro actuel, protégé par des rochers contre les vents du sud-ouest, l'Africus, et du nord-ouest, le Corus.
 
13 Un vent doux du midi s'étant levé, et eux pensant qu'ils accompliraient leur dessein, levèrent l'ancre d'Asson et côtoyèrent la Crète.
Note Act. 27,13 : Asson. Il y a bien en Crète un village d'Assos, mais ce n'est pas un port de mer. D'après l'interprétation commune, le traducteur latin a pris pour un nom propre un mot grec qui est en réalité un adverbe, asson, plus près, et il faut traduire : ayant levé l'ancre, ils longèrent la terre, la côte de Crète, de très près.
14 Mais, peu après, il se leva contre l'île un vent de typhon, qui est appelé euro-aquilon.
Note Act. 27,14-15 : Le vaisseau se dirigeait vers l'ouest. Après avoir doublé le cap Littino, il naviguait en sécurité dans la baie de Massara, lorsqu'il s'éleva un vent de typhon ou produisant des tourbillons, d'entre l'est et le nord ; la violence de ce vent emporta le navire sans qu'il fût possible d'y résister.
15 Et comme le vaisseau était emporté, et ne pouvait résister au vent, nous nous laissâmes flotter avec le vaisseau au gré du vent.16 Et, poussés au-dessous d'une île qui est appelée Cauda, à peine pûmes-nous être maîtres de l'esquif.
Note Act. 27,16 : Le navire fut ainsi poussé au-dessous d'une île qui est appelée Cauda, aujourd'hui Gaudo, au sud de la Crète.
17 Lorsque les matelots l'eurent enfin tiré à nous, ils lièrent le vaisseau en se faisant aider, et, craignant de donner sur la syrte, ils abaissèrent le mât, et s'abandonnèrent ainsi à la mer.
Note Act. 27,17 : Lièrent ; littéralement ceignirent ; c'est-à-dire qu'ils firent au vaisseau comme une ceinture en le liant de bas en haut avec des câbles, afin d'ne consolider les flancs. ― En se faisant aider, autrement : En employant toutes sortes de moyens, comme les cordes, les crochets, etc. ; mais la première traduction paraît mieux fondée. ― Il y a deux syrtes ou bancs de sable sur la côte septentrionale de l'Afrique, la grande et la petite ; c'est de la dernière qu'il est ici question.
18 Et comme nous étions fortement battus de la tempête, le jour suivant ils jetèrent les marchandises à la mer;19 Le troisième jour, ils jetèrent aussi, de leurs propres mains, les agrès du vaisseau.20 Or, le soleil ni aucun autre astre n'ayant paru pendant plusieurs jours, et une violente tempête sévissant, nous avions perdu tout espoir de salut.
 
21 Et comme depuis longtemps on n'avait pas mangé, Paul se tenant au milieu d'eux, dit : Hommes, vous auriez dû, m'écoutant, ne point quitter la Crète, et vous épargner ainsi ce péril et cette perte,22 Cependant je vous exhorte à prendre courage, parce que aucune de vos âmes ne périra; il n'y aura que le vaisseau.23 Car un ange du Dieu à qui je suis et que je sers, s'est présenté à moi cette nuit,24 Disant : Paul, ne crains point ; il faut que tu comparaisses devant César ; et voilà que Dieu t'a donné tous ceux qui naviguent avec toi.25 C''est pourquoi, hommes, ayez bon courage ; car j'ai foi en Dieu, qu'il en sera comme il m'a été dit.26 Mais il faut que nous soyons jetés contre une certaine île.
 
27 Or, quand la quatorzième nuit fut venue, nous naviguant dans l'Adriatique, vers le milieu de la nuit, les matelots crurent entrevoir quelque terre
Note Act. 27,27 : Dans l'Adriatique. Les anciens appliquaient ordinairement ce nom à la mer Ionienne, entre la Grèce et l'Italie méridionale.
28 Jetant aussitôt la sonde, ils trouvèrent vingt brasses, et s'éloignant un peu au-delà, ils trouvèrent quinze brasses.
Note Act. 27,28 : Brasses. La brasse a la longueur des deux bras étendus ; elle valait de cinq à six pieds grecs.
29 Alors craignant de heurter contre quelque écueil, jetant de la poupe quatre ancres, ils souhaitaient vivement qu'il fît jour.30 Les matelots, cherchant à fuir du vaisseau, après avoir mis l'esquif en mer, sous prétexte de commencer à jeter des ancres du côté de la proue,31 Paul dit au centurion et aux soldats : Si ces hommes ne restent pas dans le vaisseau, vous-mêmes ne pouvez vous sauver.32 Alors les soldats coupèrent les cordages de l'esquif et le laissèrent aller.
 
33 Et comme le jour commençait à se faire, Paul les exhorta tous à prendre de la nourriture, disant : C'est aujourd'hui le quatorzième jour que vous passez à jeun dans l'attente, ne prenant' rien.34 C'est pourquoi je vous exhorte, pour votre salut, à prendre de la nourriture ; car pas un cheveu de la tête d'aucun de vous ne périra.35 Et, quand il eut dit ces choses, prenant du pain, il rendit grâces à Dieu en présence de tous; et l'ayant rompu, il se mit à manger.36 Alors tous les autres ayant repris courage, mangèrent aussi.37 Or nous étions dans le vaisseau deux cent soixante-seize personnes en tout.38 Et quand ils furent rassasiés, ils allégèrent le vaisseau en jetant le blé dans la mer.
 
39 Lorsque le jour fut venu, ils ne reconnaissaient point la terre ; mais ils apercevaient un golfe qui avait un rivage, sur lequel ils songeaient à échouer le vaisseau s'ils le pouvaient.40 Ainsi, après avoir levé les ancres, et en même temps lâché les attaches des gouvernails, ils s'abandonnèrent à la mer ; et ayant dressé l'artimon selon le vent qui soufflait, ils tiraient vers le rivage.
Note Act. 27,40 : L'artimon ; d'autres traduisent voile du perroquet ou de misaine : petit mât arboré sur les hunes des autres mâts, et dont la voile sert moins à mouvoir qu'à diriger le navire.
41 Mais ayant rencontré une langue de terre baignée par deux mers de deux côtés, ils échouèrent le vaisseau; et la proue s'étant enfoncée, demeurait immobile ; mais la poupe se déjoignait par la violence des vagues.
Note Act. 27,41 : Voir 2 Corinthiens, 11, 25.
 
42 Alors le dessein des soldats fut de tuer les prisonniers, de peur que quelqu'un d'eux ne s'enfuît en nageant.
Actes 27, 43-44 : Le naufrage de saint Paul - Gravure de Gustave Doré
Actes 27, 43-44 : Le naufrage de saint Paul - Gravure de Gustave Doré
43 Mais le centurion, voulant sauver Paul, les en empêcha et ordonna à ceux qui savaient nager, de se jeter à la mer les premiers, et de se sauver en gagnant la terre.44 Pour les autres, on les fit passer sur des planches, et quelques-uns sur des débris du vaisseau. Et ainsi il arriva que tous gagnèrent la terre.

Chapitre 28

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Chap. : 
Paul et ceux qui étaient avec lui sont reçus à Malte.
Il est mordu par une vipère.
Il guérit les malades de cette île.
Il continue son voyage, arrive à Rome, prêche Jésus-Christ aux Juifs, leur reproche leur endurcissement, et leur annonce que les gentils leurs seront préférés.
1 Après nous être ainsi sauvés, nous apprîmes que l'île s'appelait Malte. Et les barbares nous montrèrent beaucoup d'humanité.
Note Act. 28,1 : Les barbares ; c'est-à-dire les restes des paysans africains qui étaient restés dans l'île, depuis que les Romains s'en étaient rendus maîtres ; ces paysans, ne parlant ni grec ni latin, étaient de ceux que les Grecs appelaient alors barbares. ― Malte. Quelques commentateurs croient qu'il s'agit ici de Meleda, dans le golfe de Venise, mais le plus grand nombre pensent que l'île ici nommée est bien celle qui est connue aujourd'hui sous le nom de Malte, dans la mer Méditerranée, au sud de la Sicile.
2 Car ayant allumé du feu, à cause de la pluie tombante et du froid, ils nous ranimaient.3 Alors Paul ayant rassemblé une certaine quantité de sarments, et les ayant mis au feu, une vipère que la chaleur en fit sortir s'élança sur sa main.4 Dès que les barbares virent, cette bête qui pendait à sa main, : ils se dirent l'un à l'autre : Assurément, cet homme est un meurtrier, puisque, après avoir échappé à la mer, la vengeance ne permet pas qu'il vive.
Note Act. 28,4 : La vengeance, en grec Dikê, la vengeance divine personnifiée d'après les idées païennes.
5 Et lui, secouant la bête dans le feu, n'en souffrit aucun mal.6 Mais eux croyaient qu'il allait enfler, tomber soudainement et mourir. Et après avoir attendu longtemps, voyant qu'il ne lui arrivait aucun mal, ils changèrent de sentiments, et dirent que c'était un dieu.
 
7 En ces lieux-là se trouvaient des terres appartenant au premier de l'île, nommé Publius, lequel, nous recevant, se montra, durant trois jours, très bon envers nous.
Note Act. 28,7 : Au premier de l'île, nommé Publius. Deux inscriptions, l'une grecque, l'autre latine, nous apprennent que le magistrat suprême de Malte portait le titre de Premier de l'île.
8 Or il se rencontra que le père de Publius était au lit, tourmenté de la fièvre et de la dyssenterie. Paul alla le voir, et ayant prié, et lui ayant imposé les mains, il le guérit.9 Cela fait, tous ceux qui, dans l'île, avaient des maladies, venaient, et étaient guéris ;10 Ils nous rendirent aussi beaucoup d'honneurs, et, quand nous nous mîmes en mer, ils nous pourvurent de toutes les choses qui nous étaient nécessaires.
 
11 Au bout de trois mois, nous nous embarquâmes sur un vaisseau d'Alexandrie, qui avait hiverné dans l'île, et qui avait pour enseigne les castors.
Note Act. 28,11 : Les castors. En grec :les Dioscures, c'est-à-dire Castor et Pollux, fils de Jupiter et de Léda, dont on avait donné le nom à une constellation et que les marins honoraient comme une divinité tutélaire. Leur image était peinte sur la proue du vaisseau d'Alexandrie, qui, pour ce motif, portait leur nom.
12 Et étant arrivés à Syracuse, nous y demeurâmes trois jours.
Note Act. 28,12 : Syracuse, capitale de la Sicile, sur la côte orientale de cette île.
13 De là, faisant le tour de la côte, nous vînmes à Rhégium ; et un jour après, un vent ayant soufflé du midi, nous vînmes à Pouzzoles,
Note Act. 28,13 : Rhégium, aujourd'hui Reggio, dans le royaume de Naples, au sud-ouest, vis-à-vis de la Sicile. ― « Le lieu nommé Puteoli par la Vulgate est Pouzzoles, ville de la Campanie,sur le golfe de Naples. Le port d'Ostie ne pouvait recevoir que des barques, celui de Pouzzoles était le dernier où l'on abordât avant l'embouchure du Tibre. C'est vers ce port, parfaitement sûr, que cinglaient les nombreux vaisseaux qui venaient d'Alexandrie ; et c'est là que débarquaient les Juifs et les Syriens qui se rendaient à Rome. Saint Paul y arriva deux jours après son départ de Reggio. Les frères qui l'accueillirent avec une charité si empressée, et qui le retinrent toute la semaine avec saint Luc et Aristarque, étaient certainement des chrétiens, aussi bien que ceux qui vinrent à sa rencontre jusqu'au Marché d'Appius, à neuf lieues de Rome, et aux Trois Loges, à quatre lieues. Pouzzoles est à peu de distance de Pompéi. On a trouvé récemment dans les ruines de cette dernière ville, ensevelie dix-huit ans plus tard en 79, sous les laves du Vésuve, une synagogue, et dans une inscription gravée au trait sur le stuc d'une muraille, une trace certaine de l'existence du christianisme à cette époque : Audi christianos, sævos olores. » (L. BACUEZ.)
14 Où nous trouvâmes de nos frères, qui nous prièrent de demeurer avec eux sept jours ; et après nous partîmes pour Rome.15 Ce qu'ayant appris, nos frères de Rome vinrent au-devant de nous jusqu'au forum d'Appius et aux trois Tavernes. Lorsque Paul les eut vus rendant grâces à Dieu, il fut rempli de confiance.
Note Act. 28,15 : Forum ou marché d'Appius. Il était situé sur la voie Appienne, à quarante-trois milles de Rome, au nord-ouest de Terracine ; aujourd'hui San-Donato. ―Les trois Tavernes étaient encore plus au nord, sur la même voie Appienne, à trente-trois milles de Rome.
 
16 Quand nous fûmes arrivés à Rome, on permit à Paul de demeurer seul avec le soldat qui le gardait.
Note Act. 28,16 : Seul avec le soldat qui le gardait. C'était un soldat prétorien, auquel saint Paul, d'après la coutume romaine, était attaché par une chaîne au bras. ― Saint Paul arriva à Rome au mois de mars de l'an 61, la 7 année du règne de Néron.
 
17 Après le troisième jour, il fit appeler les premiers d'entre les Juifs. Et lorsqu'ils se furent assemblés, il leur disait : Hommes, mes frères, n'ayant rien fait contre le temple ni contre les coutumes de nos pères, j'ai été chargé de liens à Jérusalem, et livré aux mains des Romains,18 Lesquels, après m'avoir interrogé, ont voulu me renvoyer, parce qu'il n'y avait aucune cause de mort en moi.19 Mais les Juifs s'y opposant, j'ai été forcé d'en appeler à César, non que j'aie quelque sujet d'accuser ma nation.
Note Act. 28,19 : A César, alors Néron.
20 Voilà donc pourquoi j'ai demandé à vous voir et à vous parler. Car c'est à cause de l'espérance d'Israël que j'ai été lié de cette chaîne.21 Ils lui répondirent : Nous n'avons point reçu de lettre de Judée à ton sujet, et aucun frère n'est venu, qui nous ait parlé, ou nous ait dit aucun mal de toi.
Note Act. 28,21-22 : « On sent, dans le langage des Juifs, une sorte de réserve diplomatique ; ils s'en tiennent vis-à-vis de Paul au point de vue purement officiel. ― De cette secte : religion de Jésus, à laquelle Paul a fait allusion verset 20. » (CRAMPON)
22 Mais nous serions bien aises d'apprendre de toi-même ce que tu penses ; car ce que nous savons de cette secte, c'est que partout on la combat.
 
23 Lorsqu'ils lui eurent marqué un jour, ils vinrent en grand nombre le trouver dans l'hôtellerie ; et il leur expliquait, et confirmait par des témoignages le royaume de Dieu, s'efforçant, du matin au soir, de les persuader de ce qui regarde Jésus, par la loi de Moïse et par les prophètes.
Note Act. 28,23 : Dans l'hôtellerie, proprement le logement où il recevait l'hospitalité, peut-être la maison d'Aquila et de Priscille.
24 Et les uns croyaient ce qu'il disait, et les autres ne le croyaient pas.25 Et comme ils ne s'accordaient pas entre eux, ils se retiraient, Paul disant ce seul mot : C'est avec raison que l'Esprit-Saint a parlé à nos pères par la bouche du prophète Isaïe,
Note Act. 28,25-26 : Voir Isaïe, 6, verset 9 et suivants, cité d'après les Septante : comparer à Matthieu, 13, 14 et Jean, 12, 40.
26 Disant : Va vers ce peuple, et dis-lui : Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point; regardant, vous regarderez, et vous ne verrez point.
Note Act. 28,26 : Voir Isaïe, 6, 9 ; Matthieu, 13, 14 ; Marc, 4, 12 ; Luc, 8, 10 ; Jean, 12, 40 ; Romains, 11, 8. ― Regardant, vous regarderez ; répétition qui, comme on a pu le remarquer plusieurs fois, a pour but de donner de la force et de l'énergie au discours.
27 Car le cœur de ce peuple s'est appesanti, leurs oreilles sont devenues sourdes, et ils ont fermé leurs yeux ; de peur qu'ils ne voient de leurs yeux, qu'ils n'entendent de leurs oreilles, qu'ils ne comprennent de leur cœur, qu'ils ne se convertissent et que je ne les guérisse.28 Qu'il soit donc connu de vous, que ce salut de Dieu a été envoyé aux gentils, et qu'eux écouteront.29 Lorsqu'il leur eut dit ces choses, les Juifs le quittèrent, ayant de grands débats entre eux.
 
30 Or il demeura deux ans entiers dans un logis qu'il avait loué; et il recevait tous ceux qui venaient à lui,31 Prêchant le royaume de Dieu, et enseignant ce qui regarde Jésus-Christ, en toute assurance et sans empêchement.

Bible Glaire & Vigouroux


Traduction de la Sainte Bible d'après la Vulgate (Clémentine) par l'abbé Jean-Baptiste Glaire éditée une première fois de 1871 à 1873, puis complétée par des introductions, des commentaires, des notes et des appendices rédigés par l'abbé Fulcran Vigouroux dans une troisième édition en 1890. L'édition reprise par Recatho est celle de 1905 des éditeurs A. et R. Roger, et F. Chernoviz téléchargeable également au format PDF ici. Recatho est le seul site web à offrir une version HTML de la Bible Glaire & Vigouroux. Pour en savoir plus, nous vous invitons à lire notre page de présentation des différentes versions de la Bible expliquant notre choix.